‹ Histoire de Christophe Colomb: suivie de sa correspondance, dChapitre 7 sur 39 · I04 SUR LES VOYAGES · texte numérisé non relu

I04 SUR LES VOYAGES

« capitaine de son nopi^t qui était membre de sa ce famille, très fameux sur mer pour avoir Êiit. ce une guerre constante aux infidèles. Il faut croire « que le nombre de ses soldats égalait son propre « courage, puisqu'il captura dans une affaire « quatre grandes galères vénitiennes. » Cétait. sahs doute ce même Colomb que Sabellius ap- . pelle Archipirçita iUustriSj qui parcourut tout le Levant, et qui fiit rencontré par l'escadte vénitienne devant l'île de Chypre. Si ce Colomb mentionné dans la lettre que nous avons citée n'est pas Christophe, c'était donc cet amiral .de son nom qui fut son maître, son compagnon et son chjef ; et iï paraît également probable, si on rapproche les époques, quç, notre Colomb se trouvait faire partie de l'escadre génoise, rencontrée par la flotte vénitienne.

Je me permettrai d'ajouter à cette note une courte observation étrangère aux voyages de Colomb. Quelques auteurs , qui ont voulu enlever , à Gènes l'honneur d'avoir donné naissance à Colomb, ont nié l'authenticité du manuscrit cité . à la note i^, se fondant sur ce prétexte que Go^ lomb dans cet écrit parle d'abord de la république de Gènes et ensuite de celle de Saint- Goorge , comme si c'était une erreur trop grossière pour qu'elle soit commise par un Génois.

^ DE COLOMB. rOD

Maintenant on voit, par la lettre citée ci-'dessus, que Téquipage des navires génois, en rencontrant la flotte vénitienne, se mit à crier : Fii^e Saint' George l ce qui indique que ce cri était à cette époque un signal particuliefr à la république de Gènes, comme le cri de Fiue ScUnt-Marc Pétait pour les Vénitiens, -de manière qu'on disait indifféremment république , Etat de Saint-Marc ou république et Etat de Venise. Cette circonstance ne doit dohc apporter aucun doute sur l'authenticité de ce manuscrit, et il n'y a rien d'étonnant qu'un Génois ait -désigné la république de Gènes sous le nom de république de Saint-George. Ces doutes n'auraient pas été probablement élevés si la lettre des deux Milanais Arcimboldi et Trivulzi eût été connue.

Puisqu'il eSît question danis ce paragraphe des voyages de Colomb dans là mer du Nord , il est à propos d'approfondir ce sujet intéressant, d'autant plus qu'il vient d'être traité par mon savant ^lîii Zurlaj dans sa Dissertation sur les voyages, et les découvertes au Nord, de Nicole^ et Antoine Zerd frères. Mais il est d'abord important de rappeler im passage d'un mémoire écrit de la main de Colomb , et que son fils Ferdinand a rapporté en entier au Chapitre IV de ses histoires. « je naviguai l'an 1477, au mois de février,

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« au-delà de Tile , ile de cent lieues de tx>xir, èloi- « gnée de l'équateur de 73 degrés et non* de 63, « comme on le prétend , située beaucoup plus à « rOuest que la ligne occidoitale de Ptolémée. « Les Anglais, et^ principalement les habitans de (i Bristol, font le conunerce de cette île, qui est « aussi étendue que l'Angleterre. Lorsque j'y fiis, a la mer n'était pas gelée, malgré les grandes i< marées qui, dans quelques parages, montaient « et descendaient de a6 brasses. Il est vrai cepen- « dant que la Tile dont fiait mention Ptolémée « existe : elle est connue chez les modernes sous (( le nom de Frislande. » ^

L'éditeur du Voyage des frères Zenî observe que cette latitude de 78 degrés est fiausse, soit pour la Frislande, soitpour l'Islande, cette dernière se trouvant située entre le 64* et le 67* degré ; il observe même que cette latitude ne peut appartenir, ni à l'île de May eu, placée au 71® degré , ni au Spitzberg, situé au 76* ; et il conclut que le navigateur génois s'est trompé dans le cal#»l des degrés, et qu'à cette époque l'usage de l'astrolabe devait encore lui être inconnu, pour lever exactement lés hauteurs, opération dont il s'est habilement acquitté dans ses fisuneux vo3^ges, quinze ans plus tard.

Je crois qu'on pourrait attribuer cette méprise.

soit à une erreur du copiste chargé de transcrire le mémoire original de Ckilomb , soit à une né^ gligencé de son fils en le rapportant dans son ouvrage, soit enfin à une faute d'impression. Si la Tile de Colomb était llslande, ce navigateur aurait fsicilement trouvé le Groenland', en s'avançant cent lieues vers le Nord. Le savant Zurla semble vouloir nous persuader que Colomb s'était embarqué de k Frislande ; mais cette île, supposée par les uns, tels que Forster, Buache et Von Eggers , parmi les Orcades , par d'autres dans le Groenland, est aussi regardée comme llslande, ou coHune ïaàs&nt partie de la portion occidentale de cette île. Parmi ceux.qui ont adopté cette opinion il y a un certain TerrarossUy professeur de Padoue du 1 7*^ siècle, et de nos jours le célèbre Ansse de Vilhison. Sans entrer dans aucune discussion à ce sujet, je rappellerai ici que, dans ma Lettre sur les deux inscriptions prétendues RuniqueSy trompées à Venise y j'ai cité à l'appui de cette opinion un portulan sur peau de vélin que je possède , écrit vers le milieu du 1 5^ siècle, dans lequel Hslande est marqi:^ exactement à sa place avec le nom de Fixlanda^ qui s'approche beaucoup de Frislanda.

Il est difficile de croire qu'une île de cette im«portam^e soit disparue du globe depuis trots

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