‹ Histoire de Christophe Colomb: suivie de sa correspondance, dChapitre 22 sur 39 · N« XXVI · texte numérisé non relu

N« XXVI

Sua l'emprisonnement de colomb.

' De Bry a réuni dans une seule planche la double scène de l'emprisonnement de Christophe et de

PE COLOMB. l8l

son frère Barthélémy, et de leur embarquement pour TEspagne. Dans l'inscription mise au bas, le juge pervers qiri accueillit les accusations intentées contre Colomb est appelé Rolande Ximenea ou plutôt Ximenesy et non pas Roldano, comme plusieurs écrivains l'appellent. On y rapporte en outre que Bovadilla ou Bombadilla, à son arrivée à Saint-Domingue, fut reçu par Christophe et Barthélémy avec des marques de distinction ; et que Bovadilla, au contraire , pour toute réponse à leur bon acaieil, les fit emprisonner. U n'est pas &it mention de Diègue. — {De Bry-y Tab. xiii).

N« xxvn.

Sur la nuiiiE de sa nÉTEimoîr , et sur l'erreur

DE quelques écrivains FRANÇAIS A CE SUJET.

Les historiens Herrera et Oviedo rapportent que ce fut contre l'intention du roi que l'on emprisonna Colomb. Il paraît que Bovadilla ne se porta à cet acte arbitraire que pour complaire à l'évéque Fonseca, ennemi de Christophe. Dans une lettre datée du 1 4 mars 1 5o2 , que les princes

iSa SUR UES VOYAi&ES

«4ress6ut à Colomb, ik témoii^ént lairs regrets des HMiUYais traitemens qu'il a soi^fferts.

A l'appui de côs autorités ^ on prouve £gu:ile« meut l'erreur de ceux q^ prétendent que Co* lomb fut r^enu en prison penidant qij^ktre ans qu'il aurait passés en Espagne ; erreur grave que j'ai déjà relevée dans la note 1 7 ; et je ne saurais dire<sur quoi se sont fondés les auteurs qui ontt avancé une pareille supposition, qui renverserait entièrement la chronok^ie de la vie de Co-^ lomb, et ne laisserait pas même le temps nécessaire à ses expéditions^ à ses voyages,:à ses découvertes et à l'établissement de ses colonies. En efïet, les écrivains qui ont prolongé de quatre ans la captivité de Colomb, n'ont fait niention que de trois expéditions en Amérique, confondant les événemens d'un voyage avec les événemens de l'autre. Il est singulier que ce soient des auteurs français qui aient perpétué dans leurs écrits la fable du long emprisonnement de Christophe, et cpi'ils se soient arrêtés avec complaisance sur ce sujet afiiigeant. Dans une histoire de la découverte de l'Amérique, imprimée à Paris dans le dernier siècle , extraite en grande partie de l'ouvrage d'Herrera, on a fiait une espèce de rc»nan en plusieurs chapitres de cette longue captivité de Colomb Sf roman qu'on a orné -de qi^lques gra-

me coLMtB. i83

Tures dont Tune représente lès cfeux frères dans un cachot, circonstance qui est tout-à-fait controuvée, puisqu'ils ne furent point emprisonnés ensemble , et que leur détention n'eut pas lieu en Espagne. L'emprisonnement de Diègue est même encore douteux, d'après ce que nous ayons remarqué dans la note précédente. Quant aux sujets des gravures qui accompagnent l'histoire que nous venons de dter^ il parait que l'idée en est due aux planches de V Amérique, par Théodore de Bry, dont nous avons parlé dai^s la l^ote 26.

!!<> xxvm.

Sim LA LETTAï: IMS CoLOMB PTTBUiE PAR MoRELU.

Ce fut probablement à Mandez que Gôlondb confia la lettre qu'il adressait aux souverains d'Espagne^ lettre traduite par Constanzo Bafnera de Brescia, imprimée à Venise en i5o5, et devenue ensuite trèb rare , rnais que Morelli a récemment donnée au public. Herrera, à la vérité, en avait donné quelques extraits qui ont été cités par l'auteur de l'éloge de Colomb; mais la lettre en entier ne passa sous les yeux

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que d'un très petit nombre de personnes ayanr que Morelli en donnât une nouvelle édition. On trouve dans cette lettre des plaintes de Colomb dans un stile très naïf; Tamertume de son cœur s'exhale à chaque ligne; il finit par prier le ciel et la terre de pleurer, sur ses malheurs, et il implore la miséricorde et la justice de toi» les humains. Cette lettre est datée de la Jammque^ qu'il appelle toujours Janaica.

Cette pièce que l'on peut regarder comme un des plus précieux monumens de l'histoire de Colomb, et qui répand un grand jour sur les persécutions dont il fut la victime, sur ses dernières entreprises et sur la position de ce grand homme au déclin de sa vie, cette pièce, dis-je^ m'a paru offrir un trop grand intérêt pour ne pas la reproduire en entier dans cet ouvrage; outre ce dernier motif plusieurs autres sont encore venus m'engagera fairfe cette insertioii; les fréqu^îtes citations dont j'ai appuyé plusieurs passagjes de cette histoire et des notes qui la suivent, l'exigeaient impérieusement; d'ailleurs on ne. trouve dans l'histoire de Ferdinand que des fragmens de mémoires de son père , qui ne semblent pas toujours mériter une entière con^ fiance , et la belle édition que le Chey. Morelli , bibliothécaire à Venise , a donné de cette lettre^

DE COLOMB. l85

n'est pas assez répandue pour que je ne puisse la publier encore.

Morelli prouve d'abord dans sa pré&ce qu'on ne doit pas confondre cette lettre avec celle qu'a produite Herrera; il fait observer ensuite l'utilité qu'on peut en retirer ; « en effet, dit-il , « elle fait paraître au grand jour plusieurs cir- « constances de la vie de Colomb jusqu'alors ini< connues , et les vicissitudes qui les accom- « pagnèrent ; elle nous apprend à mieux en- « tendre ses théories cosmographiques ; elle déa couvre la marche qu'il suivait dans la naviga- «t tion , enfin elle nous dévoile ses opinions en a matière religieuse et celles qu'il portait sur difa férens autres sujets ; mais c'est sur les cicons- « tances de son dernier voyage , fait dans les a années 1 5o2 et 1 5o3 , qu'elle vient répandre a plus de clarté , lumières précieuses , et ren- « seignemens dignes de l'attention des savans « qui doivent nous engager à rechercher des do- « cumens nouveaux et certains , desquels naîtra a enfin une histoire digne de cet illustre naviga' « teur que les hommes , jusqu'aujourd'hui , se a contentaient d'admirer sur la foi de récita a incertains. »

Morelli a fait suivre cette lettre de plusieurs notes pleines d'érudition ; elles ne l'accom-

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pagneront pas dans notre ouvrage , car nous en avons fait un fréquent usage tant dans la vie que dans les éclaircissemens; cependant, nous en ajouterons quelques-unes qui nous semblent indispensables pour Fintelligence du texte.

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