‹ Histoire de Chorey et de ses seigneursChapitre 1 sur 51 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

H y a pouf chacun de nous tin coin de terre où les cieux semtxknt plus pufs, ïe soleil plus beau, Fair plus etnbaurté ; c*ts.t' le lïeu où la Providence plaça notre berceau et où dorment nos pères. Là, les champs, îei prés, les vignes qui couvrent le coteau, le bois qui couronne la montagne^ les sentiers qui courent à travers les haies, le filet d'eau qui coule soufs les saules sont pour nous des amis : on dirait qu'ils font partie de noliémêmes, tant leur image est profondément gravée dans nos âmes. Pour nous eh'chah'ter, ce lieu n'a pas besoin d'être Athènes, Rome ou Paris ; qu'il soit le hameau le plusobscur, le val le plus sauvage, ^tre le toit paternel soit la cabane du pâtre oui la hutte dii charbonnier, ce coin de terre aura toujours pour nous des parfums et des charmes que nous ne trouverons nulle part et, en le revoyant, nous dirons avec le poëte :

O vallons paternels! doux champs! humble chaumière Au bord pendhant des bois suspendue au coteati, Dont rhufnble toît, caché sous les touffes de lierre, Ressemble au nid sous les rameavx f

Oui, je reviens à toi, berceau de mon enfance, Embrasser pour jamais tes foyers protecteurs ; Loin de moi les cités et leur vaine opulence, Je suis né parmi les pasteurs? (i)

(I) Lamartine.

C'est cet amour de la terre natale qui pro^ duit chaque jour de curieuses et intéressantes monographies sur nos bourgs et nos villages. Ces travaux ne sont pas sans difficulté et partant sans mérite ; pour peindre dans toute sa vérité et sa poésie la bourgade que Ton décrit, il faut Tétudier sous ses aspects multiples : c'est-à-dire à l'époque celtique et gallo-romaine, au moyen-age sous l'influence des moines et des chevaliers, et au temps de nos révolutions; il faut restituer à chaque époque son esprit, son culte, son langage, ses mœurs et ses coutumes. Pour mener ce travail à sa perfection, il faudrait une connaissance approfondie de l'histoire, l'intelligence d'un artiste, la patience, l'érudition et la critique d'un bénédictin ; je dirai plus, souvent il serait à désirer qu'on eut l'intuition du génie pour voir clair dans les ténèbres, mettre l'ordre dans le chaos et bâtir avec des ruines.

Ces difficultés loin de rebuter les esprits studieux, semblent les attirer davantage. C'est cet amour du pays natal qui a inspiré l'Histoire de Chorey.t Ce livre est le fruit de quinze années de travail et de recherches dans les archives de Beaune, de Dijon et dans l'immense dépôt de la Bibliothèque nationale de Paris. Les anciens actes des notaires, les titres et les papiers du château, les documents particuliers des familles, les registres de la paroisse ont été compulsés avec soin. A l'aide de ces matériaux, l'histoire complète du village, depuis les temps les plus reculés, a pu être reconstituée. » L'auteur a découvert tant de richesses, que parfois il a été embarrassé pour les classer. Il en a été prodigue envers ses voisins ; la Bourgogne et surtout Beaune,

— dont Chorey n'est que l'annexe, — ont une large part dans ses récits.

Quand le paysagiste a achevé le premier plan de son tableau, il en dessine la perspective et les lointains ; il s'applique à rendre avec fidélité la silhouette des villages qu'il aperçoit à l'horizon. C'est ce qu'a fait l'historien de Chorey ; il a terminé son ouvrage par des notices sur Gigny, Ruffey, Varennes, Serrigny, Buisson, La' Doix, Notre-Dame du Chemin, Aloxe, Pernand et Savigny.

C'est par des livres de la nature de celui-ci qu'on fait aimer son foyer à l'homme des champs, et qu'on prépare les matériaux d'une grande histoire nationale.

Curé de Volnay,

Page 1