CHAPITRE VIII
LES FERMIERS DU CHATEAU. — LA ROUTE DE DIJON. — LE COURS DE RHOIN ET LES LIEUX DITS. PAYSAGE.
Nescire quod antea quam natossis aeeidcrît id est semper ess« paenim. Cicéron
Je n'ai trouvé aucun document relatif aux fermiers de la seigneurie, pendant tout le Moyen-âge. C'est seulement après la réunion des fragments entre les mains de M. Bourrée que j'ai pu trouver quelques indications.
En 16281e fermier Etienne Cachon habitait Chorey, avec sa sœur Marie et son beau-frère Pierre Leblanc, dans la maison aux cheminées dont j'ai parlé. Ce M. Cachon se retira à Gigny où ses descendants sont restés jusqu'en 1730.
En 1697 parait M. Vacher. J'ai retrouvé un compte qu'il fit cette année là avec un M. Bourrée, parent et receveur du Sei-
neur de Chorey, receveur des deniers royaux au bailliage de Beaune. Ce fermier avait pour aide Jacques Henriot, jardinier, remplacé par son fils en 1690. La même année, Vacher céda la ferme à François Godard. Nous avons dit que la faaiille Arnoux culiivait les vigues de la seigneurie : Antide Bourrée et sa femme furent parrain et marraine, en 1688, do Jeanne Arnoux, fille de leur vigneron.
François Routy succéda h Godard. II était d'une famille distinguée : on lit sur l'extrait de baptême de son fils Antoine, oé à Chorey en 1707, les noms d'Antoine de Sarcy, capitaine au régiment du Poiloo et d'Anne Loranchet, veuve d'Antoine Le BlanC; avocat à la cour. François Routf eut une fille, Marguerite, qui fut marraine à Chorey le 16 mars 1707 et qui mourut peu après. Une seconde fille lui naquit le 26 mars 1709 ; elle reçut aussi le préoooD de Marguerite et fut tjnue sur les fonds par Guy Nonderoy, receveur des traites foraines. Une troisième fille eut pour pa^ rain le fils de Pierre Forneret, teinturier à Beaune, et pour marraîne la fille de Joseph Lécharnier, procureur dans la même ville. Le fils aine de François Routy de-*
>t maître apothicaire à Beaune. U por?t le prénom de Jean et s'était marié,,€y;i 21, avec Jeanne Podechard, de G^.-
A M. Routy succédèrent Jean Beauderc
Jeanne Volant, sa femme. Ils vinrent istalltr à Chorey en 1715 et s'y trouent encore en 17:36. Un sieur Queucbpt it receveur des redevances ^u comncement du XVIIP siècle; en 1717cetle ction était remplie par un nommé Ar- IX. Pierre Chevalier, qui occupait alors Daison et le clos de M. Guillemot, paie î receveur ci une demie mesure un quart in demi quart de froment » pour sare^ ance annuelle.
^endani les quarante années qui saitje n'ai trouvé aucun détail sur les ployés du château, si ce n'est l'acte de es de Bénigne Joly, jardinier, mort en »6 et remplacé par Luc Mailly qui le iui-méme par son fils Jacques, en 1766* èseux viesnt Jacques Pêne, resté ^en 3tions jusqu'en 176A, puis Louis :Dân.
.a culture des fleurs et des arbres ^rément prit à cette époque une grairâe :nsLon et tous les gens ncbes minent
leur orgueil à rembellissement des jardins. M. de Migieu et le curé de Chorej suivirent la mode ; ils s'adressèrent aux pères Jacobins, de Beaune, qui passaient avec leurs confrères les Chartreux pour avoir les plus belles cuhures. Ces religieni cédèrent au seigneur le fils de leur jardinier, Louis Denizot: ce jeune hommese fixa à Chorey où il se niarîa avec Arme Bourgeois. C'est de cette époque que datent la grande terrasse à escaliers, la pièce d'eau, les buis magnifiques de l'avenue et les arbres en espalier dont quelques-uns existent encore : le petit château de Chorey atteignit alors l'apogée de sa splendeur. Ce Louis D^nizot, mort à Chorey en 1789 avait un frère qui paraît dans les legistres de notre village avec le titre de cuisenier des Jacobins.
En 1785 M. de Mîgieu avait pour fermier Edme Debard. Ce personnage, qui prend quelque part le titre cTécuyer secrétaire du roi^ avait un sous-fermier nommé Claude Favelier. Tous les deux habitaient des bâtiments élevés dans Jacoor, à côté des tourelles de colombier. Ed 1778, le seigneur ayant fait bâtir b grande ferme, ils s'installèrent dans ce
vaste bâtiment, en compagnie d'un sieur Gauvenet dont Favelier avait épôuàé la sœur.
Le fermier, âpre au gain et d'un caractère difficile s'aliéna la sympathie des habitants par la mise en culture d'un pré appartenant à la commune; mais le peuple commençait à avoir conscience de ses droits . On obligea Debard à abandonner ce terrain dont les fossés existent encore dans le pasquier de Chorey. J'ai retrouvé un bail lait à ce fermier par le seigneur. On lui cède « tous les droits et avenirs de la seigneurie sur les bâtiments, terres, prés, vignes, redevances, rentes fonciè-* res, cens, lods et autres droits, amende?, sauf celles chasse, et sauf le château que M. de Migieu se réserve, o
M. Debard ne jouit pas longtemps de sa nouvelle demeure : en 1780 il céda la ferme à Claude Girard. Cette famille, originaire de Savigny, était depuis longtenops en rapport avec les seigneurs. Le 16 novembre 1696, le père et le fils, Pierre Girard Tancren et Pierre Girard le jeune^ mari de Claudine Fyon avaient pris à bail les terres de Savigny. Pierrre eut pour fils Frauçoisqui épousa Claudine
Clerget. Ce fermier soutint un long procès contre Pierre Thevenois, fermier général du marquisat de Savigny. Il fut le père de deux enfants : François, né le & octobre et Claude, né le 23 octobre 17i6. C'est ce dernier qui devint fermier de Chorey. Il avair épousé Jeanne Fournier, de Savigny.
J'ai entre les mains un bail passé avec Claude Girard par M. de Migieu le 19 février 1787. Le marquis habitait alors son Hôtel de la rue S. Jean à Dijon : il amodie pour neuf ans, moyennant 9i00 livres toutes les vignes, terres, rentes, cens, droits et revenus, ainsi que les bâtiments. Sont exceptés du bail le pavillon du château et le bois de la Trembleroie où le fermier ne doit prendre que la glandée, Claude Girard s'engage à cultiver par lui même les trois quarts des terres, à avoir au moins douze vaches et à faire six provins par ouvrée. Il lui est défendu d'acquérir et de posséder des fonds à Chorey.
Claude Girard-Fournler eut cinq enfants : Nicolas alla s'établir en Belgique et devint négociant à Li^ge ; Jean-Baptiste Girard- Mathouillet habita Savigny
ainsi que son frère Adam ; Etienne Girard Frapillion resta dans la ferme de Chorey. Tous ceux qui ont quarante ans d'âge ont connu Etienne Girard dont le petit-fils, James, possède et habite la ferme du château.
En 1793, à la suite des événements politiques^ Claude Girard avait quitté la place de fermier qui fut reprise par Denizot^ le fils du jardinier. Il y eut de longues discussions au sujet des comptes de fermages et de dommages-intérêt. Le procès fut terminé, le 19 pluviôse an IX, par une sentence arbitrale de 1!M« François Virely, de Beaune et Germain Crrozelier, d'Aloxe.
La route de Dijon, ou plutôt la route nationale n* 7& de Gbâlon à Sarreguemines est fort ancienne. Elle fut sans doute améliorée au XI* siècle lors de la construction du Bourgneufpar les chanoines de Notre-Dame. A la fin du XVII* siècle un sieur Léonard Chrétien, de Châlon sur Saône était chargé de son entretien. Ce M. Chrétien eut avec le seigneur on long procès à l'occasion d'un fossé, en la corvée Sainte Marguerite. En 1717 il s'établit une entreprise de voitures pu-
bliqu€s dite coche de terre eotreCbâloB, Beaune, Dijon et Nuits, (*) Ce service n'existaii plus en 1760, car nos arcM?es xlb famille constatent que Philibert Bi* garne, si3 rendant à Paris pour ses éto* des de médecine, loua pour quinze Ufrci une voiture qui le conduisit à Dijon ; a**' rivé dans cette ville il paya trente livres une place dans le carrosse de Paris,
Cette route de Beaune à Dijon était mal entretenue ; en 17A0 les Elus de Boof' gogne ordonnèrent son élargisseoaent. Le aieur Bellevault, entrepreneur, fut chargé d'aplanir les montées ; celle de Notre^ Dame du chemin fut adoucie par un remblai considérable. Le système de va-etf vient des tombereaux pleins et vides fit alors TadmiratioQ des ing(^nieurs. Ce M. Bellevault avait acquis une certaine repu* tation : c'est lui qui fut chargé de réparer le lymbe de Bourbon-Lancy lors du réta-» glissement de ses eaux minérales. Il y epploya trois grosses pompes jour et nuit pendant soixante heures, « mais il ne pot le tarir qu'à 18 pies, à cause de lachaleor
(*) Le premier coche public établi en France fut autorisé par le roi Charles IX en 1571 sur la route de Paris à Orléans.
qui fesait crever ses pompes. » Bellevaull résolut d'exploiter les carrières de marbre de La Doix et acheta à cet eilet le moulin d'un sieur Blanchard dont le fils était curé à Chorey, mais il se ruina dans cette entreprise.
Les travaux de là route de Dijon étaient à peine achevés que Ton ordonnait aux riverains de planter des arbres sur le bord des fossés.
A l'endroit où le Cours de Rhoin traverse cette route, se trouvait un journal de terre appartenantàlacommunedeChorey, C'est là, peut-être que se trouvait le moulin donné par Tévôque Adalgaire à la cathédrale d'4utun. Vers Tannée 1816 un sieur Bouillot, de La Doix, loua cette propriété moyennant cent francs par an à l'effet d'y construire une scierie de marbre. Le bail était de vingt neuf ans et le preneur se réservait d'enlever tous ses matériaux à l'expiration. La commune de Chorey était alors engagée dans un procès très coûteux avec M. de la Vienne au sujet des prés et des pasquiers ; le besoin d'argent la décida à vendre le fonds à Claude Bouillot, moyennant la somme de AOO francs.
