‹ Histoire de Christophe Colomb: suivie de sa correspondance, dChapitre 27 sur 39 · DE LA VIE · texte numérisé non relu

DE LA VIE

Lettres de Paul Tosccmelli , physicien florentin , à Christophe Cçlomb et au Chanoine portugais Martinez,

A Christophe Colomb,

Paul le physicien (i). Salut.

J'entrevois le grand et le noble desir que vous avez de passer dans les régioijs où croissent les épices (2) ; c'est pourquoi , en réponse à votre lettre , Je vous envoie la copie d'une autre que depuis quelque temps j'ai écrite à un de mes amis qui se trouvait au service du roi de Portugal , avant la- guerre de Castille. Je la lui avais

envoyée en réponse d'une lettre qu'il m'avait

ig6 APP£HDIC£.

. écrite sur cet article , en ayant été chaîné par son altesse. Ty joins une carte marine semblable à celle que je lui ai envoyée ; elle répondra à toutes vos demandes. Voici la copie de la lettre en question.

A Feritahd Martinez , chsmoine de Lisbonne ,

Paul le physicien, Salut.

J'ai appris avec plaisir la Êiveur dont vous jouissez auprès de votre illustre roi. Vous m'annoncez que malgré nos fréquens entretiens au sujet du chemin qui doit exister entre l'Europe et les Indes , où croissent les épices , chemin que je crois beaucoup plus court que celui que les Portugais suivent ordinairement en côtoyant la Guinée , vous m'annoncez , dis-je , que sa Majesté désirerait encore quelques éclaircissemens sur cette nouvelle route , afin que ses vaisseaux pussent la tenter (3).Quoiquejenedoutepasque l'étude de la sphère ne vienne à l'appui de mon opinion sur la structure du globe , néanmoins , pour me rendre plus clair et pour que mes observations deviennent plus faciles à saisir , j'ai jugé à propos d'y joindre une carte semblable

APPENBICE. 197

à celles dont on fait usage sur mer , carte qui a pour limites à TOccident les côtes comprises depuis llrlande jusqu'à la Guinée inclusi^vement , sur laquelle sont tracées toutes les îles qui se trouvent le long de la route qui de l'Occident doit mener aux Indes , et qui représente encore l'extrémité orientale du continent de l'Asie, avec les ports et les îles où l'on peut mouiller. Vous pouvez soumettre à sa Majesté cette carte que j'ai tracée de ma main, en lui communiquajit mes remarques. J'observerai d'abord que l'on peut s'éloigner du pôle arctique le long de la ligne équinoxiale, jusqu'à ce que l'on parvienne à ces régions où se trouvent en abondance des épiées, des pierres précieuses et des productions rares de toute espèce. Ne vous étonnez point si je désigne sous le nom de couchant les contrées où croissent les aromates , que l'on appelle vulgairement l'Orient, puisqu'en faisant voile vers le couchant on finit par trouver ces régions que l'on prétend ne pas s'étendre au-delà du Levant. Les lignes droites tracées dans la longueur de cette carte indiquent les distances entre l'Ouest et l'Est; les lignes perpendiculaires marquent les distances du Nord au Midi (4). J'ai eu soin de dessiner encore sur cette carte plusieurs endroits de Fliide, où l'on pourrait s'abriter dans le cas

de vents contraires, de tempêtes, ou de qu^Iqu'autre accident imprévu (5). Mais pour vous donner une idée exacte de ces contrées que vous desirez connaître, j'ajouterai qu'elles ne sont fréquentées' que par des marchands qui' ont un ncHubre considérable de navires et dé matelots, et que les marchànllises y affluent comme dans les autres pays commerçans, surtout à Zaiton, port très considérable où tous les ans l'on charge au moins cent navires de poivre , sans compter les autres cargaisons (6). Ce pays est très peuplé; il comprend plusieurs provinces, plusieurs royaumes , et un nombre considérable de villes qui sont toutes sous la domination d'un prince qui porte le titre de grand Can, nom qui signifie roi des rois, dont la résidence est pour la plupart du temps dans la province du Cataï (7). Les prédécesseurs de ce prince recherchèrent l'amitié des chrétiens, et envoyèrent il y a deux cents ans des ambassadeurs au pape , pour l'engager à leur donner des savans et des ecclésiastiques qui les instruisissent dans notre religion; mais des obstacles qu'ils rencontrèrent -daâs leur marche les obligèrent à rebrousser chemin. Le pape Eugène rV reçut aussi de la part de ces peuples un ambassadeur, qui lui rappela les liaisons qu'ils avaient avec les chrétiens ; je me suis moi-même

