CHAPITRE VII
LE YILLAGB
Qaantùm mntatas ab iUt
Les choses se modifient comme les hommes : il y a vingt ans, l'aspect du village était fortcHiFérent de ce qu*il est aujourd'hui. Les rues n'ont pas changé, mais les constructions nouvelles ont bien modifié notre village. Remontons au siècle dernier, cette difiïrencriest bien plus sensible. Poursuivons notre marche rétrograde, nous ne reconnaîtrons plus rien de ce qui existe aujourd'hui.
Qu'est-ce que Chorey au XII* siècle?
Une seule rue qui commence au Nord-Est par les bâtiments et le clos du prieuré pour se terminer à cent mètres de là par une petite et grossière église que les chanoines de Notre-Dame viennent de faire bâtir.
Au milieu des chéiives maisons qui bordent cette rue où Teau ruisselle dans
les ornières, s'élève une habitation assez solide : c'est celle de la famille Gillotte, ou pluiôt Gélyot, dont le nom est resté au meix qui Tentouraît. En face d'elle, un amas de pierres amoncelées indique la villa ruinée d'un leude bourguignon dont iin des lîls était devenu évêque d'Autun au VII° siècle.
Auprès de l'église, à la place de ces vastes jardins du château, il q'y a rien encore, si ce n'est peut-être la ferme d'un sieur Bauduin, riche beaunois, qui prendra bientôt le titre de seigneur de €horey.
En dehors du village, beaucoup de terres incultes, au milieu desquelles s'éparpillent les vignes et les terres des moines de Moutiers S. Jean ; ces religieux cultivent eux-mêmes leurs propriétés : c'est . seulement en 4207 que l'on trouve leurs fermiers. Pierre L'accordé et sa femme Sybillç sont les premiers habitant3 dont le nom ait été conservé. Vingt ans après nous trouverons Hubert de Chaire, Constant de Charre, Wilhelm , seigneur de Brie^ c'est à dire de Gigny.
Au sud, est une antique colonie Burgonde, avec un pressoir à moilië rvû
bâii sur des fondements romains et possédée par une famille Warnier. Un peu p\un loin, les ronces couvrent les pierres ravinées de la voie romaine.
Au levant, les Brosses ou Epeneavx, appelée plus tard la Cerisaie^ la Chaintrê Bohert^ la Trembleroye. Près de là, des monceaux de pierres marquent la place de la colonie du Poilleau. Tel est Teosemble du tableau, d'après les documents historiques que nous possédons.
Deux siècles plus tard, ce tableau n'est plu» le même. La Maison forte^ clonse de fossés par le sinî de Frolois, domine la hauteur, allongeant ses courtils et son meix du côté du soleil levant. Le principal fermier du château occupe une vaste maison derrière le castel, vers le chemio qui conduit derrière la Velle. La famille Arnoux cultive les terres du prieuré, près duquel elle s'est installée.
Une seconde rue s'est alignée parallè* lement à la première. Parmi les apaisons qui commencent à la peupler on remarque celle de l'ancienne et assez opulente famille Henriot. Vers l'extrémité occideo*» taie de cette rue, à l'angle des checnins de bidne et de Brùy^ s'élève une petite mai-
^on nouvellement construite ; derrière elle est la vaste pièce des Chartreux, ancienne fondation donnée^ vraisemblablement par le duc Eudes IV, en 1332, à la Chartreuse qu'il venait d'établir au laubourg Per-: preùil de Beaune, Au bout de cette pièce des Chartreux, un terrain rempli de ronces et de débris indique la place du pressoir de Warnier.
Avançons encorede deux siècles et transportons-nous en 1690.Les hault s pignons des Frolois ont disparu. La terre de Cbo« rey, divisée par les successions et morcelée parles ventes^ est reconstituéeà nouveau. Abraham Bourrée, seigneur de Tailly et deChorey, a fait construire au milieu dea vastes fossés du moyen-âge, le pavillon ^t Tescalier monumental que nous voyons encore aujourd'hui. L'entrée princicipale du château est changée de place et une avenue de peupliers se profonge du côté de Beâune jusqu'à la Croix rurale. Quelques ruelles ont relié les deux grandes voies du. vlliage,mais ce sont plutôt des sentiers que. des rues. Le Chapiteau de l'église n'est jséparé des maisons que par un étroit pas-* âage, et les paysans appel^^ par le nou^ veau seigneur* ont bâti leurs (lemeorQS^
sur des ' parcelles quMl leur cède moyennant une faible redevance.
Au nord de l'enclos muraille du château, dans le voisinage du meîx Damas et du chemin de Serrigny, s'est élevé un autre groupe de pauvres maisons, et trois fours banaux viennent d'être construits par le seigneur. Les bâtiments et Ja chapelle du prieuré ont disparu. L'énorme contribution, imposée aux couvents poor la rançon de François P', a obligé les moines de Moutiers à vendre une partie de leurs domaines. Les excellentes terres de leurs jardins sont divisées entre huit oo dix familles, et, dans ia partie supérieure, un des plus riches habitants de Chorey, Sébastien Podechard, vient d'élever, sur le ruines de la villa Ansbert, une habitatioa dont la belle cheminée existe encore.
La grande pièce des Chartreux a été démembrée : Arnoux , l'ancien fermier, en a <acheté une partie. Les religieux ont fait comme leurs frères de Moutiers, car alors le roy était la France.
Pendant le siècle suivant, aucun changement important ne se produisit. C'est seulement dans la seconde moitié do xvnf siècle, (\ue de nouvelles rues furent
ouvertes. La reconstraction de l'église vint modifier complètement l'aispect de Chorev.
Essayons de décrire les anciennes maisons ; ces détails d'histoire locale intéresseront tous les habitants de notre village.
Il ne reste aucune trace de Thabitalion 'de la famille Gélyot ; nous savons seulement qu'elle occupait la cour où résident Bérangér, la veuve Chevalier et Battault. En 1750, la moitié de ces bâtiments était habitée par Jean iMadon ; cette portion fut Tendue 520 livres, avec la moitié de la •chappe et une dea)i-ouvrée de cheneviëre. La famille Gilliotte, altération de Gélyot, ^8t éteinte à Chorey, mais elle s'est continuée d'une façon indirecte par celle des Gillotin : l'histoire de cette adoption est assez curieuse: Le 28 juin 1679, on trouva, dans le climat des Gras, un enfant emmailloté. Le curé le baptisa et lui donna pour parrain celui qui l'avait re- -cueilli, Jean Gillotte, l'un des derniers de cette antique famille. L'enfant trouvé devint homme, mais il conserva le nom de 4îillotin à ses descendants.
