‹ Histoire de Colbert et de son administrationChapitre 88 sur 110 · COLBERT AU SEMINAIRE DE SAINT-SULPICE · texte numérisé non relu

COLBERT AU SEMINAIRE DE SAINT-SULPICE

« En lfî72, pendant la guerre de Hollande, les finances se trouvant extrêmement obérées, Colbert alla trouver M. de Bretonvilliers (c'était le directeur du séminaire de Saint-Sulpice) et lui demanda s'il ne consentiroit pas à céder, cette année, au roi, une rente de 40,000 livres qu'il avoit sur l'hôtel de ville de Paris. « J'étois en peine de savoir, lui répondit M. de Brelonvilliers, à « quoi je la destinerois cette année ; assurez donc le roi que je la « lui donne de tout mon cœur, je ne puis en taire un meilleur « usage. »

« C'étoit un samedi, et pendant cette, conversation, on avoit ouvert, selon l'usage, la porte de la cour du séminaire, où plus de trois cents femmes pauvres, portant de petits eni'ans sur les bras, étoient entrées pour recevoir une aumône de cinq sols que M. de Bretonvillicrs leur faisoit à chacune tous les samedis. Colbert, ayant aperçu cette multitude , la prit pour une troupe de séditieux , qui l'auroient vu entrer au séminaire et se seroient ameutés , dans le dessein d'attenter à sa vie. Mais, apprenant à l'instant même, de la bouche de M. de Bretonvilliers, qu'il n'avoit rien à craindre, et que ce n'étoit là qu'une réunion de femmes pauvres, qui venoient recevoir l'aumône tous les samedis à heure fixe, Colbert tira aussitôt de sa poche quatre louis d'or et les lui remit avec joie, en le priant d'agréer qu'il contribuât de sa part à une œuvre si charitable. »

l. Histoire de la colonie française au Canada, par M. Farillon, t. III, p. :>33, Note, d'après les Arch. du séminaire de Saint-Sulpice, à Paris; Vie de M. tic BretonHilliers, par M. Grandet.

I) 1 rOME II

c que comprenait l'administration provinciale. - Maîtres des requêtes e en mission. — Mémoires mit le Poitou, la Touraine et l'Anjou en 1664. — Attributions des intendants. — Leur despotisme; leurs subdelégués. — Colbert implacable envers les gentilshommes qui violent les lois. - Son antipathie pour L'indépendance des parlements et des états provinciaux. - - Pays d états el pays d'élections. — Influence de L'argent sur les états. — Le tiers état, l'impôt

et le don gratuit. — Le clergé el le don gratuit. — s. lission absolue des

états de Bourgogne. — Esprit d'indépendance el de révolte des états de Bretagne. — Voie du don gratuit en Provence, — Colberl veut exiler dix députés. Curieuse lettre de L'intendant confirmant le- doléances des députés sur la misère du pays. — L'Artois traité par (Louvois comme les autres provinces. — Ou propose à Louis XIV d'ôter aux états leurs franchises. — Coluert en supprime plusieurs d'un traîl de plume. — Les libertés municipales sous Louis Xiv. — Interdiction aux maires, échevinset consuls devenir a Taris aux irais des communes. — Dettes énormes d'un grand nombre de villes ; roses.— Impossibilité pour Marseille de s'acquitter. — Dijon se libère. — Les villes persistent a emprunter. — Les colombiers de Provence. — rravaux communaux el travaux d'embellissement dessilles. — Maximes diverses prises dans les lettres de Colbert. — Il conseille aux ville- dese libérer par la banqueroute

Colberl etles physiocrates. — Colberl estd'abord favorable au commerce des grains Effe « indécise sur al dance et le prix du blé — Planta-

is ii.

Lion des milliers favorisée. — Efforts pour multiplier les bestiaux et défense d< les saisir. — Réduction des droits de sortie des vins. — Consommation insignifiante du vin. — Situation précaire des campagnes. — Exclamation philanthropique de Colbert. — Ordonnances et règlements sur les forêts avant Louis XIV.

— Juridiction de la Table de marbre. — Réformes de Colbert. — Maîtres des. requêtes envoyés en mission. — Faveurs abusives accordées aux instances du roi. — Exemples de rigueur. — Exploitation des forêts. — Industrie du goudron.

— Ordonnance de 1669-, Pussort et Lamoignon en présence. — Emotions en Bourgogne et en Normandie. — Forêts des Pyrénées, du Béarn, de Provence, etc. — Augmentation des produits. — Critiques de Vauban. — État d s haras avant 1661. — Colbert les fait rétablir. — Instruction pour la distribu tion des chevaux achetés à l'étranger. — Haras de Normandie, de Limousine! de Bretagne. — Chevaux du Maroc. — Achats en Espagne. — Haras établi par Colbert dans sa terre de Hauterive. — Destinée des haras après Colbert ... - 't9

Le canal du Languedoc projeté depuis longtemps. — Plan de Riquet. — Colbert l'approuve et le fait étudier. — Édit d'exécution et concession de l'entreprise. — Les états de Languedoc se prêtent peu volontiers à la dépense. — Riquet adjudicataire du canal et fermier général des gabelles de la province. — Premiers essais. — Travaux du port de Cette adjugés à Riquet. — Pose de la première pierre de la première écluse du canal. — Rapports de Colbert avec Riquet; difficulté? d'argent.— Révoltes causées par les gabelles. — Singulière justification (.e Riquet. — Ses sacrifices pécuniaires. — Colbert lui imposeun surveillant. — Réprimandes à un agent qui avait critique le canal. —L'ingénieur Andréossy dispute à Itiquet l'idée première de l'entreprise; Colbert Lu n donne tort. — Maladie de Biquet. — Mauvaise humeur de Colbert contre Riuuet pour ses retards ou ses dépenses ; reproches violents ei injustes. — Riquet meurt avant l'ouverture du canal; ingratitude de Colbert. — Inauguration: fixation du prix des transports. —Les fils de Riquet.— Éloge du canal mêlé de critiques, par Vauban. — Améliorations postérieures.- 107

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