APP£NDIG£. 19^

entretenu long*temp6 avec lui de la beauté deti édifices publics de son pays , de la grandeur des fleuves, etc. Il raconta dps choses étonnantes touchant les villes et les bourgades qui bordent ks rivières; il assura mém^ qu'un de ces âeuveâ immenses voyait s'élever dqns son cours deux cents villes magnifiques, et coulait sous de larges ponts construits en iparbre et ornés de superbes çolehnes. Ce pays^ en un mot^ est un des plus beaux que l'on ait vu : non-se^ilenient il offre de grandes ressources par l'étendue de son commerce, mais encore par la. richesse de ses productions, telles qu'or, argent^ pierres précieuses, et surtout par la grande quantité d'épices rares dont on n'a poiqt encore fait d'importation dans nos climats. Il est aussi certain que cette vaste contrée est gouvernée par des philosophes et des hconniÊS savans dans les arts et dans les sciences, €4 que c'est à ces hopimes de talent que le com* mandement ^es ^rmées est confié. Depuis la ville de Lisbonne, dans la direction du couchant, il y sur cette caite a6 espaces , chacun desquels est de 25o milles, jiiisqu'à la surperbe ville de Quisai, et dont le circuit est de 100 milles, c'est-à-dire, 35 lieues, ornée de 12 ponts de marbre; son nom signifie la ville céleste ; c'est de cette ville qu'on raconte des merveilles sur les hommes de

aOO APPENDICE.

génie auxquels elle a donné le jour, sur ses richesses et ses édifices (8). Elle est située dans la province de Mango, près du Câtaï; et est la résidence ordinaire des rois (9). Depuis l'île d^jànti" Uuy que vous appelez des Sept-villes, et dont vous avez connaissance, jusqu'à l'île de Cipango (10), on compte lo» espaces, ou 2o5o milles, c'est-àdire, 225 lieues; cette île produit ime quantité considérable de perles et de pierres précieuses; c*est avec des plaques d'or fin qu'on couvre les temples et les demeures des souverains; mais comme la route pour atteindre cette île est inconnue , on n'a que des notions confuses et incertaines ; cependant on peut s'y rendre en toute sûreté. J'aurais encore beaucoup d'autres choses à vous dire ; mais comme vous étés sage et intelligent, et que d'ailleurs nous nous sommes déjà entretenus de vive voix sur ce sujet intéressant (i i), je suis persuadé que rien ne vous embarrasse plus; aussi ne serai-je pas plus long. Ce sont là les solutions à vos demandes, telles que la brièveté du temps et mes occupations m'ont permis de les faire. Assurez sa Majesté que je serai plein de zèle pour tout ce dont elle daignera me charger.

Florence, 2 5 juin i474-

APPENDICE. aOl

Paul le physicien , Salut.

J'ai reçu, avec le plus grand plaisir, vos lettres avec ce qui les accompagne, et je regarde comme grand et noble le dessein que vous avez de naviguer vers le couchant, selon la route qu'indique la carte que je vous ai envoyée, mais qui se comprendrait plus facilement, si elle avait la forme d'une sphère. Ce qui me plaît beaucoup c'est que vous l'ayez bien entendu, et je désire non-seulement que ce voyage soit possible, mais encore que son issue soit heureuse, honorable , et vienne apporter à toute la chrétienté des avantages inestimables et qu'il obtienne auprès d'elle des suffrages unanimes. Vous ne pouvez comprendre toutes les suites heureuses de cette expédition sans l'expérience que j'ai été iC^méme d'acquérir, soit dans.la conversation d'hommes de talens et de grand savoir qui viennent de tous ces lieux à la cour (*) de Rome (12), soit en m'entretenant avec des marchands qui méritent la plus grande confiance, et qui ont long-temps fait le commerce dans ces contrées;

(*) n y a dans Pitalien : à cette cour de Home.

