TOME I
Item. Es mesons au Vidamo dudil cloistrc lesqueles sont tenues doadif evêsque nu a nu et i a toute justice haute et basse.
Item. Ou Four-levosquc, de la meson Jehan le Marreglicr jusques a la meson Jehan de Florence, tout est de la censive et de la seignourie haute et basse doudit evosque.
Hem. La meson doudit Jehan le Marreglier est tenue par meen doudit monseigneur levesque, et la tient Me Jehan de Baudouin die.
Item. La meson doudit Jehan «le Florence, la meson Robert Fouart, la meson Clément du Four-levcsque, la meson Gile Foison, ainsi comme eles se poursient, sont tenues doudit evesque nu a nu, et les tient Hemeri de Vauvoise, escuicr, et il doit avoir toute justice haute et basse.
Item. En la meson Agace de Saint-Chcron à porte Guillaume, toute justice haute et basse.
Item. Es moulins qui furent Guillaume Jourdain , André de Croy, tenanz audessuz de Grant-pont, es troiz moulins et IV mesons, assiz a Ponceauz, en la meson en laquele le bourelier demeure au bout du pont, devant la meson Marguerite la Paumiere, en la court d'Oirrcville, ou clos Levesque, en la courtille Levesque, en la meson Guillaume Largenlier et es autres mesons qui sont tenues en ce dit leu de Levesque et ia toute justice haute et basse.
Item. Toute justice haute et basse de la rivière de la meson G. Largcntier et la meson Goucet de Reculet en Reculel et li molin de Reculet et toutes les rivières et les prés de ça et de la, tout Reculet, les Filles-De et la noie qui vet au moulin de Soomont, la meson au Biarl, le moulin de Soomont, toute la rue de la Barre des Prés, de la meson mestre Pierre le Fisieien, tous les prés Levesque, de la meson Guillaume Jordain partie, la meson Robert Bornait jusques as moulins de Levés, est levesque; des moulins de Josaphas jusques au moulin de Bretigni toute la rivière est de la justice levesque haute et basse et de son héritage.
Item. La meson Guillaume Jordain que len appelé Chief de vile, toutes les vignes apartenanz audit leu, la meson mestre Pasquier, la meson mestre Estiennc Daunoy et tout le Bourc-Nuef par devers les prés jusques as Toussez qui sont entre le seigneur de Levés et les prés Levesque, Vauventrier qui est tonu de Saint- Aignen. Levesque a en touz ces leuz haute justice et basse.
Item. Toute la jurisdilion de lostel de la banleuc espirituel et temporel
est levesque.
Hem. Va par raison toute la jurisdicion des choses qui sont tenues de levesque illia justice baute et basse.
Item. El cloz Belin que les moines do Saint-Père tiennent do levesque pour XI sous 1 1 1 1 den. de cens, l'evcsque i a justice haute et basse et en a instrument publique et est el trésor.
Item. Les mesons Jehan Arresnart le viel et le jeune, du Marché au blé, de la Mérie ou Four-au-Vidame, est de la jurisdilion levesque espirituel et temporel et ia levesque justice haute et basse.
Item. Es mesons que Perrot Bernier tient en la tour Nevclon est en la jurisdilion levesque espirituel el temporel et ia justice haute et basse.
Item. Ou four Nevclon lequel le seigneur de Mellcy tient dudit evesque est de la jurisdilion levesque espirituel et temporel.
Item. A Mautro levesque ia justice haute et basse et iapert que toutes fuis que len fet justice de faux monnoiers el est fete audit leu et preste levesque terre a messire Hue de Melleu ou il veut pour euz pendre.
Item. A Nicochet en la terre de l'Ausmone, levesque ia justice haute et basse et iapert que, au tenz de levesque Jehan, i porc menja i enfant, qui fu pendu a Bailleaupar Pierre de la Coudre, en ce tenz ballif levesque.
Item. Es meson Giles Sequart de Nicochet, si comme il se poursient, et ia justice haute et basse.
Item. A Lucé en toutes les apartenances toute justice haute et basse espiritucl et temporel sanz nul meen.
Item. A Poyfont, a Mainvillers toute justice haute et basse espirituel et temporel, et i apert, car el tenz levesque Jehan, Robert de la Ville nueve, jadiz prevost de Chartres, il prist Binel Tondu et le pendî et trama et puis en reseisi le leu Estienne Colrouge qui estoit prevost et fu cele resaine (et en la tne&on qui est apelée Mainvillers
« Voir suprù, p. 171.
APPENDICE N" !t.
NOTICE SUR LES VIERGES MIRACULEUSES DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME DE CHARTRES ,
Par M. 14».
