LIVRE QUATRIÈME. ^6l
ils furent tous fusillés (i) le lendemain, avec le gouverneur. Un prêtre catholique, qui leur servait de ' chapelain , hit pendu. A Tépoque de ces abominables barbaries , le parlement i65o. passait un acte pour la propagation de l'Évangile en Irlande (a). Cromwell marcha sur Kilkenny, ville forte , qui avait été le centre de la révolte. Un premier assaut n'ayant pas réussi, . et la garnison paraissant animée par le désespoir, Cromwell accorda cette fois une capitulation moins sanguinaire que de coutume (3).
La ville , en payant une taxe de deux mille livres sterling, fut préservée de toute violence, et le gouverneur, les ofBciers et les soldats obtinrent la vie et la liberté.
Ce rapide succès de Cromwell était favorisé par les divisions qui régnaient dans le parti ennemi. Les Anglais royalistes et les Irlandais catholiques se reprochaient mutuellement leurs défaites. Il n'y avait pas plus d'obéissance que d'union. Le gouverneur de Waterford ne vou-
(i) Liidlow*8 memoin, v. i, p. 807.
(a) Whittlocke's memorials , p. 484.
(3) Idem^ p. 434*
•Jt6a HISTOIRE DE CROMWKLL.
lait plus reconnaître l'autorité du marquis d'Ormonde,et lui refusa l'entrée de cette place. Beaucoup d'officiers irlandais se détachaient d'ùiie cause perdue, et s'engageaient au service d'Espagne. On répandait la nouvdle du départ du marquis d'Ormonde.
Le parfement, inquiet des agîltations d'Ecosse, et prévoyant une guerre inévitable, avait écrit, dès le huit janvier, au lieutenant-général , pour pfresser son retour. Cromwelï , soit que la lettre fat parvenue trop tard , dans le mouvement de la guerre , soit qu'il eût voulu achever la conquête de l'Irlande, affecta de n'avoir reçu cet ordre que le 21 mars, et u'y répondit qu'au moment de la prise de Kilkenny.
Après avoir expliqué ce retard, il ajoutait (i): a Ayant reçu une autre lettre du 26 février, c( qui n'exprimait pas la continuation de votre « wolonté relativement à mon rappel , j'ai a pensé , dans mon humble opinion , qu'il était « de mon devoir de vous demander humblece ment l'expression positive de votre volonté ;
(1) Whitelocke^s memorials, p. 4^3.