QUARTIER DU BOURG
20° line des Ecuyers.
(De ta porte Cendreuse à ta rue du Bourg.)
Cette rue s'appelait très-anciennement rue de la Croix-aiix-Ecuyers , parce qu'elle donnait accès aux écuries du château et qu'une croix était dressée à son extrémité supérieure, en face de la porte Cendreuse; elle prit ensuite le nom de rue de la Crolr-de-Beanlieu , parce que le prieur du Grand-Beaulieu possédait, au XVP siècle, un hôtel vis-à-vis la croix. Parmi les hôtels remarquables de la rue des Ecuyers, il convient de citer la cave ou salle de l'aumône Notre-Dame (1355-1513) . dite aussi hôtel de i'Ecu-de-Bretagne (I 495-15 U», aboutissant, par derrière, aux murs du
château et qui fît partie des bâtiments appelés les Vieux-Cotisuls après l'érection du tribunal consulaire: l'hôtel de la HoeheAe-Comte (1355-1510), dit aussi la Motte de la Tour-du-ttoi (1.457-1-197), voisin de l'Ecu-de-Bretagne; le grand hôtel de Beaulieu, en quatre corps de logis, donnant, par un coin , sur l'ancienne ruelle Montpemier. et reconstruit en 1586.
Les artistes examinent avec intérêt un escalier en bois, élevé dans la cour d'une maison dont la façade donne sur lu rue des Ecuvers, à l'entrée de celle de la Petite-Boucherie de Bourg. La structure de cet élégant édifice, connu sous le nom d'escalier de la Heine Berthe 1 , rappelle le style du commencement du XVIe siècle; il a peut-être pris la place d'une plus ancienne construction du même genre, ou d'une poterne, percée sur les bas jardins du château et remontant a l'époque où vivait une princesse Berthe. Deux princesses de ce nom habitèrent le château de nos comtes; l'une, d'abord femme du comte Eudes 1, devint ensuite reine de France par son mariage avec le roi Kobert (c. 000); l'autre, so-ur du comte Thibault III, fut mariée à Alain, duc de Bretagne, et se retira à Chartres, pendant son veuvage (c. 1050). L'escalier de la Heine Berthe est à hélice, construit en encorbellement et divisé en quatre tournants dont les poutres rampantes, ornées de moulures et dezigs-zags, se relient les unes aux autres par de grands montants cannelés en spirale. Chaque montant est terminé, à sa partie inférieure, par un cul-de-lampe à ligure grotesque, et à sa partie supérieure, par un socle qui soutient une statue; les statues, ainsi disposées au sommet du dernier tournant, semblent supporter, en guise de cariatides, les bois cannelés en spirale qui composent l'entablement circulaire de l'escalier. Les espaces compris entre les montants sont remplis par des baies ogivales longues, étroites et terminées en accolades; ces baies, jadis à claire-voie, placées comme des balustrades le long des marches, sont noyées aujourd'hui dans une ignoble maçonnerie. On remarque de distance en distance des ouvertures carrées, coupées en croix par des montants et des traverses moulés ou cannelés. Il existe sous l'escalier une porte dont les montants et les bois supérieurs présentent des ornements du même genre et sur le chambranle de laquelle on reconnaît un écusson aux armes de France soutenu par deux génies. Malheureusement, le temps et la main des hommes ont singulièrement altéré les sculptures de ce petit monument.
On fit, en 1505, de grands travaux de pavage et de nivellement dans la rue des Ecuvers.
(Titres de l'Hôtel-Dieu et de Beaulieu , Registres des Echevins.)
21° Impasse Monlpensier.
(Donnant dans la rue aux Jnlfe.)
C'était autrefois une ruelle qui allait de la rue aux Juifs à la croix de Beaulieu. Comme on y jetait des immondices qui, dans les années de peste, nuisaient à la salubrilé du voisinage, les echevins la firent fermer par des portes, en 1525. Mais cette clôture n'étant pas suffisante, le prieur de Beaulieu demanda, en 1517, que la ruelle fût bouchée et muré»'; toutefois les echevins reculèrent cette opération jusqu'en 1502. époque à laquelle la crainte de la contagion les détermina à faire couper par des murs cette petite nie infecte et à supprimer entièrement son issue du côté de la Croix-de-Beaulieu.
(Titres de Beaulieu, Heyistres des Echevins.)
> Voir tuprà , p. î.
22" Rue Saint-Eman.
(De la rue des Acacias a celle du Butir*.)
Le nom le plus ancien île celle rue peut avoir été celui qu'elle porte aujourd'hui, niais, dès le XIVe siècle, elle était appelée rue de la liôlisserie: aux XVIIe et XVIIIe siècles (ItiOO-1712), les actes la désignent encore sous le nom de rue de la Vieille-Rôtisserie. La corporation des euisiniers-rôtisseurs y avait sans doute ses laboratoires. Outre la chapelle Saint-Eman, on vovait dans la Rôtisserie les hôtels du Mouton-Rouge (1337), du Cornet, des Troiï-Cannettes. de la Tète-Noire, de la Bouteille et du Fer-tlu-Moulin (1500-1712).
(Titres de Saint-Jean et de Saint-Andre.)