LITRE PREMIER
abnégation religieuse et patriotique ^ qui s'accordait avec l'enthousiasme du temps , était l'argument le plus spécieux en £atyeur d'une semblable proposition. Yanes prit la parole, et ofi&it de quitter à l'instant la place de tré* sorier de la marine, qu'il tenait du roi.
On allégua d'autres motifs : le petit nombre des députés encore diminué par l'absence de ceux qui remplissaient des fonctions militaires, l'utilité d'un tel sacrifice pour autoriser une réforme générale : on alla jusqu'à dire que les membres du pailement trouveraient plus d'obéissance dans des officiers qui ne seraient pas leurs égaux; comme si l'expérience des républiques anciennes ne montrait pas que les assemblées dét&érantes n'ont d'autre moyen de se prémunir contre le pouvoir militaire, que de l'exercer.
Ce fut l'exemple que (i) Whitelocke mit en avant pour combattre l'ordonnance. En même temps il appuya sur l'injustice et la difficulté
(i) V7hitelocke*8 memorials of the englÎ5h afïairs, p. II 5.
8o HISTOIRE D£ CROMW£LL.
de remplacer tant de généraux distingués, parmi lesquels il plaçait Cromwell. D'autres orateurs presbytériens firent sentir que cette soudaine révolution , loin de favoriser la réforme générale , pouvait exciter quelque dé* sordre dans Farmée.
i64<. Cromwell (i) repoussa cette crainte , et affirma y pour son compte , que ses soldats ne prendraient et ne quitteraient les armes qu'aux ordres du parlement , et qu'ils étaient instruits à ne pas obéir à d'autres maîtres.
Cette flatteuse assurance entraîna beaucoup de suârages , et la chambre ordonna la rédaction d'un bill pour exclure , des emplois militaires et civils, tout membre du parlement Un jeune, célébré dans f intervalle de la discussion , prépara les esprits à ce grand acte d'humilité chrétienne, que l'on appella l'ordonnance du renoncement de soi-même. Ce jour -là, les deux chambres assistèrent à des sermons en faveur du projet de la loi, où le public ne fut pas admis , pour laisser une
(i) Memoirs of Denzil lord Holles, p. 35.