Le nom de Cours de Rhoin, donné an ruisseau qui passe près de Chorey parait excessivement ancien. A la fin du XII* 3iècle, la ville de Beaune était moins grande qu'aujourd'hui. Les renaparts que nous voyons n'étaient par. construits et te bras prinicipal du Cours de Rhoin, car il hvait alors deux bras, traversait le faubourg Saint-Nicolcs, ou plutôt le bourg neuf, nouvellement construit. Arrivé à l'endroit où se trouve maintenant la jardin Montoy,cette rivièrefesaît tourner le moa- 1!d de la Folie dont nous voyons le nom es H 70. (*) Le faubourg et Toglise n'étaient pas construits ; le propriéraîre de cette Champagne avait pris le nom de fa rivière : on l'appelait Gérard de Itéon. fii 117A il légua tous ses biens à Téglise Notre-Dame de Beaune,, qui venait seulement d'être terminée et les Chanoines cODomencèrent à faire bâtir celle du Bourgneuf qu'ils dédièrent à Saint-Nicolas.
En 1207 nous trouvons une meutioD relative à notre rivière dans un tesla-
^ (*) Le terrain a été remué tant de fois ctfO n est pas possible de se faire une idée de l'étit ancien. La construction du bastion du vauxhaD a englouti les derniers restes des conslrucUoiB du raoulm de la Folie, dont on a trouvé quelques traces en bûtiàsant la salle de spectacle
ment qui donne aux Templiers une vigne sur le cours de Rion. Le cartulaire de Notre-Dame renferme, souîî la date de 4340, la fondation d'un anniversaire pour iequel Michel, de Beaune et Huguette veuve d'Anceau Chamblain donnent une -maison située « extra portam divion super Cîtrsum de Boins, juxta domum et mansum Johannis Barrot. » Les remparts viennent d'être construits, ainsi que la porte de Dijon* Le Cours de Rhoin passait probablement dans cet endroit assez rapproché de la ville, où la route beaucoup plus basse semble accuser le lit d'un ruis^ -Beau.
Les habitants avaient le droit de prendre du sable dans « le rhoin de Savigny, le^ quel par cours naturel tendait de Sgivigny au moulin Moyne et de là aux Meyzaulx et ensuite à Beaune. » Tels sont les termes d'une transaction faite en 4 36& par Guillemin de Sarcey, seigneur de Savigny-
Voici donc le tracé bien défini : à partir
de Montiéramey près du pont actuel de la route de Pernand, le bras principal passait le long du clos Chameroy, arrivait à la maladiëre et traversait le faubourg. Une
crue subite survenue il y a une quinzaine d'années, à la suite de pluies torrentielles, inonda le faubourg Saint-Nicolas en se frayant un passage sur Teaûplacement de l'ancien lit du ruisseau.
L'incendie de lAOl, qui consuma la moitié de la ville de Beaune, décida le maire Guy GoUot à amener l'eau dans les rues. Le niveau du Cours de Rhoin était trop bas pour arroser le haut de la ville. Peut-être même avait il été complètement détourné du côté Je Chorey. On s'entendit avec le doyen de N.-D. qui possédait la source de Taigue et l'on construisit le canal actuel et l'aqueduc qui traverse le fossé près de l'église de l'Oratoire.
Le nom du ruisseau est écrit cours de Roy en en 1533 et Cors de Rhoin en lb3A.
La principale source du Rhoin estpla* cée à une dizaine de kilomètres de Chorey, au pied de la grande ligne de partage des eaux, au delà du village de Rouilland.
L'endroit pittoresque d'où elle s'échappe de terre s'appelle Grande dore et son niveau correspond à celui du ruisseau d'Aatheuil qui sort de terre du côté opposé pour
aller se jeter dans l'Ouche, Après avoir traversé BoaillaDd et sa charmante vallée. Je Rhoin reçoit les eaux du ruisseau de Clavoillon doot le nom veut dire val^ Ion cloSy puis celle de la ravissante source de Fontaine-froide. Un savant contemporain, M. Rarranger, préparateur à Té^ cole polytechnique, classe la Fontainefroide parmi les eaux minérales. Cette opinion est fort contestable^ mais ce qui l'est plus encore c'est Tétymologie grecque qu'il donne à Savigny : sâo ugieinê^ je conserve la santé. Cela ne revssemble guère au nom actuel du village, si facile à retrouver dans sUvini-ac^ habitation des J)ois.
Le Cours de Rhoin traverse le parc des sires de Frolois et plus tard des mar*^ quis de Migieu ; il passe au moulin Aloyne, puis au moulin de Montiéramey, ancien prieuré dépendant de l'abbaye de ce nom. au diocèse de Troyes ; il entre ensuite sur le territoire de Chorey puis sur ceux de Gigny, VignoUes et Ruffey.
C'est là qu'il perd son nom en se jetant dans la Lauve, ou rivière de La Doix.
Je ne suivrai pas l'exemple M. Barranger. Je n'irai pas chercher d'étymologîe
grecque à notre rivière. Les Gaulois, de même que les Romains et les Grecs expri«maient l'idée de couler par la lettre R qui est parfaitement imitative. Le Bboin de Savigny, aussi bien que le Rio d'Avesnes, dans le dépancment du Nord, aussi bien qne le Rhône, esi un cours deau rapide. Tenons-nous en, chers lectears, à cette définition qui est la plus rationelle.
Que les temps sont changés depuis boit siècles ; le cours de Rboin, dont les deux bras lésaient marcher les moulins de Savigny, de Chorey, de la Maladière et de la Folie n'est qu'un filet d'eau; le défridiement des bois, la mise en culture de beaucoup de terrains de montagne, les exigences de l'industrie, rembellissemeat des jardins de Savigny «t rétablissemeot •de bornes-fontaines dans ce village, soot les causes d'une léduction énorme dans le volume d'eau de notre rivière.
Puisque j'ai abordé la question dei eaux, je dirai quelques mots de six petites sources qui existent dans l'étendue du finage de Chorey. La première — à tout seigneur tout honneur — sort des fossés du château. Avant la construction des ces tossés, c'est-à-dire jusqu'au XII* sièch^
cette source émergeait un peu plus bas, vers l'emplacement de la pièce d'eau.
Après avoir traversé le clos du château elle franchissait le chemin, en face de la maison des héritiers Serrigny, parcourait le climat du meix Giliotte et formait, à côté du prieuré, une petite mare dont Teau s'écoulait dans les prés. Aujourd'hui cette source est si peu abondante qu'elle ne quitte plus guère les fossés du château ; la pièce d'eau et le petit aqueduc construit sous la nouvelle place de la maison commune sonr. presque toujours à sec. Il en est de même du vivier de M. La • garde. Les travaux faits depuis quelques années pour l'assainissement des caves et rues entretiennent encore un peu d'eau dans le bas du village ; elle a été utilisée pour la construction d'un lavoir qui est bien souvent à sec. La rue voisine, où demeure M. Charles Arnoux s'appelle rue de l'Ey^ c'est à dire de l'eau.
J'ai déjà parlé de la fontaine des Meusias^ à propos de la maladière. Pendant le Moyen-âge les précautions les plus grandes avaient été prises pour empêcher l'horrible contagion de la lèpre. Les malades ne pouvaient boire aux puits ou fon-
laines publiques; on leur réservait quei^ ques sources spéciales. Bouze avait sa fontaine des laidres et chorev sa fontaine des Mézeaulx : c'est ainsi que le nom est écrit dans un titre de 1A87, appartenant à rhôtei-dieu. Le journal de terre que cet hospice possédait dans cet endroit joignait André Faisande, d'un côté,et Pierre Gélyote, de l'autre.
L'établissenaent des fontaines d'Aloxea fait le plus grand tort à cette petite source en ramassant les eaux de la côte des Godeaux et en coupant les petites artères qui réunissaient ces eaux aux meuzias. Jusqu'au siècle dernier l'abondance et h qualité de ces eaux étaient renonamées; les vignerons de Savigny, d'aloxe et de Pernand quittaient les^vignes, vers Theure du goûter pour venir puiser à cette fontaine.
Le mot de Brenaux^ donné à un climat et à une source, vient du celtique Brerif excrément , boue. Cette source se trouve effectivement dans un lieu hunaide et marécageux; aussi les terres qui l'avoisioeot sont-elles les plus fertiles de Chorey. Je ne mentionnerai que pour mémoire ce qu'on appelle \o. fontaine des Fiéires : elle
l'est pas une véritable source, mais bien le produit de drainages et d'égouts.
A Textrémité du territoire de Chorey, du côté de Serrigny, surgit la jolie fon* taine de Coumée, dont le ruisselet sert de limite à la commune . Ce mot coumée provient d'un radical qui exprime l'idée de jaillir. fiCs Grecs appelaient poétiquement comma la césure d'un vers qui jaillit après avoir été comprimée : chez les Latins, commata était la bonde d'un étang. Cette idée s'applique parfaitement à notre source, qui s'élance de son creux boisé comme si elle était comprimée. Le nom de Comme est resté dans un hameau de Cbâteauneuf et dans le moulin de Belle- Comme, à Molinot.
La fontaine de Presles, ne tire pas son nom de prœlium^ combat. Elles le doit à l'abondance de certaines plantes appelées presles ou queues de renard. Elle sortait de terre sur le chemin des Pissoires, au milieu des champs inclinés à Test vers le pasquier do la Brosse. Elle n'existe plus maintenant : son canal souterrain a été coupé par la tranchée profonde du chemin de fer et son eau se répand dans les fossés de la voie.
Le puits Renaud est situé h l'est du village, au bas du meix Laurent et des Jouées. J'ai parlé, dans uion chapitre do prieuré de cette fontaine miraculeuse, presque comblée par Télargissement du chemin vicinal.
Le lecteur bienveillant qui a pris qaelqu'intérêt à Thistoire de Chorey a vu paraître dans le corps de cet ouvrage on certain nombre de désignations locales.
