LIVRE PREMIER. 6l
pouvaient Fachever et la mettre en sûreté ^ sans la chute du trône.
Ces idées extrêmes, fortement suivies par Cromwell, firent sa supériorité. D'autres officiers s'étaient distingués comme lui , Lambert, Fleetwood, Haslerigh, Overton; mais, par l'ascendant du caractère politique , il les réduisit tous à être ses lieutenants, ou ses victimes.
Les fiireurs du parti démocratique et des Indépendants , s'accroissaient également par les succès et par les revers. Vainqueurs, ils insistaient pour pousser la fortune; vaincus , ils excitaient la défiance contre la haute no* blesse, qui commandait l'armée parlementaire, avec un intérêt différent de celui du peuple. Essex et Waller donnèrent hientôt prise à ce dernier reproche. Le roi s'étant fortifié d'une partie de la garnison d'Oxford , battit Waller ; et s'attachant à suivre Essex dans le comté de Comouailles , il réduisit ses troupes affamées à mettre bas les armes. Les Presbytériens ont expliqué ce désastre par la
6a HISTOIRE DE GROMWELL.
perfide influence du parti indépendant , qui voulait détruire Essex; les indépendants (i), par les ménagements d'Essex , qui voulait forcer le parlement à se rapprocher du roi.
Le parlement répara ce désastre avec la plus grande activité. Il équipa de nouveau Tannée d'Essex, recruta les troupes de Waller, et lui ordonna de se réunir à Manchester^ qui maintenait les provinces de l'Est, et y avait considérablement fortifié son armée par le zèle 1644. et la popularité de CromweU. Les résultats de ce grand effort ne remplirent pas l'attente du parlement. Vaincu dans un combat près de Newburry , le roi se retira sur Oxford , reçut de nouveaux secours, et ne fut que faiblement poursuivi.
Cette inaction des généraux parlementaires donna de nouveaux prétextes aux plaintes et aux soupçons. Les républicains, par conscience , et les ambitieux , tous ceux qui avaient à craindre , ou des vengeances , ou seulement
(1) Memoirs of Denzil lord HoUis , p. a6. — Memoirs of Ludlow, V. I, p. 100.