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dans un bras de mer, auquel elle donne son nom.
Les troupes de Charles étaient couvertes par des fortifications qu elles avaient élevées durant l'hiveri Cromwell leur présenta inuti-^ lement la bataille : il emporta sous leurs yeux une forteresse défendue par une de leurs garnisons ; et , ne pouvant les tirer de leurs retranchements, il résolut de faire occuper le comté de Fife , sur l'autre bord de la rivière Forth. Lambert battit dans cette province un détachement de l'armée royale, commandée par le major-général Brown, qui avait autrefois servi le parlement. En annonçant cette victoire au parlement (i), Cromwell ne manque pas d'en faire le sujet d'une exhortation sévère. Il demande qu'on efface tout ce qui peut blesser les yeux jaloux du Seigneur, et que l'on cherche de plus en plus le bien général ; « car les yeux du Seigneur courent çà.et.Ià; « et comme il distingue ses ennemis pour les (c punir, de même il n'épargnera point ceux
(i) The ParliamenUry historj, ▼. six, p. /|<).'|. /. r
« aux<{U«lB il fait du iÀen y s'ils ne devienimit « pas meilleurs pour prix de sa douce sMen^ « lion. J'ai rhiunble hardiesse de tous rappe- « kr ce deroir dans les propres tenaes de « David, psamne 119, verset i34 : Seignetir^ a déliTrennei de ToppreBsion des iionuMs, et « je garderai tes commandements. »
Le lH*uit de cette défato fit faire un Mouvement à l'armée de Charies, po«ft* sei4ippi*6dier de la ville de Sterling. Crottiwell la suivit , sans pouvoir la forcer à atie bataille ; il fit alors passer une piatîe de son aMiée dans le comté de .iPife , poiHr porter sur ce point tout Teffort de la guerre. Il y passa bientôt h»iméme , et s'empara de la ville de St.-f dwstown. Il se trouvait aiilsi derrièi^ le ftoi, et lui fermait Tizrfeérceul* de TÉcos^^ mais fl laissait la route d'Angleterre ouverte devant hn. Cromwell dédaigna trop son enhemi; il pl'évit xnependant ce que Oharies pouvait faire., puisque, le 26 juillet, li écrivait (i) su parlement qu'il avait laissé assee de tik>upes pour arréf;er la
(i) The Parliamentarj history, ▼. xix, p. 5oo.
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marche du Roi , s'il essayait de passer en Angleterre. Cette précautioii rassura ri peu le parlement, qu'il autorisa sur-ie-obamp le oonseîl-d'état à mcmter quatre mille hommes i65i. de ^QO«ipes noui^elles , et fit tous les prépara* tifs dont l'audace de Charles justifia bientôt k aéoesfiité.
Quand Charles vit derrière lui Cromwell , qui pouYait , .en affiunant son oamp , le forcer à combattre y et qui , Yainquetu* , lui "fermait l'asyle .des montagnes, aiors ses craintes et son ço«irage le préc^itèrent à-larfois smr FAngleterre. Les provinces du nord étaient favordides à sa cause ; il résc^ut de nu^cher par-^là' droit à Londres. C'était au moins la plus belle flftanîère de -se perdre. Il pouvait tout espérer d'une pareille surprise , et de la soudaine révolution .des esprits. Argyle refusa de suivre le Roi. L'eatrqprise fut conduite avec tant de seeret, que le iRoi, parti le 29 «juillet, avait un jour de mardbe , avant que Cromwell (ut instruit de sa résolution. Le 6 août il entra en Angleterre par Cartide, avec une armée de seize mille hommes , qu'il espérait grossir
3a4 HISTOIRE DE CROMWELL.
d^ns la rapidité de sa course. Un de ses plus fidèles amis, le comte de Deil>y, retiré dans Vue Vie Man , depuis la fin de la guerre , avait été prévenu de Fentreprise , et devait lui amener sur son passage ce qu'il aurait pu réunir de troupes.
IMais au bruit de cette marche , Cromwell se hâtait. Il fit d'abord partir Lambert et quelque cavalerie , pour suivre la trace du Roi, avec ordre d'inquiéter sa marche , mais de ne point risquer d'action , et de conserver ses forces entières, jusqu'au moment où lui-même arriverait avec le reste de l'armée. Il choisit Monck, pour maintenir l'Ecosse en son absence. Il le chargea de veiller particulièrement sur Édinbourg et sur Leith; et comme il ne pouvait lui laisser de forces considérables , il lui prescrivit d'être sévère et menaçant, d'intimider la noblesse , d'imposer silence aux prédicateurs, et de faire main-basse sur les garnisons qui se défendraient: instructions (i) que ce général suivit avec une exactitude qui le rendit la terreur de l'Ecosse.
(i) Clarendon*8 history, p. 6i5.
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Ayant dépéché toutes ces mesures , Cromwell se mit en marche trois jours après le départ du Roi. Il avait écrit au parlement pour le rassurer sur cette invasion , et pour se justifier de n'avoir pu la prévenir. Il annonçait que l'armée royale était suivie par Lambert , et trouverait sur son passage Harrisson et le colonel Rich. Il promettait de l'atteindre bientôt lui-même, avec ses vieux soldais et le secours du Seigneur,
Le conseil - d'état avait reçu, le 9 août, la nouvelle de l'entrée de Charles sur le territoire anglais. Harrisson annonçait cette entreprise comme un acte de désespoir, sans importance et sans but. Le parlement se hâta cependant de voter toutes les mesures violentes que le péril inspire dans les révolutions, des levées extraordinaires de milice, le désarmement des mal - intentionnés , la peine de mort et la confiscation contre tous ceux qui con>espondraient avec Charles Stuart. Rien de . plus rapide que les préparatifs de défense : en quelques jours, la campagne fat inondée de milices parlementaires. Lord Fairfax, rap-
3ll6 IIISTOIRB UK CROMWELL.
pelé au cevasomidttmewat y parut à la fête d'iua corps eoiisidérdble.
i65i. Charles avançait à grands pto à travers le Laocashire : par - tout il était proelamé Roi d' Angleteire , d'Écotee, de France et dHEriande. Le comle de Derlu^f t'était rémi âdèleiftent au Bctt , qui le renToya de naanfetÊa pour aoide- Ter les habitanÉs. Le 16 aoàl , le Roi reiM30ii- Ira, pour la preaaîère fbit , Tetuieinî. Lambert avait rejoint Harrî^soa pour défendre le passage d'un pont. Le poste Ait emporte par les Écossais , qui se prédpitèreiit sur les eimemis en criaiit: ce Afa 1 nùdérableg, nous Vd«iÈ joit>- « drams , araiit qile votre GM^nn^Fell n'arrivé. » Cependant l'armée du Rot t^ grossissait pêi.
La terreor des décrets parlementaire (Miillldait les kabôants. Une tidieûle superstition presbytérienne miistt eneore â là eaUse rojale. Le major Alassey^ envt)yé en s^ant de Tarmée pour recruter des Royalistes, reçut ordre des inintatres de prodaiher qu'il n^enrôlerait que des hommes sincèrement attachés au tovehant. Le R<»i s'en) pressa tle démentir tet ordre ; mais le premier enthousiasme était détruit;