scène
Différence ou bénéfice . . . 849 fr. 15 En hiver, recettes à Chartres et au dehors. . 13,112 fr. » Frais des artistes passagers . . 5,888 fr. 35) Appointements de la troupe . . 7,303 » > 14,712 fr. » Administration, mise en scène . 1,520 65)
Différence, déficit. . . 1,600 fr. »
L'administration du théâtre n'est pas prospère depuis
deux ans; l'éclairage est payé pour 45 représentations au
lieu de 35, limite du traité.
Le coût par représentation d'hiver est de : gaz. 32 fr. 38
Eclairage à l'huile de la scène 15 »
Salaire de l'allumeur 3 »
Total. . . 50fr. 38
Le Conseil accorde au directeur l'éclairage gratuit.
Dans l'hiver de 1866: Sahator Hosa, drame de F. Dugué; Henriette Maréchal, drame de Théophile Gauthier; Les Lionnes pauvres, d'Emile Augier, par M. et M mc Brindeau; Héloïse Paranquet.
Le Marquis de Villemei\ de G. Sand, par M. et M m " Brindeau ; puis les concerts de la Philharmonique.
En mai : Les Mousquetaires de la Heine; Le Caïd ; Galathée ; Le Postillon de Longjumeau; Zampa.
En novembre, M 110 Scrivvanek, Bouffé, et Tisserant viennent donner des représentations ; Pauvre Jacques, etc. Puis Rosambeau, de la Porte Saint-Martin, dans Jean la Poste.
En janvier 1867, sous la direction de Bourgouin, La Contagion d'Emile Augier, avec M. et M me Brindeau; Les Demoiselles de Saint-Cyr; puis Lafontaine et Victoria, sa femme, Goquelin, dans Devine, Gringoire, Le Bout de l'An de l'Amour ; C'était Gertrude.
En mai, Levassor, comique du Palais-Royal et des Variétés, dans : Les amours d'un coiffeur , Les rêves d'un Anglais, La prière à Sainte Catherine, Le Mal de Mer.
Fête dans le clos Saint-Jean, par la Chorale et fanfare.
Concert du violoniste Vieuxtemps, avec sa fille.
M rao Céline Montalant, dans Nos bons Villageois de Sardou.
Le 26 janvier 1868, M l,e Agar, de TOdéon, dans François le Ckampi; Napoléon M, de Victor Hugo. Elle revient le 2 février : Le Retour de l'Empereur, ode de Victor Hugo ; 4 e acte à y Horace, de Corneille.
Madame Ugalde, avec le concours de la Philharmonique.
Madame Doche, dans La Dame aux Camélias.
Concert de la Carlotta Patti ; énorme succès.
La direction Ludovic, en janvier 1869, donne Le Toréador, Le Maître de Chapelle, Galathée, avec la troupe du Grand-ThéîUre de Versailles ; puis Le Farfadet, d'Adam, L'ambassadrice, d'Auber.
Conférences de Sarcey, le 23 janvier, puis de Talbot : La femme au foyer; plusieurs, d'Emile Deschanel: Les Fabliaux, Les Contes de Perrault, etc.
En mai, La Grande Duchesse de Gerolstein, d'Offenbach.
Le directeur Ludovic demande une indemnité de 3,200 fr M pour dommage causé par le concert et le bal du concours régional ; le Conseil lui vote 2,000 fr.
A la saison d'hiver: Patrie, drame de Sardou, avec la troupe de Versailles; Les faux ménages, de Pailleron; Gavot, Minard et C if , de Gondinet ; La Joie fait peur, de M mc de (iirardin.
En juin 1870, Topera Robert le Diable.
Expositions. — A l'Exposition universelle de Paris, en 1855, ont obtenu: MM. Fontaine, une médaille d'honneur, pour sa turbine; Garnier et Salmon, une médaille de 2* classe, pour gravure; Mouton, une médaille de 2 e classe, pour chaux hydraulique. Des mentions honorables sont accordées à MM., Fromont, Fontaine et Brault, pour machines de moulins; Mauzaize aîné, pour un débrayage de meules; Royer, café de Chartres; Chevrier, café.
A la fin d'août 1855, une turbine de 7,000 kilog. avait été coulée à la fonderie, pour les usines de chocolat Menier, de Noisiel ; le transport de cette pièce fut heureusement effectué, par les soins de M. Rabinel, en faisant le tour de Paris, où la pièce ne pouvait passer à cause de ses fortes dimensions.
A la suite de l'Exposition universelle de Londres, en 18(52, M. Fontaine, constructeur, est nommé chevalier de la Légion d'honneur.
L'Exposition universelle de Paris, 1867, eut un succès énorme; le commissaire général, M! Leplay, organisa une méthode de classement et de groupement des produits, qu'on n'a plus depuis retrouvée, faute de place sans doute.
MM. Brault et Béthouart, constructeurs-mécaniciens à la Fonderie, obtiennent une médaille d'or pour leur turbine, une d'argent pour les moulins ; leur collaborateur Lavo, une de bronze, trois mentions honorables pour les ouvriers.
Garnier, imprimeur, une médaille d'argent.
E. Savigny, Royer, médailles de bronze, cafés.
A l'occasion du concours régional de 1869, une Exposition industrielle a lieu à Chartres.
A citer les émaux du major Huck, très remarqués; les expositions de M. Lorin, peintre-verrier; Brault et Béthouart, machines; Elie Dubois, mosaïque, Richard coutelier, Thirouin-Bary, nouveautés, l'abbé Fouquet, modèles géométriques, Poyer tapissier, Adam armurier.
Voici quelques-unes des récompenses données à des Chartrains.
Imprimerie. Médaille d'or, Garnier; argent, G. Durand, Lance.
Reliure, papeterie. Argent, Petrot-Garnier, Langlois, Milan ; bronze, Amblard.
Photographie. Argent, Gallas.
Gravure. Argent, Rousseau et fils.
Meubles. Vermeil, Darreau, argent, Seinturier; Faucon, antiquités, Poyer, Vauglin.
Émaux i vitraux. Vermeil, major Huck, du 7 e cuirassiers ; or, Lorin, Moulin de Dreux.
Horlogerie, orfèvrerie. Argent, Fresneau, Renouf.
Potier d'étain. Bronze, Vovelle.
Coutellerie. Argent, Richard.
Chauffage. Vermeil, Radigue ; bronze, Métivier.
Vêtements. Vermeil, F. Montéage, fils et tissus.
Confection. Argent, Thirouin-Bary, Mornas etfils, Jalleau ; bronze, Ludwig; mentions honorables, Joie, Bricon.
Armes. Argent, Adam; bronze, Martin, Buguet.
Cordonnerie. Argent, Deniau.
Cuirs et peaux. Or, Amiot-Buchet; argent, Duguet, Durand.
