‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 28 sur 160 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

la perte de leurs espérances, se réunirent.

L'hiver de 1 644 9 ^^ ramenant à Londres les généraux y membres du parlement, fit éclater la division dans la chambre des communes.

Cromwell accusa Manchester , son général , d'une trahison manifeste. « J'avais, disait* il, <( offert dans la dernière campagne d'attaquer « les troupes du roi , qui se retiraient de Newce burry. Je ne demandais que la permission ce de charger à la tête de mon régiment de (c Cavalerie , sans engager le reste de l'armée. « Mais le comte de Manchester rejeta mes intt stances et celles d'un grand nombre d'offi* « ciers , se bornant à dire , que si l'armée du «roi était détruite, ce prince en formerait « une autre ; mais que pour nous , si nous «éprouvions une défaite avant que l'armée (c du comte d'Ëssex fut rétablie , nous serions « perdus, et poiu*suivis comme des traîtres et cr des rebelles. »

Cromwell avait habilement calculé l'im-

(i) Parliamentaiy hifitory, v. VIII. — Clarendon's hîstonr.

64 HISTOIRE DE GROMWELL.

pression qu'un pareil discours devait pro^ duire sur l'orgueil de rassemblée. Les dernières paroles attribuées à Manchester parurent aussi coupables que s'il eût prononcé lui-même la condamnation de son parti. L'assemblée, accoutumée à redire sans cesse que les lois étaient de son côté, s'indigna de la pensée d'être punie comme rebelle.

Ce que les partis pardonnent le moins à leurs adhérents, c'est la défiance du succès, et le doute sur la justice de leur cause. Manchester , pressé par cette défaveur publique , ne désavoua point en effet le motif qu'il avait donné , en repoussant l'avis de Cromv^rell , qui lui paraissait compromettre Tannée; mais il récrimina vivement contre le lieutenant-général. Il l'accusa d'avoir lui-même négligé l'exécution d'un ordre important; et il déclara que , dans une autre circonstance „ sollicité par Cromwell de prendre une mesure , il avait refusé, sous prétexte qu'elle n'obtiendrait pas l'approbation du parlement , et qu'alors Cromwell s'était écrié : «Mylord , si vous voulez vous «attacher fortement aux gens de bien, vous

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