La rue Gaufre n'a éié ouverte qu'en 1760. Avant cette époque, c'était une
<:our vaste et irréguliëre occupée par deux anciennes familles: les Podechard et les Gheyalier.
Sébastien Podechard, laboureur , et sa :femme, Anne Madon, firent bâtir, vers 1670, la maison qui appartient aujourd'hui aux héritiers Terrand. On y voit une grande cheminée de pierre supportée par deux colonnes sculptées.
' La famille Podechard, autrefois Pot-iU €hair^ est ancienne: Guillaume était vigneron à Gigny en 1&23. Claudine, fille de Sébastien, épousa, en 1685, Philibert Bard, dont j'ai parlé. Louis Podechard hérita de la maison paternelle qui passa Hjn peu plus tard dans la fanaille Chevallier.
Vers le même temps, Jean Chevalier, dont le père habitait Gigny, vint occuper dans la même cour une partie de la maison de son beau-frère Podechard. Après la mort de ce dernier, Jean eut la maison entière, c'est-à-dire les deux côt'^s delà true qui était alors une cour. Cette famille Cihevalier était originaire du Périgord; elle vint s'installer à Beaune au commencement du xv*" siècle; une des brauches) resta longtemps dans le faubourg St Martin, une autre s'était fixée à Gigny.
Cheval ier-Arnoux eut trois enfants ; Claudine, Tainée, épousa Jean-Baptiste Guillemot, de Savigny, et porta dans cette famille, qui les possèdent encore, le»
grands bâtiments et le jardin occupés maintenant par Foutot et Ratheau. Lesecond enfant, Philibert, se maria avec une demoiselle Henriot, puis, avec Pierrette Loichet ; enfin, en troisièmes noces, avec Françoise Girard, veuve de Jean Bard. Ce Philibert eut une partie du clo» et fit bâlir avec un luxe relatif, la maison possédée et habitée par MM. Durandin et Simonnot.
Le troisième enfant, JeaR, reçut une éducation assez soignée ; on le désignait à Chorey sous le nom de monsieur Chevalier. Il épousa la fille de Claude Bard- Ârnoux, qui leur donna une portion de aiaison en face de l'église. Après la mort de sa femme, il se remaria, âgé de quatrevingts ans , avec Jeanne Forneret , sa domestique, sjr les instances du curé Blanchard.
Philibert Chevalier* Henriot eut un seul fils, Luc, qui épousa Pierrette Bard, le 5 janvier 1760, et une fille, Jeanne, mariée le même jour à Jean Bard ; il y eut un
double mariage. Luc fut, pendant de longues années, fermier et vigneron des Ursulines de Beaune, (*) Il eut trois gar* çons qui partirent tous à l'aroiée lors de fameuse levée de dix-huit à vingt-cinq ans. Pierre et Claude moururent san»
postérité.
La portion de maison occupée par cette branche des Chevalier fut vendue par licitation pendant la période révolutionnaire ; elle a été habitée pendant un grand nombre d'années par leu M. Gras-ilutin, ancien maire de Chorey.
Au siècle dernier, on ouvrit au fond de cette vaste cour, un passage sur la rue
des Juhées ; le plan d'alignement lui donna le nom de rue Gaufre.
Le four banal qui existe encore près de la maison Guillemot a été construit par l'ordre du seigneur, au commencement du siècle dernier.
Dans le voisinage de l'église se trouvait la grande conr occupée par la famille
(*) Son fils, l.uc Chevalier, m'a raconté bien souvjnl les visites qu'il faisait au couvent, dans soQ enfance. Un jour, la supérieure lo fit desceodre dans le caveau sépulcral placé sous l'église, les cadavres des religieuses étaient assis le long des parois. Cette chapelle est devenue salle des concerts ; elle est affectée maintenant au muséede peinture.
Bourgeois, Tune des plus anciennoes de Chorey. Ce quartier est maintenant ba^' bité par Luc Podechard et par les frères Cornu.
En 1515, Pierre Bourgeois possédait, aux Gbamps-Longs, une vigne grevée dé la rente annuelle d'un franc, au profit de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Cinquante ans plus tard Martin Bourgeois , dé Chorey^ devait au même hôpital deuxmé-' sures de froment et deux mesures d'a-^ voine, « pour un journeaul de terre et cbamps longs. » En 1720 la maison dont nous parlons était occupée par Jean Bour-' geois et par Anne Gourot, sa femme# Leur ûls Antide, le filleul du seigneur, se maria le 13 janvier 1739, à Madeleine, fille de Philibert Bard. I! mourut à Chorey le 9 mars 176A, Un seul de ses onze enfants eut une postérité masculine : Antoine, né le 26 novembre 1759 se maria en 1778 à Marie Grillet. Il eut quatre filles et trois garçons dont un seul Antoine Bourgeois- Guyot est resté à Ghorey, et n'a eu que des filles* Il existe dans notre village une autre famille Bourgeois, alliée avec ceUe^ci, et descendant probablement de la même souche.
La rue qui longe le jardin de M. Lagarde et les maisons Serrigny est restée pendant bien longtemps à l'état de sentier. Une partie des propriétés qui la bordent aujourd'hui appartenaient à M»
de Migieu. Le seigneur désirait depuis longtemps l'ouverture d'un chemini mais l'obstination des héritiers Tartarin retarda l'exécution de ce projet ; il fallat un décret d'expropriation et c'est seulement en 1772 que fut ouverte cette indispensable voie,
A la fin du XVIP siècle, le propriétaire du château avait cédé à son vigneron, Philiberi Bard, moyennant une rente asset minime^ le vaste terrain occupé maintenant par les héritiers Serrigny. Après la mort de Philibert, ses enfants vendirent le fonds à Philibert Loichet-Bard, leor beau-frère, qui parvint à s'affranchir de la rente due au seigneur. Loichet céda cette propriété à un nommé Larbalestier ; mais elle ne resta pas longtemps entre ses mains. En 1 768 il la revendit à Louis A^ noux. Ce dernier fit bâtir une partie de la maison actuelle.
