‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 7 sur 160 · LITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LITRE PREMIER

et des cinq sensj Gromwell, enfant, fut chargé d'un rôle principal (i), et représenta le toucher auquel le mensonge venait o£Brir une couronne. Les minutieux annalistes n'ont pas manqué de raconter dans la suite l'impression prophétique, que cette scène avait faite sur son ame. Suivant une autre anecdote, pendant son séjour à l'école , étant seul dans sa chambre, il crut apercevoir un fantôme qui hii annonçait sa future grandeur. Il aimait, dans les jours de sa puissance, à raconter cette vision, alors fort approuvée, mais dont la confidence prématurée lui avait d'abord valu quelques châtiments, et qui ne prouve d'ailleurs que le travail d'une imagination enflammée par la jeunesse et la solitude.

A seize ans il entra dans le collège de Sidney-Sussex, à Cambridge. Il paraît qu'une ardeur naturelle le portait aux exercices violents, et que ses premières inclinations annonçaient cet esprit guerrier qu'il ne mit en

(i) Memoirs of the protectoral- honse by Mark Noble,.

8 HISTOIRE DE GAOMWELL.

action que dans Fâge de la maturité. Il acquit cependant quelque connaissance du latin , et le goût des études théologiques. Après la mort de son père , sa mère Fayant rappelé près d'elle, l'envoya à Londres suivre une école de jurisprudence. Une certaine impétuosité de caractère et de tempérament ne lui laissa pas de temps pour l'étude, et le précipita dans les plus honteux écarts. On a remarqué , dans la jeunesse de plusieurs hommes célèbres , ce besoin d'occuper d'abord* par des vices une activité d'ame qui, plus tard, s'exerce par de grandes entreprises. Quelques écrivains ont insisté sur ces détails. Ils ont donné à Cromwell des mœurs licencieuses et féroces, et en ont fait une espèce de spadassin , qui était la terreur de la ville de Huntingdon. Dans une lettre adressée, avant la révolution, à son cousin St. -John, qui, comme lui, devait y jouer un grand rôle, Cromwell parait faire l'aveu de ses premiers égarements ; mais il est assez difficile d'assigner ce que l'humilité mystique du temps laisse de véritable dans les reproches que Cromwell converti s'adres-

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