‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 115 sur 160 · LIVRE CIirQQIÈME. nS · texte numérisé non relu

LIVRE CIirQQIÈME. nS

C*est la pire de toutes les rançons, parce qae la nécessité même ne Tempéche pas d'être avilissante. Ce calcul n'avait point échappé aux i6So. Presbytériens d'Ecosse. Le parti le plus opposé à la royauté espérait même que Charles II n'aurait pas le courage de surmonter tant de honte. Argyle (i) fut étonné d'apprendre que le jeune Roi s'était embarqué , et qu'il avait éloigné ses chapelains anglicans pour mieux témoigner son entière adhésion à l'église presbytérienne* On se hâta cependant de lui faire signer le covenanty avant qu'il eut mis le pied sur le rivage d'Ecosse. Argyle {%) le reçut avec de grands témoignages de respect Mais en passant par la ville d'Aberdeen , il vit suspendu aux murailles un des membres du malheureux Montross. Les seigneurs qui l'avaient suivi s'étaient éloignés; On lui donna de nouveaux domestiques. Enfin les ministres puritains prirent possession du jeune Roi, et, sous prétexte de l'instruire dans la vraie reli*

(i) Clarendon** hUtoiy, p. 604.

(2) Idem.

a88 HISTOIRE I>E CROMWELL.

gion, ils ne le quittèrent pl^ un moment, l'assujettissant à leurs longues prières , et lui faisant observer le jeûne du samedi plus rigoureusement que les Juifs n'observent leur sabbat. Il était accablé à-la-fois de tout le cérémonial du trône , et de toutes les servitudes du cloître. Si ce jeune prince aimable et gai s'avisait de rire un samedi (i), ses incommodes gardiens, dans la plus humble attitude et les genoux en terre, lui adressaient de dures réprimandes.

On le forçait d'assister à des prédications remplies d'injures contre les péchés de son père et l'idolâtrie de sa mère.

Du reste, cette cour nouvelle, uniquement occupée de la conversion du Roi , ne lui donnait aucune part dans les affaires. C'était la politique du marquis d'Argyle qui , du moins parlant au Roi avec l'esprit et la grâce d'un courtisan, lui présentait seul un visage humain , au milieu de cette troupe d'ennuyeux fanatiques. Le jeune Roi , sans pouvoir et sans liberté, souscrivait à tout. A ce prix, il fat

(i) ClareriLlorr.s hislory. p. 6o/|.

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