‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 25 sur 160 · LIVRE PREMIER. S'J · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. S'J

ville était depuis quelque temps investie par les troupes de Manchester, de Fairfax, et par rarmée d'Ecosse , qui venait de pénétrer sans obstacle en Angleterre. Le prince Robert, l'un des parents et des généraux de Charles , s'avança pour la délivrer de ces attaques combinées. Ce prince , d'un courage égal à son

1644* dévouement pour le Roi , n avait d'autre défaut militaire que cette impatience de vaincre, qui souvent fait perdre ou manquer la victoire. Il commandait huit mille hommes. A son approche , les trois généraux réunis avaient abandonné le siège d'Yorck pour livrer bataille. Le prince Robert défit l'aile droite de l'armée parlementaire, et croyant la bataille gagnée sur tous les points , parce qu'on fuyait devant lui , s'abandonna sans réserve à la poursuite de l'ennemi. Les deux généraux parlementaires, Manchester et Fairfax, et le général écossais Leven, se retiraient. Cromvirell, qui commandait l'aile gauche de l'armée du parlement , soutint la bataille contre Faile droite de l'armée royale. Il emporta la forte position de Marston-Moor , qui donna

son nom à cette bataille. Le prince Robert revint trop tard de son inutile poursuite. Il fut entraîné lui-même dans la déroute de Tarmée. La moitié des troupes royales périt dans l'action. L'artillerie , les bagages , l'étendard du prince , tout fut «ilevé.

Quelques contemporains ( i ) ont accusé Cromwell de lâcheté dans cette journée , dont le succès lui fut généralement attribué. C'est une injure inyraisemblable et mal choisie. Il est fort difficile à un général de se passer de courage ; mais Cromwell ayait particulièrement besoin d'un excès d'audace , et plusieurs traits de sa vie attestent que la témérité même fut un de ses moyens. Quant à ces belles paroles que l'on a mises dans la bouche de Cromwell , arrêtant Manchester prêt à fuir : «Vous vous méprenez, My lord, ce n'est point cdà que sont les ennemis.» Aucun mémoire contemporain ne les rapporte. Du reste, il n'était pas besoin de cette noble et dure leçon , pour

(i) Memoirs of Denzil lord HoUea, p. i5.

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