BANLIEUE
72° Faubourg des Epars.
Nous avons parle ailleurs de la porte des Epars et des constructions qui l'avoisinaient à l'extérieur Avant la fondation du couvent des Corueliers (1231), il n'y avait au Grand-Faubourg que quelques groupes de maisons, et quelques métairies ou vendangeoirs appartenant au Chapitre et à l'Hôtel-Dieu; la réputation des religieux attira promptement la population de ce côté de la oanlieue. Les hôtels de Nicochet existaient déjà en 1279 »; on remarquait aussi, dans le faubourg, la grande maison de la Housse-Gilet, de la censive de l'Hôtcl-Dieu, dont il est fait mention dans des titres de 1381 et 1403. Les autres édifices connus, de ce quartier, étaient l'hôtel du Chapeau-Fleuri (1480), qui devint le Chapeau-Rouge (1510) et qui donna son nom à une rue du voisinage; la maison de la Cloche, habitée en 1535 par le procureur Lapoustoire; l'hôtel du Lion-d'Or, celui du Jeu-de-Paume (1540), enfin celui de la Croix-de-Fer, qui servit de logement particulier à Henri IV pendant le siège de 1501.
Le Grand-Faubourg, appelé aussi rue Saint-François et des Cordeliers, fut pavé, en face de Nicochet, en 1308, et repavé en 1508. Un violent incendie le consuma presque tout entier en 1758.
(Titres de l'Hôtcl-Dieu et du Chapitre.)
On appelait ainsi une maison et un clos de vignes, situés dans la partie
appartenait au Chapitre des le XI« siècle et dépendait de la prébende du chancelier de Notre-Dame. La chancellerie formait, au XIV* siècle, ce que l'on nommait une mairie; elle avait des hôtes soumis à la taille et à la justice du Chapitre et placés sous la surveillance d'un maire (1301). Il est question du puits de la Chancellerie dans un titre de Saint-André de 1400.
Aujourd'hui encore, une petite maison construite au milieu d'un joli jardin porte le nom de la Chancellerie dont elle occupe l'emplacement. (Titres du Chapitre et de Saint- André.)
Voisin de la Chancellerie, lo grand clos de Feuillet était possédé, au commencement du X1IÎ* siècle, par la noble famille de ce nom. Il fut donné ou vendu à l'Hôtel-Dicu vers 1250 et devint entre les mains des frères de l'Aumône une métairie importante, avec puits et pressoir (1299- 1381-1493). Le chemin dit aujourd'hui d'Amilly ou des Vauroux s'appelait au XIIIe siècle la rue de Feuillet.
(Titres de l'Hôtel-Dicu.)
75» Clos Notre-Dame.
Le clos Notre-Dame occupait la plus grande partie du terrain qui forme aujourd'hui le quartier des Petits-Blés, et qui est coupé par les rues du
• Voir tuprà, p. 312. J'ai déjà donné une élymologie du nom Epars; en voici une seconde qui parait assez plausible : dans les anciens titres , Epars s'écrit Esparres ; or , les esparres , en terme de charronnage , sont des l>ois employés pour la construction des chariots. De la porte des Exparres, on arrivait a la rue du Boix-Merrain , puis a celle de la Tonnellerie , et enfin a la llanterie, marché du bois (le charpente.
! Voir*M/wrt. p. 15t.
73° Chancellerie ou clos du Chancelier.
auroux. Ce domaine
74» Clos de Feuillet.
Clos-Notre-Dame, de Saint-Thomas et Haute-Borne. C'était un des plus anciens domaines de l'Eglise, et que la générosité des comtes avait augmenté, dans le XIe siècle, aux dépens des terres de Saint-Lubin et de Saint-Martin-au-Val.
En 1310, le Chapitre louait le pressoir et les vignes du clos Notre-Dame à Pasquier, de Saint-Lomer de Luisant, pour les faire valoir à moitié fruits ou moyennant un fermage en nature de vingt et un barils de vin par an. À la même époque, on annexa au clos des terrains vagues qui se trouvaient en face de la porte Saint-Michel, près du chemin de Saint- Martin-au-Val, dans la censive du Chantre.
(Titres du Chapitre.)
76» Ancien bourg Maheux, Malneux, Mahé.
Nous avons déjà dit plusieurs fois que l'on appelait ainsi le faubourg de la Porte-Châtelet, compris entre le chemin de Mainvilliers, le ravin des Vauroux et la rue de la Couronne. Le Chapitre et l'Evéque se partageaient la censive de ce faubourg.
(Ceasiers du Chapitre, 1465-1506.)
77° Faubourg Saint-Jean.
Ce faubourg, pris dans son ensemble, portait anciennement le nom de Vallée; mais il était divisé, comme aujourd'hui, en plusieurs rues connues sous différentes dénominations.
