I. J'ai esquissé dans la P l mis X/Tla vie el lesactes ad
ministratifs pnie; ce n'esl pas assez, el le personnage méri-
bien un volume à> part. Les documents ne manqueraienl pas : il y a quantité de lettres de lui dans divers fonds de la Bibliothèque Nationale. On en trouverai! sans doute encore aux Archives NatioDales, dans les grands proeès du temps. Les papiers laissés par Delamarre, l'auteur du Traité de la Police (on sait qu< ces papiers formenl un fonds ble à la Bibliothèque Natioi denl aussi con-
sultés avec i'rmt.
occupèrent Paris et l'Europe quelques années après. Par un singulier hasard, Colbert s'y trouva personnellement mêlé. La marquise, qui avait pu s'échapper pendant les premiers moments de l'émotion causée par l'énormité de son crime, s'était réfugiée en Angleterre. Il s'agissait de s'en emparer, et Colbert écrivit lui-même à l'ambassadeur. Il avait cru d'abord que la police anglaise lui prêterait main-forte, car, le 27 novembre 1672, il annonçait que le roi était bien aise d'apprendre qu'on eût donné ordre de faire arrêter la darne qui était en Angleterre; mais les magistrats de Londres se ravisèrent, et, si porté qu'il fût à satisfaire Louis XIV, Charles II dut compter avec eux. La lettre suivante du ministre à son frère explique l'incident :
Pour la personne que vous savez, sa majesté veut que vous représentiez au roi d'Angleterre que la liberté qu'il vous donne de la faire arrêter et envoyer en France, ne peut produire aucun effet, d'autant que vous n'avez personne pour faire cette exécution. Et quand même sa majesté enverroit des personnes pour la faire, il est certain que le peuple, qui est fort susceptible d'émotion contre les François, ne souffriroit pas que ces officiers lissent une capture de cette qualité dans la ville de Londres, qu'ils en sortissent et qu'ils l'emmenas.senl jusqu'à Douvres, et passer en France. Et cela seroit sujet à de si étranges accidents, qu'il est difficile, voire même impossible, de le pouvoir pratiquer, au lieu que, si le roi d'Angleterre vouloit bien la faire arrêter, la faire mettre aussitôt dans un bâtiment et l'envoyer proinplemcnt à Calais, cela seroit fait et exécuté auparavant que personne en eût connoissance. Sa majesté veut donc que vous fassiez eu son nom toutes les instances que vous estimerez nécessaires pour porter le roi d'Angleterre à faire faire cette exécution par ses officiers.
Mais Charles II résista, et l'extradition devint, comme
JUSTICE ET POLICE
te disait Colbert, impossible. Avertie sans doute du danger qu'elle avait couru, la marquise de Brinvilliers quitta Londres, changea plusieurs fois de résidence, el liuii par s'établir comme pensionnaire dans un couvenl de Liège. C'esl laque, trois ans après, dépistée par un habile agent de la police française déguisé en prêtre, el qui devint sou amant pour la mieux tromper, elle fut attirée dans nu guet-apens, enlevée et amenéeà Taris1.
Un autre aman! des premiers temps, Reich de Penautier, receveur du clergé el trésorier des États de Languedoc, se trouva compromis dans le procès et fui emprisonné. On l'accusai I d'avoir empoisonné son prédécesseur, trop lent à céder la place, el l'on articulait contre lui un l'ait des plus graves : le 15 juin 167G, au moment où les archers vinrenl l'arrêter, il écrivait un billet, qu'il déchira aussitôt et voulut avaler; on le lui arracha, el il ne put en expliquer le sens. La veuve de son prédécesseur lui imputait même d'autres empoisonnements, et invoquait des aveux compromettants de la marquise de Brinvilliers. Ce qui est certain, c'esl que Penautler 2, connu de Colberl depuis longtemps, était dans le Languedoc (la correspondance le montre surabondamment son agent le plus intelligent, le plus actif. Ainsi, le ^'» mars 1671, ilétail chargé d'organiser une compagnie pour le dessèchement des marais d'Aigues-Mortes, et, l'année suivante, de faire acheter des manuscrits urées par ses agents dans le Levant. Enfin, une lettre de l'arehevêque de Toulouse à Colbert, du mois de décembre KiT.'i, constate qu'a cette
1. Voir, sur tous ces meidenta el - les détails du procès, la : ■ mus Louis XIV, ch. iv.