HOTES DU LIVRE PREMIEB
X Acs 6. — On a suivi dans cette histoire Tancien calendrier tel qu'il avait été maintenu dans le» États protestants, et tel qu'il existait en Angleterre; ayant les réformes introduites sous Charles II , par TéTéque Sancroft , et le docteur Pell , mathématicien que CromweU avait protégé»
Ce calendrier plaçait au i^ avril le commencement de Tannée ; il en résulte de légères différences dans la supputation du temps ; mais on a eu .pour but en cela de conserver , ainsi que Ta fait M. Hume , les dates primitives des pièces officielles , et certains anniversaires auxquels il est fait allusion dans la suite de l'ouvrage.
Une autre remarque a pour objet l'orthographe des noms propres ; elle varie beaucoup dans les meilleurs ouvrages. On trouve indifféremment HoUes et HolUs^ Ormond et Ormonde^ Monk et Monck ; le nom d'J7«xlerig est écrit Hasleri^, Hasselri^e ^ Besselrige ; le nom de Desboroug est souvent écrit Deshrowe et Dishrow * le château de Holdenbjr s'appelle quelquefois Holmby : j'ai toujours choisi l'orthographe employée dans. les documents les plus authentiques.
Page a5. Voici ks principales dispositions du copC" nant : ^
i" Nous jurons que nous entreprendrons sincèrement^ réellement et constamment, dans toutes nos places et
4oa NOTES DU LIVRE PREMIER.
fonctions , de maintenir la religion réformée de legtise d*Écosse dans la doctrine, le culte, la discipline et le gouvernement contre nos ennemis communs ; que nous entreprendrons la réforme de la religion dans les rojaumes d'Angleterre et d'Irlande , pour la doctrine , la discipline et le gouvernement, selon la parole de Dieu et l'exemple des meilleures églises r^ormées; et que nous nous efforcrerons d'amener les églises de Dieu dans les trois royaumes, à la plus étroite alliance et unité pour la religion, la profession de foi , la forme du gouTemement ecclésiastique, la direction du culte et de l'enseignement religieux.
a** Qtie nous travaillerons de la même manière , sans égard pour les personnes , à l'extirpation du papisme et de l'épiscopat (c'est-à-dire du gouvernement ecclésiastique pat les évéques , les archevêques , leurs chanceliers et commissaires ,les doyens da chapitre , etc.) , ainsi qu'à celle de là superstition , de Thérésie , du schisme et de l'impiété , et de tout ce qui sera trouvé contraire â Ja saine doctrine.
3^ Avec la ikiëme sincérité , elMcacité et constance , nous travaillerons de nos fortunés et de nos vies à con-
llervèfr f'écip^o^ueibent lès di^ôits et privilèges dn parfetaent et les libertés du peuple , et à préserver et défendre la persohne du Roi et son autorité , dans lé maintien et la défense àe la religion et des libertés àa royaume , afin que le monde puisse porter témoignage , d*accord avec tiotfe conscience, de notre loyauté, et parce que nous n^àvôus ni intention, ni pensée de ditelnuer le juste pouvoir de sa Majesté.
4*^ Nôtis'nous eflbrcerdns fidèlement de diksomrrir tous ceux qui ont été ou qui seront incendiaires , malveilltaits, pemiciéiii instruments, en empéchaat ia réformation de la religion, en séparant l« roi de son peuple, ou l'un des royaumet d'un autre , ou en excitant parmi le peuple
KOTES DU LIVRE t^REMIER. ^oi
des factions ou des partis contraires à œ cQvenanty afin qu'ils soient publiquement jugés , et reçoivent une punition proportionnées leurs offenses. Clartndon*s hUiory, p. 359.
Page 63. — On a conservé le .précis de T^ccus^tion iatentce par Cromwell coutre llf akMshester. «11 est de toute notoriété que le comte de Manchester a cputinué^lleme^t cherché par ses lenteurs à éluder é^en venir aux mains ; qu'il a toujours été opposé à l'opinion de terminer U guerre par Tépée , et entièrement partisan d*un tel repos, qu'une victoire était regardée par lui comme un désavantage \ ce quUl ne cessa de prouver par des actions et d|çs prJEncipes ^najlogues,et.une conduite qui ne s'est pas djémentie. Depuis la pi:ise d'yorck, sur-tout, il s'est, cojns tamm.ent refusé à tçut-cequi pouvait tepdre ànoi:^^faice obtenir de plus grands avantages sur r.eunemi,(comi|^ si .le parlei^ent aviait alors assez de gloire). A cet effet,. il a san^ oesse négligé et éludé toutes les occasions 4® soutenir et relever notre pause ( priuci|)alement à TaCFaire de t)ennigton-Castle ) ; trouvant sans doute que le parti du Roi était trop faible et celui du.parlement trop fort.
«11^ également entraîné l'armée par son mauvais exemple , et l'a mise dans une position telle, que .l'ennemi en a toujours tîrédfe nouveaux avantages; et encore avant sa jonction avec les autres cofps de l'armée, il a agi, de sa volonté absolue contre et sans l'avis de son conseil , et malgré les ordres réitérés du comité des deux royaumes, qu'il piéprîsait et dont il se moquait. Depuis la jonction, tautôtil cherchait à égarer les conseils de guerre, tantôt .il leur persuadait de laisser échapper une occasion , puis une seconde, puis une troisième , jusqu'à ce que, ne poa> vanf plus trouver de prétexte, U finissait par leur faire «atemifeq«\i éMritfffosxoiivenabl^ de ne pas combattre du tout. » 2^ .
.4o4 KQTES BIT LIVKB SBCOSB.
îfOTES DU LIVRE SECOXD.