celui qui entreprendra ce voyage parviendra dans des royaumes puissans, dans des villes et des provinces aussi belles que florissantes, où se trouvent en abondance toutes sortes de marchandises qui nous sont très nécessaires. Il sera reçu avec plaisir par les rois et les princes de ces pays, qui éprouvent le plus grand de^ir de créer des rela* tions amicales entre eux et les chrétiens européens , soit qu'ils suivent eux-mêmes le phristiftnisme, soit qu'ils recherchent les occasioiis d'avoir des rapports et d6s entretiens ^vec les hommes savans et recommandables de ao^ pays, tant dans la religion que dans toutes les sciences, désir que leur a inspiré la grandie réputation dQ nos empires et de nos gouvernemens(i3).Aussi| en observant ces divers motife et ^atucoup d'autres que je pourrais rapporter iCi, je m m'étonne pas que vous, dont je connais le cc^uf généreux^ ainsi que toute la nation portugaise, qui toujours a fourni dies hommes (am^UJ^M zélés pour les grandes entreprises, ^ye* /epflflWmes du désir d'aoeongfpliï* ce voyage.

APPENDICE. ao3

Lettre écrite par Christophe Colomb à dom Raphaël Xansis , trésorier du roi d'Espagne y feg mars 149^, extraite d'une édition fort rare qui existe dans la bibliothèque publique de Milan,

Ce volume très précieux, malgré sa petitesse, et qu'on trouverait difficilement dans une autre bibliothèque, puisqu'on ne le voit pas inscrit dans les catalogues des collections les plus riches en raretés bibliographiques, ce volume, dis-je, est composé de neuf feuillets in-8^ ou in-4^ très petit, puisqu'ils n'ont pas plus d'un décimètre 4 millimètres de hauteur sur un seul décimètre de largeur.

Dans le frontispice , on ' voit représentées les armes du r^Jfeiume d'Espagne , ou celles de Castille et de Lé6n , gravées sur bois ; l'inscription qui les accompagne est celle-ci : Regnum Hyspaniœ; sur le revers se trouve une gravure également sur bois, qui remplit toute l'étendue' de la page, et qui représente une caravelle à la

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voile, près de laquelle est un bateau que conduit un pilote; ce marin est coiffé d'un chapeau en forme de cône, et il tient une rame entre ses mains. Le bâtiment est bien dessiné; la poupe surtout paraît habilement travaillée; au-dessus on lit : Oceana classis; mais la Jbrme des lettres me fait soupçonner qu'elles ne sont pas gravées sur bois , mais bien qu'elles sont imprimées avec des caractères mobiles, dans le vide qui se trouve dans la partie supérieure de la gravure; et, ce qui vient encore confirmer mon opinion , c'est que les caractères dépassent le carré de la gravure, et que par cette raison ils interrompent en cet endroit la ligne du contour.

Ce titre : De Insulis imentisy qui se voit sur la première page du second feuillet, est imprimé avec les mêmes caractères que la gravure précédente. Après, on trouve imprimé en caractères plus petits , et qui servirent pour tout le volume, l'autre ûXxe: Epistola Christopheri (Jolombi^etc, tel que nous l'avons rapporté dans la réimpressiQn de cette lettre. Dans le revers^^^^e feuillet, on a voulu décrire l'île de Saint-^Dooringue, copinue d'abord sous le nom de l'Espagnole. Cette île est entourée de rochers, parmi lesquels on distingue quelques plantes grossièrerpent dessinées. Près de l'île on voit une caravelle mise à

APPENDICE. 2o5

flot par les rames; elle porte plusieurs animaux qu'il serait très difficile de désigner; un bateau que montent deux Espagnols, dont l'un pourrait être Colomb, parce que sa coiffure semble être plus ornée que celle de l'autre, s'approche de la terre dans une anse; d'une part, une troupe dlndiens témoigne la douleur et l'effroi; plusieurs d'entre eux semblent vouloir prendre la fuite, tandis qu'une autre troupe semble sortir d'une gorge de la montagne, et l'Indien qui se trouve le plus près de la mer présente avec ses mains un fruit qui pourrait être une noix dé coco, à la personne qui nous paraît être Colomb , qui , à son tour, présente au sauvage un vase ou une coupe , probablement rempli de quelque liqueur. On aperçoit dans le lointain des rochers et des montagnes.Dans la partie supérieure, on lit également imprimée en caractères mobiles Pinscription Insula Hyspana.