Machines. Brault et Béthouart, membres du jury, hors concours. Vermeil, Lavo, ingénieur ; argent, Hugues, ingénieur; bronze, Buisson, chef d'atelier.
Bronze, Hénault, Vivien.
Carrosserie. Vermeil, Darcelle frères ; argent, Louis et Bulot ; Bourgine pour harnais.
Machines hydrauliques. Argent, Louis Leconte, Savigny cordier ; bronze, Poitou cordier, Leconte-Leconte ; mention honorable, Marolles-Duval bâches.
Chaufournerie, tuilerie. Vermeil, Ghapart, Rabourdin- Bouju; bronze, Ilaniquet.
Graines. Argent, Pouperon-LAniray.
Médailles d'or : Javouhey pain d'épices, Royer cafés ; vermeil, Lemoine pâtés; argent, Savigny café, Pluchet café ; bronze, Ropton, Maresquier, Gaspard.
Divers. — En mai 1853, on s'occupe beaucoup de tables tournantes, ce qui nuit à la foire.
Les allumettes chimiques sont mises en vente au public en 1857. Grand succès.
Echo de la simple police en 1856.
Condamnations :
Un chaufournier, tombereau circulant en ville sans plaque, 6 fr. d'amende.
Un cultivateur, pour passage de voitures sur des terres ensemencées, appartenant à autrui, 6fr.
Belhomme, commissionnaire: tapage injurieux, récidive, 11 fr. d'amende et 5 jours de prison. "
Cosseron, ferrailleur: scènes de désordre; 15 fr., 5 jours.
Une journalière et sa fille, même condamnation.
Une cabaretière : donné à boire à des gens ivres, 4 fr.
Un cultivateur : voiture avec plaque illisible, 6 fr.
Chiens circulant sur la voie publique, sans collier ou sans muselière, 2 fr. et 1 fr. d'amende.
Un marchand de poissons, pour jet d'immondices, 1 fr.
En septembre 1869, assassinat par Troppman, dans
la plaine de Pantin, près Paris, d'une famille de sept personnes. L'assassin est exécuté en janvier 1870.
96 TROISIEME IlÉPUBLIQUE
Conseil, du 7; il s'appuiera sur le Conseil général et les Conseils d'arrondissement.
Élection de l'administration municipale, M. Delacroix est élu maire, au deuxième tour de scrutin ; M. Bonnard, premier adjoint, au premier tour; M. Boutet, deuxième adjoint, au second tour.
Le 12 septembre 1870, la municipalité étant installée, l'adresse suivante est adressée au gouvernement de la Défense nationale.
« Dans les circonstances graves où nous nous trouvons, au moment suprême où, après des revers inattendus, amenés par des fautes sans nom, la capitale est sur le point de soutenir le plus violent effort des armées prussiennes, c'est faire acte de patriotisme éclairé, que d'accorder au gouvernement de la Défense nationale son adhésion et son appui.
» Quand on voit, en outre, ce gouvernement donner une preuve complète de désintéressement et d'abnégation, en convoquant le peuple, à courte échéance, à la nomination d'une Assemblée constituante, c'est faire acte de haute justice que de lui accorder une confiance absolue.
» Aussi le Conseil municipal de la ville de Chartres estil unanime à émettre les vœux les plus ardents pour l'œuvre difficile, mais à tout jamais glorieuse, entreprise par le gouvernement nouveau, gouvernement qu'il n'hésite pas un seul instant à assurer de son concours le plus actif et le plus dévoué. »
Le Conseil s'occupe du ravitaillement de la Ville.
« Il existe en ville, expose le maire Delacroix, 1,000 sacs de farine (157 kilg. le sac); 300 sacs vont y être introduits: la consommation est de 50 sacs par jour ; les boulangers ne veulent plus acheter de farines. Les meuniers ont encore un peu de blé ; ils consentent à le moudre et à apporter la farine à la Ville, si elle veut les garantir de tout risque de pillage et d'incendie; le prix maximum serait de 70 fr. le sac.
» Il vaut mieux, ajoute le maire, que la Ville n'achète rien; qu'elle soit seulement entrepositaire et garante ; il y aura demain une réunion des meuniers »
Une commission, composée de MM. Fontaine, Lefebvreet Doullay-Gillot, est élue pour cet objet.
Au cours de la réunion avec la commission, les meuniers des environs offrent 2,500 sacs de farine, à 70 fr., à condition que la Ville garantisse les risques de guerre et d'incendie, et aussi la vente et la perception du prix.
Certains meuniers qui fournissent à Chartres, seraient moins exigeants.
— « Il y a urgence, dit un conseiller ; samedi, le blé se vendait à rien ; aujourd'hui, il n'y en a plus ; dans huit jours, il sera parti ou enterré. »
— « L'ennemi, réplique un autre, ne détruira pas les moulins; il en a besoin pour sa mouture. »
Le Conseil revient à l'idée d'approvisionner la farine ; 1,350 sacs en huit jours : avec la réserve des boulangers, cela ira trois semaines. Onze meuniers font l'offre de cette quantité de sacs. La Ville paiera le meunier, livrera la farine au boulanger, qui la remboursera.
Vu l'extrême urgence, le Conseil adopte.
Un certain nombre de gardes nationaux vont être mobilisés ; des volontaires se présentent. Les gardes toucheront un franc par jour; les mobilisés, 1 fr. 50.
« Il est temps d'arrêter l'ennemi ; si nous commençons, nous aurons des imitateurs; déjà Le Mans a voté un million; ce sera le début d'une levée en masse.
» Quant à l'équipement, on peut laisser aux hommes leurs pantalons et leurs souliers ; il sera remis à chacun un képi, une vareuse, un sac et une giberne; dépense 18 fr. par homme. »
Le Conseil adopte.
Il est décidé, à la fin de septembre, que le receveur municipal se repliera sur les départements de l'Ouest, comme les comptables du département; il emportera les pièces de comptabilité. On conserve en caisse les fonds pour parer à toute éventualité.
Au commencement d'octobre, le bureau de bienfaisance traite avec Bourmault, boulanger, pour remmagasineinent il 7
de 30 sacs de farine. Ce sera une réserve, pour fabriquer le pain des pauvres. En cas d'accident, la perte serait subie par moitié, au taux de 71 fr. le sac; il sera versé au boulanger une somme de 1,000 fr. en avance; adopté.
Le maire est accablé de demandes d'ouvriers sans ouvrage ; on exécutera de suite les travaux du quartier des Petits-Blés, en prenant sur le crédit de 60,000 fr. de la nouvelle machine hydraulique, que Ton réduit à 42,000 fr.
Le 17 octobre, incendie et prise de Châteaudun.