11 y avait pour lors un fermier avare et dur, M. Debard, dont j'ai déjà parlé»
Un vieux registre lui apprit que la propriété dont nous parlons avait été grevée "d'une rente. En 178U il assigna le sieur Arnoux qui appela en garantie tous les héritiers Bard. Le procès se termina par sentence de non -lieu ; Arnoux resta pai* sible possesseur de l'immeuble dont la valeur venait d'être augmentée par l'ouverture de la nouvelle rue.
A l'extrémité de ce chemin, on voyait, à la fin du siècle dernier, une petite maison appartenant à M. Lagarde, notaire à Seaune. Cette propriété Ini venait du chef «de sa femme, N. Podechard, fîlle de Jean, mercier à Beaune, et sœur d'un M. Po« <[echard qui exerçait, à Dijon, les fonctions d'avocat. Ce Jean Podechard descendait de la famille dont nous avons parlé précédemment. Il consacra une partie delafortuneamassée dans son commerce à acheter des propriétés dans le village d'où il tirait son origine. En 1757, Claude Lardillon lui irendit une vigne aux Ratosses. L'année suivante, M. Févret, seigneur de Bligny, lui céda plusieurs autres propriétés. Son gendre, le notaire Lagarde, était originaire de Monthelie ; le fils de ce dernier fut avoué à Beaune. En 1821, il acheta de
M. Girardt ancien fermier et aoqaéreor des biens de la seigneurie, iHie portion da jardin du chftteau. M. Vietor 'Lagarde possède maintenant cette belle propriété dont il a fait agrandir les bâtiments.
Lors de la confection du plan d'alignement, on donna à ce chemin le nom de rue Serrigny.
La cour Vautheleret est à côté de chez M. Lagarde. Les maisons qui T entourent ont été occupées pendant deux siècles par cette ancienne famille de Chorey sur laquelle j'ai trouvé fort peu de documents, lie 27 janvier 1692, Simonne Gagnerot, veuve de François Vautheleret, vend deoi ouvrées de vigne aux Champs longs. Oo voit à l'église la tombe de Jean Vautheleret, mort le 13 septembre 17S6. Son petit-fils Jean épousa, vers 1795, -Françoise Denisoi, fille du jardinier du château ; Jean-Baptiste, Louis et Simon sont ses trois fils.
Au milieu de cette cour se trouve un At& trois fours banaux bâtis par M. de Migieu. Ces fours étaient à Tusage de tous les habitants du quartier. Dans certains villages il fallait payer une redeiFance : les gens de Gevrey donnaient ati
seigneur le seizième pain. li n'en était pas de même à Ghorey ; les comptes du fermier ne font aucune mention d'un impôt de cette nature.
La cour Vautheleret prenait son entrée sur la rue de CEy^ habitée principalement par les laboureurs. La plupart des maisons qui se trouvent dans ce quartier sont anciennes ; la principale est la ferme de M. Arnoux. «.
Cette famille cultivait autrefois le domaine de Moûstier-Saint- Jean ; aussi s'était-eile installée près du prieuré. Après le démembrement de ce domaine, elle conserva la ferme des redevances et continua à labourer les quelques journaux de champs que les religieux s'étaient réservés. Elle cultivait en même temps les vignes^des Chartreux.
En 1660 Abraham François Arnoux occupait cette maison. Il était le filleul et le fermier d'Abraham Bourrée, seigneur de Chorey. Ses deux fils, Pierre et Claude, ont formé plusieurs branches. Jean Arnoux parait, avec son gendre Michel, dans un acte de d 728. Vers le même temps, deux D"" Arnoux épousèrent deux frères, Claude et François Baid. Le mariage eut
lieu le Dièmc jour et le même jour aossi naquirent deux enfants : ces deux cousini étaient Claude et Jean Bard.
En 17&2, un autre Pierre Arnoux épousa Catherine Bard. Son frère Jean époasa une D"*" Robelin et n'eut que deux filles mariées à Mathouillet, de Pernand, et k Serrigny, de Gigny. Les différentes branches de cette famille s'étaient disséminées. L'une d'elles fit construire une petite mai' son au coin de la rue de Gigny ou des Cliobains^ sur le bord de l'ancienne piëc6 des Ghaitreux ; une autre^ celle de lierre Arnoux- Bard, t^âtit une maison dans la rue Chopin. Elle est encore occupée par ses descenda^its.
A la fin d'i siècle dernier la ferme de la
rue de l'Ey était habitée par Louis Arnoux- Dorey , qui fut le père de sept enfants. Quatre de ses filles entrèrent en religioDi l'une à THôtel-Dieu de Beaune, une antre à Sain te- A une de Dijon, la troisième i l'hôpital de Nuits dont elle fut nommée supérieure, la quatrième à l'hospice de la Charité de Beaune ; elle est actuellement à la tète de cette communauté. La cinquième fille épousa M. Fournier, de Monthelie.
Un des filsâe Loais» Gaspard Arnoux, M 0:i^a à Travoisey ; l' aine» Glande-Louis Arnoux-Roger, conserva là maison patet'nelle, habitée maintenant par son fils Charles. Pendant la période révolution-* Daire, cette ferme servit d*asile à l'abbé Arnoux, frère de Louis, djnt je parlerai plus tard.
Au commencemint de ce siècle, tout ce quartier fut détruit par un violent incen** éie.
Je n'ai retrouvé aucun document sur les maisons Bourgeois, Patriarche et Bourgeot. Je noterai seulement que la première renferme^ incrusté dans la muraille, un débris de sculpture en pierre du com- •mencement de XVI* siècle.
Essayons de rétablir par la pensée l'état des lieux vers 1760. Au coin de la maison bâtie récemment par M. Jacotot, de Ruf« fey^ se trouvait, comme aujourd'hui, un carrefour de trois rues. Celle de VEy descendait vers chez M. Arnoux, mais elle ne eommuniquait avec la rue du meix Gil^ lotte que par un sentier longeant le jar-* din du château. Le chemin qui conduit !^ux Samsoitots et aux Grandes 'Terres n'était occupé par aucune maison. Latroi*'
siëme &' appelait rue Boadrot ; la famille de ce nom occupait précisemeet remplacement actuel de M. Jacotot. Cette me Boudrot longeait, du côté du nord, le jardin seigneurial et allait aboutir, prèa delà grande ferme du château, sur la route da Notre-Dame du Chemin, appelée aujoar* d'hui rue des Tue-bœufs. Cette rue, peu6équentée depuis la reconstruction du château et l'ouverture de la rue de M. Lagtr* de, lut barrée par M. Girard au commencement de ce siècle.
