‹ Histoire de choléra-morbus asiatiqueChapitre 2 sur 83 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

yoiv d'une irrésistible logique, a été pleine et entière sur la transmission du choléra, c'est-à-dire sur sa propnete conta-

gieuse.

Il est vrai de dire que les obstacles se sont présentes en foule : notre cadre s'élargissait sans cesse devant la persévérance de nos labeurs, et plus nous avancions dans la carrière plus le but semblait s'éloigner; mais nous n'avons pas désespéré de nous-mêmes et n'avons point failli à nos devoirs d'historiens. Un soin religieux a présidé à notre tâche. Au milieu d'une mer semée d'écueils et fertile en tristes naufrages, nous avons eu pour guides la constance , le zèle, l'impartialité, l'amour du bien , une volonté forte ; et nous vcila, grâces au Ciel, sur des rivages protecteurs.

Sans doute la critique aura à s'exercer sur notre œuvre ^ mais les hommes désintéressés et de bonne foi, au jugement desquels nous en appelons , feront la part de toutes choses. Dans une histoire dont le sujet est aussi étendu que les pays ravagés par un fléau épouvantable , dans un travail qui a exigé d'immenses recherches et qui est surchargé d'innombrables détails, qui mentionne tant de faits divers, tant de dates tant de chiffres, tant de circonstances minutieuses mais nécessaires, qui présente tant de tableaux et fait tant de rapprochemens, qui embrasse enfin dans un cercle si vaste tant d'élémens de statistique, tant d'objets de toute couleur et de toute nature, comment n'y aurait-il point quelques erreurs? vulgaires écriyains, comment n'aurions-nous point payé à la faiblesse humaine un tribut que lui paient si souvent tant d'intelligences supérieures , devant lesquelles nous courbons un front respectueux? mais ces erreurs sont involontaires, nous l'attestons sur notre honneur : le Ciel nous est témoi^ que nous avons fait tous nos efforts pour atteindre la vérité, but unique de nos études, et pour découvrir la lumière au milieu des nuages amoncelés autour d'elle par de

vilj INTRODUCTION, fausses doctrines , par des opinions systématiques , i>ar les calculs de l'intérêt privé. Nous avons constamment puisé aux sources officielles , et n'avons accueilli que des documens authentiques et des témoignages dignes d'une confiance absolue. Des magistrats, des administrateurs,, des personnages éminens par leur instruction, leur caractère et leur position sociale, ont bien voulu nous faire des communications utiles; nous les prions d'agréer l'expression publique de notre gratitude profonde. Quand des faits incertains et des choses douteuses se sont montrés à nous, nous nous sommes abstenus, selon la maxime du sage. A défaut de talent, il y a de la conscience dans notre ouvrage, et nous pouvons du moins dire ce que disait Montaigne de son œuvre immortelle : Ceci est un Iwre de bonne foi.

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