On trouve les passages suivants dans la vieille chronique de l'église de Chartres :
§ 1«r. « Antiquorum Patrum historiis et scripturis ac antiquis volumi- » nibus atque eartis, adhibitisque relationibus quorumdam moderno tem- » pore viventium, reperitur quod dicta eeclesia (Carnotensis), antequani » virgo Maria nasceretur, à primis Christum nasciturum et venturum de » virgine eredentibus, fundata fuit in bonorem Virginis pariturœ, sicut » eniin credentes predestinati ad salvationem, sicut de Patriarchis legitur » et Propbetis ante Cbristi passionem , etc. »
§2. « Sic isti fundatores predestinati, licet intra Idolâtras viverent, » inspirati divinitus et oraculis Prophetarum instructi, credebant, et in » fide expectanles redemptioneni et tempus gracia» pronosticantes, dictam » fundationern Carnotensis eeclesia? inceperuut; referunt etiani principem » civitatis et patria» carnotensis fundationem hujusmodi approbasse, et, > ad bonorem illius virginis pueruin in greinio gestantis, fabricari fecisse » (imaginent), quain in sccreto loco, juxta Idola reconditam, adorabant, » queinadniodum in Babylone, sicut in legenda aurea legitur, audiverant » esse factuin , etc. »
Telle est l'origine de la Werçr-aii.r-Miraclcs de Chartres, virginis pariturœ, représentée conformément aux prophéties, c'est-à-dire offrant, par avance, aux peuples étonnés, l'enfant qu'elle porte dans son sein, in gremio. Ce fut celte image qu'à leur arrivée dans le pays, nos premiers apôtres trouvèrent, dit-on, exposée dans la grotte des Druides.
Le premier soin des missionnaires de la foi fut d'élever un autel au lieu même où se dressait la statue de cette vierge qui venait d'enfanter un Dieu el de le nourrir de son lait; de là cette strophe d'un \ieil hymne:
O gloriosa frmtna , Kxot'lsa super siuVra !
Qui W cn-avit proviili- Lactas sacrato ubere.
Ainsi la grotte des Druides earnutes fut le sanctuaire par excellence de la vierge révélée aux idolâtres, virginis pariturœ.
Cependant, le nombre des croyants augmentant chaque jour, un temple s'éleva au-dessus de la grotte et ce temple eut aussi son image de Marie. Mais, pour indiquer que les décrets divins étaient accomplis, la statuaire représenta l'auguste patrnne de Chartres debout et portant l'enfant Jésus sur son bras gauche. La mère du Christ , virgo Dei para, fut donc associée dans l'église supérieure, aux hommages rendus dans la crypte à la vierge prédestinée, virgini pariturœ. Cette modification de la pensée qui inspira aux Druides le culte de Marie est rendue plus sensible par la variantej suivante de l'hy mne déjà cité :
su
0 gloriosa Domina , Excelsa super aidera ! Q ni te creavit providè Lactasti sacro uben- ».
Alexandre Pintard, l'un de nos historiens manuscrits, fait de visu (1G8I) la description de l'image de la vierge île la crypte, dans les termes qui suivent :
t Dans la chapelle spécialement érigée en son honneur, la vénérable t image qui s'y voit élevée dans une niche au-dessus de l'autel, est faite » de bois qui paroist estre du poirier que le long temps a rendu de cou- » leur enfumée. La vierge est dans une chaise, tenant son lils assis sur » ses genoux, qui, de la main droite, donne la bénédiction, et, de la » gauche, porte le globe du monde. H a la tête nue et les cheveux fort » courts. La robe qui lui couvre le corps est toute close et replissée par » la ceinture; son visage, ses mains et ses pieds qui sont découverts, » sont de couleur d'ébeine grise luysante. La vierge est rcvestue, par » dessus sa robe, d'un manteau à 'l'antique, en forme de dalmatique, » qui, se retroussant sur les bras, semble arrondie par le devant sur les t genoux jusqu'où elle descend; le voile qui lui couvre la teste porte sur » ses deux épaules, d'où il se rejette sur le dos; son visage est cxtrème- » ment bien fait et bien proportionné, en ovale, de couleur noire luy- » santé; sa couronne est toute simple, garnie par le hault de fleurons en » forme de feuilles d'ache; la chaise est à quatre piliers, dont les deux » de derrière ont 23 pouces de haullcur. sur un pied de largeur, com- » prise la chaise, est creuse par le derrière comme si c'était une écorce » d'arbre. île trois pouces d'épaisseur, travaillée en sculpture. *
La gravure reproduisit à diverses époque* la statue de Nolre-Dame-des- Cryptes; le dessin le [dus ancien que nous connaissions est celui qui est fixé en regard de la description qui précède, dans l'ouvrage de Pintard; il porte le nom de Barbier. G. A côté de celui-ci, se trouve un autre dessin à l'encre de Chine, exécuté par Claude Chauveau, en 10K1. Il existe deux autres gravures de la même image; l une est signée Le Roux, la signature de la seconde est altérée.
