LIVRE PREMIER
Cromwell , gouverneur de l'île d'Ely , et autorisé à y lever des contributions pour ses troupes y continuait la guerre de partisan :
il obtint quelques avantages dans le comté de Lincoln , et battit un détachement de l'armée royale, que Kew-Castle avait envoyé, sous les ordres de son frère le lieutenant- 16 '«3général Cavendish, pour reprendre la ville de Gainsborough , occupée par les troupes parlementaires.
Ce fut, dit Whitelocke (i), « le début de ce sa haute fortune, et il commença dès -lors a k paraître au monde. Il avait un régiment « de ses compatriotes , la plupart propriétaires, « qui pour les choses de conscience s'engaa geaient dans cette querelle sous sa direction. » Quelques historiens (a) ont avancé que Cromwell , après ce combat , fit massacrer le général ennemi avec tous les prisonniers. Ce fait nous paraît douteux ; car il n'est pas rapporté dans la relation adressée par Cromwell
(i) Whitelocke's memorials, p. 81-8S.
(a) Warwick's memoirs , p. 262.
au parlement ; et dans ce siècle de fanatisme et de sang, on se serait vanté d'ime barbarie avec autant de joie qu'on l'aurait commise.
Cromwell, après cette première victoire, se retrouvant vis-à-vis de l'armée de New-Castle , se replia , mais en bon ordre , et vint , après deux jours de marche , rejoindre près de Boston le comte de Manchester , qui avait remporté plusieurs avantages signalés, et ]e chevalier Fairfax, qui commençait cette grande fortune militaire , dont il fit si peu d'usage.
New- Castle suivit Cromwell , et détacha contre lui un corps de cavalerie pour l'attaquer avant sa réunion à Manchester. Cromwell , au premier choc, renversé de cheval, courut le plus grand péril. Son bonheur et son cou- . 'rage le sauvèrent ; et remontant sur le cheval d'un dragon , il poussa vivement les troupes royales qui furent vaincues , et laissèrent leurs plus braves gentilshommes sur le champ de bataille.
Réuni à son général par une seconde victoire , Cromwell prit part à la prise de Lincoln , et au siège de la ville d'Yorck. Cettç