« L'ennemi, dit au maire le commandant du département, colonel Duval, sera prochainement sous les murs de Chartres; la Ville consentirait-elle à se défendre. »
« La Ville, a répondu le maire, ne veut en rien gêner la défense générale ; si les nécessités de la guerre amenaient la bataille sous ses murs, elle était prête à subir les conséquences de cette situation. Dans le cas contraire, elle ne pouvait oublier qu'elle était ville ouverte, construite en bois, et que de ravis.mème du général Dejean, envoyé à Chartres par Napoléon I er , en 1814, pour étudier la défense du pays, cette défense était impossible ; que la garde nationale n'était pas encore bien organisée, ni bien exercée, que cependant, elle ne refusait pas son concours et était prête à faire tout ce qu'elle pourrait. »
250 gardes nationaux restent, de jour et de nuit, à la disposition de l'autorité militaire, pour la défense des abords de la Ville.
Le Conseil s'associe aux déclarations du maire.
Le maire, à 11 heures du matin, sur la place des Halles, rencontrelecurédeMorancez, porteur d'un ultimatum du quartier général prussien, lequel disait que si, aune heure, la Ville ne s'était pas rendue, le bombardement commencerait.
« Le maire et le préfet, ajoutait l'ultimatum, devaient se rendre au quartier général prussien, et les notables au devant de la troupe. »
Le maire et le curé se rendirent de suite chez le colonel Duval, où était le Préfet, auquel ils remirent l'ultimatum des ennemis.
Le préfet, le maire, le curé, partirent pour Morancez où, au presbytère, se trouvait le général prussien, qui accorda jusqu'à 3 heures 1/2, pour donner aux troupes françaises le temps d'évacuer la Ville. Ils reviennent à la préfecture où ils trouvèrent le colonel Duval, le commandant Perrotin, le capitaine Allemand et M. Boutet, adjoint.
« Toutes les hauteurs, de Morancez à Luisant, sont couvertes de troupes, infanterie, cavalerie et un grand nombre de canons, leur dit M. Labiche, préfet ; êtes-vous d'avis que Ton puisse se défendre. »
Les ofliciers répondirent que non. C'était le vendredi 21 octobre; le colonel Duval signa la. capitulation.
Le préfet, le maire et M. Boutet, adjoint, retournèrent à Morancez, demandant jusqu'à 4 h. 1/2, pour faire replier les troupes irrégulières. Le général prussien était prèsdeGourdez. Accordé.
Le maire resta en otage; le préfet et M. Boutet revinrent. L'ennemi devait s'approcher jusqu'aux Trois-Ponts; le feu commencé depuis une heure fut arrêté; il y avait déjà une trentaine d'hommes tués ou blessés.
Les troupes françaises se retirèrent, avec armes et bagages ; la Ville n'eut pas à supporter de contribution de guerre, seulement des réquisitions de vivres ; les personnes et les propriétés furent respectées. La garde nationale déposa les armes à l'Hùtel de Ville.
Le maire revint avec les Prussiens, conduit par eux en voiture jusqu'aux Trois-Ponts, où l'armée s'arrêta. Le maire descendit de voiture et rentra seul en ville.
Le Conseil approuve de tout point le maire ^Delacroix.
A la fin d'octobre, une commission de comptabilité
est nommée ; ses membres sont MM. Isambert Michel, Doullay-Gillot, Mouton, Nicolle ; l'administration n'a pas le temps de s'en occuper.
Dans les cinq premiers jours de l'ocupation, du 21 au 26, la Ville a été soumise à des réquisitions énormes ; depuis le 26, l'intendance ennemie prend à sa charge toutes les
réquisitions, à la condition que la Ville fera la fourniture elle-même. Déjà l'intendance a versé 25,000 fr.
Pendant les cinq premiers jours de réquisition, il a fallu acheter 8,000 kilog. de viande, 8,000 kilog. de pain, 4,000 kilog. de pommes de terre, 400 kilog. de café, 400 kilog. de sel, 4 à 12 pièces de vin par jour. Une commission est nommée pour ce service ; elle comprend MM. Lefebvre, Boy, Billard de Saint-Laumer, Guérin, Fontaine.
Dès le 5 novembre, l'intendance allemande voudrait payer en billets et monnaies allemandes ; le maire craint que cette mesure ne fasse affluer toute cette monnaie de 15 à 20 lieues, et il y aurait une grande perte de change.
Un emprunt doit être fait, remboursable à très court délai, après la conclusion de la paix. On a déjà reçu quelques sommes, mais il y a eu insuccès relatif. Beaucoup ont mis leurs capitaux en sûreté, loin de Chartres : d'autres sont dans l'incertitude des rentrées ; leurs fonds disponibles ne suffisent pas à leurs dépenses journalières.
Si quelqu'un apporte 100 fr., il lui sera remis des coupures de 20, 10, 5 fr. de registre à souche, avec la griffe du maire et la signature d'un conseiller; celui qui reçoit la coupure, la signe aussi. Ces billets seraient acceptés par l'octroi. Le remboursement se fera un mois après la conclusion de la paix ; l'intérêt produit sera de 5 / o ; il partira du 15 novembre 1870 ; les billets seront de 5, 10, 25, 50 fr. ; ils sont acceptés du public, sous le nom d'obligations.
L'intendant militaire prussien est introduit dans la salle du Conseil ; il demande que l'on fixe la valeur comparative de l'argent prussien et français : il a des billets allemands, plus faciles à transporter ; plus tard, on fera la compensation, TÉtat prussien garantissant la différence du change.
Le Conseil vote un emprunt de 300,000 fr. dont 150,000 fr, seront délivrés en obligations. Il est alloué 5,000 fr. au bureau de bienfaisance.
Pour venir en aide à l'industrie artistique de M. Lorin, peintre verrier, le Conseil vote une somme de 2,500 fr. pour le décor de la salle des mariages ; les peintres artistes
auront de l'ouvrage de leur art, cela vaudra mieux pour eux que de les envoyer terrasser.
Au 25 novembre, la situation s'aggrave ; l'occupation comprend deux divisions de cavalerie, une d'infanterie prussiennes ; la Ville a fait déjà de fortes avances. Les cinq premiers jours d'occupation ont coûté 115 à 120,000 fr. ; le crédit doit être porté de 300,000 à 500,000 fr. ; on a payé une partie des sommes en thalers papier. Les bouchers et les boulangers ne peuvent payer leurs achats avec les obligations ; il est dû aux premiers 120,000 fr. Des coupures de 100 fr. sont crées ; le total des 'obligations est élevé, de 150,000 fr. à 250,000 fr.
Quelques déposants de la caisse d'épargne demandent des remboursements partiels sur leurs livrets; la ville met 20,000 fr. à la disposition de la caisse ; le maximum de chaque avance sera de 25 fr.
La ville a en magasin 4,000 sacs d'avoine, d'une valeur de 80,000 fr. ; la consommation a diminué ; les grainetiers peuvent être obligés de les céder, et la Ville perdrait ; la consommation journalière est de 150 à 200 sacs: on les remplacera sans la dépasser; il y aura économie d'une vingtaine de mille francs.
