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fatiguée du séjour des gens de guerre , lui était favorable. La classe nombreuse des apprentis de la cité , se montrait sur*tout fort zéiée pour rinfortune de ce prince; et l'ardeur de ces jeunes gens amena plusieim scènes sanglantes, qui redoublèrent Thorreur des habitants de la ville , pour la tyrannie de l'armée. Qudques ï^4^» contemporains ont accusé Gromwell d'avoir préparé Inî-méme des émeutes , qu'il réprima du moins avec beaucoup de baii>axîe. Un grand nombre de jeunes apprentis, sons autre arme que des bâtons et des pierres, attaquèrent quelque soldats qui avaient dispersé nne de leurs réunions. OromweU (i) , à la tête de pkusieQts compagnies de dragcms , les fit ehaiv gèr impitoyablement, e€ leur tua beaucoup de inonde.
Dsms <ien nouveaux périJs, le parlement choisit un comité eidraordimîre de six lords et de seize députés, parmi lesquels figurait Gromwell. Oe géaénd dominait tous les es-
(1) Gromwell himself animated the troopers to shoot and spit them, and to spare neitber man , woman, nor child. Walker's hisVory itf Independenty , p. 64-
lya HISTOIRE. PE CROMWELL.
pritSy sans inspirer d^ la confiance à personne^ Sa dissimulation était connue , et elle in^posait encore. Ludlow rapporte, qu'à cette époque , Cromwell se promenant avec lui dans le palais, feignit un* profond découragement, et déplora son malheur d'avoir attiré sur sa tête la haine de la plus grande partie de la nation, par zèle pour la cause qu'il croyait juste , et en même temps de s'être rendu suspect aux hommes qui s'étaient engagés comme lui dans cette cause. Ces. paroles sont un aveu non équivoque de la popularité qui s'attachait al^rs à l'infortune du Roi. La réforme des abus avait été le vœu de l'Angleterpe; le renversement du trône n'était plus que le crime de quelr ques hommes. Ludlow , toujours républicain de bonne foi, s'efiforça de ranimer la lafigueur apparente de CrôiQwell, et lui rappel^, qu'il ne pouvait ramener à lui ses ennemis , que par une trahison déshonorante, et pour des promesses de fortune et de grandeur (i) qu'on ne lui tiendrait pas , tandis que , restant fidèle
(i) Ln^Ipw'B memoirs , ▼.. i, p. ^46.
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à se^ amis, il écarterait tous les soupçons et tous les ombrages.
Le renouvellement de la guerre vint tirer Crom well d'embarras , et lui rendit sa supériorité naturelle. Le premier soulèvement royaliste éclata dans le pays de Galles. Le màjor-général i64^« Langhom , échappé des prisons du parlement , s'était sauvé dans cette province , et se mit à la tête d'une réunion qui fut bientôt une armée. Le comté de Surrey et le comté de Kent formèrent également des associations royalistes; et lord Goring , toujours vaincu , mais brave et fidèle , avait reparu pour en reprendre le* Commandement. Les provinces du nord partageaient le même esprit de résistance au pouvoir du pariement et de l'armée; Les cavaliers étaient ranimés, enhardis, et ils paraissaient avoir en leur foveur le mécontentement de cette masse du peuple, qui ne isent que le poids des impôts , et qui ne pouvait en accuser que l'autorité du parlement.
Ainsi la guerre civile renaissait toute en*tière ; mais elle avait plus d'apparence que de force. L'éloigùement et la captivité du Roi
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enlevaient aux royalistes Fardeur dont ils furent animés dans la première guerre , et qui cependant ne leur donna point la victoire. L'élite de la noblesse avait péri y ou s'était exilée sur le continent; tant de désastres semblaient avoir frappé d'un malheureux augure tous les efforts des amis du trône Dans le parti de la révolution se trouvaient l'habitude du succès , de nouveaux talents développés dans la guerre, de nouvelles fortunes empressées à se défendre, enfin, le pouvoir acquis et toutes les armes du pouvoir.
L'insurrection du pays de Galles fut réjurimée , avant même l'arrivée de Cromwell. Il trouva l'armée de Langhom défaite et dispe^ sée par deux régiments que le parlement avair envoyés dès la première nouvelle de ces troubles , et qui furent magnifiquement récompensés de leur victoire* Cromwell s'occupa d'anéantir les restes du parti royaliste, en assiégeant les places qui leur servaient de refuge. La plus importante était celle de Pembroke, dans le comté de ce nom* Le major Langbom s'y était jeté laivec deux autres chejb distingués
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par leur courage ; ils s'opiniàtraient à la résistance , dans l'espoir de la prochaine invasion des Ecossais. Cromwell qui, dans la rapidité 1648. de ses courses , manquait de grosse artillerie, fut obligé d'en faire venir pour assiéger cette place ; et il ne put même la prendre que par £amine, après six semaines d'attente. Cédant à la mutinerie de la garnison, les cbe& signèrent- la reddition de fti riUe , au moment où l'armée écossaise , retardée par les contestations du clergé, entrait enfin sur le territoire d'Angleterre. Sur tous les autres points , la défaite des insurrections royalistes avait également précédé l'invasion des Écossais.