Tout le terrain environnant faisait partie de l'ancien domaine des Frolois. Il passa, vers 1670^ au seigneur Antoine de Damas dont il a conservé le nonoi puis i Pierre de Corcelles qui le légua à son neveu Jean de Fussey. En 1616, Bernard de Fussey vendit la seigneurie de Chorey à Abraham Bourrée, mais le meix Damai ne fut pas compris dans cette vente. On le vendit en détail et dans Tannée i980 nous trouvons, parmi les propriétûres, M. Voillot, notaire à Beaune, Claude Goyot, vigneron, et Barolet, curé de Chorey. Lés huit ouvrées du curé joignaient no bosquet appelé Cerisaie^ sur l'emplacement actuel de la maison Gantheret. Le
f A juin 1690, M. Barolet donoe cetterrain, à titre de .bail à rentes perpéiuellesi, i Jean Arnoux et à Bouzer;eau^ de S. Bp-- Qiain,:mojeqnant guinze livres un deoior •et deux chapons de cens« Les Jocatiairas eurent la permissioji d'y construire des habitations.
Nous savons peu de chose sur tes Boudrot^ui ont été fermiers des Baudoin i premiers seigneurs de Gborey : cette famille a disparu depuis longtemps. JE!a 1A70, la maison qui nous occupe était habitée par Guyot-Boudrot, dont la dGdle épousa Estiçnne Lyonnet, de Pernaad* Huit ans après^ Oudet^, veuve Boudrot, -yend à Pierr.e Paillard, d' Aloxe, une vigne 'Sitaèe aux Champs-longs.
M widi du château se trouvait, daw Jçs dornièriBS années du XVII* siëcle« h ig^aison de Philibert Bard, ce rkhe vigoe-r ron (jui avait quitté Saint-Nicolas pour habiter Ghorey. Le seigneur lui avait cédjé I3ne partie d*un meix situé en avant da <;hâteau : Philibert y bâtit pne maison •(jiû liut partagée entre ses six enfants le 25 juin 1720. Ces héritages se trouvant . en* ire la rue Rossignol et la rue Gpchey. .
Les deux maisons ûtués près de Téglise et possédées par Louis Arnoux-Boiret et par Nicolas Henriot formaient une seule habitation ; elles présentent ce qu'il y a de plus ancien et de plus uriceux dans notre village, car leur construction primitive n'est guère postérieure à Tannée 1620. Elles furent construite^ par Antide Bourrée, seigneur de Ghorey et, destinées vraisemblablement à son fermier Etienne Cachon. Elles passèrent ensuite à la ftmile Chevalier : Jean, dit le Monsieur, les habita jusqu'à sa mort. Elles furent dm^ sées en 1761 . Une partie devint la propriété de Lambert Perronnet et de Claudi* ne Damoiseau qui payaient chaque année vingt-deux sols de cens à Mlle Loppin-Be^ bis. Cette rente venait d*un M. Parieot, chanoine, auquel les de Migieu l'avaient cédée en 1712. Cette portion de maison passa dans la famille Rossignol par le mariage de Claude avec Rose Perronnet C'est celle qui appartient maintenant à Antoine flenriot.
Deux cheminées en pierre ,ados8éei Tune à Tautre, mais séparées par nn gros mur, existent dans cette maison.
Le manteau, d'une longueur de deux mètres 30 centimètres^ est supporté par deux grosses consoles renflées et sculptées en feuilles de fougère. Il porte sur sa face antérieure des tètes ou mascarons couronnés de lauriers et de fruits. Au milieu se trouve un écusson ovale divisé en deux parties : d'un côté les trois gerbes des Bourrée, soutenues d*un croissant ; de l'autre la tête de Maure des Brunet accompagnée de deux raisins. C'est en 1620 qu'Antide Bourrée épousa Françoise Brunet . Ces deux cheminées sont presque semblables.
La maison habitée par M. Gruyer-Girard n'a pas une origine fort ancienne. Pendant la pôriode révolutionnaire, l'exseigneur de Ghorey, M. de la Vienne, Gt vendre par Denizot, son homme d'alTairse, une partie de son domaine et notamment le meix du château, déjà fort entamé par la construction des maisons de vigneron. Gaspard Baudot, cordier au faubourg Saint-Nicolas, acheta quatre ouvrées de terrain sur lequel il fit bâtir une maison avec escalier extérieur et galerie de bois H. Gruyer l'a fait reconstruire il y a une vingtaine d'années.
JP
Gaspard Baudot fut nsaire de Ghorey eu 1813.
La famille Arnoux possédait^ depuia^ iort longtemps, une partie du clos de M*. J. Bigame. L'origine de cette propriété remontait vraisemblablement à Taliéna-' tion faite par les Chartreux sons le règne de François 1'; les Arnoux^ comme je Fai dit^ cultivaient anciennement les fonds da prieuré et des Chartreux.
Jean Arnoux, l'ancien, maria sa fille Catherine à Claude Bard en 172A. 11 loi donna pour dot « une petite maison consistant en une chambre basse, grenief dessus, une écurie joignant, un petit jardin d*ûne ouvrée joignant de levant le chemin de Gigny et de septentrion la me dn village, o Cette maison avait été bâtie par Jean Arnoux, le jeune, qui Tavait donnée à son frère par testament. Le beaapère se réserva la vigne derrière lejaràin et une autre vigne joignant la maison an couchant. Après sa mort tous ces foodi' revinrent à Claude Bard qui les partagea plus tard entre ses trois enfants : Joseph Bardi-Dorey, le père du docteur,, eut Ift maison, Madeleine, mariée à Jean*B^ Coo- ' ce eut la vigne derrière le jardin ; rauffô'
igne advint à Claudine, épouse de Char- 13 MdSson« chamoiseur. A la fin du siècle ernier, M. Masson fit bâtir un pressoir et oe cuverie. En 1808^ ce fonds passa à M. atriarche ; il fut racheta en 1829 par le octeur fiard qui construisit la maison ctuelle de M. J. Bigame. Joseph Bard- ^orey avait modifié l'ancienne habitation, in premier étage y fut ajouté, on bâtit le ressoir à l'angle des deux rues, puis un lagasin à la suite. Ces agrandissements irent nécessités par l'achat que fit Joseph ard, le 23 vendémaire an VII, du domaine de M. Parizoty ancien chirurgien à eaune. Cette maivson devint la propriété â Françoibe Bard, mariée à Antoine Biirne. Le docteur Bard, son frère, en fit lus tard l'acquisition ; elle fut alors }globée dans le vaste clos qui apparent aujourd'hui, par succession, à M. J. igarûe-Lavaytte.