Divers chantiers de charité sont ouverts, celui des Petits Bleds étant encombré d'ouvriers.
Dès les premiers jours de décembre, les besoins de la Ville augmentent encore : avances à l'armée prussienne, bureau de bienfaisance et travaux de charité. Il est dû à la caisse 332,000 fr. ; elle n'a reçu que quelques centaines de francs en thalers papier; la somme s'accroît; le nombre des ouvriers augmente; les emprunts sont en partie absorbés.
Il a été reçu 366,710 fr. d'emprunt nominatif et 1 16,837 fr. d'obligations ; le Conseil porte le total de l'emprunt, de 500,000 à 700,000 fr.
Le 22 décembre, le bureau demande 80,000 fr. de plus ; les dépenses, causées par l'occupation, ont été de 668,240 fr. versés; l'emprjint est porté, de 700,000 fr., à un million.
Au 31 décembre 1870, la Ville a avancé, à l'armée prus-
sienne, la somme de l,112,621fr. 07, depuis le 25 octobre; plus,
pour 99,000 fr. de foin, paille, etc.; elle a reçu 428,409 fr. 78.
La Ville a émis un emprunt ferme 513,920 fr.]
En obligations au porteur . . . 209,265 \ -1 '
Elle doit encore la somme de 500,000 fr. environ.
Il est fait aux hospices une avance de 31,500 fr., pour les ambulances: le crédit de 11,000 fr., pour achat de vins des hospices est porté à 18,000 fr. pour les ambulances.
L'armée allemande fait une grande consommation de bois ; les chantiers sont épuisés ; il faut du combustible pour les fours des boulangers et le chauffage. Le maire propose d'abattre une certaine partie des arbres des propriétés communales ; cela donnera de l'ouvrage.
A la fin de janvier, l'emprunt a déjà fourni :
Emprunt ferme 690,960 fr.j
Obligations au porteur 299,815 j '
La Ville a payé 999,732 fr. ; elle redoit une somme importante ; elle possède en caisse 400,000 fr. en thalers papier, dont elle ne peut se servir. Le maire propose d'élever l'emprunt à 1,200,000 fr.; adopté.
28 janvier 1871, signature de l'armistice, pour la convocation d'une Constituante qui se réunira à Bordeaux; il sera de 21 jours.
L'autorité allemande (le Préfet) demande le principal et les centimes additionnels, à partir du premier janvier; pour les contributions indirectes, le préfet a reconnu l'impossibilité d'une perception régulière ; il prend un chiffre assez élevé, basé sur les renseignements des années précédentes.
« Les contributions sont dues par droit de guerre, dit l'arrêté du préfet, au gouvernement d'occupation.
» Les communes en retard, à partir du 8 février, date à laquelle les contributions de novembre et décembre 1870 devront être payées, auront une amende de 5 % P& r chaque jour de retard.
» Si les inaires ne suivent pas l'arrêté, on recourra à la force militaire. » Le préfet d'Eure-et-Loir,
» Winter. »
Le docteur Maunoury donne sa démission de conseiller.
« Il ne peut, écrit-il, comme citoyen français, prêter un concours loyal et sincère à l'autorité administrative prussienne. »
Le préfet a demandé dix millions de francs au département, par décret du 8 février 1871 ; le total annuel est de onze millions en moyenne; la ville de Chartres y figure pour 1: 800,000 fr. environ.
Le Conseil répond que la capitulation doit être respectée; la Ville ne doit pas de contribution de guerre; elle a déjà avancé ^ en novembre et décembre 1870; encore le ^ de janvier 1871. C'est tout.
Le Conseil général explique que Ton ne peut prélever de centimes de guerre pendant l'armistice. Le pays est ravagé, sans ressources; le préfet demande alors un million au lieu de dix ; il exige le paiement le 15 février, dernier délai.
Le maire se rendra au quartier général à Versailles, pour présenter les réclamations delà Ville; une commission, composée des conseillers Boy, Lefebvre, Doullay-Gillot, raccompagnera. Le 18 février, après le voyage de Versailles, le préfet allemand demande la somme de 400,000 fr. au département, pour dépenses militaires urgentes.
A Alençon, le préfet a demandé 640,000 fr. exigibles en quelques heures ; sur l'impossibilité de payer, le maire et quelques conseillers ont été internés à Chartres.
La demande est de 11 7,400 fr. pour les cantons de Chartres, sur les 400,000 fr. exigés du département. C'est trop ; ce devrait être 62,600 fr. seulement; il ny a pas de résistance contre la lettre du préfet; c'est une véritable contrainte.
« Il faut épargner à la Ville les mesures militaires prises à Rouen et à Alençon. Le Conseil ne discute pas; il cède à la force: la Ville versera donc la somme de 117,400 fr., exigée ; cette somme sera prise sur la caisse municipale.
Le préfet autorise le service français de la poste, mais le timbre français n'aura pas de valeur.
Au milieu de février, les travaux de charité ont coûté 70,117 fr. 22; il faut prévoir, au total, 90,000 fr.
Aux élections législatives de février, pour l'Assemblée nationale, sont élus: MM. Delacroix, maire de Chartres 46,734 suffrages; Vingtain 30,053; Lefèvre-Pontalis 28,210; M u de Gouvion Saint-Cyr 26,551 ; M is de Pontoi-Poncarré 23,701 ; Noël Parfait 22,663.
85,164 électeurs inscrits ; 54,301 votants.
Viennent ensuite : MM. Emile Labiche 21,797 ; Barthélémy 17,459; A.-S. Morin 17,165; Bosselet 15,903; F. Gatineau 14,025 ; G. Isambert 7,913 ; Lumière, maire de Châteaudun 7,076 ; Hermand 6,912; M 1 * de Maleyssie 5,606 ; Doullay 4,748; duc d'Aumale 2,658.
Ed. Barthélémy 2,536 ; Jules Guérin 1,427 ; F. Jumeau 1,411 ; Salmon 1,280; Jumeau, ancien notaire 897; Desbonnet 560.
L'Assemblée nationale se réunit à Bordeaux; M. Thiers est élu chef du pouvoir exécutif. La paix est votée, le 1 er mars, par 546 voix, contre 107.
Le 13 mars 1871, l'émission de l'emprunt est arrêtée. Il comprend :
En titres nominatifs . . . 779,545 fr. i . .„ 0/?/x p En coupures 187, 71o )
I/argent français manque ; le département est encombré de thalers allemands de 3 fr. 75 ; le Conseil demande que l'Etat les prenne, avec un change de fr. 05.
18 mars 1871, évacuation de Chartres par les Prussiens.
18 mars, soulèvement dans Paris; commune.