Quelques scènes scandaleuses ayant eu lieu dans l'église souterraine, lors de la messe de minuit, à Noël' 17W, l'autorité ecclésiastique lit fermer la crypte le lendemain et interdit le culte dans l'antique souterrain.
Cependant la fameuse constitution civile du clergé et l'émigration de M. l'evèque de Lubersac tirent monter sur le trône épiscopal M. Nicolas Bonnet, curé de la paroisse de Saint-Michel. Le nouveau prélat procéda, le 22 juin 175)1. à la visite de son église cathédrale, accompagné du clergé et des marguilliers. Le procès-verbal rédigé en cette circonstance fut renvoyé par l'administration départementale à l'architecte Laurent Morin, lequel déclara que les matériaux provenant île la démolition d'un grand nombre d'autels supprimés pourraient être utilisés pour la restauration des autels conservés et que, notamment, il serait convenable de fermer la chapelle de la communion, au rond-point de l'église haute, avec la balustrade en marbre de V autel de la Vierge, dam l'église basse interdite à l'usage du culte. Ces travaux furent exécutés au mois de juillet suivant, époque de la destruction délinilive de l'autel de la crypte.
Toutefois l'évêque Bonnet voulant raviver dans l'église haute la dévotion à la vierge qui (levait enfanter, virgini paritttrœ, supprimée dans la crypte, lit remonter la statue miraculeuse et la plaça sur la colonne qui servait de support à l'image de la vierge-mère, rirginis dei para?. Cette
« Voir Rouillianl , Varthènie , vol. Ier, p. !<»'», v°.
dernière fut déposée provisoirement dans un coin des ruines de l'église souterraine.
On ignore à quel endroit de l'église haute se trouvait cette statue de la vierge-mère, avant l'incendie de 1194; elle ne reposait pas sur l'autel principal, dont le couronnement était alors un magnifique cyborium. Mais, après la reconstruction du temple, on l'exposa à la vénération des fidèles au sommet du nouvel autel; un double escalier, ménagé de chaque côté de ce petit édifice, permettait aux pèlerins d'approcher de la vierge noire, comme on l'appelait, et de lui faire toucher des linges et des amulettes.
Au bout de trois siècles on s'aperçut que les montées et descentes perpétuelles des pèlerins par les escaliers de l'autel troublaient le service divin, et le Chapitre décida, vers 1500, qu'on aviserait à transporter la statue dans un autre endroit de l'église. Ce fut en exécution de cette ordonnance que le chanoine Wastin des Feugerais , clerc de l'Œuvre, fit descendre du maître-autel l'image de la vierge-mère, virginis Dei parce, et la fit poser sous l'une des arcades de la façade du jubé, à gauche de sa
Krte d'entrée; là, elle eut pour support une petite colonne en pierre de is flanquée de deux autres colonnes et surmontée d'un chapiteau en cuivre. Le maître-autel reçut, en compensation, une autre image de la mère de Dieu, accompagnée de deux anges adorateurs, en argent.
Après la destruction du jubé, au mois d'avril 1763. la vierge-mère fut adossée au pilier de la nef qui lui faisait face, et elle demeura à cette
Elace jusqu'au mois de juillet 1791, époque où, détrônée par la statue de i Vierge-aux-Miracles, virginis pariturœ , elle fut reléguée dans la crypte, comme nous l'avons dit plus haut.
Tel était l'état des choses, lorsque la terreur de 1793 abolit le culte catholique, dévasta les églises ou les transforma en temples de la Raison. L'inauguration de la nouvelle divinité eut lieu à Notre-Dame de Chartres le 20 décembre 1793 (30 frimaire an II), et ce fut à cette occasion qu'un officier municipal dont il est inutile de rappeler le nom arracha lu Viergeaux-Miracles de son pilier et la jeta violemment sur le pavé de la nef; la tête détachée du tronc roula aux pieds des nombreux spectateurs de cette odieuse profanation. Le même jour, les débris de l'antique statue furent solennellement brûlés, devant la porte royale, avec une partie du mobilier de l'église. Le conventionnel Sergent dit, à ce sujet, dans son rapport à la commune, en date du 24 décembre 1793 (4 nivôse an II) : // semble que la dévotion que les prêtres avaient su inspirer pour cette vierge mugotine, que nous avons fait brûler décadi dernier, ait appelé et anime tous les artistes les plus célèbres de ce temps, pour construire l'église.
Vers 1800, M. Maillard, alors curé de Notre-Dame, exhuma de la crypte la statue de la vierge-mère . virginis Dei parm, dite la Vierge-Noire, et la fit placer dans la chapelle de l'église supérieure où elle reçoit aujourd'hui les prières et les hommages de ses fidèles chartrains.