La rue des Moutots, à laquelle le plan 'alignement donne le nom de rue 'hopirèf était encore bien vide au milieu Q siècle dernier. Le côté gauche, c'est-à^ ire la maison et le jardin actuel de M. éry appartenait à la famille Henryot, me des plua anciennes de Chorey. Pier-
re et {Itieqoe étaîenti. f p 1 75Q» vigneroi^ de rSOtel-Oieu de Beaune. Nqus tfou« vons, cette ai^oi^a là, un compte ^i meptiopQe r^vance de 545 livrest, on soli et deux deniers. Guy^^ fils d'Etienne, contieua la culture des vigies. Ses eofaqu. et petits-enfaints conservèrent le domaine de Thôpital pendant toute la période révolutionnaire* Le 23 frimaire an II. les béritiem Henryot reconnaissent devoir à FBçzfm d humanité une rente foncière de quatre hectolitres 53 litres de vin rQuge, du crû des assignauz. (*)
Peu de temps avant le Révolution^ le curé Blanchard avait acheté la o^ai^o.n de» Heoryot. Il la fit reconstruire telle qu'elle existe vers 1780. Il pensait y fiQîr se» jours et la meubla avec un grand luze^ Un marchand de Ghâlon se chargea de fournir, moyennant. 290 livresbtrois pièces de tapisserie pour la chambre haute ;, )i» six fauteuils furent vendus 2A0 livrciS. pv le sieur Guy. Le miroir de cette nodow chambre coûta 150 1, , celui de lai p^fjiteft 36^ et celui de la chambre de mâg^g^ %| livr<9P. Le marchand Bx^er, de la irqe^ di^
Q") Ce3 héritiers ôtaieat- Louis Eaaryoi, François Bottier d'Aloxe, PierrettiB Poi^noii veuve dq Jean, mère et tutrice de Louis, Marie- et Jeia Henryot, demeurant à Chorey.
^riffoû à Dijon livra It tfUfmtu pbur 170 livres et la tMûiasbèk ett'tùistkiqtiéterie ptHxv 00« Je {ydarf Àis v^^irs ^re le prix du Ut, iiouleûrjûn^uilfe^ 'àe^ glhkbdoles tt des flambeaux d'argent haché ; mais ces dëtlSto BOUS tnëneraient trop loin ; (^ nous reviendrons d'ailleurs sur M. Blaiichard, ^oi vetMfit sa maison &llé Verry, négociant à Beaune, le 28 septembre 179!ï.
11. Lofois Verry à fait construire rëtïettimem de vastes cïives sarmt^ntëés d*un pressoir et d'une fort belle cnverîe.
Louis Arnôux-Mathouillet, fils de Pierre Arnoox-^Batd, fit construire la màisôïi actellement otcupèé par ses dieteendàntîs.
Il mit pour frères Simon, iEincien isoldat^e la République, mort sans postérité, Pieft% qui alla s'installer à Ghagny, et Ghàrlêe* marié à une D"* Perroûnet. Le der- «ter eut pour fils Charles Arnodx-Vautbe* léret, mort sans postérité, et Edme Arlïôat qui habite actuellemeht le fatrbodrg I^erpreuU de Beaune. Louis Atnout-Mathouillet eut trois fils: Michel alla habiter Serrigny ; Pierre et Louis se partage^-
(*') Livre ds comptes de môaage da curé Blaa* «terd) ailt archives d« la diArttft.
rent la maison occupée par eax et leois enfaots. Le terrain où elle fut bfttie appa^ tenait jadis à un M. Pain, de Bcaane, qui vendit ses vignes à Louis Amoaz et à M. Forget.
Le côté droit de la rue des Moutots n'eut pendant longtemps qu'une maison :
celle des Bourgeois, à la place des maisons Collas, Cornu et Béranger. C'est là qae mourut, le 16 janvier 1767, A.nthide Bourgeois, fermier de M. de Migien^doot la filk^ Jeanne se maria avec Jean-Bapiste Béranger le 28 janvier 1777. Une autre fille Madeleine épousa Sivryâe,Ladoix ; nnfilSi Jean-Baptiste, alla habiter Noirmontiers.
Le second, Loiùs Béranger, mari d'Anne Chevalier, fut le père de Louis et de Kerrette, mariée à Claude Serrigny. Ces deux derniers occupent toujours la maison qui a été divisée. Jean Bard acheta une portion de vignes et fit bâtir la maison Cornu. M. Collas, épicier à Beaane, acquit une autre portion sur laquelle il construisit plus tard la maison possédée par son fils.
La maison, habitée par M. Comn et par son gendre M. Prosi, est une des plos importantes de Chorey : elle a été cona-
truîlô dans ce style rural de la fia du slôi;le derDior, r^sté m usage jusque ^ers A^iOk Ce ^yle, caractérisé par uu escalier extérieur revêtu d*ua auveot et par ^ne galfyrie eu bois couverte de vi^e et déplantes çriaopantes, jqiat à Une certaine ^éganceles dipositions les plus laverablés pour les besoins d'un ménage. Aua»i •éloîgné des sombres et humidea demeures du fiitete précédent que des quadrilatères élevés païf uqs qiederues eutrepreneurs* c>e gçnrç de construction réunit Tf gré9^- |)Ie à r utile et constitue Vid^al do çi^Wpagnard aisé.
Lains^ison d^ M. Cornu a été bâti^e yera la même époque et dans le m^e f^yle que celle de M. Baudpt don( }*fi p^rléi par Jec^n Bard q^i administra ^ çompOi^ue pen^ftnt plusieurs! apnées, ^t 4|ui passa toute sa vie da,us cette demeqrf. Il q|CCfu( çqpsid^rableopiept sa fortuuç p^r
^n marifgç avec PrauçowQ Furflerfitt
yeuve et }^érîti^re de Pierre Chevalier* Plusieurs objets dfi Véglise fMceot caçbés, pjspdapt \^ période révolutionnaire, dans }a cayp de cette ^|;>itatio,o. .