19 mars, l'Assemblée nationale a quitté Bordeaux, pour siéger à Versailles ; le Conseil envoie une adresse à l'Assemblée et au Pouvoir exécutif.
« Le Conseil supplie l'Assemblée nationale et le Pouvoir exécutif d'agir avec fermeté, pour rétablir Tordre audacieusement troublé et rendre au pays, désolé parles maux de la guerre, la confiance et la tranquillité qui permettront de les réparer. »
I/adresse est portée au Préfet, Leguay. Les mobiles d'Eureet-Loir se mettent à la disposition du maire.
En avril, le Conseil d'Alençon remercie le Conseil de Chartres, pour la bonne hospitalité accordée aux Conseillers dWlençon, emmenés prisonniers à Chartres.
Élections municipales, le 30 avril 1871. Électeurs
inscrits 4,656; votants 2,506.
Élus, MM. Delacroix 2,428; Boutet 2,263; Fontaine 2,140; Brault 2,087; Doullay-Gillot 2,023; Nicolle 2,011 ; Lefebvre Auguste 1,994; Mouton 1,997; Emile Guérin 1,976; Rabinel 1,915; Fessard 1,893; Bellamy 1,760: Durand Félix 1,652; Foiret Gustave 1.611; Bellier de la Chavignerie 1,582; Bonnard, notaire 1,492; Isambert Stanislas 1,452; Salmon, médecin 1,380; Charpentier, meunier 1,277.
7 mai, 2* tour, sont élus : MM. Billard deSaint-Laumer 1,500; Chauveau Albert 1,171; Gilbert-Barrier 1,126 ; Amiot 1,012; Leroy-Toussaint 967; Boy 960; Morin 926; Beaufre 900.
Le règlement des travaux communaux donne une dépense totale de 111,160 fr., y compris 2,500 fr. àM. Lorin, peintre, pour la décoration de la salle des mariages, et 300 fr. à M. Cluzel, sculpteur, pour trois bustes en plâtre, de Henri IV, de Marie de Médicis et de Louis XIII, à mettre dans les niches de la cour de la Mairie.
L'armée de Versailles, assiège Paris, occupé par la Commune ; prend la porte de Saint-Cloud, le 21 mai ; Paris est le 28 mai, au pouvoir du maréchal Mac-Mahon. Incendies de la Commune. Les pompiers de Chartres partent pour Paris, avec les docteurs Voyet fils, Rocque, Salmon, et Léon Ballay, aide-major des mobiles d'Eure-et-Loir; ils protègent la Sainte Chapelle, avec les pompiers de Rambouillet. Le lieutenant Bertin et le sapeur Blin hissent le drapeau tricolore, au lieu du drapeau rouge, sur la flèche delà chapelle.
Le 23 mai, installation de la municipalité. MM. Delacroix, maire; Bonnard, Bellier de la Chavignerie adjoints.
Le 13 juin 1871, compte des dépenses de la guerre présenté au Conseil . 2,309,030 fr. 34 Reçu de l'armée allemande. 772,695fr.96| Vente des avoines restant. 56,050
Le déficit reste de 1,480,284 fr. 38
Il reste à recouvrer de l'armée allemande 691,387 fr. 25,
Sur une subvention de six millions pour les Villes, Chartres reçoit 12,000 fr.
Le Conseil vote l'emprunt de 1,500,000 fr. ; les titres seront de 500 fr., remboursables avec une prime de 50 fr. Le délai d'amortissement est fixé à 30 années, le taux est de 5 fr. 40 : l'État vient d'emprunter à 6 % ; 25 centimes additionnels donneront 56,180 fr. ; l'augmentation de l'octroi est évaluée à 57,617 fr. 66.
3 octobre 1871, compte administratif de 1870.
En recettes 1,808,883 fr. 62
En dépenses 1,616,649 32
Excédent de recettes. . . 192,234 fr. 30
Sur une somme de 1,200,000 fr., pour la guerre, il a été dépensé en 1870, 969,445 fr. ; l'octroi n'a produit que 184,886 fr. 09, au lieu de 196,000 fr., prévus. En 1870, le bureau de bienfaisance, donne :
En recettes 61,621 fr. 86
En dépenses 56,604 31
Excédent des recettes . . . 5,017 fr. 55
La quête n'a pu être faite; d'où déficit de 5,000 fr. Le budget primitif pour le bureau, en 1872, est d'ailleurs réduit à 35,916 fr., en recettes et à 35,723 fr. 45, en dépenses. Les conseillers Chauveau et Amiot démissionnent. En novembre, répartition des logements militaires : 1° Loyer 1201 et plus 5 fois logement de 2 militaires 2° — 801 à 1,200 4 — » —
6° — 100 à 140 logement à un militaire seulement. Pour les officiers, la désignation sera faite par le maire, après examen de la position des habitants et des dispositions favorables de l'habitation.
Elections, départementales du 8 octobre 1871. Canton de Chartres-Nord, M. Delacroix, maire, député, élu conseiller général, par 1,572 voix, contre MM. Billard de Saint-Laumer, sortant, 988, et Ed. Barthélémy 216.
Chartres-Sud, M. Boutet, ancien adjoint, élu par 2,103 voix, contre le marquis de Maleyssie 1,015.
Courville, M. Pelé, 1,117 voix, élu; M. de Gossé-Brissac
Conseil d'arrondissement, Chartres-Nord, M. Fontaine, ingénieur, élu ; Chartres-Sud. pas de résultat.
A la réunion du Conseil général, du 23 octobre 1871, M. E. Labiche est élu président, par 19 voix.
Le 18 octobre 1871, anniversaire de l'incendie de Chàteaudun, M. Jousse, conseiller de préfecture, lieutenant de mobiles, est promu officier de la Légion d'honneur.
Le Conseil avait admis antérieurement le principe d'une souscription, en faveur de la ville de Châteaudun, dont la destruction a sauvé Chartres de pareil désastre. On avait proposé 100,000 fr., mais la caisse est vide. Au mois d'octobre, la souscription pour Châteaudun est encore ajournée; le 1 er mars 1872, le maire demande un vote de 25,000 fr. ; cette proposition est assez restreinte, à cause des embarras financiers de la Ville.
« Un membre du Conseil dit qu'il aurait proposé 100,000 fr. ; ce chiffre m'eût paru digne de la Ville et en rapport avec l'infortune à secourir, car il ne faut pas oublier que c'est Châteaudun qui nous a sauvés. Si Châteaudun n'avait pas été pris pour victime, son sort nous était réservé.
» Mais, en présence de l'hésitation de plusieurs de nos collègues, je proposerai de souscrire pour 50,000 fr. ; cette somme sera acceptée avec reconnaissance. »
En raison de l'absence de conseillers, le vote est ajourné ; il faut l'unanimité, en pareille circonstance; le 29 mars 1872, sur la proposition du maire, de voter la somme de 25,000 fr. pour Châteaudun ; le Conseil accorde 50,000 fr.
