PRELIMINAIRES
JTbu d'hisU^es particulières oBreut uu plus grand spectacle, et comprennent plus d'évé»
nements que la vie de Crômwell ; cepeadant ce sujet, si digne d'étude, n'a été traité parmi nous que sur des notions imparfaites , et dans des ouvrages où Ton peut relever à-la-fois beaucoup d'erreurs et d'omissions. En Angleterre même, la vie de Cromweli ne parait pas avoir été écrite avec assez d'exactitude et d'étendue. Les deux ouvrages les plus récent» et les plus estimables qu'on ait publiés à Londres siu* ce sujet , semblent , par le dessein des auteiu*s, s'éloigner de la forme et de l'intérêt que nous cherchons dans Thistoire. La vie de GromweU par Harris n^est qu^un abrégé
n OBSERVATIOirS
' fort court, qui se perd, pour ainsi dire, au milieu d'une foule de notes savantes, mais incomplètes, .et de citations souvent contradictoires. U Examen critique et historique de la vie de Cromwell par Banks est une dissertation ingénieuse et hardie, où Fauteur s'est plus occupé de faire prévaloir ses opinions, que de suivre le développement et Tordre des faits historiques. Ces deux ouvrages remarquables, l'un par les recherches, l'autre par les vues, m'ont indiqué plusieurs inexactitudes de Hume, qui, dans la marche rapide de son histoire , exposant les faits principaux avec beaucoup de justesse et d'éloquence, et portant ses regards sur un si vaste espace, ne pouvait ni constater ni réunir tous les détails particuliers.
Mais ce qui peut sur-toùt justifier l'entreprise d'une nouvelle histoire de Cromwell, c'est le grand nombre de mémoires originaux, trop peu consultés , et dans lesquels il est facile de
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recu€|ll|r/iine foule de particularités curieuses sur le caractère et le gouvernement de cet homme extraordiioaii^e. Quelques-uns de ces ourrages , conservés long -temps manuscrits dans diverses familles, étaient inconnus aux historiens anglais, et nont paru que depuis peu d'années : tels sont les Mémoires de mis^ triss Hutchinson, ouvrage d'un tour original, dicté par l'enthousiasme reUgieux et républicain, et propre à faire connaître les mœurs du temps par les passions mêmes de Fauteur.
Un autre ouvrage, plus récemment imprimé, les Mémoires du colonel Newport , officier royaliste, Eté présente pas une lecture moins instructive, quoiqu'il soit trop rempli de ces détails militaires qui se trouvent également dans les écrits des divers partis. Snfin , (es Mémoires de Jacques II, qui viennent d'être publiés de la < manière la plus authentique , révèlent, sur la même époque, quelques par* ticularités inconnues ou peu prouvées jusqu'alors, a .
IV OBSERYATIOWS
Malgré rabondance de ces sources nou* veiles, je me suis d'abord attaché aux recueils plus anciennement connus, et dans lesquels la. préoccupation d'un seul objet de^ vaiC me faire découvrir des circonstances oubliées par les autres historiens. Après les Mémoires de Ludlow et deWhitelocke, je place au premier rang, soos ce rapport, la volumineuse collection de Thurloe. Ce vaste répertoire de pièces souvent officielles renferme une foule de notions précieuses , inconnues ou négligées , et qui seront pour la première fois employées dans cette histoire. Des yeux plus exercée en découvriraient davantage ; mais c'est là que j'ai puisé beaucoup de détails, entièremeiit neufs, sur l'administration de Gromwell, sur sa politique extérieure, sur ses relations avec Mazarin, sur ses démarches envers di£Eérents chefs de parti. Les séances du parlement, les-noipbreux discours de Cromweâ, les procès du temps, les écrits des fac-
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tions, les sermons des prédicateurs, les spéculations des publicistes, fournissent égale-^ ment beaucoup de notions ou de conjectures nouvelles; car l'histoire d'une époque peut se lire, pour ainsi parler, dans les raisonnements, ou dans les pensées qui occupaient alors lei esprits ; et les idées même sont un fitit quel<* quefois le plus important de tous. Ces diSé^ rentes recherches, qui m'ont été inspirées par l'amour de la vérité, et par ce xèle d'exacti* lude qui naît du travail même, donneront quelquefois un résultat contraire à des opinions assez généralement adoptées; mais il n'y a ni prétention ni mérite à bien examiner les faits, et à les appuyer par des dtations nouvelles.
S'il ne s'agissait pas ici d'une histoire complète et circonstanciée ; si l'on demandait ces oregards pénétrants et rapides^ jetés sur un personnage historique , et ces grands traits qui le caractérisent , tout le monde a le souvenir des expressions de Boésuet ; et , d'un