Ce personnages distingué de :tous se^hp-
Anonyme? par Je pcp 4' <?'îf;'^ jf^n 9
mourût le 10 décembre 1836. Comme il ne laissait aucan héritier, sa foriane fat partagée entre ses petits-neveux. La maison dont nous parlons fut achetée et habitée par M. 6ras> Mutin qui mourut sans enfants en 1856. M. Cornu proprié:aire actuel s'en rendit Tadjudicataire six ans après.
Nous avons fait le tour de notre village, chers lecteurs. Nous avons vu la formation successive de ces maisons, de ces familles aux quelles nous tenons par les liens da sang. Nous avons levé ce grand linceoil que les siècles ont étendu sur Chorey. Aa fond de celte petite nécropole nous avons vu, dans le lointain des âges, le groupe primitif formé par le prieuré. Un peu plus tard le pouvoir féodal a rassemblé vers le nord, à l'ombre de ses tourelles, un nouveau groupe de cultivateurs et de vignerons. Puis, les grands domaÎDes se âivisent,les monastères vendent une partie de leurs biens et les héritages des paysans s'arrondissent d'autant.
Les guerres et les pilleries du Moyen- Age, les pestes et les famines de la Renais* sauces se sont éteintes. Un nouveau sm« gneur, qui n'a de féodal qu'un ppnt-levis
de fantaisie* donne rimjpulsion à la culture eu appelant des laboureurs et des vignerons étrangers. Les maisons s'éparpillent au dehors, mais chaque famille a sa cour particulière, son petit monde à elle, son village dans le village même, Les différents groupes ne communiquent entre eux que par des sentiers ou des chemins dont le circuit est considérable.
Nous avons retrouvé le berceau de nos familles les plus connues ; mais, dans cette poussière que nous avons remuée, une foule de débris ont disparu sans retour I
Qu'est devenue la maison de Jehan Naudin, fermier de la Maladièreenl37A ; le meix d* André Faisandei qui vivait à Ghorey en 1487 ; la cour de cette famille Millot, signalée depuis 1503, alliée aux Bard et disparue dans la seconde moitié du dernier siècle 7 {*) Où chercheronsnous la trace de Huguenin et de Jean Uébault, qui payaient en 1515 des rentes à THôtel-Dieu ; la demeure de Martin et de Claude Berger, fermiers de l'hôpital en 1580?
(*) Louis Millol était cordonnier à Chorey en
Que de choset boqs ont échappé dui csetle ejœuraîon archéologiqoe I- Et cependant que de Teilles et de cediencheH nooi aTODS d Afaire pour retroufer eea lambeani d*hi9toire locale !
Voici une petite liste qui contient Ie3 noms des plus anciens habitants de Chorey.
1207. Pierre L'accordé et KgiUe, sa fen-
me, fermiers du prieuré, (ReomMs) 1S87. Constant de Charre, Hubert de
Cbarre, Wilhelm, seigneur de JHi,
c'est-à-dire de Gigny. (archives de
la léproserie)
liS8. Huguenin Gilliot, censier dn prieuré.
i&i?. Gttillemette Leverrier.
Ié78. Oudotte« veuye ^e Quiot BMdbfil
(archives de l'Hôtel-Pieii}.
i&87. André Faisande et Pierre Gélynie.
(archives de FHôjtel-ûieu).
1489. Simonne et Marguerite Maafovx
detiigny (archives de Tpôt^lTJXiB) 1A70. GermaiD Merlin, (iden) i616« Pierre bourgeois (ideip) 1515. Huguenin et Jean Lebeault (làmij 1590. Martin et Claudle Berger, [actes
particuliers)
tSOO. Martin Loichet. (idem)
Je vais tacher de compléter cette liste et d'indiquer les familles nouvelles ensuivant Tordre de leur apparition dans les registres et les actes que fai consultés.
Les Guyot sont mentionnés dans les premières années du XVP ^ècle. Dans les dernières, c'est«4-dire vers 1580, nous trouvons Podechair,Henrîot, Gillotte, Ra- Udeaut Beaulnit, Bourgeois» Tartarin^ Joffroy, Madon, Vautheleret, Duband et Débois. A ces noms dont la moitié subsistent encore il faut joindre CachoUt le fermier du cbftteau, Manceyt Bouzerean, Leblanc^ Maufouz, Nudant, Robillard, Robelot,Michelot, Loisot, Dorlio, Sardiau, Sgoillot. Toutes ces familles ont habité Chorey de 1600 à 1700 ; elles ont dis- ['aru de notre village.
4vec le XVIIP siècle arrivent les Gagnerott les Rigey, les Robelin, les Lhuilier, les Chaponneau, les Boisseau, les Briotet et les Bourgogne. Vers 1705, une reuve Cornu, de Sondebois, vient se remarier à Chorey ; elle est accompagnée de son fils, Claude Cornu qui épousa Pierrette Arnoux. Un sieur Perronnet quitte
— no — Savigny en 171S pom* ythlt faïUtef nm
Ifûus troutons ennite LàrbalMier, ^chaûd, €oqoetigniot« Rosdgnol, RftgnoC, Beaadere, Thomu et Yeniot. f^ que tontes ces familles ont disparu de Ghorey ; il en e^t de même de Laloneiki Lig3r, Leflaîve, Lambert, dont les tooms figurent dans les actes rers ITèO.
Les registres de cette époqoe Mtt montrent des alliances avec les Couriéple et les Gandelot. Tai déjà parlé des rapports des gens de Ghorey avec la famBle Monge ; on est surpris de trouver id fcs noms de trots grandes! llustrations denotî^ pays.
Les Gaoffre sortent de (Thaublanc : ib arrivent à Gigny vers 1780, en tntae temps que les Roussean et les Mdrd, Tirîginaûres de Bar-le-Duc. Serrigny, Reoxslrini Chopin, Peste et Collonge datent de la fin du dernier siècle. On remarquera que laplupart de ces nouveaux venus n*otit fê» fait souche tandis que les anctenoei ftmiUes forment encore au]ourd*hm ta
trois quarts de la population de Chorey .