Peu après, le maire de Châteaudun remercie le Conseil de Chartres, de la somme de 50,000 fr. qu'il a votée, en faveur de la Ville qu'il administre. Les maires de Varize et de Civry demandent à être compris, pour une part proportionnelle à leurs pertes, dans ces 50,000 fr.
« Ces deux communes ne sont pas les seules victimes de
108 TROISIÈME ItÉPUBLIQUE
la guerre; Chartres ne peut réparer tous les désastres. Il n'y a pas lieu de revenir sur la délibération. »
Cependant, le 7 juin 1872, le Conseil vote 6,000 fr. pour les victimes de la guerre, dans les communes de Civry, Varize et Loigny.
La Ville avait été avisée, le 22 décembre 1871, qu'elle toucherait 214,000 fr. de l'armée allemande, pour le séjour de la dernière division d'occupation.
En janvier 1872, le maire est prévenu que, sur la somme de cent millions votés par l'Assemblée nationale, le département recevra une allocation de 3,381,800 fr., à laquelle la Ville participe pour 106,526 fr. 30.
D'après la loi du 6 septembre 1871, la Ville a droit à un secours égal à -^ de ses pertes.
Les pertes sont, pour la ville, de . . 1,206,484 fr. 94 pour les particuliers, de . . 312,778 06
Au total 1,519,263 fr. »
A déduire:
Espèces reçues 214,000 fr. )
— à recevoir de l'armée > 454,000 fr.
allemande 240,000 )
Il reste 1,065,263 fr.
Dont le ± est de 106,526 fr. 30.
A répartir, pour la commune . 75,246fr. 30 1
— pour les nécessiteux > 106,526 fr. 30
victimes de la guerre. . . . 31,280 » ]
La liste des pertes subies par les habitants, admise par la commission cantonale, produit un total de 106,552 fr. ; la somme à partager étant de 31,280 fr., chacun d'eux recevra un peu plus de 29 0/0 des pertes admises.
Le Conseil vote un crédit supplémentaire de 6,500 fr., pour le bureau de bienfaisance.
La somme de 244,704 fr., due par l'armée allemande d'occupation, pour fournitures de vivres, est aujourd'hui reconnue et admise; elle ne peut être soldée qu'en avril 1872; mais à présentées 2/5 de cette somme, soit i 68,750 fr. sont
payés par l'entremise du Receveur général. Une somme de 20,000 fr., due par un autre corps d'armée qui a séjourné à Chartres, du 10 au 13 novembre 1870, est admise, pour moitié environ.
Le premier mars 1872, les hospices réclament à la Ville 25,792 fr., pour traitement à l'Hôtel-Dieu des militaires allemands, pendant l'occupation . Cette somme a été réclamée auprès des divers intendants et du préfet prussien, alors à Chartres ; le fonctionnaire a répondu que ces frais incombaient à la commune.
Le budget des hospices présente en plus un excédent de dépenses de 12,551 fr. 54.
— « Un conseiller dit que les hospices sont riches, tandis que la commune est obérée ; ils ont eu à souffrir l'occupation comme tout le monde ; ils doivent supporter ces charges, qui ne sont pas hors de proportion avec leurs ressources. »
— « Un autre conseiller expose que la commune secourt les indigents, que les hospices sont le premier des indigents ; ils ont perdu les loyers d'un hôtel dans Paris, les loyers d'une ferme, dont le fermier a été pillé ; ils ont donc eu leurs pertes aussi par l'invasion. »
La question est ajournée.
Les adjoints MM. Bonnard et Bellier de la Chavignerie se retirent ; sont nommés, par décret du 10 janvier 1872, MM. Doullay-Gillot et Boutet.
M. Bonnard a rempli, au grand profit des finances de la Ville, une mission à Nancy, auprès des autorités allemandes. 100 fr. sont votés pour les frais d'interprète.
En mars 1872, le Conseil décide la vente du Clos Saint- Jean, pour faire de l'argent. Projet abandonné en 1874.
Vœux pour l'élection des maires et adjoints par les Conseils et pour la publicité des séances.
En juin 1872, l'État accorde à la commune de Chartres, une subvention supplémentaire de 5,358 fr. 75.
Nouvelles demandes pour le Sud 64,665 fr. 60/ A oiri r M
i xt j .•>/ *./- ; 89,312 fr. 60
— pourleNord 24,04/ »t
liO TROISIÈME REPUBLIQUE
Enquête, comme la précédente, avant répartition :
Comptes de la Ville, depuis 1871, jusqu'au 31 mars 1872:
Recettes avec l'excédent de 1870. . . 4,045,415 fr. 30
Dépenses 3,864,854 62
Reliquat définitif. 180,560 fr. 68
Cet excédent sera reporté au budget de 1872.
Une indemnité de 15 fr. avait été allouée aux sous-
ofïiciers, caporaux et sapeurs-pompiers, qui étaient allés porter des secours à Paris, pendant les incendies de la commune, le 21 mai 1871 et jours suivants. Cette indemnité ne leur parait pas suffisante; ils ont perdu des journées de travail à Paris; ils ont eu de nombreuses dépenses.
Le 20 mai 1873, le Conseil accorde pour les 27 hommes : 1 sergent-major, 3 sergents, 5 caporaux, 18 sapeurs, pour 110 heures à chacun, à raison de fr. 40, pour les gradés, etdeOfr. 385 pour lessapeurs: l,089fr. En retranchant la nourriture, 222 fr. 75, il reste 866 fr. 25.
Il est voté une somme de 102 fr. 72, pour payer les réparations de 71 fusils et de 40 sabres des sapeurs-pompiers. A leur rentrée à la direction de l'artillerie, les fusils à silex et les sabres briquets ont été remplacés par les fusils à percussion et des sabres poignards.
La compagnie est réorganisée; les pompiers doivent s'engager pour cinq ans.
« Cela ne peut être obtenu, dit le maire, dans la séance du 18 août 1876, qu'en leur assurant, soit des avantages pécuniaires, soit une pension de retraite, soit même ces deux avantages réunis.
» Le capitaine Juteau, dans son rapport au maire, du 1 er juillet 1875, fait connaître que l'effectif est réduit à 25 hommes, y compris les officiers et les sous-officiers. Il propose d'attribuer à chaque homme un traitement de 30 fr., et de supprimer le mode actuel de rémunération selon le temps employé, au tarif du règlement.
» Le inaire doute que cela suffise pour obtenir des adhésions, bien que, pour un effectif moyen de 50 hommes, la dépense annuelle pour la ville soit de 1,500 fr. ; il propose
TROISIÈME REPUBLIQUE i H
de créer, au profit des hommes de la compagnie, une caisse de secours et pensions. Y auraient droit, les sapeurs-pompiers de tous grades qui, dans leur service, ont reçu des blessures ou contracté une maladie, entraînant une incapacité de travail partielle, ou permanente ; et aussi les veuves et les enfants des pompiers qui ont péri dans les incendies, ou qui sont morts des suites de blessures ou de maladies, qu'ils y ont reçues ou contractées.