Si S.3S intérêts on ses affections l'attachant à notre village il ne sera pas fâché de connaître son passé dans tous ses détails. Je vais lui parler de ses champs, de ses prés, de ses vignes, u cùm campîs, sylvis, pratis, vineis, » comme dît la charte d'Ansebert. Afin de mettre plus d'ordre daus cette re\ue, je suivrai Tordre alphabétique pour la désignation des climats.
Les ARGILLIÈRES, sur le chemin de Notre-Dame du Chemin, doivent leur nom h la nature du sol.
BASSES-TERJIES. Leur nom n'a pas besoin d'explication.
BEAUMONTS. Cette vaste région, enclavée dans les communes d'Aloxe, de Pernand et de Savigny, faisait partîedo territoire de Beaune.
Il y a une centaine d'années, on procéda à une nouvelle délimitation et les Bsaumonts furent attribués à la commune de Chorey.
Ce lieu remonte à une haute antiquité.
Le chemin qui le côtoie au nord est une ancienne voie romaine. On y trouve fréquemment des tuiles et dc3 médailles. Il serait possible qu'il y ait eu un sacellum gallo-romain: le Beaulmont serait alors le mont de Bel.
Le cartulaire de Notre-Dame parle de cet endroit au sujet de rentes dues, en 1388, à la Collégiale; on l'appelait alors Beaumont-le-Franc. « Super unâ petiâ vineae continente circa duodecim operatas, in finagio Belnœ, loco dicto Belmont le Franc. » Cette pièce de douze ouvrées joignait la vigne d'Humbert Galm'.er. Le même acte parie de Belmont-le-Serf^ qui se trouvait près de là, sur la commune de Savigny. En 1A86, THôiel-Dieu achète trois ouvrées au mêûie lieu à Jean Philippe, de Savigny. Quarante ans après, Jacob Ledoc, tonnelier à Beaune, lègue au même hôpital cinq ouvrées de vigne en Beaulmont.
BELLE-PAUME est le nom d'un climat
qu'il m'a été impossible de retrouver. Le Rt^omaus parle d'une vigne que les moines (1(3 Moûtiers-Saint-Jean y possédaient en
C'est le plus ancien lieu-dh que j'aie
trouvé.
BERNIA. r.e radical est burgonde.
Bren^ déjection, résidu, a formé le mot Brandevin. Bratj est Tancien nom de Gigny. Le mot français, Brenaux, est écrit dans plusieurs actes du siècle dernier; il est synonyme de boueux et convient à cette endroit humide où surgit une petite fontaine. En 1866 on y a trouvé un blanc de Charles VII, portant une croix cantonnée de fleurs de lys et d'ht rmînes. M. Brunet^ seigneur de Bessey, y possédait des terres à la (in du XV P siècle.
BONS ODES. Ce climat, peu étendu, se trouve du côté de Serrigny, près delà route de Dijon. Joseph Bard fait dériver son nom du grec odos qui signifie iw; cette étymologie est bien hasardée. J'ainaerais autant voir dans cette appellaiion le souvenir lointain du bon Eudes de Frolois.
Les BOYAUDES sont situées du côlé des prés, vers les Ponce^'^.
11 esi difficile de trouver l'origine de celle expression. Il s'agil peul-êlre de champs loi.gs et contoarnés, de Boyaux.
BROSSE, broussailles. Cepâjjuier, qui avoisinait un petit bois, est entre Chorey et Vignolle.
La CERISAIE, dont le nom est oublia, était un petit bois ou vergei*^ dépendant du château. Il se trouvait sur remplacement et autour de la maison de M. Gautherei.
CHAINTRE-BARROT. L^ moi chaintre est synonyme de ceinture. Ce climat lorme le contour des prés. Au commencement du siècle^dernier il formait un polit bois appartenant à M. de Migieu, et près duquel la chapelle de Cordesse possédait un champ.
Les CHAMPIÉTANT, situés du côté de Serrigny, ont une terre grasse, compacte, qui s attache aux pieds. Ce climat appartenait presque en entier à des ordres religieux, ce qui pourrait faire admettre Tétymologie de campus pietatis. Les Chartreux de Beaune y possédaient 35 ouvrées; la chapelle de Saint-Léonard» 8; les Irsulines, 7, et la chapelle Sainte-
Anno, 6. Tous ces biens furent vendus à la Révolution.
CHAUME. Cliq[)at ignoré. En 1504, Jean Clère vend, à l'H^tel-Dieu la moitié d'une pièce de vigne blanche de sept ouvrées, oi chaume,
CHAMPS DE LA VIGNE et CHAMP FLEURI sont deux climats dont j'ai trouvé les noms dans des actes du siècle dernier. 11? sont oubliés aujourd'hui.
CHAMPS LONGS. J'ai parlé de cet endroit en énumérant les donations de l'Hô- . tel-Dieu. La mention la plus ancienne est un acliat fait pnr Pierre Paillard, d'Aloxe, enli7v^. Dans Tannée 1503 une vigne des champs-longs était grevée d'un cens dû à Téciiycr Pierre Dumay. Le couvent du Lieu-Dieu y possédait un journal de terre, ei celui des Ursulines huit ouvrées de vignes.
Cette contrée est actuellenaent plantée de vignes. Elle est contiguë au territoire deSerrigny.
CHAMP-MARIE. Je n'ai pu découvrir l'origine de ce lieu-dit, situé du côté des prés vers la Pauvelotte,
Le CHAMP-VARNIER, dont j'ai parlé au commencement de cet ouvrage, me
paraît excessivement ancien; il est contemporain du Trogarnier. Warnaire est le nom burgonde de son premier propriétaire.
Le CLOSE lU paraît dans un partage fait en li73. Dans l'année 1515 Simonne Carillon y possédait une vigne qui fut vendue à Jean Massol, procureur du roi à Beaune. Ce nom n'a pas d'autre sens que celui de petit clos.
Le CLOS JUMET est écrit Clos Jomé dans un acte de 1720. M. Thiroux de Saint- Félix, ce receveur qiîc le trop célèbre Mandrin mit à contribution forcée, y possédait vingt ouvrées de vignes. Elles furent vendues comme bien national et appartiennent n?.aintenant ;\ M. Forget.
Selon toute apparence le nom de Jomet iist celui d'un propriétaire.
CLOS MARGOT. On l'écrivait clos de Margot au siècle dernier. 11 rappelle le nom de Marguerite de Frolois, qui l'eut «n partage dans l'année 1871. Il est remarquable que les noms de plusieurs seigneurs de Chorey se soient perpétués dans ceux de Clos Margot, Confrelin, Meix Agotte et Meix Darna3. La cure de Chorey
y possédait douze ouvrées de vignes eti Ursulines six ouvrées,
CONFRELIN. Cette appellation vie des sires de Frolois, de même que leb; relief gallo-romain de Saint Frelay, q l'on voit à la ferme de Neuvelle-les-Sen gny. On écrivait autrefois co)7ibe Freh Il est probable que la vigne de Jeh Baudoin, dont j'ai parlé ati chapitrée premiers seigneurs de Chorey, se Irouv dans cette région. En 1415 cette vig Baudoin joignait celle de Philibert Ps lard. Les chevaliers de Malte y avaii seize ouvrées de vignj, et les Carmélii huit ouvrées.
La CORCELLOISE était un petit b sur le chemin qui va à Corcelîes et à\ rennes, dans le voisinage de la TrembI roye et de la Chainire Barrot. Cii d( pourrait venir de Pierre de Corcelîes, s gneur de Chorey en 1590,
CORVÉES. C'est le point culminant!
territoire de Chorey. Je n'ai pas trouvé nom avant 1650. Ces vignes apparl naient aux seigneurs, qui avaient le dn de les faire cultivei par corvées. En 187 Jean*Baptis:e Cornu a trouvé, dans vig e de M. J. Bigame, un denier d'à
mt d'un type barbare, portant à l'avers le croix cantonnée de besants^ avec la gende hlodovvicvs rex; au revers le DCton d'un temple et l'exergue chri-
lANA RELiGio. Cttte pièce de monnaie ite du régne de Louis-le-Débonnaire, ;rs l'année 820.
Les GRAIS ligurent dans un acte de înnée 1207, relatif à tine donation faite IX Templiers de Beaune. En 1478 le îcteur de la Maladière amodie à Pierre oquebîer s'x ouvrées de vigne que cet ôpital y possédait. Le nom de Crai vient e la coucha de gravier qui commence à eft'endroit et s'éiend à l'est et au sod vers ^ignolles, Chalanges et Montagey. Le adical ccitique Crai a formé le mot craie ît ses dérivés. Dans le nord on donne le iom de Cran ou Cron à une espèce de narne qui sert à fumer les terres. Le cli- OQat des Crais est voisin du Cours de Rhoin et de la voie romaine. Six ouvrées ie vigne appartenaient à la chapelle de fcint-Léonard.
DERRIÈRE-LA-VELLE , c'est-à-dire, ierrtère le village. Au siècle dernier on y 'Oyait le pré Saint-Félix/appartenant à a famille de ce nom ; en 1793 il fut
vendu à un sieur D^ublot. Il y avait deux journaux de terre aux seigneurs et six ouvrées de vigne aux Ursulines.
EPENAIjT vient du latin spinosus, coûvert d'épines. Le bois qui porte ce nom a toujours appartenu & la seigneurie de Serrigny, mais il y avait, sur Chorey,an petit bosquet appelé Buisson de répennnU €ette forêt en miniature, de la contenance d'un arpent, appartenait, en 176ii, à M. Leroux, avocat à Beau ne. Il fut vendoi avec trois quarts de soiture de pré, à Pierre Genot et à Sébastien Loichet, jLoyennant 240 livres.
Les. FAS sont placés sur le bord de h voie d*Autun à Besançon, ce qui explique les débris de construction, les monnaies €t les fibules qu'on y trouve assez fréquemment. Ce nom vient probablement du latin fascia^ qui signifie bande et biais. La chapelle de Cordesse et la confrérie de Saint-Antoine du faubourg Madeleioe y avait des propriétés.