*■ ■ ■ ■- - ■ . il , —
C*) La famille Perroaaet existait à Savigny dfpuisPaaaôe 4253.
Ku^ceUiqciQa ; iiU dérivent â^ ^«r qnik âgnifie cAe/* qm^ seignfiHn^ Simvâemevitr Bfdûi». Bard„T^r4nây meparaisaeAt ^ori- $ipe gai4cÂsfii Peodam la pémclê ra^ naUiQ^ le3 soai3 Iatûi$ vi^nneot se m^aft^ Sar aux aj^vesu lia aam d'abord iqdivir Ju^a Qt le seul woyeo d'évitei; la copfuûcm. q9t d'syoutar Ijç doi» du pëcQ. (JiiQ, ioçobe d« . cette époc^ueu trouva entre ^uits ei QuincQj, rappelle Bellina^ fillfite B^HuSf Ce sojudes: aoms gaulois lati • lis^^u, I^ea diminutifs s'expiûmaient, pac 'intercala^tjjoii d'un I ; AlairCiu3,,/î/^. d^. tfarw^ ; Sextiu^,, fiU de Seoçtus. Ce ugjen deveuant ip^uiEsant, on donua \ chaque pewwne plusieurs nom^ a3A3 pr^udic^.de celui du pèzre,,
4pr)^s Ta^éaQtisseweut de l'eiApire la.
ky^rielle de? noms {[omain^, e^ ^inportée,, Bt nos cQMrôe^ bour|;v»gncinpea,, maJgf^i le gri^nd.wmbre; de viUa^^et. de coli^mi^ )Dt il peine conservé }a forjue latine» Oa )ettt{cUfirGer;naiQ,i qui. vient évÂd#QAinwti
de Gtrmanus^ Caillet, de Coîiis, Julliot de Julios, PiDgoet de Pmguis » Les dods chrétiens commeDoeDt à paraître ; oo engage les cooTeitis i prendre ceux des ma^ tyrs des catacombes. An lY* aède, sûtf Jean-Chrjsotôme se plaint de la réâstatce des néophytes i cet ^ard.
La«FODqaète boorguignonne a lusse dand les appellations des traces fort reconnaissables : Gaoffrc vient de Gauffnà ; Gombanlt, de Gondeboald ; liébaut et Lebaut deLethàald; Vautheleretde Walter ; Garnier, de Vianihaire. Baudum i fait Baudot ; Amoald^ Arnoiu ; Gerhart Girard ; Ruthger, Riger. Les incurâoos normandes oot pa laisser quelques noms dans notre pays et je oe serais pas surpris que RoUin soit dérivé de Rollon.
Pendant tout le moyen-âge on ne troave aucune trace d'état civil. les familles seigneuriales possédaient des registres généalogiques ; mais la bourgeoise et la classe ouvrière n'ont pas d'autres dtres que la possession détat^ par notoriété publique ou par témoins. Pendant les croisades, les nobles commencèrent à prendre des noms de famille. Les tants des villes, affranchis par
Gros el par les ducs de Bourgogne suivirent cet exemple et se distinguèrent des villageois en adoptfint un nom patrony-* mique . Le cartulaire de notre-Dame de Beaune fait mention d'une vente aux Beaumonts et aux quart-sextiers à la date de 1388. Nous y voyons Humbert Gaulnaier, Gérard Valot,Girard Le Costelier, et Jacob Bon-valol; mais la plupart des paysans n'avaient que des noms propres. Où était la propriété? Où étaient les droits qui auraient pu donner naissance à une convention, à un acte conservateur du nom ? On désignait chaque individu par le nom de son père : un tel, fils d'un tel, comme chez les Romains.
Les habitans se connaissaient ; s'il y avaient plusieurs François, l'un était désigné sous le sobriquet de le brun ou le noir^ un autre sous celui de le blanc^ un troisième sous celui de le riche. L'état physique de l'individu fournit les preîniers noms de famille. Pour nous en tenir à Chorey, il est évident que les noms suivants n'ont pas d'autre origine : Rous-» seau, Petit, Chopin, Boiteux, Gras, Cornu, Gorget, Blanchot, Maufoux, (mal fait)«
Sardiau, (sourd) Maupied.
Les étrangers qui venaient s'installer dans un pays recevaient le nom <1e celai d'où ils sortaient : Bourgogne, Manceau, Bretin, Ghalon, Beaulnit, Bouzereau, Prâlon, Serrigny, Gamay. D'autres tiraient leur nom d'une habitation : Lagrange, Meurger, Vallon, Dumeîx, Dubois, Duban, Reuchin, (habitant de la roche) Madon, (habitant du Ma ou meix.) Ceux qui sortaient d'une ville érigée en commune étaient appelés Dubourg, Bourgeois ou Bourgeot.
La profession servait très-souvent à désigner les personnes : Berger, Couvreur, Clerc, Masson, Maréchal, Forget, Lamugnière, Lagarde, Cellérier, Chevalier, Rouhier ou Royer, (charretier) Flasselier, (fabricant de fléaux), Lhuilier, Ratheao, Larbalestier (fabricant d'arbalètes,)
Les qualités et les défauts des enfants ont été la cause de beaucoup de noms : Robillard était un petit voleur, Roberdet, Robelin, Roblot, Gonnet, étaient vêtus de petites robes, Gantheret portait des mitaines, Podechard était dodu comme od pot de chair, et Labonde était veatro comme ttn poinçon. Dorlin était VedùM gâté; les termes caressants de la mère de-
venaient les noms des enfants : Rossignol, Loiseau, Lacaille, Tartarin, Lalouette« Ghaponneau, Cochet en sont des preuves.
Il y a des noms qui se refusent à toute interprétation comme Gavinet, Yoillery, Pallegoix, Frapillon, Bigame, mais les plus anciens de tous, ceux qui forment le noyau de notre populatioD Chorésîenne, sont des diminutifs de noms propres : Gillîotte, fils de Gille^ Guyot, fils de Guy^ Henriot, fils de Henri^ Gautherot, /î/5 de Gauthier ^ Hudelot, fils d Eudes ; il en est de même de Durandin, Perret, Simonnet, Michelot, Guillemot, Denizot et Vautheleret, fils de Wauthier.