» Après quinze ans de services, chaque sous-officier, caporal, sapeur, aura droit à une pension viagère de 60 fr, ; de 80 fr. après 20 ans, de 100 fr. après 25 ans. »
La compagnie comprendra 52 hommes.
Une commission, composée de MM. Mouton, Brault, Lefebvre, Billard de Saint-Laumer et Bellamy est nommée. '
En septembre 1873, nouvelle indemnité de la guerre;
la commune va recevoir une répartition de 61,995 fr. Le Conseil vote de conserver cette somme pour le règlement définitif des réclamations.
Casernes, tombes militaires ; 16 mai 1873, Mac-Mahon. —
Le 7 février 1873, le Conseil s'occupe du casernement des troupes. Il vote la construction, dans les dépendances du quartier de cavalerie, d'un baraquement pouvant contenir 96 chevaux. Cette décision a été transmise au ministre de la guerre, par le général Nitot; il sera alloué, en 1873, 90 chevaux de remonte au 2 e dragons. L'Etat fournit le terrain ; la dépense, au compte de la Ville, sera de 31,000 fr. pour le baraquement: le règlement la porta à 35,846 fr. 37.
En ce même mois de novembre 1873, dans la formation des corps d'armée, la quatrième région comprend les départements d'Eure-et-Loir, de l'Orne, de la Mayenne, de la Sarthe, l'arrondissement de Rambouillet.
» Le ministre de la guerre demande si la Ville de Chartres serait disposée à faire des sacrifices pour obtenir une garnison d'infanterie, soit, par exemple, un bataillon de chasseurs à pied, soit un dépôt de régiment et quelle serait l'importance de ces sacrifices. »
Le commandant du génie a donné des renseignements ; l'effectif d'un dépôt d'infanterie est de 600 hommes ; la superficie du casernement serait de 1 h. 20 environ ; le prix des constructions, non compris le terrain, serait environ de 420,000 fr., soit 700 fr. par place d'homme.
Pour un bataillon de chasseurs, de 700 hommes, il faudrait 1 h. 50 ; la construction coûterait 490,000 fr.
» Nous ferons à l'Etat, explique le Président, l'offre de concourir pour moitié dans la dépense.
» Un conseiller fait observer que, sur l'emprunt de guerre de 1,500,000 fr., grâce à des remboursements inespérés, la perte s'est trouvée réduite à 700,000 fr., laissant libres 800,000 fr., dont la moitié a été dépensée.
» Le maire répond que ces fonds doivent être conservés comme réserves. Le Mans vote un million, Rouen 600,000 fr. On ne peut faire moins que Châteaudun etNogent-le-Rotrou.
» Le maire conclut qu'une offre de 250,000 fr. ne lui paraîtrait pas sortir des limites d'une sage prudence. »
En mars 1874, travaux du casernement :
1° Un hangar, construit par l'Etat, pour les équipages militaires, ligne d'Orléans-Rouen. Rien à dépenser.
2° Une caserne pour 600 hommes et 260 chevaux.
3° Une caserne d'infanterie, pour loger le dépôt du 130* de ligne et un bataillon du même régiment, soit 900 hommes, et le dépôt du 9 e bataillon de chasseurs à pied, soit 130 hommes.
Dépense, 500 fr. par homme d'infanterie :
1,030 hommes 515,000 fr.
Dépense, 600 fr. par homme de \
cavalerie : 600 hommes . . . 360,000 1 r 1Annn
Dépense, 600 fr. par cheval : 260 j 516 ' 000
chevaux 156,000 )
Total 1,031,000 fr.
La Ville est engagée pour 250,000 fr., plus le terrain. Le 6 mai 1874, le Conseil vote un projet de convention avec le ministre de la guerre, pour le logement de :
TROISIEME RÉPUBLIQUE if 3
1° Le dépôt d'un bataillon du 130° de ligne ;
2° Le dépôt du 9* bataillon de chasseurs à pied ;
3° Un escadron du train des équipages militaires.
L'effectif serait de 1,630 hommes et 260 chevaux. Le Conseil général a voté 100,000 fr., le 15 avril.
Le 29 juillet 1874, le casernement du train des équipages militaires sera placé dans le quartier du Clos-1'Evèque ; la caserne d'infanterie, installée près de la rue des Petits-Blés prolongée. Le Conseil accepte.
Le ministre, en approuvant le traité, le 3 novembre, supprime le dépôt d'un bataillon de chasseurs.
— Plusieurs conseillers protestent.
— D'autres font observer qu'il ne s'agit que de la suppression du dépôt, soit de 130 hommes, ce qui est peu important, par rapport à la garnison promise.
Le ministre prend spontanément à sa charge l'agrandissement du quartier de cavalerie et la construction d'un magasin à fourrages, à Cachemback, si celui de Saint-André devient insuffisant. Les travaux sont prévus pour 1,400,000 fr. ; ils seront à la charge du département, pour 100,000 fr., de la Ville pour 300,000, de l'Etat pour un million.
La municipalité lui indique les terrains, près de la route nationale, face au quartier actuel, bordant la rivière, d'une contenance de 18,255 m% dont le prix serait de 65,200 fr.
En mars 1876, l'emprunt de casernement, de 335,000 fr., avait été voté par le Conseil. Le remboursement sera terminé en 1888, pour toutes les obligations de 500 fr., rapportant 5 0/0 ; la souscription est ouverte directement au public ; l'impôt de 3 0/0 sur le revenu, reste à la charge delà Ville. La caisse des dépôts et consignations a refusé son concours ; le Crédit foncier prêterait bien à 4 1/2 pour 100, mais cet établissement paie en papier, lequel perd 10 0/0 au change.
En avril 1877, occupation de la nouvelle caserne d'infanterie par le 130 e de ligne: un bataillon et deux compagnies de dépôt.
Le maire propose l'organisation d'une soirée, dans les il 8
salles de l'Hôtel de Ville ; la réception comprendrait 250 à 300 personnes; il demande un crédit de 1,000 fr.
« Le conseiller Amiot est d'avis que la sollicitude de l'administration eut dû s'étendre jusqu'aux soldats, et ne pas se borner aux officiers.
» Le maire répond qu'il sera fait aux soldats, par l'intermédiaire de leurs chefs, une distribution de viande et de vin.
» En dehors des administrations civiles et militaires, le maire dit que l'on invitera les principaux habitants de la ville et un certain nombre de commerçants.
» Le conseiller Brault pense que le crédit sera insuffisant; il propose 2,000 fr. ». Le Conseil vote 2,000 fr.
Une commission nommée, comprend les conseillers Brault, A*mblard, Durand, Lelong et Mouton.
