‹ Histoire de Colbert et de son administrationChapitre 80 sur 110 · COLBERT ET LES MARCHANDS · texte numérisé non relu

COLBERT ET LES MARCHANDS

• M. Colberl ayant appelé chez lui Les plus notables marchands de Paris ci des autres villes voisines, pour conférer avec eux sur les moyens de rétablir le commerce, il- j allèrent au jour assigné. Mais, comme personne n'osoil parler, chacun attendanl qu'un autre eût commencé : «Messieurs, oit le ministre, ôtes-vous muets? — N.m. monseigneur, dit un Orléanois, nommé Hazon, qui avoîl beaucoup d'esprit : mais nous craignons tous également d'offensej ■■ votre grandeur, s'il nous échappe quelque parole qui lui déplaise. « — Parle/, librement, répliqua le ministre: relui qui me parlera

ii avec plus de franchise, sera le meilleur serviteur du roi . el n

i meilleur ami. » Là-dessus, Hazon, prenanl la parole, dit : Monseigneur, puisque vous dous le commandez, et que vous nous pro- ■ mettez de trouver bon ce que nous aurons l'honneur de vous rc- « présenter, .je vous dirai franchement, que Lorsque vous ùlcs venu « au ministère . vous avez trouvé le chariot renversé , et que depuis « que vous v êtes, vous ne l'avez relevé que pour le renverser de u l'autre côté. » a ce trait de liberté guêpine, M. Colberl prit et dit avec émotion: «< Comme vous parlez, mon ami! — Monseigneur, répondit Hazon, je demande très-humblemcnl pardon « a v.div grandeur de la folie que j'ai faite de me lier a sa prou messe, je n'en dirai pas davantage. » Ensuite, le ministre commanda aux autre- de parler, mais pas un île voulut mûrir li bot ■ et la conférence finit ainsi. Voilàcomme les grands sont laits, ils veulent apprendre, mais il- ne veulent pas entendre. Cela nia été conté par un habile maître des requêtes, qm étoil présenl à cette assemblée avec l'en M. Pussort, oncle de m. Colbert. »

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