‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 154 sur 160 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

Page 33o. — On trouve dans les premiers ouTragcs théologiques de Milton des allusions an projet de poëme épique qn*il a réalisé si long-temps après. Dans un premier traité sur )a réformation de Téglise , après aToir tracé rimage de la justice et de Tindépendance qu*ii espérait Toir bientôt régner sur la terre , il s*écrie plein d'enthousiasme : « Alors parmi les hymnes et les alléluia « des saints , peut-être quelqu'un pourrra se faire enten> « dre, élevant ses chants jusqu'à Dieu dans un rhjthme « nouTeau ^ pour célébrer , 6 Seigneur, tes divine^ miséa ricordes et tes miraculeux jugements , sur cette terre ^ « dans }a durée des âges. » Dans un autre ouvrage , intitulé : Raisons du gouvernement de VégUse^ Milton laisse entrevoir plus clairement encore les idées poétiques qui obsédaient son génie : à la sécheresse barbare de Targumentation puritaine, se mêlent tout-à-conp les noms d'Homère, de Virgile, du Tasse et les rêveries du poète agité par le pressentiment de ses inventions futures. Ce sont, pour ainsi dire, les éléments d'une création inceP' taine et confuse; mais on peut appliquer ici , dans un sens tout profane, les paroles de Técriture. L* esprit de Dieu était porté sur Vabyme^ Spintus Dei ferehatur super aquas. Le souffle du génie semble en effet planer sur ce chaos des premières pensées de Milton. « Dans peu d'an- « nées , dit le poète théologien, j'acquitterai la dette que je « contracte; il s'agit d'un ouvrage qui ne doit pas s'élever « du milieu des feux de la jeunesse et des vapeurs du vin, « comme ces vers qui coulent facilement de la plume d*an s limourenx vulgaire. L'œuvre que je médite ne sera pas

HOTES BtT LIVRE QUATRIÈHE. ^Og

obtenue par nne inTocation à Mnémosyne et a tes filles •éduisantes, mais par une ardente prière à cet esprit étemel qui peut nous enrichir de toute science et de toute éloquence, et qui envoie son séraphin avec un rayon sacré du feu de ses autels pour toucher et puri-> fier les lèvres de celui qu*il a choisi. Je ne trouve da plaisir, dit-il ailleurs, à révéler mon projet, long-temps avant l'exécution, que pour montrer par ces aveux avec combien de regret j'interromps la poursuite de si nobles espérances , et j'abandonne le repos et la douceur d'une solitude animée par d'heureuses et secrètes pensées, pour m'élancer sur cette turbulente mer (i) pleine de bruit et de rauques disputes , emporté loin de la brillante image de la vérité que je contemplais dans l'atmosphère tranquille et pure de mes études chéries »«

NOTES pu LIVRE CINQUIÈME.

Pag. 317. — La maladie de Cromwell fut annoncé^ dans toute l'Europe. La correspondance des chefs roya« listes à cette époque est toute remplie des espémnces que cette nouvelle leur donnait. « J'apprends , écrit Nl- « colas au marquis d'Ormonde , que Cromwell , tourff mente d'un flux de sang, e)t si faible de corps et « d'esprit , qu'il n'est plus ciipable de faire ou de diriger « aucune chose. »

Page 319. — Le docteur Bâte donne quelques détails singuliers sur ces ruses et ces jeux dé Cromwell. a Le général , dit-il , éprouvait les officiers par de rudes exercices; c^étaient des charbons ardents qu'ils se jetaient sur leurs bottes , des matelas qu'ils se lançaient à la tête. Quand il les voyait bien fatigués par un prélude de ce

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4lO NOTES DXJ LIVRE SIXIÈHE.

genre, et tout- à -fait en train de rire , il les amenait à quelepie ouverture de cœur ; et de cette manière il leur surprit AouYtnt dHmportants secrets. » Elenchus motuum nuperorum^ p. a 36.

Page 334. — Cromwell, dit Whitelocke, se rendit à Londres en grand appareil et en triomphe, accompa^é ée% quatre comniissaires du parlement , de beaucoup d'officiers principaux de Tarmce, et de beaucoup d'autres personnes de distinction. Il fut rencontré, hors de la\Ule, par Torateur du parlement, le lord président du conseild'état , beaucoup de membres du parlement et du conseil , le lord-maire , les scbérifs , les aldermen de Londres , la milice et des milliers de personnes de qualité. Il y avait une garde nombreuse de soldats à pied et à cheval, et des multitudes de gens répandus dans la camrpagne et dans les rues. Il fut salué, pendant toute la route ', jusqu'à sa maison , par des dédi^ges d'aTtilierie et de mousqueterie , et par ks acclamations et les cris de joie du peuple. Il se conduisit avec beaucoup d'affabilité et d'humilité apparente ; et dans tous ses discours sur la journée de Worcester, il ne faisait presque aucune mention de lui-même, et reportait à Dieu toute la gloire de cette action, fVhitelocke^s memoriais , p. 485.

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