‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 64 sur 160 · LIVRE SECOND. l · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. l

« Yant le contraire ^ et voyant les dispositions ce incertaines de l'armée, et la garde de sa « prison redoublée , il s'était soustrait à l'es-i « clavage , prêt à se montrer quand il le pour- « rait avec honneur et libei:té , pour concourir « à la paix , et prévenir l'efFusion du sang. »

Cette nouvelle parvint aux chambres par les lettres de Cromwell. Il annonçait que le Roi était dans l'île de Wight , et faisait l'éloge du colonel Hammond, gouverneur de cette ile.

Quelques écrivains ont supposé que Cromwell avait formé le voeu sincère de rétablir le Roi sur le trône , et qu'il n'en fut détourné que par le peu de franchise de ce prince. Lord Broghill, seigneur royaliste (i), devenu courtisan- de Cromwell, racontait une anecdote qu'il avait apprise de son nouveau maître, a Ireton et 'moi', lui dit un jour ; Cromwell , à l'époque où nous voulions * traiter avec le Roi , pour prévenir sa réunion aux Presbytériens, nous fumes avertis par un de ses valets-de-chambre

(i) An history of the life of.Duke of Ormonde, by Thomas Carte, v. ii , p. la.

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qui nous servait d'espion, que notre perte était' résolue, et que le secret de œ dessein se trouvait dans une lettre adressée à la Reine. On nous indiquait la route et le signalement du messager. Ayant pris des habits dé simple soldat , nous allâmes attendre notre homme au passage, et nous lin primes cette lettre où le Roi annonçait à la Reine qu'il était courtisé par les Presbytériens écossais et par Farmée ; mais qu'il était résolu de traiter avec les Ecossais. I>ès-}ors, ne pouvant nous fier à fui , nous jurâmes sa perte. » Cette anecdote singulière paraît se démentir elle-même. Ce n'était pas à Tépoqne où l'armée écossaise s'éùiii dessaisie de la garde du Roi , que l'on pouvait redouter son influence sur le sort de ce prince. Aucun fait historique n'atteste d'ailleurs cette duplicité du Roi, dont parlent les Républicains , et qui n'est que la dernière calomnie du plus fort contre sa victime. On voit, au contraire, que Charles défendit avec une imj^udente <^niâtreté certains points « sans doute parce qu'il était sincère sur ceux qu'il accordait.

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