FIÉTRES. Ce mot est écrit Fyeum dans un titre de 1515 appartenant à l'HAtel-Dieu. On y a trouvé dea restes d'antiquités et de lombeaux: au moyen-âge le moi fierté est synonyme de cercueil. Eo
1570 Marguerite, fille de Jean Maufoux, de Gigny, donne h THôtel-Dicu un demijournal, tenant à Guillaume-le-Royer et aux enfants de Guillaume Guyot,
On trouve, sur la commune d' Aloxe, ua climat portant le même nom.
La cure de Chorey possédait quatre ouvrées, et le couvent du Lieu-Dieu six ouvrées.
FORINT. Lieu inconnu. En 1489 THôtel-Dieu y pjssède quatre ouvrées de vigne.
Les GRANDES TERRES, placées à côté des Champs-Longs, joignent le territoire de Serrigny. Sur le petit coteau exposé au midi, s'élevait une ferme gallo-romaine. C'est là qu'on a trouvé le basrelief incrusté dans la ferme de JJ. Girard. La partie orientale de cette région porte le nom de Boyau écrit autrefois Poilleau.
GROS NOYER. En lâSO, Guillaume- TEpoussis et Jeanne sa femme fondent, à TEglise Notre-Dame un anniversaire pour lequel ils donnent à cette collégiale « six ouvrées de vignes au gros noyer, sur Chorrey. » Ce nom est totalement oublié.
ISSART. Le pré du grand Issart se trouve à l'orient de Chorey. Son nom
n'est pas fort ancien; il le doit à sa position à côté d'un empellement ou essor, Le petit étang du Canard, coupé en deui par le chemin de fer fut construit par M. de Migieu au siècle dernier. Ce réservoir était destiné à arroser les prés pendant la sécheresse.
Les Jouées ou Juhées, à l'orient da village, à côlé du Meix Laurent, dans l'ancien enclos du prieuré. Ce terrain fertile convient au jardinage et surtout aux îirbres fruitiers. On y voyait, il y a quelques années , d'énormes poiriers, plantés par les moines.
LONGUES RAIES. A côté des Pisoires et des Fas. L'étymologie en est lacileà trouver.
LOUÈRE. Le pré de ce nom fait suite à celui d\\ grand Issart; une partie est en labour. Loue signifie ruisseau: c'est presque le nom de la Lauve^ rivière de La Doix. Le ruisse^au de Viévy s'appelle le Loxihéret. Le 1 A octobre 1791, Joseph Bard et Louis Arnoux achetèrent deux journaux un quart, en la Louère^ appa^ tenant au prieuré de Chorey.
M ALADÉROTTES, à l'ouest da village, le long de la rue Pertuzot. On supposa-^
rait à tort qu'un hôpital a existé dans ce lieu. Le nom de JMaladérotte indique seu« lement que la l^^proserie de la Champagne de Beaune possédait une vigne en cet endroit. Le vigneron Loichet y a trouvé, en 1869, une monnaie gauloise dont j'ai CiOnnéJa description.
Le MEIX-AGOTTE, que Ton devrait écrire meix à Gotte^ doit son nom à Huguette ou Gotte de Frolois, épouse de Berthault de Chartres et dame de Chorey en 1402. 11 est situé au nord-est et trèsprès du village, à côté du suive nt. Les LVsulinet* y possédaient huit ouvrées de vigne.
MEIX-DAMAS. Son origine est tout aussi illustre. Elle remonte à Antoine de Damas, seigneur de Chorey en 1562. Ce meix passa à Pierre de Courcelles et fut vendu en 1615 par Bernard de Fu:5sey.
En 1671 cette propriété était déjà morcelée; François Boillot, notaire royal à Beaune, acheta, cette année-là, une ouvrée de jardin à Louis Lepeintre, tailleur d'habits, dont les biens furent expropriés par décret de la chancellerie. Lepeintre avait lui-même acheté des sieurs Tartarin et Gilliotte. Une autre parcelle apparte-
naît à François B/ertbier, mardiand à BeauDe. M. Barolet, curé de Cborey, acheta, vers 1680, huit ouvrées de vigne tt au meix Damas, joignant le petit bois de M. de Uigieu. » Ce bois» appelé la Cerisaie, était une sorte de jardin anglais, situé à proximité du château, à côté de la vigne de l' Outaut.
Le li juin 1690, le curé Barolet donna ce terrain à bail perpétuel à Jean Arnoax de Ghorey, et à Jean Bouzereau de Saint- Romain, avec permission de bâtir. Une partie du meix Damas est actuellement occupée par la maison Baudement.
MEIX-FOLLOT. Ce climat, dont le nom est oublié et l'emplacement inconnu, se trouve cité dans un acte du siècle dernier.
MEIX-GILLIOTTE. U famille de ce nom possédait, au XVI* siècle, la plus grande partie de ce terrain, situé au nordest du village, derrière la cour habitée par les familles Béranger, Chevalier et Rathea^. Il est à remarquer que le uod de m$ix s'applique à des terrains placé» près des maisons. Il dérive du la.tin monsio^ dont nous avons fait maispqi oo du
verbe manèo^ j^babite, dont le mot manoir est dérivé.
Le meix-Gillotte, actuellement trèsmorcelé, possède une terre noire, favorable à toute espèce de légumes et surtout à la chenevière. An moyen- âge et jusqu'au commencement de ce siècle^ la culture du chanvre était fort en usage à Cborey. La première grande fabrique de toiles s'établit à Reims vers ICAO. Avant cette époque chaque niénagëre fabriquait son fil et le faisait convertir en toile par le tisserand -du village.
Notons ici que l'usage du fuseau est complètement abandonné à Ghorey et aux
'environs. Il faut aller jusque daos l'antique cité d'Autun pour voit* les vieilles femmes tourner leur fuseau à la porte des maisons. Dans cinquante ans les rouets même auront disparu. Les jeunes filles vont achètera la ville les toiles de Flandre destinées à faire leur troussel^ et c'est pour cela que les cheneviëres du meix Gilliotte ont fait place à la culture maraîchère.
MEIX-LAURENT. A propos du prieuré, j'ai parl^ de ce très-ancien climat et clés
trouvailles qu'on y a faites. Les UrsuUnes y possédaient une ouvrée de vigne.
Le MEIX PORRON doit probableraem son nom à celui d'un individu ou d'une famille, car cet endroit n'est pas pierreux. On pourrait lui trouver une étjmologie latine dans porrectus^ étendu. 11 est placé au nord-est du village, près de la rue de Vay.
MOULIN A VENT, au bord de la route de Dijon, à l'extrémité du village, du côté de Serrigny. Il y avait effectivement un moulin à vent, dont les débris étaient encore visibles i) y a cinquante ans.
Les MOIJTOTS sont placés à droite du chemin qui conduit au Canard. On écrivait montot^S:,^ qiii était beaucoup plus rationnel. Certe rc^gion, autrefois en terres labourables, est emplantée de vignes d'un gros rapport. Les Ursulines y possédaient huit ouviécs de vigne, et la cure de Chorey une ouvrée.
OUTAUTest le nom d'une vigne située actuellement dans l'enclos du château, sur la pente dirigée au nord-est. Cette pièce était près de la porte, de Yostium.
La PAUVELOTTE, dont le nom n'tsl pas ancien, vient évidemment de la fa»
mille Pauveîot.
PERTHUZOT. Ce <:Iimat de vignes, situé entre Cho; ey et la route de Dijon, tire son nom du chemin fort étroit dans Torigine. Ce pertuis fut élargi à la fin du siècle dernier. La fabrique de Saint-Ni- • colas possédait une vigne en perthuson, La PIÈCE DU CHAPITRE est dans les environs de la fontaine de Cornée. Elle appartenait à la Collégiale de Beaune.
La PIÈCE DES CHARTREUX, dont le nom est oublié, se trouvait b. côté des Trogarniers, dans le clos actuel de M, Bigame.
PISSOIRES, écrit pichoires^ au siècle dernier. Sur le bord du chemin romain, à Textrémité de la commune, du côté de rest. Ce nom riérive du verbe ^2*55^'; le ruisseau sorti de la fontaine de Presle, traversait cette contrée.
PLANTES DES CHAMPS, au midi des Moutots. Il serait puéril d'en indiquer l'étymologie. Ce climat est traversé par le chemin de fer. La chapelle de Cordesse et les Ursulines y possédaient des fonds.
POIRIER MAL CHAUSSÉ. Inutile de donner l'étymologie de ce lieu-dit, — l'un
des plus anciens de Chorey. En H701e chanoine Grignard y donne à cens ooe pière de vigne, joignant du bout de dessus a le chemin de Notre-Dame du ch^ min. » Il est situS entre le closeau etfe cours de Rhoin. On y voyait cinq ouvrées de vigne aux Lfsulines, quatre àlacort de Chorey, et deux à la cure de Saiot* Nicobs.
POLS ou Paul, Joseph Bard dérive ce nom d'un oratoire consacré à Apollon; le voisinage de la voie romaine donne quelque vraisemblance à cette opinion. En liô7 JliiiiiJo. y, drapier à Beaune, donoc à l'Hôtel Dieu deux ouvrées de vigne e« la panie. En 1534 un sieur Dera.ntot, de Gigny, prend à bail de l'HôKl Dieo, u moyennant cinq gros de renie, W ouvrées de vigne sur le Cor de Rhoin et deux ouvrées es paules. »
Les PONCETS veulent dire petiti ponts^ aqueducs. Ce climat, dont le nom n'est pas ancien, est situé du cOté des pasquiers.
PONT DE PIERRES, à Textrémîté do Finage, vers Gigny. Il doit son nom ao pavé de la voie romaine, dont les pierres
•dressées ressemblaient à celles d'une voûte ou d'un pont.
Les POULARDOTS, en face de la ferme du château. Leur nom ne date que de la fin du siècle dernier. C'était la basse-cour des fermiers.
POURTÉES. Climat inconnu, cité en 4507 dans les archives de THôtel-Dieu.
PRESLES. Ainsi nommé des prêles ou queues de renard qui croissent dans ce lieu. Au commencement du XV* siècle, nous trouvons le nom de ce climat dans un testament. Claude de Moroges et les héritier 5 de Chaumergy y avaient des propriétés. En 1503 on lègue à l'Hôtel- Dieu trois journaux en presle.