Les noms de baptême n'ont guère varié : ce sont toujours des Philibert, des Jean, des Pierre, des Claude. Les seigneurs considéraient comme un honneur d'être les parrains de leurs fermiers ; aussi trouvons-nous à Chorey des Guy, des Hugues, des Antide, Le nom féminin de Gotte ou Gotton vient plutôt de Huguetle que de Marguerite ; celui de Dodi ou Dodot dérive plutôt de Eudes que de Claude : Eudes et Huguette sont les Fruloîs qui possédaient Chorey au XIV* siècle.
Aujourd'hui on ne se contente plus de ces
grand.s saints ; ce qui suffisait à nos ancêtres ne nous satisfait p!us. Emile, Alexis, tVlarieite ont détrôné François, Martin ou Catherine.
Pour compléter la revue de notre village il est utile de connaître les forains, c'est-à-dire les propriétaires qui n'habitaient pas le pays.
Aux XVI1« etXVIIP siècles Chorey se trouvait dans une situation prospère. Au plus fort de la donoination seigneuriale du Moyen-âge, le métier de cultivateur, si honoré sous les rois bourguignons, fat avili à ce point que les paysans n'étaient guère mieux considérés que les animaux servant à la culture. Depuis l'afFranchissement des communes, sous Louis -'e-grcs des améliorations progressives avaient relevé la dignité et la fortune des laboureurs et des vignerons. On aurait tort de croire que la révolution de 1789 a seule détruit Tétat de servage des siècles féodaux.
Beaucoup de gens, surtout dans les campagRes. sont persuadés que leurs grands pères étaient esclaves ; ils se trompent. Il y a cent ans les droits abusifs des seigneurs étalent tombés en désuétude, et la soi -disant rénovation a moins porté sur
les personnes que sur les faits généraux. A part quelques corvées et quelques poules les Chorésiens ne donnaient pas beaucoup au seigneur et au curé. 11 est certain que le total des dixmes, tailles et redevances n'atteignait pas le chiffre actuel des impôts.
Les bourgeois deBeaune s'étaient enrichis. Grâce au morcellement des propriétés, ils avaient acheté des fonds dans led communes voisines et notamment L Ghorey. C'est ce qu'on appelait les forains.
Au XVli* siècle on voit, parmi ces propriétaires Edme Lebeau, avocat à la cour de Beaune, qui possédait une vigne es plantes. Il descendait probablement des Lelhbald du Xl'eldesLiébautduXlV-siècle. Jean Mi'lot, marchand à Beaune avait une vigne au même lieu, ainsi que le curé de Savîgny, Jean Genot, Bernardin Brunet et Anne Delamare avaient un chnmo au Clou Gamier. Un de ses parents, N.
Brunet, lieutenant général de la chancellerie de Bëaune et seigneur de Bessey, possédait une terre aux Breneaux. Une partit du meix Damas avait été achetée par M. Voillot, procureur et notaire. Les autres noms connus sont ceux de Loren-
chet, de Morizot, sergent roxal^ et de Louis Estienne, notaire, qui fut parraina Chorey en 1668.
Au siècle suivant nous trouvons quelques nouveaux propriétaires ; Isaac Carillon, ch'intre de collégiale en 1725 ; François Parigot, apothicaire en ! 727 ; Pierre de Villars, conseiller au grenier à sel de Châlon ; Bernard Goudier, notaire royal et procureur ; Jacques Philibert larigot, ofGcier au rf'giment de Bretagne et seigneur deSantenay. Ce dernier fut parrain, en 1752, de Jean Gavinet, fils de son vi<gn^Mon (le Cborry.
Quelques années plus tard nous trouvons M. Denuys, procureur ; Jean-Baptiste Morelot, notaire et M. Févret, seigneur en partie de Bligny-sous- 3eaune, qui vendit un terrain à Jean Podecbard, beau-père de M. Lagarde*
M. Leroux, avocat à Beaune, possédait en 176& un arpent de bois appelé ffiaV son de rEpenault^ qu'il vendit à Sébastien Loichet. A la même époque un aienr Doullot acheta le pré saint Félir^ clos de murs et situé derrière la velle. Ce M. de saint Félix était receveur du grenier à sel de Beau ne ; c'est à lui que le chef de
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bande Mandrin s'adressa pour les réquisitions d'argent qu'il fit dans cette ville.
Madame Berbis, veuve Loppin, avait des (onds aux lofignes roies ; M. Gauvain- Courtot en avait en Perthusot. En 1735 les héritiers du chanoine Payen vendirent, à Chorey, un domaine assez important dont une partie fut achetée par Anne de L'Autel : cette D"' était la fille du Jean de L'Autel qui fit construire l'ancienne salle de comédie du quartier des Jacobins. Tous ces noms appartiennent aux premières familles de Beaune.
Le village de Ghorey possédait alors une source de revenus assez importante.
Le registre paroissial mentionne les noms d'un grand nombre d'enfants riches placés en nourrice : Gauvain, Dorisy, Loppin, Antoine Esmonin, comisissaire d'artillerie et sa femme, Françoise Gauthier, Pierre Gillet, maire et prévôt de la ville, y ont envoyé successivement leurs enfants. En 1775 mourut la fille de M. Bënigne Delafoly de Joux, chevalier de saint Louis, et de Françoise Ruuty de Charodon. Elle fut inhumée dans le charnier des inno^ cents.
Cborey avait alors une réputation de salubrité parfaitement justifiée, les Beaunois s'y réfugiaient pour fuir les épidémies. On y vit même une dijonnaise, Jeanne Tainturier, femme de Jean Juvernol, capitaine, concierge de la maison du roi à Dijon, en 1775.
Au milieu du dernier siècle un domaine assez important appartenait à un siear Thomerei dont les fils étaient bien connus des bons bourgeois de la ville de Beaune. L'ainé, Laurent Thomeret, était officier de suite, c'est-à-dire valet de chaînbre chez le comte de Courtamer, lieutenant général des armées du roi ; Jean Baptiste, le seco^id, était cuisinier chez SI. Rigolkt de Juvigny, conseiller à Dijon ; le troisième, Edme, était marchand savetier à Beaune. En 1752, après la mort de leor père, ils vendirent leur maison de la me des Jacobins. Edme conserva le domaine de Ghorey et amassa une petite fortune. En 1773 il quitta la boutique et loua à la ville, moyennant 277 livres, la salle et le café du jeu de paume qui 36 trouvait en face de l'église de la Charité. La famille Thomeret est éteinte.