‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 114 sur 160 · LIVRE GIirQUI J;ME · texte numérisé non relu

LIVRE GIirQUI J;ME

cence, U ne s'indigna pas de Téchafaud; il conserva dans ce moment un visage doux et .serein, qui montrait que cette intrépidité contre la mort, et même contre les apparences de la honte, ne lui coûtait aucun effort sur luimême. Il parla longtemps des vertus du dernier. Roi. U fit l'éloge de la justice et de la bonté de Charles II , et recommanda aux Écossais de ne pas le trahir, comme ils avaient trahi son père. On crut lui faire encore un outrage, en suspendant à son col, au moment de l'exécution , un livre qui contenait le récit de ses premières expéditions eu Ecosse. U répondit, en souriant, que cette décoration lui allait mieux que l'ordre de la jarretière. Ensuite , sans écouter les ministres piu:itains , ayant prié avec ferveur, il livra son corps au supplice. Le peuple , remarque White-* locke , vit sa mort avec beaucoup de regret et de douleur. Le cardinal de fietz qui se connaissait en hommes, et qui ne devait pas s'enthousiasmer trop aisément pour les martyrs de la fidélité , a dit de Montross , que c^était le seul homme qui lui ait rappelé ridée

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de certains héros, que Von ne wni plus que dans les vies de Plutarque, Montross était d'ailleurs ua esprit heureux et brillant^ sensible à la poésie , et nourri de oe que lem lettres ont de plus toudbant et de plus élevé. La veille de sa mort^ il fnit en vers la noble réponse q[ue Fidée de son supplice lui avait inspirée. Lorsque le charme des beaux-arts se rencontre dans une ame naturellement forte et grande 9 il sort de ce mélange les plus beaux modèles de la dignité humaine. C'était le ca* ractère de presque tous les grands hommes de l'antiquité.

Il est difficile qu'un Roi puisse jamaii descendre à une plus tri$te humiliation que celle de Charles II , achevant de traiter avec les meurtriers de Montross 9 et (i) recevant de leur part l'ironique assurance , qu'ils n'ont rien &it en cela que pour son intérêt. Cette situation a beaucoup de rapport avec celle du roi Auguste, forcé d'abandonner le malheureux Patkul à la veiigèance de Charles XII.

(i) AYhitelocke*A m«i||DriaU, p. 44a.

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