‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 131 sur 160 · LIVRE eiNQUIÈMl · texte numérisé non relu

LIVRE eiNQUIÈMl

une auberge de la petite ville de Lime , et faillit d'être victime de ce mécompte. C'était le jour de la fête du lieu : un tisserand, qui avait été soldat dans la dernière guerre , et qui était grand fanatique et grand prédicateur , dédttm^it violemment dans l'église contre l'ancienne floonarcfaie , et disait , pour enflammer les esprits , qve «c le Roi était cajdié quelque « pMt dans le comté, et que celui qui par-- « viendrait A le ^découvrir mériterait beaucoup « Qux yeux de Dieu. » Un maréchal , qui ferrait les chevaux dans fauberge où se tix>u^ vaîent Charles et Wilmot, ayant examîcué les pieds de leurs chevaux, remaropia qu'ils ve^ ttaient 4« loin, et ^'ils avaient «été ferrés dans quatre comtés différents. Il alla conter la chose dans fégltse. Le bniMt ieii vint aux oreilles du prédicateur, qui soûle va aussitôt to^t )e: peuple, ¥% fit courir après les deux yof^ageurs, décla* rai|t que Tun^d'eux était eertsig twàu nt CJbaiJes StMTt. Mais le Roi, lassé d'attendre, était déjà retourné dans le château du colonel Windhaip , d'où l)ientpt U partit pour chercher, ^ns le comté de Sussex , une m^Ênt ocoasios de s'embarquer. 2 a «

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Dans ce voyage , le Roi traversa plusieurs corps de troupes parlementaires , et rencontra près de Salisbury le colonel Desborough^ beaufirère de Cromwell. Il se cacha quelques jours chez une veuve nommée Hyde; de là le fidèle Wilmot avait préparé de nouveau le passage du Roi sur un navire qui tout-à-coup fut requis pour transporter les troupes parlementaires dans File de Jersey. Le Roi, revenu dans son asyle, parvint enfin, par le. secours d'un ancien o£Bcier royaliste^à trouver une barque de pécheur <lans la petite ville de Brittheœsted, près Portsmouth. Dans la terreur que répandaient les décrets parlementaires, cette dernière ressource faillit encore manquer. Le patron de la barque reconnut le Roi , et fut tenté de gagner la récompense promise. Un historien (i), qui tenait ce récit de la bouche du Roi , raconte que cet homme fiit encouragé par sa femme , qui lui dit : « Fasse le Ciel que ff tu sauves le Roi! il m'est égal ensuite de jnen-

(i) Qttod ab ore ipsitis régis haurire ituhi datum est. Elenchttf motaam nuperomm a Bateo, p. a3o.

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« dier mon pain avec mes petits en&nts ! i» Au moment de mettre-à la voile , le patron de la barque , voyant un des passagers qui fumait sa pipa dans le visage du Roi, lui dit de s'é« loigner, et de ne point incommoder ce gentilhomme. Le passager, soit par hasard, soit qu'il reconnût Charles, recula de quelques pas en murmurant ce proverbe anglais : Un chien regarde bien le Roi. Charles vit enfin la barque s'éloigner de ce dangereux rivage.

Ses sujets fidèles d'Angleterre et ses amis dis* perses dans l'Europe, après trois mois d'incertitude, apprirent qu'il était débarqué sur les côtes de Normandie. De retour à Paris, il fut rejoint par le fidèle (i) Ormonde, que la ruine de la cause royale avait chassé d'Irlande , à la même époque où le jeune Roi vaincu s'échappait d'Angleterre.

(i) Memoira of a cavalier, p. 2^4.

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