‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 107 sur 160 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

perte de ses biens. En effet (i), après l'exécution des principaux chefs, la confiscation, sous le nom d'amnistie, s'étendit à tous les Irlandais catholiques , à tous ceux qui avaient partagé l'ancienne rébellion, à tous ceux qui avaient pris les armes pour le Roi. Après qu'on eût séquestré les terres de lord Ormonde, de lord Inchequin, et des autres seigneurs royalistes , le sol de llrlande , comme un domaine légalement confisqué, fut partagé, vendu, donné. On en livra la plus grande partie à des négociants, qui avaient avancé des fonds pour soutenir la guerre. Une portion fut distribuée aux officiers et aux soldats, en récompense ou en paiement de leurs services. L'Irlande devint un fonds sur lequel on acquitta toutes les créances que réclamaient les vainqueurs.

Elle servit à combler la dette immense de la j guerre civile , et à satisfaire l'avidité de l'armée. Les membres du parlement ' furent associés dans le partage ; et tous ceux qui avaient concouru à la mort du Roi , reçurent de vastes 1^— — .-^— — — ^— <— «i^-^— 1^1»^ Il ■— p— M— —

(i) Clarendon*s hîstory, p. 646*

possessions. Clarendon suppose , ss^ns aucuut vraisemblance , que CFomwell réserva pour sa part la province de Tipperary, Ludiow^ si acharné contre Cromwell, ne lui reproche pas de s'être rien attribué dans le budn.

Cromwell avait une ambition plus haute : il distribuait les fiuits de sa conquête à ceux qui pouvaient servir son autorité.

Que si vous demandez ce que devint la

nation proscrite , le voici : La province de

ConAaught (i), séparée du reste de l'Irlande

par la rivière de Shannon , o£Erait un terrain

assez vaste , que la contagion et les massacres

avaient rendu entièrement libre et désert Un

ordre du parlement prescrivit, sous peine de

mort , aux Irlandais catholiques d'être rendus

tel jour dans cette enceinte, et donna le droit

de tuer tous ceui^ qui en sortiraient , sans

excepter les enfants et les femmes. Un reste

de justice se mêlait à Texéçutip^ de ces odieuses

lois ; et dans le partage du territoire de Con-

naught, entre ces nouveaux habitants qu'on

(i) A Continuation of Clarendon'» liiè, t. it^p. xi4.

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