A la session de mai 1876, le Conseil s'occupe des
tombes des victimes de la guerre ; une commission, composée de MM. Boutet, Guérin, Salmon, Doullay-Gillot, Lefebvre, est nommée.
En décembre, la Ville est d'accord avec le ministère de l'Intérieur pour les tombes militaires.
Il sera établi deux cryptes au cimetière Saint-Pierre ; l'une contiendra les corps de 205 soldats français, l'autre de 259 soldats allemands. L'Etat édifiera les monuments; le transfert, à 10 fr., par corps 4,640 fr., à ses frais aussi; les 32 m 2 de terrain à 225 fr., à ses frais également, formant 7,200 fr., dont 4,800 fr. pour la commune et 2,400 fr. pour le bureau de bienfaisance.
En 1875, une dame Méliot, veuve d'un ancien conseiller de préfecture d'Eure-et-Loir, fille de M. Constantin Maugars, qui avait été aide de camp du général Marceau est en possession de quinze lettres autographes du général, adressées par lui à son aide de camp, et d'une paire de pistolets, dont il lui a fait don en mourant.
Dans une situation gonée, elle offre le tout à la Ville pour le musée, moyennant la somme de 1,000 fr. Accepté.
Au mois d'août 1K70, une grille en fer est placée autour de la pyramide de Marceau; dépense 1,500 fr.
Dans les premiers jours de janvier 1873, Napoléon III
meurt des suites d'une opération, à Chislehurst, Angleterre. Né le 20 avril 1808, il avait près de 65 ans.
En mai, l'instituteur Barodet est élu député de Paris, contre M. de Rémusat, ministre des affaires étrangères, ami politique de M. Thiers. Quelques jours après, Ranc, ancien membre de la commune, condamné à mort, puis gracié, est élu député à Lyon.
M. Thiers veut proclamer et constituer la République. Le 24 mai 1873, l'Assemblée nationale rejette la proposition, par 362 voix contre 248; le chef du pouvoir exécutif donne sa démission.
Le maréchal de Mac-Mahon est élu Président de la République, par 390 voix; le duc de Broglie devient président du Conseil des ministres.
Un pèlerinage à Notre-Dame de Chartres a lieu ; il vient des politiciens de la droite ; la majorité veut amener la restauration de la monarchie légitime.
En octobre 1873, le comte deChambord (Henri V), par une lettre de Salzbourg, à M. Chesnelong, maintient le drapeau blanc. 11 indique, par ce fait, l'abandon de toute visée de retour en France et de restauration.
En février 1874, loi nouvelle sur la nomination des maires et adjoints.
Le 10 février, lettre du Préfet au maire Delacroix. « Monsieur,
« J'ai l'honneur de vous adresser sous ce pli, copie d'un décret de M. le Président de la République, en date du 2 février courant, portant nomination du maire et d'un adjoint (Bellier de la Chavignerie) de la ville de Chartres.
» M. Billard de Saint-Laumer a reçu les instructions nécessaires pour s'entendre avec vous, au sujet de la remise des services.
» Agréez, Monsieur le maire, l'assurance de ma considétion la plus distinguée.
» Le préfet d'Eure-et-Loir, » Perthuis. »
M. Delacroix remercie ses collègues de l'appui -qu'ils lui ont donné, dans les circonstances difficiles que la ville de Chartres a traversées. Il remet ensuite le service à la nouvelle administration, et la séance continue, sous la présidence de M. Billard de Saint-Laumer. »
« M. le maire dit qu'il a beaucoup hésité à accepter la succession d'une administration qui, tout entière, a rendu des services importants à la ville, dans les circonstances les plus pénibles. '
» Ce n'est que, pressé par les sollicitations et en présence d'un fait accompli, qu'il s'est décidé à accepter ce lourd fardeau. Il propose d'insérer au procès-verbal l'expression de la reconnaissance et des regrets du Conseil.
— Il faut une manifestation spontanée du Conseil.
— Le maire répond que c'est ce qu'il vient de proposer ; que pour lui, il s'associera bien sincèrement à la gratitude du Conseil.
— Un conseiller dit qu'il faut d'abord délibérer sur la proposition de M. le maire.
Le Conseil, à l'unanimité, vote des remerciements à M. Delacroix et aux collègues qui l'ont secondé, avec tant de dévouement, dans sa tâche difficile, lui exprime sa reconsance et sa gratitude pour les services rendus, et les regrets que lui cause sa retraite.
Le 1 er mars, M. Bonnard, ex-notaire, est nommé adjoint.
Des noms de rues de la Ville sont changés :
Noms supprimés : du bœuf couronné, claque dent, du chien
vert, coupe barbe, du pont d'inde, des fumiers, aux herbes, du vieux marché au blé, vide boudin, courte-soupe.
Noms nouveaux : Philippe Desportes, de Perrière, fondadateur de la porte Guillaume, Reverdy, Chauveau-Lagarde.
En septembre 1874, manœuvres ; un camp est établi à Pontgouin ; ces manœuvres, très intéressantes, sont suivies par un public nombreux.
En octobre 1874, élections au Conseil général;
M. Boutet est ôludansle canton sud, par 3,009 voix ; à Maintenon, M. Corbière obtient 2, 124 voix, contre 900 à M. Gués-
TROISIÈME RÉPUBLIQUE Ml
pereau ; M. Fontaine est élu conseiller d'arrondissement, dans le canton nord de Chartres.
Les 22 et 29 novembre 1874, élections municipales. Sont élus : MM. Delacroix 2,451; Boutet 2,385; Guérin Emile 2,298; Fessard 2,215 ; Salmon 2,144; Mouton 2,095; Beaufre 1,904; Nicole 1,872; Doullay-Gillot 1,808 ; Rabinel 1,781; Charpentier-Alleaume 1,758; Bellamy 1,755; Amiot 1,621 ; docteur Maunoury 1,614; Fontaine 1,596; Lefebvre, juge 1,512.
2 e tour, Bourgeois 1,632 ; Durand G. 1,583; Thirouin 1,554 François-Legras 1,514 ; LelongGédéon 1,483 ; Coudray 1,430 Billard de Saint-Laumer 1,414; Michard 1,407; Brault 1,402 Charbonnier 1,389; Amblard 1,362.
Le service des guetteurs de nuit de la Cathédrale, qui avait été rétabli, vient d'être supprimé de nouveau, sur la proposition de M. Boutet, d'où résulte une économie annuelle de 800 fr. pour le budget.
En mai 1874, se pose la question des cimetières.
Le tarif a été établi, le 13 août 1844, pour sépulture de deux mètres carrés.
1° pour concession perpétuelle 300 fr.
2° — trentenaire 150
3° — temporaire 15 ans .... 75
4° — — 10 ans .... 45
Tableau des concessions des deux cimetières: