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M. Letronne évalue, dans le même ouvrage, la livre romaine au poids de 327 grammes 18 centigrammes, ou à 6154 Krains, poids de marc; le grain étant de 531 dixièmes de milligrammes.
Le poids moyen des deniers des deux derniers siècles de la République, qu'il a pesés, s'est trouvé de 73 grains 0597 dixmillièmes, ou de 3 grammes 8794 dixièmes de milligrammes.
Le denier était donc, à peu près, de 3 grammes 88 centigrammes, et le sesterce de 0,97 centigrammes d'argent fin.
M. Letronne évalue la capacité du modius, usité au temps de Cicéron, à 10 litres i décilitre, et le poids du blé qu'il contenait à 46 livres, poids de marc, c'est-à-dire à 7832 grammes.
Il évalue la capacité du médimne, usité en Attique au temps de Socratc, à 44 litres 16 centilitres, et il ajoute que le
« Considérations générales sur l'évaluation des monnaies grecques et romaines, page 119.
DES CîIKVALÎEHS ROMAINS 393
mèdimne était les V de noire sl-Iici* d'un hectolitre et demi, ou plus exactement de 151 litres 40 centilitres.
Il établit que le mèdimne de blé valait, en Attique, deux drachmes et demie, à l'époque de Socrale, quand la drachme pesait 82 grains i j-„ c'est-à-dire 4 grammes 36 centigrammes. La drachme perdit, depuis, graduellement de son poids jusqu'à l'époque des guerres puniques, où elle se confondit avec le denier de 3 grammes 88 centigrammes.
Il établit encore que le blé de Sicile, au temps de Verrès, valait trois sesterces le modius, tandis qu'en 4817, en France, le prix moyen du blé était de 24 francs 88 centimes le setier, ou 16 francs 43 centimes l'hectolitre.
En nous servant des évaluations de M. Letronne, nous arrivons à des résultats qui ont une vraisemblance intrinsèque, par exemple : que la ration d'orge donnée au cheval romain était de 40 litres ou d'un moditts par jour; que la ration de blé donnée au légionnaire était celle qui fournirait aujourd'hui une livre et demie de pain par jour: c'est exactement la ration de nos fantassins; qu'un cheval de guerre valait, à Rome, au temps d'Annibal, 862 francs.
Nous avons préféré, pour ces raisons, l'autorité de M. Letronne à celle d'autres savants en métrologie.
— Qu'il n'y eut que quatre tribus et non trente sous Servi us. Description de la ville et du territoire de Rome sous son règne.
Il n'y eut, sons Servius, que quatre tribus et non pas trente, comme on le dit ordinairement. Tile-Live i et Aurelius Victor* ne connaissent que les quatre tribus urbaines au temps des Rois, et le silence de Tite-Live sur les tribus rustiques, aû passage où il décrit si complètement la constitution de Servius Tullius, ne s'expliquerait pas, s'il avait cru qu'elles eussent existé sous son règne. L'idée qu'il y avait trente tribus, dont vingt-six rustiques, au temps de Servius, est contradictoire avec les faits les plus connus de l'histoire romaine. S'il y en avait eu trente sous l'avant-dernier roi, comment ne s'en trouverait-il plus que vingt ou vingt-et-une au temps du procès de Coriolan, qui eut lieu en 490 av. J.-C, moins de vingt ans après l'expulsion des Tarquins ?
Niebuhr 3 a essayé de résoudre cette contradiction en imaginant que Porsenna aurait, après la prise de Rome 4 , gardé le tiers de l'ancien territoire romain, et enlevé ainsi à la République dix tribus que les rois de Rome auraient formées, aux dépens des Yéiens, sur la rive droite du Tibre. Mais cette explication ne peut se concilier avec les textes des anciens, ni avec les faits précis qu'ils rapportent.