Le texte de la lettre continue dans le troisième feuillet ; mais sur le revers est une autre gravure qui représente les îles Saint-Salvator, Saint-Domingue, Isabelle, Ferdinand, et la Conception. Sur le premier plan est dessinée assez grossièrement une caravelle à la voile, sur laquelle on voit un homme qui est probablement Colomb , l'épée au côté, et dans la posture d'une personne

^o6 APPENDICE.

qui médite. On voit Colomb représenté dans le même état, mais avec beaucoup plus de soin, sur une des gravures de Théodore de Bry . Celle dont nous parlons offre à droite une île ou portion d'île avec l'inscription Sabatoris. Un peu plus haut, et du même côté, est une portion d'île avec le nom Hjspana, Une autre île au milieu , appelée Ysabella. A gauche, et au-dessus on aperçoit une autre portion d'île , avec le nom Ferrumda^ et au-dessous on remarque une autre portion d'île avec ces paroles : Conceptio Mariœ. Devant cette dernière se trouve une espèce de ville avec une porte , une tour et des murailles crénelées. Il semble- qu'on ait voulu dessiner dans toutes ces îles des marques de végétation et de construction. Les caractères avec lesquels sont imprimés les noms des différentes îles de cette gravure n'ont aucune ressemblance avec ceux du texte , et sont gravés sur bois comme la planche elle-même.

Le texte remplit tout le quatrième feuillet; mais à la première page du cinquième on voit répétée la gravure qui se trouve sur le recto du premier feuillet , avec le titre Oceanica çlassis. Sur le revers du même feuillet continue le texte, qui remplit tout le sixième ainsi que la première page du septième.

Le revers du septième feuillet représente en

APPENDICE. ao7

une gravure la construction d'une ville; divers édifices , plusieurs murailles crénelées avec une porte; quelques ouvriers soulèvent un seau ou une caisse de matériaux par le moyen d'une poulie ; on voit au pied des murailles différentes pièces de forme cubique, représentant probablement des pierres pour les constructions. La mer baigne les murs de cette ville nouvellement bâtie. Dans le lointain on remarque deux soldats armés de hallebardes; dans la partie supérieure on lit en caractères mobiles ^Imsula hyspana^ inscription interrompue par un grand arbre qui s'élève du milieu de la planche , et qui semble'appartenir à l'espèce nonunée par les naturalistes français choux palmiste.

Les huitième et neuvième feuillets ne contiennent que le texte, qui finit au revers du neuvième avec la date pridie jdus mardis et la signature ChHstophorus Colombu s, Oceanœ classisprefectus^ sous laquelle se trouve l'épigramme, latine de l'évêque de Corbaria, que nous rapporterons après la lettre.

Chaque page de ce volume a vingt-sept lignes; dles ne sont point numérotées; mais au bas des premierî, deuxième et troisième feuillets se trouyetit les chiffres i , ii , iij ; le caractère est gothique , mais assez netj la lettre initiale est peinte; les

^o8 APPENDICE.

lignes du titre suivent des traces marquées en rouge.

Le professeur Gianorini, autrefois bibiiodiécaire à l'université de Pavie, a décrit, avec son exactitude ordinaire, ce précieux volume, en se contentant de dire qu'il le croyait imprimé dans le 1 5® siècle. Mais le chevalier Morelli , bibliothécaire , homme savant, et qui semble ne rien ignorer de ce qui concerne l'histoire littéraire et les monumens typographiques de ce siècle, dans la préface qu'il a jointe à la lettre de Colomb, écrite des Indes en 1 5oa , nous avertit qu'il y eut deux éditions de la traduction latine de cette lettre, qu'il croit datée de l'année 149^^a toutes les deux ayant un titre différent ^ sans « date , mais que l'on présume imprimées éga- « lement à Rome , probablement l'année après « que la traduction ftit faite. » (page iv.) Cette lettre appartient donc à une de ces éditons de Rome dej'année i493? devenues d'une grande rareté : chose du reste facile à concevoir, puisque les livres d'une très petite dimension sont exposés à être plus facilement égarés que les ouvrages plus volumineux, quoique souvent bien moins importans. Aussi Gianorini a dit à propos de la lettre dont nous nous occupons : nullibi descriptam imenimus; et Jossi, qui dans ses an-

AffttHmcE. 209

ciennes éditions n'en a indiqué qu'une seule de cette lettre, édition d'ailleurs qui diffère entièrement de celle que nous avons- sous les yeux, puisqu'elle n'est composée que de; quatre feuillets, et n'est point accompagnée de gravures; Fossi, dis-je, ne vit probablement que l'autre édition de Rome , dont Morellî a fait mention* Quant à la nôtre, je puis assurer que jamais je n'en ai vu de pareille dans aucune bibliothèque, ni ne l'ai trouvée indiquée dans aucun catalogue. \

