‹ Histoire de Christophe Colomb: suivie de sa correspondance, dChapitre 6 sur 39 · SUR LES ÉTUDES · texte numérisé non relu

SUR LES ÉTUDES

l'astrologie composât une faculté particulière, comme cela paraîtrait d'après l'indication des classes de l'année ,1^61. « Ad lecturain pTxygnos-^ « ticorwn infestis^ magister Andréas de Gzrt^ partis. » Je possède un livre de prognostics d'un certain Jean de Lubec imprimé en i474 à Padoue, par Val de Zocho, où l'on prédit, d'après des observations astronomiques, la venue de l'Antéchrist et l'époque de son arrivée, etc. Les diverses branches comprises sous le titre générique d'études de philosophie et d'astronomie sont bien déterminées dans les neuf cents thèses que Pic de la Mirandole soutint à Rome, qui sont imprimées dans la collection de ses Œuvres, édition de Basle, i563 et celle de 1601.

Le Pape Léon X, en écrivant au roi d'Angleterre pour le prier de consulter les astronomes et autres savans de son royaume sur la réforme du calendrier, se sert toujours des mots astrologues et astrologie.

Parmi les professeurs que nous venons d'indiquer , qui tous sont Italiens , et qui , la plupart, sont nés en Lombardie, doivent se trouver les maîtres de Colomb. On peut présumer qu'il ait suivi les leçons ^e François Pellaeani et dkAutoin& Ter^^a^^ ]qui continuèrent

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leurs cours depuis 1460 jusqu*en 1470 environ, et celles de Jean Marliardy qui occupa les chaires de philosophie naturelle et d'astrologie depuis Tannée 1461 jusqu'à Tannée .i479 sans interruption ; peut-être eut-il aussi pour professeurs Etienne da FaenzUy Henry de Sicile et François da SalOj qui pendant plusieurs années, occupèrent des chaires d'astrologie et de philosophie dans la même université. • Les écrivains du temps font mention de Fran-cois da Solo y et moi-même j'ai vu quelques-uns de ses manuscrits. Dans la bibliothèque de la moyenne et basse latinité, par Fabricius, il est question de certains ouvrages de GMiV/oA2e da Cremuy et dans la Bibliothèque des écrivains de Milan, on voit les titres de plusieurs écrits de Terzago et de Marliano. S'il est honorable pour la Lombardie que Colomb ait fait ses études à Pavie, on éprouve une certaine satisfaction de pouvoir désigner les professeurs qui l'ont instruit , recherches d'autant plus flatteuses pour l'Italie , que ces hommes d'un mérite reconnu naquirent dansvson sein.

Sanarega , qui semble n'avoir pris à tâche que d'exagérer lés talens de Barthélémy , qu'il s'efforce même de faire passer pour le promoteur des desseins de Colomb ,* rapporte que ce-

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lui-là , en arrivant à Lisbonne ., s'était appliqué à dessiner dm cartes géographiques , art dans lequel il fit preuve de talent par la ms^ppemonde ■qu'il offrit au roi d'Angleterre ; mais il est hore de doute que Christophe fut aus^ hahile dans cette partie , et il est prouvé par ses lettres qu'il traça lui-même les cartes de ses voyages, circonstance très remarquable , si l'on considère le temps où il vivait. Il fut probablement l'auteur d'une carte dont fiaiit mention, ^/i^/o/b de Tréuise, secrétaire de l'ambassadeur de Venise en Espagne , dans une lettre qu'il écrivit à Malipière, rapportée à .la note 2 , d'uiie lettre , très rare , de Colomb , publiée par le Chev. Morelli. ^ngiolo de TYépîse promet à MaUpiero « de faire « graver de nouveau cette carte à Palos , où se a trouvaient alors des marins qui avaient fedt le a voyage d'Amérique avec Colomb. »

Du reste, Ferdinand fils de Colomb, après avoir parlé des connaissances géographiques de son père , déclare en propres termes , « qu'il « s'adonna à l'astrologie et à la géométrie , et « qu'il apprit le dessin afin de pouvoir disposer .< les différentes régions de la terre et décrire les « plans et les surfaces des corpi du globe. » Une lettre de Colomb lui-même adressée au roi d'Espagne en i5oi , rapporte cette circonstance

d'une manière plus positive ; voici ses propres parole : « Je dois remercier le Seigneur des con- « naissances que j'ai acquises dans l'art nautique «et des notions soit en astrologie , soit eu ma- « thénmtiques , suffisantes pour la carrière que « j'ai parcourue : il m'a accordé tout ce qu'il me « fellait pour concevoir et décrire la forme du « globe que nous habitons avec tes indications « précises des villes , des montagnes , des fleuves, « des îles et des plages qu'il renferme. »