Tite-Live 5 dit que Romulus, vainqueur des Véiens, leur accorda une trêve de cent ans, en les privant d'une partie de leur territoire ; que Porsenna, par le traité du Janicule, obtint d'eux que ce territoire fût restitué aux Véiens 6 ; mais, qu'après sa défaite à Aricie, Porsenna le rendit aux Romains 7 . Denys est encore plus précis que Tite-Live : « Romulus, dit-il,
* Tite-Live, I, 43. « Quadrifariam enim urbe divisa regionibus collibusque, > quse habitabantur parles tribus eas apprit avit^ ut ego arbitror, ab tributo •' » nam ejus quoque tequaliler ex censu conferendi ab eodem inita ratio est. » Neque hse tribus ad cen turiarum distributionem numerumque quidquam » pertinuere. » — » Aurelius Victor, De viris illustribus, ch. 7. « l'upututn » in quatuor tribus distribua, ac plebi posl dislribuil annonam. » — * Niebuhr, Histoire romaine, Wd.. impartie, p. 436-437. — * Tacite, histoires, III. 72. Pline. Hist.nat., XXXIV. ch. 39 (14). - • Tite-Live, 1. là. « Agri » parte mulctatis in eentum an nos induciœ datte. » — * Tile-Live, II. 13. « Ue agro Veientibus restituendo impetratum. » — 7 Tite-Live, II, 15. ■ Agrusn m Veienlem fotdere ad Janicuium iclo ademptum restituit. »
» après sa victoire sur les Véiens, leur imposa, comme condi- » tions de paix, de livrer aux Romains le territoire voisin du » Tibre que l'on appelle les Sepl-Bourgs (eire* *<£you«) , et » d'abandonner les salines qui sont à l'embouchure du » fleuve ». » Porsenna vainqueur demanda pour prix de son amitié ce môme territoire des Sept-Bourgs, qui dépendait primitivement de l'Étrurie 3 . Mais, en échange de l'hospitalité que les Étrusques, vaincus à Aricie, reçurent à Rome, dans le vicus Tuscus, Porsenna rendit aux Romains tout leur territoire au-delà du fleuve, c'est-à-dire les Sept-Bourgs 3 , qu'ils avaient perdus par le traité.
Ce territoire, conquis au-delà du Tibre par Romulus sur les Véiens, n'est donc pas resté entre les mains de Porsenna. Il s'étendait, sur la rive droite du Tibre, depuis le voisinage de Rome jusqu'à la mer. Il n'a jamais formé dix tribus sous les Rois, mais une seule tribu sous la République, la Romilia, comme nous l'apprennent Yarron 4 et Festus 5 . Or, la tribu Romilia est une des vingt ou vingt-et-une qui existaient en 490 av. J.-C, au temps du procès de Coriolan 6 ; carTite-Live nous donne les dates de la formation des quatorze dernières tribus qui complétèrent le nombre de trente-cinq 7 , et le nom de la Romilia ne se trouve pas dans la liste de ces quatorze tribus. Le territoire de la République n'était donc pas réduit, en 490 av. J.-C, à la rive gauche du Tibre.
La raison, aussi bien que les textes, s'oppose à ce qu'on admette qu'une petite partie du territoire véien ait pu jamais former dix tribus ; car, lorsque le territoire véien fut tout entier conquis, on n'en ajouta que quatre nouvelles 8 . Enfin, les chiffres du cens prouvent clairement la fausseté de la supposition de Niebuhr. Si le territoire romain eût été diminué d'un tiers par Porsenna, le nombre des citoyens, aux premières années de la République, eût été moins grand qu'au temps de
1 Denys, II. 55. Comp. Plutsrque, Vie de Romulus, ch. 25. — » Denys, V,3l, fin. — s Denys, V, 36, fin. — 4 Vairon, De lingua talina, IV, 9. ■ Ab locis ■ Suburana, Eiquilina, Codifia, Palatina. (Juinla, quod sub Roma, Romilia.» La tribu Romilia était la cinquième, parce qu'elle votait après les quatre tribus urbaines, et la première des tribus rustiques. Cicéron, De lege agraria, II, 29. « Respondit a Romilia tribu initium este facturum. > — 1 Festus, In excerplis Pauti, s. v. Romulia : « Romulia tribus dicta, quia ex eo agro » censé balur quem Romulus ceperat ex Veientibus. * — 6 Denys (VII, 64) compte vingt-et-une tribus en 490 av. J.-C.; mais son raisonnement en suppose vingt. La différence vient de ce qu'on ignore à quelle époque fut formée la tribu Crustumine. — » Tile-Live, VI, 4 et 5, VII, 15, VIII, 17, IX, 20. X, 9, et Bpitome, XIX. - • Tite-Live, VI, 4 et 5.
