‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 3 sur 160 · XII OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

XII OBSERVATIONS

pourtant devenue le gage d'une autre liberté, que Ton demandait plus tard, et que l'on croyait menacée dans toutes les choses qui compromettaient la première.

Comme toute tyrannie habile et durable s'étaie toujours sur quelque chose de conforme aux intérêts des peuples , Henri YIII, dans sa réforme, qui ne parut d'abord qu'un caprice, et au milieu de ses bizarres persécutions qui frappaient à*la*fois les Catholiques et les Luthériens, avait flatté une instabilité de croyance et un dégoût de la cour de Rome , répandus dès* lors en Angleterre. Soulageant la nation du fardeau des taxes religieuses, et enrichissant les seigneurs par la confiscation des biens de l'église, il avait intéressé le peuple à ses violences , et détourné sur le catholici^ne seul la haine du pouvoir arbitraire. Les cruautés de Marie justifièrent cette haine; et l'ancienne religion devint pour les Anglais le symbole de tous les abus et de tous les excès du pou-

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voir absolu , quoiqu'elle eût été renversée par le plus cruel et le plus tyrannique de leurs souverains. Ainsi , dans la réforme bizar* rement mélangée qui s'établit en Angleterre, tout ce qui s'éloignait de l'ancienne religion parut un effort vers la liberté; tout ce qui la rappelût fut suspect; et, tandis que Henri YIII, Marie et Elisabeth, avaient, dans le silence de la liberté civile, trois foi» bouleversé toute la religion de l'Angleterre; lorsque cette liberté, qui s'était produite sur les pas de la réforme religieuse, fiit assez fc»fte pour avoii* des in-^ téréts à défendre, elle se sentit blessée dans toutes les atteintes portées au protestantisme, son devancier; elle s'anna povir lui comme pour elle-^méme. Des minuties théolôgiques parurent sauver ou mettre en péril tous les droits de la nation ; et quelques changement^ de prières, quelques pratiques de dévotion^ allumèrent la |;uerre civile, parce qu'aux jeux du préjugé, et même de la raison, elles de*

XIV OBSERTATIOirS

vaient alors paraître décisives pour la perte ou pour rafFermissement de la liberté.

En cherchant à retracer ce tableau, si étranger à nos mœurs et à notre destinée, l'historien ne peut être inspiré que par la plus juste , et j'ajouterai la plus facile impartialité. D'ailleurs les véritables hommes de lettres savent bien que l'on ne peut aimer les lettres ^ sans les préférer à toute autre chose, et sans tout sacrifier à cette vérité, dont elles ont plus besoin que du talent, et qui les honore davantage. Dans les recherches que j'ai faites, pour le choix des autorités, pour la discussion des témoignages, j'ai suivi les traces que M. de Lally-Tollendal avait indiquées dans son bril-

lant Es$ai sur la vie de Strqfford y sujet si rempli d'instructions et si voisin de l'époque dont je m'occupe. C'est donc à M. de Lally- Tollêndal que je dois of&îr particulièrement cet ouvrage, où, à défaut de l'éloquence dont il a donné l'exemple, et qui tient de trop près

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à la vérité pour n'être pas bien placée dans rhistoire , j'ai voulu reproduire son intègre et savante exactitude , et ses sentiments de justice et de liberté. Qu'il me permette moins de lui adresser un hommage que de m'honorer de son nom. Recevez, mon illustre ami, recevez cet essai d'un jeune homme qui s'est pénétré de vos écrits, comme il partage vos principes ; qui voudrait imiter les uns , et se rendre digne des autres , et à qui vous accorderez toujours^ quel que soit le sort de ce Uvre, la protection de votre estime et l'encouragement de votre amitié.

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