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La découverte de l'Amérique appartient toute entière il l'Italie ; c'est elte qui a dbm^ naissance à l'homme immortel qui a rçculë les. limites du monde*et c'était à eUe de parouyer les titres légitimes que ce grand homme possède sur la gloire de cette de^ couverte. L'Espagne n'a fait que prêter un secours long-^temps sollicite et persécuter celui qui l'avait enridhie. Si elle réclame ^elque gloire dans le grand événement
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qui a changé la scène politique de l'Europe, on ne peut lui accorder que des lauriers ensanglantes : aussi ne saurais-je dire s'il ne ferait plusaTantageux pour son honneur , qu'aucun de ses enfans n'eût jamais mis le pied sur le sol du Nouveau- Monde. En effet , je ne vois parmi les premier^ eorejuémns de l'autre hëtnisphèré que des soldats qu'animait une basse cupidité , des prêtres guides par un affreux fanatisme- En vain je cherche un homme conduit par l'humanité; en vain je veux trouver un ministre de l'Evangile digne de sa mission ; je ne vois partout que des monstres que semblent dévorer à-la-fôis la soif de l'or et celle du sang ; et si nbs regards »ne rencontyaietit pas Christophe Colomb et Las Casas, jious ne verrions^ au milieu des scënjes d^horreurs qui ont ^sanglante l'Aitiéapique, rien qui pût consoler l'humanité jde l^a^ freusè conquête des Espagnols. ^^ ♦
• ^Mais si l'histoire vient exiger dans ce grand événement un partage plus précis; s'il faut dispenser avec plus d'exactitude aux auteurs qui y ont figuré la gloire ou
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l'infamie ; nftfettons d'un côte la basse jalousie des etivieux , l'avidité des' soldats ^ l'hypocrisie des prêtres , le fanatisme , les massacres, les trahisons, enfin une politique aussi cruelle qu'absurde, et de l'autre, dix années de travaux, noble prélude à des travaux plus glorieux, la sublime conception d'un grand dessein , une opiniâtre persévérance malgré tous les obstacles, l'exécution enfin dont la gloire est relevée par la clémence envers les ennemis , et la générosité envers les peuples conquis; à ces souvenirs , qui pourrait hésiter dans la décision du partage , qui balancerait d'accabler l'Espagne sous l'infamie de la première part, et de faire hommage de la seconde dans toute son intégrité à l'illustre Génois ; et sans entrer ici dans les spéculations des publîcistes qui ont voulu examiner les avantages de la découverte du Nouveau-Monde pour l'Europe ; sans bâtir avec eux des suppositions qui nous paraissent chimériques, n'obtietidrons-nous pas l'approbation générale , lorsque nous attribuerons le bien qui résulta de ce grand événement à celui qui l'a
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préparé et accompli , et que pous accuserons Tindigne politique de l'Espagne d'avoir produit les maux qui se sont échappés de cette découverte. Mais observons ce grande navigateur concevant tout-à-coup le projette plus gigantesque, plein de la noble fierté qui convient au génie, allant de cour en co^^ offrir aveC)Ses services l'abondance et la prospérité; voyonsJe , ou recevoir d'hu- Hiilians refus, ou éprouver d'indignei; trahiscutô,; jetons, en mètne temps, un regài^ rapide sur l'état des nations européennes . oii ses propositions parvinrent. Gènes, et Venise marchant^ déjà vers leur ruine cherchaient beaucoup plus à assurer leur^ anci^ines possessions qu'à en conquérir de nouvelles. La France , occupée dans des conquêtes éphémères , ne recherchait d'autre gloire que celle procurée par les armes* L'Angleterre qui n'était qu'une petite île , et non pas la reine des mers, n'était pas aloi^ destinée à foire des découvertes ; e^e devait profiter decelles des autreij. Le Portugal souvent abusé par des imposteurs et presque déjà revenu de cette fureur des dé-
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couvertes qui l'avait long-temps agité venait de voir mourir un prince auprès de qui ces expéditions obteioaient le plus puisi^nt ap^ pui; L'inquisition venait de s'établir en Espagne ; et certes il ne semblait pas qu^ Madrid, sous lés auspices d'une pareille institution, dût être le refuge du génie; mais peut-être fallait-il, par une sorte de compensation, qu'un grand honune fut accueilli dans le même mpment et chei la même nation oii Ion vit s'élever cet odieux tribunal. D'un autre côté , les longues guerres que la Pénin-» suie eut à soutenir contre ses anciens conqiiérans , les succès qui couronnèrent leurs efforts généreux, l'énergie qu'ils avaient aUuméë dans les cœurs et qui vivait encore; la belle portion de cette contrçe, tout semblait p}y>niettre à l'Espagne une gloire guerrière ; enfin quoi qu'il en soit, ce fut de cette cour çue Colomb cAtint les moyens d'exécuter ses projets. Mais qui ne serait pas saisi d'admiration en le voyant persévérer dans ses desseins , malgré des refus si répétés , des obstacles si nombreux.