396 IHSTOIRF.
Scrvius; or, c'est tout le contraire qu'on remarque. Sous Servais, il n'y avait que quatre-vingt mille citoyens, selon Fabius Pictor quatre-vingt-quatre mille sept cents, selon Denys d'Haliearnasse 8 . On en compta cent trente mille 3 en 509 av. J -C, et cent cinquante mille en 499 *.
En 493 av. J.-C, le nombre redescend à cent trente mille 5 ; en 475, il n'est plus que de cent dix ou cent vingt mille •. Le nombre redevient ensuite plus considérable 7 .
Quel que soit celui de ces chiffres que l'on admette, il faut rceonnalire que la population du territoire romain a augmenté, depuis Servais jusqu'aux premières aunées de la Réblique, d'au moins trente à quarante raille citoyens, au lieu de diminuer d'un tiers, comme elle eût fait, si Porscnna en avait retranché dix tribus sur trente.
Il reste à expliquer par quelle erreur on a pu admettre qu'il y avait trente tribus sous Scrvius. Un texte de Denys d'Haliearnasse, fort altéré, à ce qu'il semble, par les copistes, et encore davantage par les critiques qui ont voulu le corriger, semble la cause de cette erreur.
Voici le texte de ce passage de Denys, dans les plus anciennes éditions 8 :
« AicîXe & xa\ r?,v xùpav iTrarav, à* ulv «t>ijiid; ?T,atv, cl; jio(p*< fcç » xort etxoffiv, xa\ aî»T&; 9 x«Xei çyXirç, xa\ t*î àrtixfrç •sporcite^ >• «(«aiç téreapac, x«l Tpiaxovra çuXfcc iii^oriptov. Kirtov uiv toi toûtwv >» iiA TuXXtou xàç iti«K fevéoflau Xé^sf <î>ç & Ojevcivux Iffrdpïjxrv, «U » uXscv xat Tpidxovta çuXfcç, dÇioittarroTcpo; <iv, oli/ ôpfijei tû»v |ioipûrv tûv m ipi9u4v. »
Le manuscrit du Vatican, celui de Lapus, que nous ne connaissons plus que par la traduction latine très-littérale qu'il en a faite, enfin un manuscrit du cardinal Bessarion, cité par Sigonius, portent, après les mots : «. <b ; st o«ev«âv«K i«dfTjxev, et; » jtfav x«i Tpidxow* ? uXfc<, » le membre de phrase suivant, qui ne se trouve pas dans les anciens textes imprimés: « ûsts wv
» t«k xatà TtdXiv ofrwrç èxzncXT|pÛ96ai É-n xal tin iiïapyoûss; » Tpiaxovra xal %tnt çuXi<. »
i Tite-Live, 1, 44. — » Denys, IV, 22. Comp. Vie de Publicola, XIV. — î Denys, V,20. — « Denys, V, 75. — $ Denys. VI, 63 — « Denys, IX, 25. Eutrope, I, 14. Le Syncellc, chronograjiliie, i52. — 7 Histoire de Jules César, H». I, ch. VI, 1. p. 229. — • Denys. IV, 15, rdition Sylburge, Francfort, 1586, p. 220; le texte est le même dans l'édition d'Oxford. La traduction latine, Tort inexacte, de Sigismond Gelenius, publiée, au milieu du XVI» siècle, à Lyon, chez Gryphius, p. 336, semble faite d'après le même texte qu'a reproduit Sylburge. — » Kert «ùraç, d'après la traduction latine, trèsexacte, de Lapus, qui porte s quat et ipsas vocal tribut.
