Uue du Cheval-Blanc
(De la rue Sainte-Même au marché a la Filasse.)
Celte rue, qui fut appelée, pendant tout le Moyen-Age, rue Porte-Neure , prit son nom actuel , vers le XVIe siècle, de la grande hôtellerie du Checal- Blanc-Burdé , dite par abréviation le Bardé, située en face de la porte Neuve du cloître, et dont le chanoine Yves le Breton fit présent au Chapitre en 1G23. On remarquait, au XIIIe siècle, dans la rue Porte-Neuve, le logis canonial de Sandarvillc, dont nous avons parlé plus haut et la CoMr- Bicheux, Bicheudis curia, aujourd'hui l'impasse du Cheval-Blanc , qui renfermait plusieurs hôtels importants. L'un d eux, dit de Villepereux, parce qu'il avait été donné au Chapitre, en 1325, par M* Simon de Villepereux, était occupé, avant la Révolution, par M. Asselin, dernier lieutenantgénéral du bailliage : un autre que le Chapitre reçut , en 1 190, de M* Hugues Gast ou Gastelier, était tenu à vie, en 17!K), par M. de Bouville, chanoine; un troisième avait été acheté, en 1299, par le chanoine Pierre de Bochefort, des exécuteurs testamentaires de Renaud, archidiacre de Blois, moyennant 2iK) livres parisis. Au XIVe siècle, le Chapitre louait plusieurs maisons de la Cour-Richeux à «les bouchers de la Porte-Neuve.
Les autres édifices anciens de la rue étaient le grand four Saint-Jean ou des Gracieux, situé presque au coin de la rue du Grand-Beauvoir (1355); l'hôtel du Cherau-Bouge , voisin du four Saint-Jean , dans la censive de l'IIôtel-Dieu (1381); la maison de l'Angelot , touchant au four et à la rue du Grand-Beauvoir (1153); la maison de la Coupe, près du Chcval-Blanc- Bardé (1300-1550). Dans le XVI8 siècle, on remarquait aussi l'hôtel du Coq, au coin de la rue Porte-Châtelet (du Bœuf-Couronné) (1500), le grand hôtel de Coingham ou de Champrond, construit en briques, dont la porte armoriée existe encore, et qui appartenait, en 1502, à dame Anne de Dolay, veuve de noble homme messire Michel de Champrond, éciryer, conseiller et maître des comptes à Paris; l'hôtel de la Jjerretteou Levhère, illustré par le séjour de saint François de Sales (1580-1650). Les hôtels du Four-Saint-Jean, du Chevau-Rouge, de l'Angelot et de la Levrière furent enclavés, au XVII» siècle, dans le couvent des dames Visitandines.
En 1563, on détruisit une baraque de la boucherie qui obstruait la moitié de la rue, vis-à-vis la porte Neuve du cloître, et la place fut pavée, en 1579, avec des ladères pris dans les fossés de la vdle, du côté de Saint-Jean-en-Vallée. En 1711, le maire et les échevins, du consentement du Chapitre, firent abattre tous les étaux des bouchers en face du Bardé et de Loëns, ce qui élargit considérablement la rue, fort rétrécie en cet endroit.
(Titres de Saint-Jean , du Chapitre, de i'HMel-Difu, de la Visitation , et Registres de* Frhevins.)
» Voir supra, p. 138 <-t 1.19.
i(h Marché à la Filasse.
( De la rue du Chcval-lUanc à la rue Muret. )
Cette place servit pendant bien des siècles de marché aux Chevaux. Elle était entourée de galeries couvertes, appelées Lia:*, qui reposaient sur des poteaux garnis de chaînes auxquelles on attachait les chevaux; on voyait encore, en 17KG, quelques-uns de ces poteaux à l'entrée de la rue des Trois-Flacons. Le Chapitre reconnut, en 1300, qu'il lui incombait, comme seigneur de Loëns et du cloître, de réparer les Lices, lesquelles protégeaient le chemin des chanoines vers les maisons de la rue des Vasseleurs et du Coin-du-Mur. Plusieurs édifices entouraient le marché aux Chevaux; nous avons déjà parlé de la Halle-aux-Mereicrs et du Poids-du- Roi il nous reste à signaler le grand hôtel de la Pomme de Pin , touchant à Loëns ( 138 l-i; r>( H> ) , 1' hôtel des Goneet , situé devant le mur du lourde l'Evêque, près des piliers, et dans l'angle de la rue qui conduit au couvent des Frères-Prêcheurs (des Trois-Flacons) (I32X), l'hôtel de Jean-de-Xevers , entre les Lices et la poterne de l'Evoque (1 110), et la maison dite d'An/cnl (1519).
