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ET DE CHARLES-LE-BEL

DANS L'ÉGLISE NOTRE-DAME DE CHARTRES ' . Par M. Lejeune.

f Trophée de Philipp*-le-M.

Au pilier faisant face à la Vierge-Noire, était appendu le trophée dont Philippe-le-Bel lit hommage, en 1304, à la vierge de Chartres, après la victoire qu'il remporta sur les Flamands, à Mons-en-Puelle. Ce trophée comprenait son armure de guerre composée comme il suit :

1° Un heaume ou casque, en acier, de forme conique, garni d une lisière à charnière avec mentonnière, pourvu de deux ouvertures horizontales, en face des yeux, et, au-dessous, mais seulement du côté droit, d'un assez grand nombre de trous, pour favoriser le mouvement descendant de la vue. Au-dessous de la partie saillante protectrice du nez, une dernière ouverture horizontale, en forme de grillage, complétait les moyens de respiration. La partie supérieure était bordée d'un cercle, en or, surmonté, dans sa circonférence, de quatre grandes fleurs-de-lys séparées par quatre plus petites, également en or. Par derrière et partant du dessous de cette couronne, descendait sur le cou, en forme de queue, une espèce de chaîne plate, à charnière, divisée en sent charnons ou plaques carrées, semés de France, sur un tond d'émail bleu; cet ornement se terminait par une grosse agrafe, surmontée d'un fleuron de la forme d'un petit dais gothique, lequel portait sur chacune de ses deux faces un petit écusson carré, semé de France; le tout en or, moins quelques parties de l'ornement en vermeil. Du pourtour du heaume, tombait, enveloppant le cou, et se développant sur les épaules, le gorgerin en mailles d'acier.

Tels étaient et la forme et le décor de ce heaume royal , du poids de neuf livres et demie environ , haut de dix pouces depuis le gorgerin et exclusivement, sur sept de largeur, dans le grand diamètre de sa base; il était fourré, à l'intérieur, d'une calotte pourpointée, destinée à garantir la téte des frottements de l'acier.

2° Un haubert, cotte de mailles en acier, à bouts de manches retombant sur les brassarts. Son tissu se formait de petits anneaux goupillés et soudés, s'entrelaeant les uns dans les autres. Sa hauteur de vingt-deux pouces, se développait sur quarante-deux pouces dans sa circonférence inférieure. Son pouls particulier était de onze livres. Cette cotte de mailles fut, dans son origine, blanchie dans une dissolution d'étain dont le temps a fait disparaître les traces. Ainsi donc elle retombait sur une partie des cuisses qu'elle garantissait; puis, une large ceinture de velours cramoisi, arnie de perles fines, semée de France et portant une agrafe en or laquelle se rattachait l'épéc, l'étreignait sur les hanches.

1 D'après un recueil d'A. Pin tard. (Bibliothèque de M. Lejeune.)

3° Un liaubergeon pourpointé, ou cotte d'armes, en velours violet , sur lequel étaient brodées six grandes fleurs-de-lys, en or, savoir : trois sur la poitrine et trois sur le dos.

2° Trophée de Clutrles-le-Bel .

Charles-le-Bel , encore adolescent, ayant accompagné le Roi, son père, dans l'accomplissement à Chartres du vœu forme par ce dernier, sur le champ de bataille, puis, voulant s'unir à ses augustes sentiments, fit à la Sainte-Vierge l'hommage du petit armement de guerre approprié à son âge et composé des objets qui suivent :

1° Une camisole ou sandale de brocart rouge, ou gambeson pourpointé, au côté gauche duquel était appliqué un petit écusson de forme ovale et denté, au milieu duquel était brodé en or un mufflc de lion tenant dans ses dents une grosse boucle en vermeil.

2° Un corcelet, couvert de satin rouge, semé de clous dorés et doublé intérieurement de lames oblongues en acier, disposées en lignes horizontales, sous forme d'écaillés de poisson; une boucle en cuivre doré servant, au moyen d'une petite lanière en maroquin rouge, à la fermer sur les hanches.

3° Des brassarts et des gantelets chargés de bosselles à pointes de diamant, en vermeil ; plus deux cuissarts et jambiers ou brodequins, en acier battu.

i° Une courte épée, en forme de couteau allongé el à double tranchant, dont la poignée était surmontée d'un pommeau, en vermeil, orné de chaque coté d'un écusson aux armes de France, était renfermée dans un fourreau en velours violet, et à boutrolle et virole, en vermeil, semé de dauphins et de fleurs-de-lys, en argent doré. Cette virole portait un anneau en même métal et auquel se rattachait un ceinturon fort étroit, en velours violet, semé de lys et de dauphins.

Le 25 mars 1793, les métaux précieux qui ornaient ces armures furent envoyés à la monnaie de Paris, savoir :

1° En or: garniture du casque de Philippe-lc-Bel , 2 marcs 6 onces 2 gros.

z° En vermeil: débris de l'armure de Philippe-le-Bel et de son fds, 2 marcs 3 onces i gros; débris de la petite épee du fils, 1 marc 7 onces i gros.

Le musée de la ville renferme aujourd'hui deux trophées composés de

auelques pièces des armures de Philippe-le-Bel et du prince Charles, son 1s. Le trophée du Roi, monté par M. Lejeune, contient le heaume ou casque, dégarni de ses ornements en or et vermeil , le gorgerinct la cotte démailles- il reste de l'armure du jeune prince, la camisole ou sandale pourpointee, moins l'écusson à munie de lion, le corcelet, mais délabré, et partie des brassarts, gantelets, cuissarts et jambiers.

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