Il estwprobuhW que cette édition ainsi que l'autre ^ut été 5*ke» rânné<i.iiême que la lettre a été écrite*'. Je regre^lto d^é^^^obligé à ce propos de relever une erreur dan^s'IaccM^îteest tombé le savant Morelli. Dans %a préface; que nous avons citée, il prétend que cette lettre fut écrite en i49^ (pages 3 et 4). H est évident que si Colomb partit la première fois le 3 août i Sga , comme l'assurent unanimement toiïs^*:*^ historiens, si, comme il le dit lui-même^ il a employé environ huit mois dans ce premier voySge; si, après ce temps, il retourna en Espagxie:pour annoncer ses découvertes ; si enfin la lettre est datée des Ides de mars sans Indication d'année , et écrite de Lisbonne , où il ne dut arriver qu'en iSgS, il est évident, dis-je, que la lettre doit se rapporter à cette an-

3IO AJVAJIMâE.

Bée,^ non à faaoapéë précédente, p«iisqne, au cotBÊÊocncenmïït'à^ mars de celte même animée ^ Colomb devait se trooYer encore en Espagne, et peut-être même demite-â éfre^eacore tecertam sur son départ.

Cette lettre fiit le docoment antkentk|ue qui répandit en Europe le bruit des découvertes de Colomb. Si l'on considère qn'efie fut le pr^emi^* rsqiport oib^iel donné par cet amiral à un imnistre du roi, on concevra facilenseât qu'on en ait envoyé copie aux différentes cours de l'Europe, et surtout à celle de fioofte, qui sdon son usage , demandait l'investiture des domaine de llnde. Husieiffs auteufrs rapportent que cet événement fit à Rome une vive sensation, attendu qu'en reculant les bornes du monde connu, il étôndait en même temps les limites de la cfarétienté. La publication de cette pièce importante venait donc satisfaire l'intérêt que cette découverte inspirait à toilt le monde, et rien n'empêche de croire que cette lettre, écrite à lisbonne le 9 mars, n'ait été traduite à Rome le 4 de mai de la même année, date placée ai tête de la traduction d'Aliandre de Cosço. Pour donner une plus grande publicité à cet événement exl^ordinaire, et satisfaire à la curiosité publique, excitée par des relations vagues et fabuleuses, on

l'aiHiait iœpnHttée daM cette mèacm année. La lettre que nous avons jous les yeux aura été pro b^emeMt fci première édtjbion «rigmale de ia traditotian latine;; il est à croire que pomr l'usage 4u vui^ire^ ^ pour répondre aux £n6queliteii dema]«des qn'cm «n Élisait, ^m aura «ongé à en &ire ime éditioa ddnégée et sans figures.

AeuanQ(i]ons ici <pie les figures jquii i'aeeom» pagnem; toml probablement été desskiées par <>>lomb lui-même dans l'original espagnol, quoique je ne puisse rien dire touchant cette pièce importante, dont fait mention M. de Murr, mais que personne n'a peut-être jajmu^ vue : la figure 3, qui représente le groupe d'îles, m'engage à adopter ce sentiment; car^ malgré la a^églipmc^ 4n dessin, ^n remarque de rex,actitude daw la position des lieux; jSaint-Domii^gue^ par «^xecople , est parfaitemej[it placée relati;^emept,aux iles qui l'entouTre^t , et surtout à l'ile de vCuba, ce ^ue personne n'aurait éjté en ^état d'^exécuter A Roipe, et que Cploxiptb, qu 4u woins qi^elq^i^ g^Qgrafhes qui l'aurai^t acccHnpagné d^Âis çp^ <^pédition , .auraient ^été, seuls isipî^les de fyire. Cette conjecture est d'aittews fpvdée s^nir h certitude que l'on a des talens de qe g^^d j^OB^^ne dans l'art de tracer des cartes géographiques et marines. ^Nous pouroiis ajuniter à ces r^mar-

212 APPElfDICf;.

ques que ces dessins ayant été exécutés à Benne à la fin du i5^ siècle, «ils auraient été mieux dessinés et mieux gravés si on n'avait pas eu l'intention de rendre les dessins originaux tels qu'ils avaient été envoyés d'Espagne, puisqu'à Rome,* à cette époque, on exécutait avec bien plus de goût et d'art les gravures sur bois et sur cuivre, comme l'on peut s'en convaincre par quelques ouvrages ornés de figures imprimées.

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