PRÉ GUILLEMOTTE. A côté du meix Laurent et du puits Renaud. On y a trouvé des sculptures dont j'ai parlé à l'article du Prieuré.
PRÉ LAMPIN. L<zmjoer, tirer la langue, avoir soif. Les prés supérieurs absorbaient les eaux; celui-ci était, par conséquent, très-sec.
PRÉ MICHELIN, vers l'empellement du Canard. Il est probable qu'il doit son Dom à celui d'un de ses propriétaires.
PRÉTENDONS. La plante qui porte ce nom y croît abondamoient.
Les RATOSSES sont situées de Yam côté de la route de Dijon, près du terri* toire de Savigny. Joseph Bard y voit ooe origine grecque. Ce n*est peut-être qaek qualificatif de terres rateuses^ où poliolent les rats et les mulots. M. Lardilloo, avocat à Beaune, y possédait une vigne en 1757.
Les RÊPES, grandes et petites, soot placées entre le chemin des Tue-Bceois et la roule de Dijon. Ce nom, irès-ancico, est synonime de buisson. Près de là se trouvait la Corvée Sainte- M argucriUi dont le nom a disparu du cadastre. Cette dernière vigne avait été donnée, par on testament de 1227, aux moines blancs^ l'abbaye de Sainte-Marguerite, près de Bouilland; elle était passée à la chapelle de Cordesse, qui la conserva jusqu'à h révolution,
BOBINES. Près du chemin romain.
Leur nom paraît dérivé de celui d'une famille.
ROCHELLE. Ce nom ne peut ven:r dc5 roches ; il n'y a aucun banc calcaire dans cet endroit. II provient du puvé romaiD,
dont la superficie, dorsum^ ayant été enlevée, laissait le rudus inégal comme des pointes de rochers. Ce climat «longe la voie romaine et le Cours du Rboin depuis les Grais jusqu'à la route de Dijon. £n l/i23 l'hôpital du Saint-Esprit possédait deux ouvrt^cs en la Rochelle. La gi Lude pièce de terre de THôtel-Dipu est mentionnée, en 1560, sous le iiu a de pré de ia planche de la Rochelle. A son extrémité méridionale, vers l'endroit où la voie traversait le ruisseau, les gens de €horey avaient creusé des fosses pour le rouissage du chanvre ; j'ai parlé du long procès qui s'en suivit. Là se trouvait l'ancien abreuvoir romain cité par Courtépée. %ant à la planche, elle avait été remplacée par un ponceau monolithe pour les piétons. Jusqu'à la construction du pont actuel, vers 1850, les voitures passaient dans le lit du cours du Rhoin.
SAUSSIS, grands et petits — SAUS- -SOITOT. Saussaie, lieu*planté de saules.
SOICHKRIN& Malgré leur peu d'altilude et le voisinage des près, ces terres labourables sont très-sèches, en patois mches.
TREMBLEROYE. Les champs qui por-
tent ce nom portaient utt petit bois trembles dont le seigneur était propriétaire. Vers la fin do siècle dernier, le ma^ ^uis de Higieu sMntitulait a seigneur de Sayiguy^ Varennes, Chorey et laTrembleroye. » On y fit, à cette époque, oAe plantation de cbâtaigners qui ne réxasà pas. Ce bosquet fut défricbô en 179t.
Il y a quelques années on y fit nn essai qui ne réussit pas mieux: c*est celui des boublons. Près de là, sur le finage dd Vi- •gnolles, était le bois de suchas^ ainsi nommé des yieilles soucbes qui l'obstruaient. Il renfermait une assez boAse espèce de poires dont on a conserfé b nom et la variété
Les TAOUGARNIERS, ailleurs Ckê Gamier^ sont maintenant enclavés dans le clos de M. J. Bigarne. J'ai parlé des nombreuses trouvailles faites dans cet endroit et notamment d'un anneau 60 bronze de l'époque galio-rofflaioe. Ce climat, de mêoie que celui des Champê* Vamier^ doit son nom à nn propriétaire bourguignon nommé Warnaire. A la fio du XVI'' siècle, Bernardin Brunetet Anoe de la Mare possédaient une vigne au 7rojgarnier.
Les TUE-BOEUFS sont situés assezloio du village, du c6ié d* Aloxe. Leur nom indique que œs vignes étaient autrefois en terres labourables. Un acte de 17dO les mentionne sous le nom de bceufs^ joi-* gaant le chemin qui conduit à la fontaine des Meuzias. En 15ik3 Pierre Lemaydon, greffier de la chancellerie de Beaune, y possédait un journal de terre.
Quelques mots sur les chemins de la commune compléteront les détails étymo* logiques que nous venons de donner.
Le chemin Vert ou rue de Serrigny est un des plus anciens de Chorey. Il part de la planche de la Rochelle , faisant suite au chemin de Beaune, traverse le poirier mal chaussé ei les Closeaux^ coupe la rue Perthusot et se perd dans les vignes delà corvée Ste-Marguerite, Il se reliait autrefois au chemin dos Meuzias. A gauche sont les Tue'bœufs, à droite le clos Jumet, dont Torgine m'est inconnue.
Après a\oir dépassé la fontaine des Mézeaux^ ce chemin coupait une petite voie pavée dont f ai parlé* puis il se dirigeait e& ligne droite sur le prieuré de Notre* Daoçie du chemin.
Les titres du. XVI* siècle mentionnent
u le chemin qui conduit de la planche i Notre-l^ame de Serrigny. » Le pélerioagi de cette chapelle fut très-suivi pendant tout le Moyen-âge. La voie qui partait de Beaune était une sorte de viasacra^ marquée, à son milieu, par la croix que Too voit encore, au bord de la rue PerthoioL
Dans la région qui a voisine le cours do Rhoin, celte rue de Serrigny avait aœ largeur considérable, diminuée depuis quelques années par la vente de parcelles de terre aux riverains.
L'aspect de la côte, à la hauteur des Tue-bœufs, présente le plus ravissant coup d'oeil : à gauche la splendide vallée de Savigoy, les montagnes boisées de Chenôve, lebois de Noëlle et l'entrée de la Combe de Pernand. En face, le poétiqœ village d' Aloxe dont les maisons s'abritent au pied du clos Cbarlemagne, dominées par la croupe majestueuse de Corton. A droite, l'antique chapelle de Notre-Dame qui cache sa noble architecture sous des toits rustiques accrochés à ses flancs.
Puis le clocher de Serrigny dont la base est masquée par le coteau des Champslongs. Enfin, du côté de Ttst, le feuillage épais du boisde fEpenault.
Le chemin de BeauDe à Gborey offre quelques points de vue assez pittoresques» A la hauteiir du clos Flasselier, dans ift Champagne, on distingue parfois les mon*^ tagnes de la Suisse. Un jour, c'était au moi^ de novembre, je me trouvais en cdt pndroit avant le lever du soleil. Pas un souffle n'agitait les sarments dépouillés; pas un bruit ne troublait la sérénité de Tair, chaque brin d*herbe de la terre silencieuse se couvrait de gelée blanche.
]Li'orient argenié laissait la côte d'qr couverte d'un ciel sombre quoique sans nuage. J'avais devant moi la vue la plus complète de cette immense chaîne des Alpes dont les sommets découpés se détachaient en gris terne sur l'éblouissante blancheur du ciel, avec une incroyable netteté.
Autre chose est la vue des Alpes dans un soir d'été lorsque le soleil, s'inclinant sur Bessey -en-Chaume, envoie aux sommets neigeui de la Suis% ses rayons obliques et fait étinceler les angles deseff glaciers.
Le premier gradin des montagnes est formé par le Jura, ayant pour sentinelle avancée la croupe arrondie du Mont- Roland. Vers le midi s'étendent les colli-
nés du Bugey et de la Savoie. Au milieu, trônent les pics inaccessibles de la SaissCt le St Gothard, la cime du Brévect, les pics de Sallancbes, le môle de Bonneville, le mont du Chat, le Scbrekhorn et le Hoot' Blanc au triple soœmelt. Cette derniëreel célèbre montagne est élevée de i,77& mètres au-dessus du niveau de la mer; sa distance de Cborey est d'environ cii^ quante lieues.
La cbalne des montagnes de la SuisBe* n'est pas constamment visible ; quand od les aperçoit d'une manière confase,on peut supposer que le temps ne tardera pas à cbanger ; si on les voit distinctement, od peut être sûr qu'il tombera de la pluie le lendemain ou, au plus tard, le surlendemain.
. Les Corvées^ placées sur le cbemin de Beaune, forment le point le plus élevé de . la commune de Cborey. Si on se tooroe à l'orient, on a près de soi les massiâ ombreux de Gigny, les pasquiers de li^ Brosse, les bois d'Epenault et du Grand- Bornes, les villages de Varennes et de Yignolles et cette longue plaine de dof myriamètres, mouvementée par les mas* sifs de bois, de peupliers, de villages*
L côté de Toccideot le paysage est 18 grandiose. Près de la montae des Marconnets ou serpente la voie naine s'oavrc la jolie vallée de Savigny ni la flèche romane se dégage dans ( groupes d'arbres et de peupliers du urs de Rboin. Tout au fond, la montae de la Roche du branle sépare les ux combes de Booilland et de Gla- •illon, dominée, à l'horizon, par le plaau et le village de Bessey-en- Chaume.
)ici la montagne de Ghenôve, couronie par l'antique ferme du même nom, le >is de Noël et ramphithéâtre de Perind, ou les maisons s'é<agent comme les *adins d'un cirque. Ce point blanc qui irmonte le mont de Frétille et le village, H la chapelle de Notre-Dame d'espéstnce, construite, il y a quelques années, ar la famille de Gravier. On distingue Qrla gauche le village de Fussey, presque ussi élevé que Bessey-en-Gbaume. A rolte et plus près de nous s'allonge la lontagne de Gorton; à sa base s'étendent » couches qui produisent les jolis mar- '68 de I<adoix, à son sommet s'élève le ns au bas duquel mûrissent les célèbres isins de Gorton. Au milieu le village
d*A)oxe, dont le joli clocher neuf marque le point central. Eti admirant ce panorama, on regrette que leà premiers habitants de Chorey n'aient pas bftti leur village sur le point culminant des CoT' vées.