Consultons un moment le cœur humain , et
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voyons combien d'humiliations il a dû dévorer , que de dépit il a du vaincre ^ combien sa juste fierté a du être offensée. Mais cette même opiniâtreté quiFaida à supporter tant de dégoûts était destinée à d'autres épreuves , et l'ignorance et la jalousie, non contentes de l'avoir persécuté dans toutes les cours , s'embarquèrent avec lui , se placèrent dans ses propres navires, jetèrent la rébel^ lion parmi ses matelots , et plus tard , dans les terres mêmes découvertes par son génie, elles vinrent baser leur hideux empire , et chassèrent enfin du Nouveau-Monde celui qui en avait révélé l'existence à l'Europe étonnée. Lorsque Ton rassemble tous les faits dont se compose la vie de Christophe Colomb , lorsqu'on examine d^un seul coupd'œil toutes les vertus qui formaiçnt son caractère, on ne sait à quelle action donner la préférence , à quelle vertu accorder le tribut d'admiration le plus éclatant. Est-ce le sublime enfantement de sa prodigieuse entreprise qui brille avec le< plus d'édat au milieu de ses titres de . gloire ; est-ce son exécution*elle-même ou la persévérance
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héroïque avec laquelle il la poursuivit ? Ah! que les politiques exaltent ces grandes actions , que les conquërans vantent les événemens mémorables qu'elles produisirent ; mais nous , amis^ de Thumanité , tout en les admirant , nous leur préférons cette noble clémence qui fut toujours le guide de sa conduite envers de perfides ennemis ; notre voix proclamera surtout cette bonté, cette douce Irienveillance quHl témoigna toujours envers les peuples inhocens qui plus tard*...—.. Ah ! couvrons d'un voile les horreurs que ce souvenir importun vient nous rappeler. Colomb, que ton âme généreuse a dû gémir sur ces cruautés l non , je n'en doute pas , si ton cœur eût pu prévoir les scèneis horribles qui devaient suivre tes exploits , tes vertus me l'assument , il eût abjuré ses desseins , et sacrifié sa gloire à l'humanité.
Mais si de longues scènes d'horreur ont fait souffrir ton âme, quelle ne dut point être ta joie à la vue du sage gouvernement qui se forma dans les contrées que tu découvris.
Aujourd'hui contemple ton ouvrage. Vois ces généreux républicains à qui tu ouvris un
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asik , parcours leurs villes florissantes , observe leur vaste commerce , entre dans leur sénat , écoute les décisions toujours dictées par l'intérêt public, admire surtout la liberté qui vivifie tout au milieu de ces peuples ^ c'est là où elle s'est retirée, exilée de l'Europe , c'est dans ton Amérique qu'elle diercha un asile, et la terre découverte par Colomb devait montrer au monde étonné le spectacle jusqu'alors inconnu d'un gouverneme|it libr^ et heureux. Jouis de ce doux spectade; car, quoique né dans des temp^ (^'ignorance et de superstition , ta grande âme était faite pour connaître la liberté* *
Mais arrêtons-nous. Nous ne voulions pas entreprendre l'éloge de Colomb , et nous nous sommes laissés entraîner un moment par des impressions bien njiturelles au souvenir de la gloire de ce grand homme : ,ce n'est pas seulement par des mots que nous voulons honorer sa mémoire ; pour parvenir plus sûrement à ce but, nous aurions voulu proclamer son immortalité par un monument digne de lui , et consacrer nos
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veilles au récit de ses actions, le plus beau des éloges qu'on puisse lui consacrer, persuade que si la faiblesse de nos moyens nous imposait silence et venait ralentir notre zèle, la richesse du sujet ne manquerait pas de jeter sur notre ouvrage un intérêt que les actions de cet homme immortel inspirent à tous les cœurs animés de cette idée. Nous allions nous déterminer à écrire la vie de cet illustre navigateur , lorsqu'il parut en Italie, l'histoire du célèbre Génois, parle chevalier Bossi, production, en effet qui, par la manière ingénieuse et savante dont elle est exécutée, nous parait digne de son sujet , et semble destinée à condamner à l'oubli toutes celles qui l'ont précédée ; considérant que cette composition abrégeait de beaucoup notre tâche, tout en répondant à nos vœux, nous renonçons volontiers à notre rôle d'historien pour ne prendre que celui de traducteur. C'est donc la traduction de l'excellent ouvrage italien sur la vie de Chistophe Colomb que nous offrons aujourd'hui au public. Nous espérons qu'on nous saura gré d'en donner une