Enfin la traduction de Lapas nous indique quelques variantes dans le membre de phrase suivant. Voici comment il traduit le passage de Denys, à partir des mots k* tMV |llv TOI... I
c Cato tamen horum sub TuUio omnes fuisse dicit ; ut autem >» Venonius narrât in unam et triginta tribus; ita ut cum n urbanis explelœ sint hœ quœ adsuni adhuc quinque et triginta
» tribus, FIDE IPSE DIGNIOR :>0K SEGREGAT NUMERUM. »
Le texte de Lapus devait donc porter, après les mots * P i4x©vt<x xai vérct ? uXîk, la phrase suivante :
« abto; motdtepoç ûv oO ^upC^u.... xiv dpt8jiov, i» au lieu ÛQl n dÇiomTtotspo; <*>v oO/ ôplÇeu... tùv dpi6|idv. »
Le mol auto; séparé de xrarottpoc, dans le texte de Lapus, indique assez que le mot aÇtoTUTcdttpo;, des autres textes, a dû être formé de deux mots fondus ensemble par un copiste inintelligent.
D'un autre côté, «0x6? n'ayant pas de sens ici, puisque ce pronom ne pourrait représenter que Venonius et que cet historien définissait le nombre des tribus et distinguait celles de la ville de celles du la campagne, on est forcé d'admettre que le mol a{«e>; avait élé écrit à la place d'un nom semblable de quelque autre historien, comme 'Atti©; ou Atx«*, transformé en •a£io dans la plupart des textes.
Nous proposerons donc la leçon suivante du passage de Denys(IV, 15) :
« AislXc ta xat W,v yùpav dhraoav, cLk uiv 4>ijîidç çprjuiv, elç uo(pac t£ » xal elxoTtv, dç xa\ auto? xaXtl <puXd<, xal toç danxàu; «oootiSsI; « «Oral; téttapa;, xaXtt 1 tpidxovta çuXaç d|ifO"rtpwv. (Kdtwv uiv toi » toûtuv èirt TiAXfou «ca; itdaaç fevérim Xéytf) ûk 6k OUveàvto; WtdpTi- » xcv, clç jj.(av xal tpidxovta stAd;, ûore ovv taî? xata itdXtv otoaic » ixitricX^pûdtai Ta; £ti xal tk *|uâ< Cricapvoûaa; Tptdxovta xal ictVw i çpuXd;. AfXioç 3 itirrdtspoç ûv, où/ ôp;Çei tûv potpûv tov dptQudv. i AuXùv V owv o TûXXio; ci< ôrdaaç Ô^itote (io(pa; tf,v *piv.... i
Cette leçon est conjecturale sans doute, et, pour se transformer en une restitution vraiment scientifique de ce passage, elle aurait besoin d'être contrôlée par une étude technique des manuscrits, qu'il nous a été impossible de faire. Mais, telle qu'elle est, elle se rapproche beaucoup plus du texte connu des manuscrits du Vatican, de Bessarion et de Lapus, que toutes les leçons admises jusqu'ici. Elle n'eiige que deux
• La similitude de IVcriture ou l'analogie des sous a pu faire écrire xal pour xaXcï devant tptdxovra. Tout ce passage semble avoir été écrit sous la dictée, par un copiste qui entendait mal et qui passait des parties de phrase. — * Oenys (I, 80) cite avec éloge vElius Tubtron.
changements de mots: celui du mot du manuscrit de Lapus, en AtXu*, et celui de xaien x*x e ï ; elle fournit un sens très-clair sans aucune transposition de phrases, tandis que Sigonius 1 et Niebuhr s ont bouleversé le texte pour l'expliquer.
La leçon que nous proposons se traduirait ainsi :
a Tullius divisa la campagne entière, si l'on en croit Fabius,
• en vingt-six parties, que Fabius nomme aussi tribus, et, en » y ajoutant les quatre tribus urbaines, il appelle trente tribus » la somme des unes et des autres. (Pourtant Caton dit que, » sous Servius, le nombre total des tribus se composait de ces » dernières a). Si l'on s'en rapporte à Venonius, il aurait » divisé la campagne en trente-et-une tribus, de sorte qu'avec » les quatre tribus de la ville, le nombre définitif des trente-
• cinq tribus qui existent encore aujourd'hui aurait étécom- » piété. iElius, écrivain plus digne de confiance, ne cite pas > le nombre des circonscriptions. Tullius ayant donc partagé » le. territoire de la campagne en un nombre quelconque de » parties.... »
Quelle que soit la leçon que Ton admette, il ressort des paroles mômes de Denys qu'a ses yeux Fabius a eu tort de confondre sous le même nom de ?uX*i les quatre tribus urbaines et les vingt-six circonscriptions rurales, que Denys appelle
poipeu et irdYoi, pOQÎ.