Ub des aspects lèd plus pittoresques est celui de la côte, vue de l'extrémité nord du village. Serrigny est masqué par le coteau des Bàrigards et sa flèche seule seujble posée à l'horizon; mais nous pouvons apercevoir lé hameau de Buisson, couché au pied du Corton. Au dessus de ses maisons serpente une blanche route qui longe la petite et triMe vallée appelée la Combe des buts. Ce clocher dont la flèche de zinc brille au soleil est celai de Magr.y. Tout près de lui s*élëve le mont de Yillers, isolé comme un reposoirei couronné d'une vieille église et d*nn \\A arbre, assis pu milieu des tombes. Cest \h que les pieux pèlerins vont implorer Saint • Abdon.
Le chemin vicinal de Beaune à Chorey suivait, en approchant du village, xM direction beaucoup plus droite. Il traversait le clos de M. Bigame, passait sur l'emplacement actuel de sa maison et se
prolongeait à travers le jardin de M.
Gruyer jusqu'à la grille du château.
Ajoutons que le chemin public tournait à droite comme aujourd'hui, car l'avenue, -ou plutôt l'allée de peupliers, comme on l'appelait encore dans les premières années de ce siècle, était réservée au seigneur. Les anciens du village se souviennent encore d'avoir joué aux quilles sur cette avenue.
La grande rue du village, celle qui.
passe devant la maison commune avait aussi, très-anciennement, un parcours plus direct. Arrivée à la dernière maison de droite, elle traversait les antiques jardins du Meix-Laurent en !ais<^ant à droite le climat des Jouées, à gauche le prieuré et 8a chapelle. Elle venait rejoindre le chemin vicinal actuel à côté du Puits-Renaud.
Le chemin rural du Poirier -mal-chaus- «é se dirige de l'Est à l'Ouest depuis le chemin de Beaune jusqu'à la route de Dijon ; on l'appelle aussi chemin de la confrérie. Il a été établi en 1785 par M, de Migieu, seigneur de Chorey.
La rue qui part de la croix de M. Bigame et contourne le jardin de M. Ricaud
pour arriver sur la rue Perthûzot porte le nom bizarre de Rue du Ta. U m'a été iod' possible de découvrir Torigine de cette appellation.
J'ai parlé de la rue de TEy : c'est celle qui descend le village pour se rendre «ers les fontaines. Ey, eawe, aiguë, tous ces mots sont synonines.
Les noQDis des autres rues et chemins n'ont rien qui mérite l'attention. Ils sont empruntés aux climats ou aux ruisseaus.
Lors de rétablissement du plan d'alignement, an commencement de ce s'è^le, on donna à quelques rues le nom des prioci' paux et quelquefois des plus anciens propriétaires de maison : rue Chopin» rae Gaufre, rue Pinguet,
On a considéré rétablissement du plan cadastral comme résultant des idées nou* velles inaugurées par la révolution de 1789. C'est le cas de dire qu'U ri y a rien de nouveau sous le Soleil. Dans tes premières années du YliP siècle, au moment ou Tévêque Ansebert donnait à la cathédrale d' Au tun le village de Chorey, le roi Childebert envoyait l'arpenteur Romulpbe et le maire du palais, Florentin, pour procéder à un nouveau cadastre de»-
faciliter la répartition de l'impdi.
:re village de Chorey possédait plucroix rurales. J'ai déjà cité celle trouve à Tangue de la rue Perthuzot chemin de Serrigny.
3 seconde croix placée sur le rhemin .iune est enclavée dans le mur du e M. Bigame. Elle porte Tinscripjivante :
lOSEPHVSBARD
MDCCCXXXVl.
) croix en bois existe à l'angle du n de Gigny et du chemin de la ides champs. Elle vient d'être rééen fonte de fer par Claude Bard.
uatrième croix a été élevée sur le lu chemin romain, à côté de la rou- Gigny. Son fût brisé a été remplacé irement par une croix en fer forgé. A i extrémité du fi nage, au bord de la de Dijon, existait, non loin de la voie ne, une croix en pierre dont la base Uée. On l'appelait la croix de la ière. En i6àà toutes les paroisses aune y vinrent en procession pour
obtenir la destruction des vers et des écrivains qui ravageaient les vignes de Beaune, de Savigny et de Chorey*
Il y a quelques années la sœur Arnoux, de Chorey supérieure de la Charité de Beaune a fait construire une croix trèsélégante dans le Meix-Gillotte, à côté de l'ancien prieuré, dans le voisinage de la maison cù elle née.
Je crois avoir fait connaître dans tonte son étendue la commune de Chorey, ses eaux, ses chemins, ses lieux dits,- ses rues, ses maisons et ses habitants. Avant de raconter les événements qui ont marqué la fin du siècle dernier, je parlerai de l'église, des curés et des instituteurs. Cet' te étude fera le sujet du chapitre suivant.
CfiAPlTRE IX.
i.' ÉGLISE ET SES DESSI-RYANTS.
Salotat vos Lacas carlsBimvs.
Notre bieD-aimé Lne tous éalM.
(Epiire de s. Paol aux Golossiens).
Nous avons raconté l'origine da prieuré «t celle de l'église paroissi&le de Ghorey. Nous avons. vu les démêlés qui surgirent entre les moines de Réôme et la Collégiale de Beaune qui fesait exercer les fonctions curiales par un chapelain. Les documents nous font défaut pour suivre, à travers les siècles, la série des faits qui se sont suc*cédés dans l'administration religieuse de notre village. Aucun plan, aucune desctiption ne nous sont restés de cette petite •église romane qui a subsisté jusqu'en 1766. Essayons d'en donner une idée en recueillant quelques vagues traditions et en inspectant la portion ancienne conservée dans la construction actuelle.
Cette partie ancienne, devenue transsept et consacrée à la vierge mère, formait le chœur de l'édifice primitif. L'apside plate, à pignon, buttée par quatre contreforts aux angles, présente, à Textérieur, une lourde rornîche soutenue par des modillons grossiers. Elle était éclaûrée par uno fenêtre à pleîn-ceintre, actuel^.* ment murée. Lors de la reconstructiou on a ouvert au-des.sus un octdus récemment orné d'une verrière.
A l'intérieur, ce chœur, d'une simplicité primitive n'avait d'autre orneonenl qu'une corniche sans profils, et le tailloir rudimentaire des deux pieds-droits sur lesquels repose l'arc doubleau à pleioceintre. Il était percé sur les côtés de deux fenêtres a plein-ceinlre. Celle da nord est intadte; l'autre a été murée lorsqu'on a bâti la sacristie.
Il est à peu près certain que )a nef n'était que le prolongement de cette abside ; nef étroite, occupant le transept actuel de S. Laurent et se continuant jusque vers' le milieu delà rae. C'est là que se trouvait l'entrée principale, abritée par un de ces auvents si communs dans notre région bourguignonne.
Il est probal)le que ce porche, comme ce* lui de St-NicoIaSy était d'une date bien postérieure à la construction primitive; Quoiqu'il en soit, son existence est dé* montrée par un texte précis : en 1686 la femme du fermier Antide Cachon fut inhumée « sous le chapiteau de Téglise. »
Il m'a été impossible de savoir si le clocher était au milieu de la façade, où sur le côié, comme cela arrive fréquemment. Ce qui parait certain, c'est qu'il était surmonté d'une flèche en bois. Il est de tradition qii^on le tira avec des chevaux^ lors de la reconstruction.
Un passage iort étroit existait entre le chapiteau et les maisons occupées aujoud'hui par MM. Arnoux et Henriot dont l'entrée principale était dans la rue qui est derrière ; c'est là, comme je l'ai dit plus haut que se trouvent les deux cheminées monumentales sculptées aux armes d' Antide Bourrée-Brunet.Le puits que l'on voit encore sur le côté de cette rue était fort près de l'entrée de l'église servait aux besoins du cuite.
Le désir d'élargir ce passage et de prolonger le chemin de Gigny jusqu'au mur du jardin seigneurial, pour en (aire la
grande rue du villaget fut ceriaiDemeqt une des principales causes de la constrot' .lion de Téglise actuelle. En joignant à cela le goût deTépoque pour les plafoods^ le dédain de nos grands*përes pour cette architecture du moyen-âge, si sévère daos sa structure, si religieuse dans les plus simples édifices, on s* expliquera que Hr de Migieu et surtout le curé Blanchardr très porté vers les idées nouvelles, aient fait disparaître le vieux monument. Noos regrettons d*autant plus cette deètructioo, que Téglise actuelle peut être considérée comme un type de mauvais goût, réalisé avec d*ignobUs pierres mureuses. Une simple question d'économie a laissé debout la partie ancienne, bien supérieure par sa solidité, ses matériaux et son appareillage.
Je ne pense pas qu'il y ait jamais eu de chapelle seigneuriale. Les Baudoin et les sires de Frolois n'ont jamais fait leur résHence à Ghorey. D'autre part il oe reste aucuns fragments d'arêtes , de menaux, aucune de ces sculptures dont les cbâtelair^s se plaisaient à orner leur chapelle. Nous savons seulement qu'il Çxistait dans l*iutérieur^ près de la porte
*eDtrée, ^n caveau sépulcral àj^pelà e charnier des enfants.
Les deux belles statues de pierre guë 'on voit encore, se trouvaient dans Tan- »énne église. Celle de saint Vincent date ie la fin du XVI^ siècle : elle fut donnée! par Yincent Barolet qui fut curé de Gborey depuis 1672 jusqu'en 1702.
. 1,6 mobilier de cette église a complète^ meot disparu. Il en est de même des an^ cieos ornements, à Texccption d'une petite nappe en guipure deitinée à recou*< vrir le calice. Il est impossible qu'il n'y ait pas eu 'quelques beaux objets donnas par les seigneurs, quelques statues, tableaux ou vases sacrés provenant de la chapelle du prieuré placée, comme je l'ai dit ao Meiz Laurent.
Je viens de citer le nom du curéBaroletf qui fut plus tard remplacé par son neveu^ Pendant soixante-dix neuf ans, ces deux ancêtres ont baptisé, marié et enterré nos prêtres ; il est juste de leur consacre^ quelques lignes.