Jusqu'à présent , aucun des histonens de Co- Ibmb n'avait songé à le considérer comme écri- TOn. La lettre de Colomb , publiée par Morellî, me fournit une notice précieuse de ses ouvrages. On y Ut , note j , ptge 12 * qjie la Bibliothèque orientale, occidentale, nautique et géographique d'Antoine de Léon , fait mention d'un petit ouvrage de Christophe Colomb, sous* le titre' de La racion de la tabla ruwigatoria , publié en Espagnol avec un autre ouvrage d'un certain dôc* teur Grajales , intitulé : Del usa de la carta de naçegap; mais on ne dit pas dans quelle année ces deux opuscules furent publiées. Ce fait , <pi sert à donner une idée plus positive des connaissances de Colomb et qui le place pai*mî les écrivains qui ont traité de l'art nautique , prouve en même temps qu'il possédait l'art du dessin ,

lOp SUR liK VOYAGES

talent très rare à oette époque; en effet, Ange de Trévise, dans sa lettre à Malipiero , que nous ayons citée ^ répondit, à propos d'une carte de voyage de Colomb, qui lui était demandée probablement par le gouvernement de Venise , « il n'en existe pas ici(*), à l'exception d'une de « Colomb lui-même , et il n'y a personne qui « soit en état d'en dessiner. »

N^ Vl; '

Sur ses pêemiers^ voyages.

Colomb déclare dans une de ses lettres de i5oi , rapportée par son fils, «qu'il y avait quarante ans qu'il voyageait sur mer. Allora passcwano [\o anm che usas^a per lutte quelle parti. Si cette lettre est authentique , et s'il n'y a pas erreur dans la date , il doit s'être, embarqué , pour la première fois, en i46o. D'un autre côté , l'auteur de l'éloge déjà cité , dit , qu'il n'âyait que quatorz^e ans lorsqu'il partit pour

(*) 'A Grenade. * . *

BE COLOMB. roi

l'expédition de Naples. Si ce rapport est égàleirient exact , il en résulte que l'année 1 445 , que j'^ai assignée à la naissance de Colomb , est encore prouvée par ce nouvel argument.

Ce passages de l'éloge* de Colomh dépose* en^ même temps en fâveur de l'opinionque j'ai avan-^ cée contre le sentiment de l'historien Campi , qui prétend que Christophe , à son retour fle Pavie , avait repris le métier de son père* S'il a commencé à naviguer dès l'âge de quatorze ou' quinze ans, et s'il avait déjà terminé les études re*^ latives à l'art nautique, il n'a guère pu s'occupeY* d'autres choses. Du reste , que Colomb se soit embarqué très jeune , c^est un fait constaté pai* lui-même dans ses lettres. '

Sur ses premiers voyages dans la Méditerranée.

DOCUMENS inédits QtJI LES ÉCLAIRCISSENT.

Autres navigateurs du miême nom. — Ses voyages dans la mer du nord.

Il est à propos de rapporter ici un docum^it inédit, conservé aux, archives du gouvernement

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à Milan, qui se rattache à l'époque la phis obscure de. la vie de Ck)lamb, à Yoeaksiou de ses YQyages dans la Méditerranée, dans l'Océan et dans la mer du Nord. C'est une lettre adressée au tluc de .Milan par deux illustres Milanais, Guit^e Jnfoim Areimholdo et Jean^J&cques Tri-vulzio y qui revenaient tous les deux de Jérusalem. C^te lettre est datée de TerradQtro Me a octo^ kris 1476, quoiqu'elle n'ait point été écrite d'Otrante, mais bien 4^1 Za/fo, et ei^pédiée de Venise, où ils forent jetés par une tempête, cc^nme cela e^t rapporté çlaus une lettre de Léonard Botta, ambassadew* du duc à Venise, 11 est donc dit dans la lettre des deu^ Milanais que le commandant de l'escadre vénitienne, qui défendait Chypre, s'était battu deux fois contre un navire génois de 1200 tonneaux, parce qu'il soupçonnait des Turcs à son bord , et que dans ces deux afiaires il y avait eu cent vingt hommes de tués du côté des Turcs et des Génois, et trente morts et deux cents blessés du côté des Vénitiens. Ce capitaine craignait à ce qu'il psu^t d'avoir déplu au duc de Milan , alhé des Génois , car il semble avoir voulu se justifier auprès de lui en disant qu'i/ nen vovJait quaux Turcs ses ennemis, et à iears biens. U ajoutait qu'e/ mwt rencontré tin an mqnmwant, plusieurs navires et un. certain

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Colomb y mais quil s^ était fait un devoir de les laisser naviguer librement. D'après cette lettre, on peut conclure qu'à cette époque un certain Colomb, Génois, parcourait la Méditerranée; mais il serait difficile de décider au juste quel était ce Colomb. S'il est vrai que Christophe, selon l'opinion de l'auteur de son éloge, « fut « nommé capitaine d'un navire, et traversa toute « la Méditerranée depuis la Jana jusqu'au détroit a de Gibraltar, » il pourrait être le même Colomb mentionné dans la lettre rapportée plus haut. Mais Christophe, de retour de ses voyages, prit de nouveau du service sous un autre Colomb ; le capitaine de ce nom, dont il est question dans la lettre, peut donc avoir été ce dernier; et Christophe pouvait également se trouver dans cette escadre, puisque depuis ses {>remiers essais il s'était écoulé treize ou quatorze ans pendant lesquels il a pu terminer ses premiers voyages dans l'Océan. ^

J'ai fedt mention de deux Colomb, antérieurs à celui dont j'écris la vie. La lettre citée parle probablement d'un de ces deux capitaines, de celui qui peut être considéré comme le* maître de notre Colomb dans l'art nautique. En efiet Ferdinand, dans la vie de son père, nous apprend « qu'il navigua sous les ordres d*un célèbre

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