Page 104. — Cette mysticité, pour ainsi dire officielle , employée par Cromwell dans les relations qa*il adresse au parlement , se retrouye à la même époq[ae dans sa lettres privées. Fant-il , d*après ce fait , supposer comine Toi taire , qne Cromwell fut long- temps fanaticjae de bonne foi , et qu^il devint hypocrite à mesure (pie son esprit se raffina parle progrès de sa puissance? ou faut il croire que Cromwell , ainsi que Mahomet , fit ses premières dupes dans sa famille , et commença par l'illusion des siens, le prestige qu'il voulait étendre autour de lui? n me parait difficile d'adopter l'opinion de Voltaire , et de croire que cette vie politique , commencée à Tâge 'de 4a ans , doive se diviser en deux parts , l'une de fa.-aatisme, l'autre d'hypocrisie. An reste , voici quelquesunes des lettres religieuses que Cromwell , déjà puissant et célèbre , écrivait aux personnes de sa famille. La première , datée de 1646 , est adressée à sa fille Bridget , mariée nouvellement à Ireton :
« Chère fille , je n'écris pas à ton mari , en partie « pour lui épargner de l'embarras ( car une ligue de moi «lui en fait écrire beaucoup , ce qui , je crois , le fait « veiller trop tard) , et en partie , parce que je suis moi- « même indisposé en ce 'moment , et que j*ai quelques « autres occupations. Vos amis de l'Ile d'Ely se portent « bien ; votre sœur Cieypole est tourmentée par quelques « pensées inquiètes (je me fie à la miséricorde du Seî- « gneiir); elle voit sa propre vanité et ta disposition « charnelle de son ame ; elle en gémit et cherche celai
(i) £uù «or 1«» Mmbs , t9B. ir. <— Dictiomaira philatophig—^
irOTE& DIT LITRE SECOND. 4o5
qui tloit la satisfaire. Chercher ainsi, c'est appartenir à la secte la pins heureux , après celle qui trouTe , comme doit y parvenir tout chercheur humble et fidèle. Heureux chercheur , heureux trouueur ! Qui a jamais goùtë combien le Seigneur est doux, sans éprouver quelque retour d*amour propre et de faiblesse ? Qui a jamais goûté cette douceur de Dieu et pourrait devenir moins xélé dans son désir , et moins pressant pour obtenir la pleine jouissance du Seigneur? Ma chère amie, poursuis toujours le Seigneur, que ni ton mari ni aucune chose au monde ne refroidisse tes affeetions pour Jésus^Christ î j*espère qu'il sera pour toi une occasion de les exciter encore. Ce qu'il y a de plus digne d'an^our dans ton mari , c'est ce qu'il porte en lui de l'imagé, du Christ. Fixe là tes yeux ; voilà ce qu'il faut aimer avant tout , et tout le reste pour cela. Je prie pour toi et pour lui. Faites de même pour moi. Mes respects et mes tendres affections au général et à sa femme ; j» sais qu'elle est fort bienveillante pour toi : cela ajoute à tous mes antres motifs de reconnaissance, .mon
amour à tous.
« Ton père chéri , Ox.rviEa C&okwkll. »
Ix>ndres , %S octobre 1646.
A sa fille bien-aimée Bridget Ireton , an quartier-gé* nér^l. — - Harrùs Ufe of CromweU^ p. 535.
Une antre lettre de Cromwell à sa femme , présente le même caractère, et n'est pas moins curieuse :
« Ma très-chère , je ne serais pas content de moi, si % je. ne profitais de cette poste, quoique je n'aie pas
< beaucoup de choses à t'écrirc. Cependant j'aime à
< écrire à ma bien-aimée , qui occupe tant de place dans % mon cœur. Cela me réjouit de savoir que ton ame pros- « père, et que le Seigneur augmente de plus en plus set.
4o(i WOTES DU lilVRE SECOIfD.
faveurs pour loi. Le grand bien que ton ame peut désirer , c est que le seigneur verse sur toi la lumière de sa protection , qui vaut mieux que la vie. Puisse le Seigneur bcpir les bons conseils et les bons exemples que tu donnes à ceux qui sont près de toi ! paisse- t-il entetidre tontes tes prières et t'exaucer toujours \yai de la joie d'apprendre que ton fils et ta fille sont avec toi, J>spère que tu trouveras quelque bonne occasion d'un bon avis peur lui. Présente mes respects à ma mère < mon amour à loute la famille. Prie de nouveau
pour celui qui est à toi.
« Q. CaoïcwELi.. »
Edimbourg, 3 mai i65i,
D*aprês Toriginal conservé dans la bibliothèque Harleîenne^ mss. 75oa.
Je livre au lecteur ces lettres ascétiques, qui semblent pi os dignes de madame Gnyon que d'un conquérant. S'il ne veut pas y voir une habitude de langage et une intention de tromper, qui n*esl puissante que lorsqu'elle est de tous les moments, on peut en conclure que Cromwell était de bonne foi. Indépendamment des diverses preuves que j'ai opposées à cette opinion, et du témoignage des ennemis de Cromwell qui, fanaBaes ou non, Taccusent tous d'hypocrisie, je puis citer l'autorité d'un témoin impartial et indifférent. L'ambassadeur de France, de Bordeaux, écrivait, à4'occasion du zèle que Cromwell montrait pour le protestantisme : « Lés bruUs qu'on fait courir du général ne sont « pas vrais : il affecte bien une grande piété ; mais par « une particulière communication avec le Saint-Esprit. « Il n*est pas si faible que de se laisser prendre par des « flatteries. Je sais qu'il s'en est moqué avec Tambassadeuc « de Portugal. » Thurhe^s state papers^ v. i , p. aM.
Page Ï14. — St. John, dans une lettre où il annonce à Cromwell les dotations que le parlement lai ac-