La famille Barolet avait des prétention^ à la noblesse ; elle était originaire de Saint-Romain et portait d argent à trois barils de sable. Thomas Barolet habitait
ce village en 1A63 ; cinquante ans après nous y trouvons Jean, puis, en 1619, Philibert, qui fait bâtir dans ce village li riche croix du cimetière , et la chaire eD pierre de l'église.
A l'époque de la ligue, i! y avait i Beaune trois frères du même nom : Jean Barolet Y ancien^ apothicaire, fut le père du donateur de S. Romain et d'Antoine, procureur et notaire, puis syndic de la villede Beaune. Ce dernier, cousin du coré de Ohcrey, fut parrain dans ce village, en 1667, avec la fille de Pierre Domino, docteur en médecine.
Le curé de Cborey eut six frères et sœurs. Jean, l'ainé, resta célibataire et vint, en 1696, ht biter Chorey avec son fiëre. Le second, Louis, marié k Jeanne Comeau demeura dans la ville de Beaune, de même que le iroisiènie, Claude, dont le fils, Charles, fut élevé parle curé de Chorey, auquel il succéda plus tard.
Vincent Barolet naquit à Beaune le H mars 1631 et sembla prédestiné à l'étit ecclésiastique, car il eut pour parrain on chanoine de Beaune nommé Vincent Malteste. Il avait quarante et un ans lorsqa'ii obtint la cure de Chorey. Nous avons dit
1. ^ue son frère Jean vitit habiter avec lui. i II eut aussi pendant quelques années son ;: neveu Charles dont il commença Tinstruci :tion et qu il envoya au séminaire d* Autuo. Le 1 A juin 1690 Vincent Barolet céda en rentes perpétuelles à Jean Arnoux et à Jean Bouzereau huit ouvrées de vignes qu'il avait achetées au meix-Damas. La dixme de Ghorey était alors de six derniers par ouvrée. Trois septièmes appartenaient par égale portion au curé et au prieur. Brisé par l'âge et les fatigues de son ministère, Vincent se démit de ses fonctions dans Tannée 1702 et vint so retirer à Beaune. Par son testament, daté de 1711, il fonda un salut à l'église Notre* Dame et deux messes basses à l'Hôtel-Dieu c( pour le repos de son âme. »
Charles Barolet fut curé de Chorey depuis 1702 ; sa sœur ainée, Huguette, avait épousé, en 1680, Philibert Leblanc, seigneur du fief d'Ambonne, près S^' Marie-la-Blanche. En quittant Chorey il tut chapelain de l'Hôtel-Dieu, auquel il lé* gua, le 7 novembre 1735, deux mille livres dvi rentes viagères pour l'office de S* Charles, avec une messe de Requiem le lendemain.
Antoine Blanchard succéda à M. Barolet: c'était le fils d'un meunier de Lidoix. Voici un passage du livre de ménage de M. Blanchard» déposé aux archives de la Charité de Beaune. « J*ai pris possession le 8 juin 1851 ; M. Charles Barolet m'a cédé , moyennant uoe pension de 16 livres. J'étais alors chapelain de Notre-Dame du chemin. En attendant le départ de mon prédécesseur, je desservais Ghorey depuis Ladoix où je demeurais chez mon père. Je vîni le 21 novembre à la cure qui était en fort maovais état. On mit beaucoup de bonne volonté dans les réparations et les choses eussent été à merveille si C ignorance it f architecte n* eût fait des omissions exe» sives. »
a De mes terres et de mes tiovales fal retiré 22 mesures de conceau, vendu one livre quinze sols la mesure, 1 2 mesures de froment à deux livres quatre sols la mesure, et 70 mesures d'avoine à vingt sols. — De Larbalestier, pour un journal déterre et un autre de vigne, 2& livres, Pour la Chenevière des Breneaux, 6 li* vres — de divers, pour des vignes, 2i livres — De maistre Jacques Pomier^ ii
livres pour an journal près de Beaune, en la Greusote (1). — Des chanoines de Beaufie pour une portion de dixme, 30 mesures de froment et 30 d'avoine. — De Podechard, comme fermier du prieur, même quantité. — Du chanoine Garnier, une feuillette de Gamay qui peut valoir rsept livres dix sols, et six livres pour 43upplément de portion congrue. — Du chanoine Leblanc pour ladite portion, 6 livres. — De Guy Podechard; pour mon sixième de la dixme de Gigny que je lui ai amodiée 25 livres dix sols, plus trois livres d'œuvre. — Dans ma portion de vignes j'ai fait douze pièces de vin, vendues à Bernard Fournitr, de Beaune, moyennant 28 livres la queue. Les tonneaux m'ont coûté six livres la queue. — Pour ma portion 12 feuillettes de vin. »
On voit par ces détails que la cure de Chorey produisait de forts beaux revenus. C'était une sorte de canonicat trës-envié et d'autant plus agréable que le voisinage
(l) La Greusote ou clos S. Baudèle se trouve sur la route de Bouze ; c^est une très ancienne carrière d'où la tradition prétend que Ton a extrait les matériaux de TEglise Notre-Dame.
de la viliu procurait une foule d'agréments.
Si l'on voulait parcourir toutes les notes de M. Blanchard on y trouverait des détails intéressants. Les Chartreux de Beaune avaient encore des propriétés dans notre village; la maison habitée par leur vigneron Claude Moine appartenait h la cure.
Le père et la mère de notre curé moururent à Ladoix en 175S. Deux ans après, gon frère passa de vie à trépas. Jeanne Pailly, la vieille servante, fît valoir le iDoulin ei le routoir, jusqu'à la vente que fit le curé moyennant 41,700 livres au gieur Bellevaui, l'entrepreneur dont j'ai parlé à propos de la route de Dijon. La Bcierie de marbre ne réussît pas et le curé Blanchard dût reprendie l'usine qu'il louaà EdmeFrapiliion. En 1765 la sœur de M. Blanchard mourut postulante à l'hôpital de Beaune.
Il y avait alorsàChorey une dame Chevalier qui demeurait près de l'égiisp.
Cette riche paroissienne avait à plusieurs reprises confié de l'argent au curer. Le total se montait à plus de sept cents livres. Après sa mort on donna S6 livres aux
pauvres de Pernand, 36 à ceux d'Aloxe, 24 pour ceux de Chorey et 24 pour ceux deGigny. Les Capucins de Beaune eurent 100 livres, de même que le chapelain de Notre-Dame du chemin, Françoise Forneret^ la filleule et servante, reçut pour sa part 300 livres. Cette jeune fille épousa fiOD vieux mattrci Chevalier et se remaria plus tard avec Jean Uard, dont j'ai parlé à propos de la maison de M. Cornu. La malignité attribua méchamment au curé Blanchard une grande part dans les deux mariages et dans la position de fortune de cette jeune fille.
En 1769 le prieuré de Chorey devint vacant par la mort de Claude Ténard. Celte fonction était commanditaire, c'est-à-dire que le titulaire ne résidait pas et pouvait être choisi en dehors du clergé. Les religieux de Moûtiers disputaient au roi de Fraiice le droit de patronage cur le prieuré qui resta vacant pendant plus d'une année.
M. Blanchard écrivit en cour de Rome pour obtenir la réunion du prieuré à la cure ; mais un M. de Savense, évêque d'Orléans, chargé de la feuille des bénéfices, l'accorda à M. Diderot, chanoine de
Cbâlons-sur-Marne. Le curé Blanchard reçut de M. de Raincy, receveur des économats de France, cent livres de gratification sur la vacance du prieuré. Cette somme permit au curé de liquider les dépenses de la reconstruction de Téglise, dont nous allons parler. Mais puisque nous tenons M. Blanchard , le dernier desservant d'avant la révolution , teriniooos sa biographie.
C'était un cucé patriote : en 1771 il applaudit à la chute des parlements et espère « qu'il se fera d'autres changemonts dans Tadministration de la jcsticet parce qu'il est constant que les abus y sont terribles.» Voici ce qu'il pense sur la mort de Louis XV : « Quoiqu'on ait lait de belles oraisons funèbres, il est toujours vrai qu'il n'a laissé aucun regret. Son successeur donne les plus grandes espérances ; il i'^occupera du bonheur dt ses sujets. » Jusque-là tout est bien. Mais le libéralisme doublé de visées ambitieuses lui fit oublier l'unité du catholicisme et prêter serment à la constitution civile da clergé. Hélas I cette concession ne sauva pas M. Blanchard des fureurs révolutionnaires. A la date de 1791, il écrit sur soQ
egistre : a Quant aux autres articles de a récolte, il est inutile de les rapporter, )arce que c'est de cette année que nous ïevons rendre compte au district, qui se chargera défaire la somme de douze cents ivres, si nous ne l'avons pas dans la perception. 9 II y a de l'amertume dans ces ignés. L'illusion est partie et !e réforma- ;eur est dégrisé. La part active qu'il a prise dans l'administration républicaine 3e Chorey l'appui qu'il a donné aux rérolutionnuires ^ les preuves de civisme lu'il a prodiguées n'empêcheront pas la ^ente du presbytère. Il a bien une maiton, à lui appartenant^ qu'il a fait bâtir )t qu'il a meublée' avec goût; mais qui sait où s'arrêtera la rage des spoliateurs ? Le 28 septembre 1702 il vend sa maison i M. Verry et se retire à Thospice de la charité de Beaune , où il mourut le 10 loût 1795.
M. Blanchard était littérateur. On a de ui une brochure iTi-12 de trente pages, ntitulée le triomphe de la vertu ou le wuveau règne de Louis XVI, « suivi d'ùti d>régé de la morale chrétienne pour les lifftrents états de la vie, depuis les personnes les plus relevées jusqu'aux contre*
res du Saint-Sacrement, en vers sur deox rimes masculines, coname les commaDdements de Dieu. » Deux ans après, en 1778, il fit imprimer une autre brochure in-12, de vingt pages intitulée : Description champêtre et rimée du prix de Beaum.