Car cet historien ajoute 4 :
« Tullius ayant partagé la campagne en un nombre quel-
» Sigonius efface xotl après Tterapaç, e t insère è la place le mot itnto^xe, que rien n'autorise ; et il écrit : itt^o^xt Tptdxovta çoXfcç dp^rfpov. De plus, dans le texte du manuscrit de Beasarion, il transporte la pensée de Caton après celle de Venonius, et il y intercale le membre de phrase: dÇcoxKTTorepo; wv, etc.; ce qui donne, après xpidxov™ xal irévre çuXiç, la phrase : « Kdtwv piv toi toOtwv àîioirtrrdT£po« wv ovv opÇet tûv poipwv , tov dpteuiv tel TuXXCou t*< Xey £l . „' Ces déplacements
de mots sont arbitraires, et, dans cette leçon, le membre de phrase tel TuXXtou... ne s'explique plus. - • Niebuhr (UUtoire romaine 1- partie, 4» éd., Berlin, 1833, p. 435, note 973; a recours au même procédé violent de transposition employé par Sigonius. Il met du. ? or*p«v après tovtwv, e t, supprimant xert deTant Tptdxovra, il joint ensemble Tpiaxovnx çuX*; et tel TuX- Xuw tdî Kdooc T tvfefeu X£ T «. H rejette après irtvre ?u X*c, | a phrase : « Kdttov uiv -rot towTwv dpsporrfpwv d^ioitiTRkepoç wv ojy ôpÇei tûv poi- > pûv tov dpi8udv. » J Denys a nommé d'abord les circonscriptions rurales et ensuite les tribus urbaines. Toortav (hantm) désigne les dernières nommées, les tribus urbaines, par opposition à èxefvuv, sous-entendu. — » Denys, IV, 15.
» conque de circonscriptions, sur les montagnes ou sur les » collines qui pouvaient offrir le plus de sécurité aux labou- » reurs, il fil fortifier des places de refuge, qu'il appelle d'un » nom grec pagi (ri T ot). Là, venaient chercher asile les habi- » tants des campagnes , lorsque l'ennemi faisait invasion, et, » le plus souvent, c'est là qu'ils passaient la nuit. »
Les vingt-six circonscriptions rurales étaient donc, selon Denys, non des tribus, mais des districts, ayant chacun sa citadelle appelée pagus, et ses fêtes religieuses, les Paganalia.
Si on lit le passage controversé de Denys comme Sigonius ou comme Niebuhr, on doit croire que Caton n'avait pas déterminé le nombre des districts ruraux du temps de Servius, el que Denys ne le détermine pas davantage. Si l'on admet la leçon proj)osée plus haut, il faut admettre que Caton réduisait à quatre, comme Tite-Live,le nombre total des tribus primitives.
Un passage de Varron l , qu'on a cité à l'appui de l'opinion qu'il y avait trente tribus sous Servius, n'en donne pas la preuve :
« Extra urbem in regiones XXVI agros virilim liberis » atlribuii. > Il n'esl pas ici question de tribus, mais de vingtsix régions ou districts ruraux, ayant chacun pour centre militaire et religieux un pagus. Tile-Lhc prend aussi le mot de région dans le sens de district rattaché à un pagus, lorsqu'il dit que la ville de Servius fut divisée en quatre quartiers d'après les régions et les collines, et qu'on appela tribus les quartiers où était répartie la population s .
Il y avait dans les quatre tribus urbaines, outre les sept collines de la ville antique du Sep timon t mm, plusieurs pagi ou lieux de refuge pour les habitants des régions suburbaines, qui furent renfermées dans l'enceinte de Rome.