Le four banal de l'Evêque occupait l'emplacement sur lequel se trouve aujourd'hui le séminaire. Il v avait près de là tout un quartier qui embrassait l'espace compris entre les rues des Trois-Flacons, Claque-Dents, Muret et de la Moutonnerie ; on nommait cet endroit de la ville \uCoiii-du- Mur-de-VEvènue. La plupart des maisons du (loin-dtt-Mur étaient canoniales ; quelques-unes avaient été données au Chapitre, en 1200, par M** Adam (le Saint-Méry; d'autres qui appartenaient, en 1150, au chanoine Jehan de Launay, furent achetées, en 1507, par le chanoine Relovs. A l'entrée de la rue de la Moutonnerie se trouvaient les deux maisons fie Rwlieforf, dont l'une était tenue viagèrement, en 1505, parle chanoine Pierre Lefehvre, à la charge de l'anniversaire de Jean de Roehefort, et dont l'autre était habitée, en 1192 , par Me Michel Mauterne, chanoine et docteur en théologie, à la charge de l'anniversaire du chanoine Pierre de Roehefort. l'n troisième hôtel, dit des Courlins, était adossé aux murs de l'hôtel épiscopal (1505).
(Titres du Chapitre, de l'Hôlcl-Dicu, de Saint-André, et Registres des Echevins.)
i/° Rue des Uces.
(Du marché à la Filaasc à la porte Saint-Jean.)
Cette rue, toute canoniale, porta jusqu'au XVII» siècle le nom de rue des Vasseleurs, Varassores. Ses principaux édifices étaient les hôtels du Petit-Ecu, du Pain-îi-dhanter, de la Sirène, et le g^rand hôtel du coin de la rue Sainte-Thérèse, que le Chapitre louait à la ville pour le logement des Gouverneurs de Chartres (1108-1789). Plusieurs membres de la famille Haligre habitaient, à la fin du XVI0 siècle, les maisons situées à l'entrée de la rue, du côté des Lices.
Le pavage de la rue des Lices fut fait à neuf en 1501.
(Titres de l'Hôtel-Dieu, du Chapitre, de Saint-Jean, et Registres des Echevins.)
42° Rue du Grand -Beaumis ou Beauvoir.
(I>c la rue àn Cbeval-TOanc a la porte Salnt-Jcan. )
C'était encore une rue presque exclusivement peuplée de gens d'église; peu bâtie, d'ailleurs, et coupée par de grands jardins. Au XIV» siècle.
' Voir $uprn , p. 329 et 330.
une prêtrière en occupait la plus grande partie; l'hôtel des chevaliers Hospitaliers, dont nous avons déjà parlé », s'y trouvait également. Parmi les maisons de cette rue qui augmentèrent en nombre avec le temps, on remarquait, au commencement du XVII* siècle, l'hôtel d'O, appartenant aux seigneurs de ce nom, propriétaires de Vérigny; cette vaste habitation dont les jardins donnaient sur la rue du Petit-Beauvais, fut vendue par décret, sur les héritiers d'O, le 17 août 1611, à la requête du sieur de Harville, et achetée, au prix de 900 livres, par le sieur Guerreau, avocat au Chàtelet. A la môme époque, Messieurs les Haligre, comme on disait alors, possédaient de grands jardins à l'extrémité de la rue de Beauvais, près de la porte Saint-Jean.
(Titres du Chapitre, Agenda du prieur de Sainte-Foy, et Titres de Saint-Jean.)
43* Bue du Petit-Beauvais.
(Donnant par les deux bouts dans la roc du Grand-Beaovais. )
Les maisons de cette petite rue étaient canoniales et provenaient au Chapitre de la libéralité du chanoine Simon de Villepcreux (1325). Le couvent de la Visitation, construit au XVII* siècle, avait une façade sur le Petit-Beauvais.
(Titres du Chapitre.)