Je ne connais aucun exemplaire de ces deux ouvraijes. Nous ne devons pas regretter cette perle , car le premier était «un chef-d'œuvre de simplicité », et le second u un chef-d'œuvre de bêiise dans lequel il n'y a ni raison, ni mesure, ni rime, et qu'on ne cite que parce qu'on ne voudrait rien oublier. » Cette appréciation sévr^re est formulée par Tabbé Bredault, dans son Supplément à Phistoirt de Beaune^ ouvrage manuscrit. Or, l'abbé Bredault se connaissait en littérature I
Revenons à l'église et laissons la parole à M. Blanchard.
<( En ce cas, toutes choses étant bien €n règle, on procéda à l'exécution. Le premier dimanche après Pâques de l'année 1766, les vêpres finies, on commença à dômeubler l'église et à transporter Ih Saint'Sacrement dans la grange do cbàleau qu'on avait arrangée à cet effet et
dans laquelle toute la paroisse se réduisit pendant dix huit mois.
<( Dans le devis, on devait lambrisser la nef et Lire servir les anciennes planches. Je proposai aux habitants de faire chacun une voiture à Dezise pour chercher du plâtre et je me chargeai du plafonnage qui coûta 200 livres. Le devis ne portait pas de sanctuaire^ Téglise devant former la croix de S. Antoine. C'est moi qui ai fait faire le chœur : ce fut une dépense de cent pistoles. L'ouvrage fut fini en octobre 1768 et Téglise bénite le 3 novembre, a
Deux ans après, le curé Blanchard vendit à M. de Migieu quatre toises de pierres qui lui restaient et fit saisir entre les mains de M. de Raincy, directeur de TEconomat de France, pour la somme de 161 livres, la quote-part du prieur en titre dans la reconstruction de l'église. Le devis primitif était de 6,500 livres, mais on a vu que le curé y ajouta.
L'édifice était bâti, mais il fallait pour* voir à son a;neublement. Pour avoir des fonds, le curé proposa à ses paroissiens d'établir des bancs qui s'amodieraient chaque année. Ces bancs furent placés en 1770 : le premier fut pris par la veuve
Chevaiier-Forncret, le second par ud forain, M. ForesuRouty, avocat à la coar demeurant à Beaune, dont le beau-père avait été fermier du château.
En 1771 on plaça la boiserie de TancieD chœur dans le nouveau ; Tannée suivante on mit, dans la sacristie, une armoire qui lut remplie en 177i. On allait à TécoDOmie : les deux aubes de rencontre coûtèrent 20 livres et la chasube^ 15 livres; on achela cinquante sols la pièce deux ceintures blanches, et vingt et une livres t trois petits surplis pour les entants, non compris la façon. »
Voici qui est plus important : « en 1775 il a été posé dans le sanctuaire un autel en marbre de diûérentes espèces, travaillé par M. Philibert Pitremant ; il a coûté neuf cents livres. Le sieur Blanchard a donné de ses deniers quatre cents francs et la fabrique le reste. Cette pièce remarquable, admirée de tous les curieux, fut mise en place le deux avril de Tannée susdite. »
Cet autel^ qualifié de chef-â*œuvre par Gourtépée, est composé des plus beaux marb'^e.s d'Italie, de S. Romain et de Savigny. Pitremant, nommé ailleurs Bider-
mann, exploitait à S. Romain une '^arrière qui lui donnait, dit Tabbé Bredault, un beau marbre brèche et surtout un superbe albâtre ondulé blanc et rouge , à grandes raies et à grands ramagîBS (!)• L'exécution de l'autel de Ghorey fit connaître le talent de ce sculpteur. Les Bé** nédictins de S. Marcel, près Chalon, vou'> lurer.t en avoir un semblable ; peu après les religieux Minimes de Beaune lui firent la coiumande d'un troisième. Lasuppres* sion des couvents ayant eu lieu avant que l'ouvrage ne fut terminé, Tautel de.s Mi» Dîmes re9ta longtemps au chantier. A la réouverture des églises, il fut acheté par Jes fabriciens de Notre-Dame et placé dans celte collégiale de Beaune en 1805. Philibert était fils de Frédét ic Bidermann> tailleur de pierre au fauboirg S. Martin* Son frère Charles, enfant de chœur à Notre-Dame, instruit par les chanoines, entra dans les ordres et devint maître de
chapelle à Nevers.
(1) Oq a malheureusemenl abandonné celte carrière^ située au bas du Marsin , fi nage do St- Ronaaia. Elle était très anciennement exploitée. C'est là que 8. Euphrône, évéque d'Autnn , fit extraire les marbres qu'il envoya dans la ville de Tours pour orner le tombeau de 8. Martin.
Le jour de Noël 1787, l'autel de Chorey fui complété par les six cbandelierscD marbre blanc d'Italie, qui font eocoredi nos jours Tadmiration des ronnaisseoni Cette splendide garniture fut exécutée pir Phi;ibert et Charles Bidernian pour le prix de cinq cents livres, qui équivaudraient à deux mille francs de nos joan. Cette somme ne paraîtra pas trop élevée si l'on considère la rareté de la matière et, plus encore, le travail considérable de ces chandeliers dont je ne connais aocoD similaire.
Deux ans après, M. Bonnet, sculpteur L Beaune exécuta les reliquaires ornés de guirlandes dorées qui servent de retableà l'autel ; ils ont été placés le 12 septembre 1789.
Le dernier travail important précéda de bien peu la fermeture de l'église : les autels de deux chapelles furent élevée, par les Bidermann an mois de septembre 1790 (1).
(l) Le Dom de ces artistes marbriers a été écril Pielermann , PitremaDt et Jiiedemaot J'ai retrouvé dans le registre paroissial de S. Pierre de Beaune la sigaalure de Philibert: la véritable orthographe est Bidreman.
'Bien que l'église S. Luc de Ghcrey soit mnplélement nulle au point de vue arihitectonique, nous croyons utile d'en looner une courte description.
Le vaisseau se compose d'une seule nef,
couverte d'un plalbnd horizontal en plft-
re. La longueur totale es? do 23 mètres.
La longueur du transept de 18 mètres et
la largeur du la nef de S mètres.
J'ai dit plus haut que la partie de gauche, du côté de l'évangile, est une portion de la primitive église.
C'est là que se trouve l'un de'i deux autels fournis par les Bidreman en 1790. Il est surmonté d'une fort belle statue en pierre de la vierge mère. Deux petits basreliefs en pierre, du XVP siècle ont été placés dans cette chapelle , il y a peu d'années, par M. le curé Ghocarne. Celui de gauche représente Gain et Abel ciTrant leur sacrifice au seigneur ; on voit, dans celui de droite Abraham sacrifiant son fils Lsaac. Deux bustes en pierre : un Ecce homo et une vierge de douleur dominent ces bas reliefs.
Le sanctuaire, construit, comme je l'ai dit, aux frais du curé Blanchard a la même largeur que la nef. Sa longueur n'est que
de deux mètres. Il e»t surmonté. d'oK
voûte en berceau, sans arèiesm mouluieâ
et ternniné par un pigDon ajouré d'osé
assez grande fenêtre à plein ceintre, sa»
ornementation. Uii fort beau vitrail a été
placé au mois de septeuibre i862 par b
soins de M. Chocarne. Il représente les
deux saints principaLment honorés à
Chorey : S. Luc et S. Hubert. IiC premier
portant sur !a poitrine rimmortel livre de
l'Evanciie et le second en riche costume
de chasseur.
Cette belle verrière sort des ateliers de M. Gay et Amoric de Lyon.
La boiserie du chœur taisait partie de l'ancienne église ; elle est fort 8iQ)ple e( de mauvais goût. En 1777, le curé Blanchard l'avait fait restaurer et peindre, moyennant cent livres, par le sieur Boajsereau de Beaunc.
On voit, à droite du < hœur, un siège en chêne, avec un grai.d dossier à liontooet des accoudoirs à baiustres. Il faisait partie delà coll(ctioi) de M. Joseph Bcsà. Si veuve, M"** Eliza Vaudrey, en a faitdonà l'église en 1862.
De chaque côté et en avant du sanctuaire, deux consoles en bois supportent
les statues fort médiocres de S. Luc et de S Pau!. Une chaire en bois, sculptée en 172S,a été placée récea.ment près du lutrin. Elit*, vient de l'église de Pommard.
Le transept de droite a conservé l'autel <les trères Bidreman, surmonté i^'une niche. C'est là que se trouve la belle ?talu^ «n pierre que le curé Vincent Barolet fit «xécjter en Thonneur de son patror. M.
Bavard nous a fait connaître, dans son Histoire de Volnay, le nom d'un excellent sculpteur beaunois, Sualem, qui travaillait [)Our ce village au milieu du siècle clernier. Il y a toute apparence que la «tatue de Chorey est due au ciseau de cet artiste.
Une petite porte, ouverte dans celte •chapelle, communique avec l'ancienne et pauvre maison de la cure qu. a servi d'habitaMon et d'école jusqu'à la construction de la nouvelle maison commune.
Deux tableaux sur toile ornent la nef. Le preaiier donné par un paroissien repré' sente Tobie recevant d'un ange le poisson qui doit lui rendre la vue. Il appartient à l'école française du siècl'j dernier. Le second a été peint en 1866 par M.
Alexandre Sandier.
— 5iO —
TvM tombes de rancienne église ont été replacées clans Je pavé de la nouvelle. L'une porte !e nom de Lambert Perr )nnet, morr. le 15 juillet I75â ; la seconde est celle de J, Guyot, vigneron, décédé en 1724 ; on lit sur la troisième le noni Jean Voteleret et la date du 15 septembre 1726.
Le clocher est po?é sur le gable delà façade. Il se compose d'une leur carrée dont la face intérieure est supportée par un mur percé de deu\ petites arcades à pleln-ceintre communiquant aveclauef.
Sous l'une d'elle est placé Tescalier oa plu ôt ré{ belle, qui conduîc à Tunique étage. Cet et. ge esi ajouré de deux fenêtres sur cbaque face. Avant la révolution, la sonnerie se composait de deui cloches : toutes deux ont été enlevées et converties en gros sou*?. La cloche actuelle a été sans doute achetée à la reprise du culte, bien que je n'aie trouvé aucune mtniion de cet achat. Elle porte Tinscription suivante :