‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 106 sur 160 · LIVRE QUATRIjfeaiF. '26'J · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIjfeaiF. '26'J

Ireton , successeur de Cromwell , montra le même g^nie, la même inhumanité, couverte des formes d'une justice sévère. Telle était, du reste , la force du mouvement imprimé par Cromwell, que la soumission de Tlriande s^acheva presque sans combat. Il avait éloigné la jeunesse ' guerrière du royaume. Il avait établi la domination anglaise dans les deux provinces les plus importantes, celles de Munster et d'Ulster; il avait en partie dompté les autres , et sur-tout il avait rompu le faisceau de la rébellion (i) , en se ménageant partout des intelligences, et en gagnant beaucoup de moines catholiques qui livraient aux Anglais le secret de leur parti , ou souvent arrêtaient ses entreprises désespérées. Le malheur des Irlandais leur rendit des accès de fanatisme, quint leur furent pai» moins funestes que la perfidie et la désunion. Leurs éveques frappèrent d'^natkême lord Ormonde , et le foreèrent de céder sa place ^à un général catholique.

(i) Clarendon's hisCory, p. 624.

268 HISTOIRE DE CBOMWELL.

Les villes que Cromwell n'avait pas eu le temps d'assiéger ne tardèrent pas à se rendre. Ludlow, dont nous avons les mémoires, envoyé en Irlande avec le titre de lieutenant* général , concourut à la prise de Waterford.

C'est lui qui nous raconte qu'au siège de Limerick (1)9 la peste étant dans la ville, les habitants venaient se rendre au camp des Anglais , dans l'espoir d'y porter la contagion , et que , pour les rebuter de ce projet , on fit pendre ceux qui se présentaient.

La conquête assurée par la prise des villes et la dispersion des forces royalistes , fut maintenue avec une rigueur dont l'histoire moderne n'offre aucun exemple. Pour la première fois on vit reparaître , dans l'Europe civilisée , ce terrible droit de guerre des anciens , qui plaçait sous la main du vainqueur, les personnes, les propriétés, et les dieux des vaincus. On vit une nation entière condamnée comme rebelle, proscrite sur son propre territoire, et rachetant, potur ainsi dire, sa vie par la

(i) Ladlow*s memoirs, v. 1 9 p. 369.

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