Au XIVe siècle , le Chapitre possédait , dans la grande rue , au point dit le Carrefour-de-Vallée, une prétrière tenue par le Chantre, et de laquelle dépendait un four banal (1301); cette maison était appelée, en lilO, la prôtrière des Vauroux. Un titre de Saint-Jean, de 1317, fait mention de la rue Handnj-enAa-Yallée ; la famille de ce nom, puissante à Chartres dès le XIe siècle, y avait probablement son manoir. Les de Dreux ou le Drouais, autres importants personnages, habitaient aussi la rue Haudry, à ce que nous apprend le même document. Il est question d'une nie dite Daguenot, en la petite vallée Saint-Jehan, dans un censicr du Chapitre, de 1-110. En 1020, le prieur de Sainte-Foy, membre de l'abbaye de Saint-Jean, avait un cens sur une maison voisine du jardin de la Go'ronnière, en la vallée. Enfin, plusieurs titres des XVII* et XVIII* siècles parlent de l'hôtel du Pélican, aujourd'hui le couvent des Dames - Carmélites , et du chemin du Pélican à la Croix-Jumelin.
7«° Faubourg Saint-Maurice.
Le seul édifice ancien de ce faubourg, digne d'être mentionné, était le grand four Saint-Jean, situé près du cimetière Saint-Maurice : il existait encore, à l'état de four banal, en 1364, et il devint, au XVIe siècle, l'hôtel des Trois-Hois, puis l'auberge de la Yille-de-Dreux.
Le nom de la Croix-Jumelin, appliqué au carrefour ainsi désigné aujourd'hui, est fort ancien; on le trouve dans plusieurs titres du XIV' siècle. Les nécrologes de Notre-Dame, à l'obit de Nicolas de Luzarches (XIVe siècle) et le censier de l'évêquc (Livre Rouge, p. 221), font mention des clos dits Ysaquart ou AquarteX Clwnteloup, voisins de la Croix-Jumelin. La famille de Champrond possédait, en 1380, des vignes en cet endroit.
(Histoire de Saint-Maurice, par Savart, Titres de Saint-Jean et du Chapitre.)
79° Bane des Prés.
Ce nom, Barra, Bucca Pratorum, était donné, dès le XIIIe siècle, à la rue qui conduit aux Grands-Prés.
De tout le temps, la Barre-des-Prés renferma des jardins et des maisons de plaisance. L'Hôtel-Dieu y possédait, à la lin du XIIIe siècle, les maisons de l'Enfer et de Beaurepaire (1274); la première, aumônée par Pierre de Berou, fut détruite par les Huguenots en 1508; la seconde, provenant en partie du même donateur, et, pour le surplus, du chanoine Luc d'Orbeinte, qui l'avait acheté, en 13o7, de Guyot de Chartres, moyennant 200 florins, devint, aux XVI* et XVIIe siècles, un hôpital de pestiférés. En 1471, il v avait à Beaurepaire, ou Beauregard, une chapelle sous l'invocation de sainte Catherine, fondée par le chanoine Luc Grimault, qui lui légua un petit missel et un bréviaire; cet oratoire n'existait plus au XVII* siècle, car le Chapitre, en sa qualité de supérieur de l'Hôtel-Dieu , manifesta à cette époque l'intention de fonder une chapelle au lieu de Beaurepaire
Un jardin situé en face de Beaurepaire, près de la rivière, portait, en 1357, le nom de Pourpris-du-Purgatotre. A peu de distance de l'Enfer, se trouvait l'hôtel du Paradis, dont les religieux de Saint-Jean étaient proriétaires en 1350. Les chanoines de Saint-Maurice avaient au même eu, en 1420, une maison avec jardin, AHal'Ecnle-de-Saint-Maurice. Enfin, un titre de 1580 fait mention d'un domaine appelé Beaujoly ou Vaujoly, voisin de Beaurepaire; il appartenait, en 1003, à Me François Chouayne, lieutenant-général du bailliage.
(Titres de l'Hôtel-Dieu, du Chapitre, de Saint-Jean, de Saint-André et de Saint-Maurice.)
80* Faubourg des Filles-Dieu.
Ce faubourg s'appelait anciennement Beculet , rediculetum , reculetum *, Il est question du moulin de Beculet dans un litre de Saint-Père de 1101- 1120; un autre document de la même époque fait connaître que toute la colline de Beculet, en y joignant le Clos-l'Evêque, était plantée en vignes (1135 1113). Le nom dé Beculet fit place à celui de Filles-Dieu, après la fondation en cet endroit, au commencement du XIII* siècle, du monastère des religieuses Augustines . ainsi désignées par le peuple 3.
Les prairies qui bordent la rivière en face des Filles-Dieu, et qui se trouvent comprises entre le faubourg, le boulevard dit Chaussée-des-Fillcs- Dieu, et quelques jardins de la rue de la Barre-des-Prés, ont toujours été nommées les Petits-Pré» ou Prés des Beculés, minora prata, prata de reciaculis seu reculeti (c. 1070).
Les comptes de Beaulicu de 1 187, et les registres des échevins de 150i et 1506, font mention de la croix Thibault ou aux Ardilliers. située entre les Filles-Dieu et Champhol. Ce calvaire fut peut-être fondé par un de nos comtes; dans un champ voisin, on voyait, avant 1487, une justice, c'està-dire des fourches patibulaires.
(Titres de Saint-Père, des Filles-Dieu, de l'Eau, et Registres des Echevins.)
1 L'Hôtel-Dieu est encore propriétaire du domaine de Beaurepaire (1853).
« Le nom de Reculet , de même que ceux de Prés des Reculés et de Vau-Roux(\'allis Radulphi), rappelle la fuite de Roi et des Nordroans, en 911. Voir xuprà, p. 36.
» Voir suprà , p. 302.