Cicéron mettait encore de son temps des Pagani à côté des Montant dans la plèbe urbaine 3 , c'est à-dire les habitants des faubourgs avec ceux de la edé. On peut distinguer les quartiers de Rome où habitaient les Montani de ceux où les Pagani avaient autrefois établi leurs lieux de refuge. La fête des Agonalia ou d'Acca Larentia s'appelait Septimontium. On y célébrait, le 40 décembre, un sacrifice dans le Vélabre, au
i Vairon, De vita poputi Romani. 1, p. 240, éd. des Deux-Ponts, passage tin! de Nonius Marccllus, cb. I, s. r. liritim. — • Tite-Live, I, 43. — * Cicéron. Pro domo sua, ch. XXVIII. c Sutlum est in hoc urbe colleglum, nutli » Pagani aut Montani (quoniam plebei qaoque urbanœ majores nostri conttn » tieula et quasi concilia qusedam esse toluerunt) qui non amplittime, non » modo de satuie mea, sed etiam de dignilatt decreverint. »
HISTOIRIÎ
coin de la rue Neuve, en dehors de la ville antique, et à quelque distance de la porte Romanula, située à l'angle nordouest du Palatin, auprès de la descente qui menait à la rive gauche du Tibre. Ce n'était pas la fêle de tout le peuple de la ville, mais seulement des Montant; de même que les Paganales étaient jour de fêle pour ceux qui étaient d'un pagus Le nom de Septimontium venait des sept montagnes sur lesquelles était bâtie la Rome primitive, et Festus les nomme d'après Antistius Labeo *. C'étaient le Palatin, le Cermale, la Velia, l'Oppius, le Cispins, le Fagutal, le Cœlius et la Subura. Ce seraient donc huit localités marquées, au lieu de sept, dans le Septimontium. Mais il faut observer que le quartier de Subure, annexé de bonne heure à la ville primitive, n'était pas une montagne, mais un pagus, un faubourg placé en dcîiors de la ville, au pied du mur de terre du quartier des Carènes n . Nous no voyons aucune raison d'exclure, comme le font MM. Ampère et Becker,' le Cœlius de la liste que nous donne Festus Varron, après avoir décrit le Capilole et l'Aventin, ajoute que les autres lieux de la ville, autrefois séparés de ces deux montagnes, furent distribués, comme les chapelles des Argées, en vingt-sept quartiers 4 . Or, ces autres lieux comprennent les quatre tribus primitives de Scrvius, c'est-à-dire le Septimontium, plus la tribu Colline formée par ce roi des monts Quirinal et Viminal, entre le faubourg de Subure et le nouveau rempart qui porta son nom (Agger Servit).
Pour se convaincre que la ville antique du Septimontium correspondait a ce qui forma depuis les trois tribus Suburane,
. Varron. De lingua tatina, V, 5, 3, fin. « Hoc sacrificium fit in Vclabro
» qua in iïooam fiant exitur, ut ai uni quidam, ail sepulcrum Accx qui... .
» tocus extra urbem antiquam fuit, non longe a porta Romanula, de qua » priore libro dixi ; Mes Siptiuonîiih nominaïus, ab hisseptem mon ti bus in » queit tita urbs est ; ferite non poputi, sett hlontanarum modo, ut Paganali- * éiu(sic), qui sunt alicujus pagi. >• Lisez plutôt: « Puganalia iis qui. » — s Festus s. V. Septimontium. « Septimontio, ut ait Antistius Labeo, hisee mon- » tibus ferise: Palatio, cui sacrificium quod fit Patatuur dicitur, l 'élise cui » item sacrificium, Fagutati, Suburae, Cermalo, Oppio, Oxliomonti, Cispio- <• monti. » — 1 Varron, De lingua lalina, IV, 9. » Eidem regioni [prima) » atlribule Subura, quod sub muro terreo Carinarum. In ea est Argeorum » sacellum sextum. Subura Junius scribit ab eo quod fuerit sub antiqua urbe, » cui testimonium pote»! esse quod subtst ti loco qui terreus mut us vwatur. » Sed ego a pago potius Sucusano dictum pulo Sucusam, nunc scribitur tertia » tittera B non C. Pagus Sucusanus quod succurrù cariais. • — * V;inoo, De lingua latina, IV, ». « Retiqua urbis loca olim discret a (« Capitolio et ab » Aventino) ut Argeorum sacraria, in septem et viginti partes urbis sunt » disposita. »
Palatine et Esquiline de Servius, il suffit de comparer la description du Seplimontium, par Festus, et celle des quatre tribus urbaines de Servius, par Varron.
SEPTIMONTIUM
D APRES FESTIS