Les rojralÎBtes du comté de Kent et de Surrey s'étaient vus devancés par Fairfu (i), qui occupa le lieu même oà devait se former leur réunion générale. Us avaient cependant une telle supériorité de nombre , qu'ils se divisèrent en trois coips : l'un d'eux s'empara de la ville de Maidstone; les deux autres occupèrent la côte de Douvres à Rochester. Fair&x
(i) Ludlow's memoi», y. i, p, 148.
enleva d'abord , après un rude assaut ^ k Ville de Maidstone; puis il marcha sur l'armée de Goring, où les fuyards du premier combat avaient porté un renfort de nombre, et la 1648. contagion de la peur. S'étant mis en retraite , et voulant gagner le comté d'Ëssex, Goring ne fit pas difficulté de demander passage à la ville de Londres. Ludlow convient (i) que la ville de Londres était favorable au Roi, et qu'elle ne refusa la demande de l'armée royale, que par la crainte de se montrer trop à découvert. Lord Goring traversa la Tamise à quelques lieues de Londres , et toujours suivi par l'armée de Fairfax , moins forte que la sienne, il s'enferma dans la ville de Rochester, dont le siège fut aussitôt formé. Un mot d'Ire* ton indique assez combien les assiégeants étaient inférieurs en nombre. Il comparait la ville et ses défenseurs à une grosse ruche d'abeilles, et Tarmée parlementaire à un petit essaim qui s'attachait aux deux côtés dé la ruche.
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(i) Lucllow*a memoirs, ▼• I, p« 25o.
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Les transfuges de la cause parlementaire n'étaient pas moins nom^breux que ses anciens ennemis. Chaque jour voyait quelque désertion éclatante. Le parlement opposait à ces périls, poursuite rapidie et vengeance impi- g.g toyable. Le comte de HoUand qui (i), plusieurs fois y avait changé de parti , et qui allait du parlement au Roi , et du Roi au parlement^ selon les événements et ses propres caprices, crut Toccasion favorable pour se réunir au dernier effort des Royalistes.- Il sortit de Londres avec Bnckingham et lord il^rancis son irère, à la tête d'enviroû mille cavaliers. Ces courageux seigneurs firent surpris par un régiment de dragons , détaché de Tannée qui assiégeait Colchester. Le comte deHolIand fut fait prisonnier; fiuckingham se satira par la fuite ; lord Francis, brillant de jeimesse et de grâces , fut tué par un soldat. On trouva sur sa poitrine un ruban noué qui renfermait les cheveux d'une beauté célèbre. Les mœurs efféminées , qui paraissent inséparables de l'élégance des Cours, ■■ ■ ■ ■ ■ ' ■ i - --• — '^
Cl) Lndlow's memâirs, ▼. i, p. iSS.
excitaient le mépris et la haine des soldat»
du parlement. Ils avaient toute la dureté du fanatisme et de la guerre civile. Ayant pris dans le combat un ofificier-général , qui avait autrefois servi sous le comte d'Essex , ils le coupèrent par morceaux.
Cependant l'absence de Cromwell et de plusieurs officiers, membres du parlement, avait changé les dispositions de la chambre des communes. Le parti presbytérien fit délivrer la plupart des personnes compromises dans les émeutes populaires que les Royalistes avaient excitées contre le parlement. Sans doute il se serait avancé plus loin, s'il n'avait été arrêté par la 'crainte des suites de la guerre. La plupart des Presbytériens qui voulaient un traité avec le Roi , se gardaient bien de permettre que le parti royaliste obtînt une supériorité qui rendait la réconciliation sans mérite.
'Les Républicains , qui ne pouvaient se défendre de soupçonner étrangement Cromwell, craignaient cependant par -dessus tout le triomphe du Roi. Ce fut alors qu'un officier presbytérien, qui avait été major du régi-
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ment de Cromwell, et qui s'était démis de son emploi , l'accusa , dans un écrit présenté (i.) aux chambres , d'une longue suite d'intrigues, pour s'élever au dépens du parlement , du peuple et du Roi. Cet officier exposait comment Cromwell, envoyé pour préparer le licenciement de l'armée , avait au contraire excité la désobéissance des soldats ; comment il avait fait enlever le Roi, de Holdenby; comment il avait flatté ce prince de l'espoir d'un traité favorable; comment il avait encouragé les niveleurs qu'il paraissait réprimer , et abusé de la confiance du Roi, pour lui conseiller une fuite nouvelle. Il rappelait les maximes souvent énoncées par Cromwell :
Qu'il était légitime de passer par toutes les formes de gouvernement ^ pour arriver au but des honnêtes gens; qu'il était légitime de tromper ceux qui trompent ; que l'intérêt des honnêtes gens était l'intérêt du royaume. Cette révélation tardive ne fut pas même discutée ; et quoiqu'elle eut été transmise par les lords ,
(i) The Parliamentary history, v. x^ii,«p.. ^Qtf
l8o HISTOIRB DK .CROMWELL.
Ibrwteuf ûe% i^omnunes la supprima. L«s Écossais entraient dans le royaume ; ^ , aux yeta. èe tto^us les pards , Cromwell devenait tt^op hécesaaire pour être coupable* I/udlow (i) nous dh, qu'opposé depuis lon^-temps aux dé- «Mixihés arfeitraines du lieutetiant-^iiéral , il lui émtit eti cette occasion pour l'assurer <A'uu 6dèie secours, et lui recomiâiander la 4^(fyfase de fintérêt public. La rapide succession du péril fit aiasi triompher Cromwell de la défiance des Républicains, en dépit d'euxmêmes. Ils n'eurent jamais le temps de se pass^ de hii II savait d'ailleurs , suivant l'oc- Câsiotfi , calmer leurs inquiétudes , «t il se fai> sfidt tout pardonner, en servant leur {>retïiière passion, la faaine de la moaarchte. A cÀté de <!es grossiers niveleuro, qu'à avait si hardiment frappés , il distinguait quelques esprits chitnériques et élevés, dont il flattait l'enAio^ûrsiasme. il les assurait qu'il n'avait pas d'autre idée que d'accomplir leurs projets d'indép<^ance et <de parfaite égalité. C'est
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(i) Ludlow's nemoirs^ ▼. i, p. a 53.
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lûnsi qu'il persundait Sydney^ qu'il sé^Sdit Hairingtoiiy qu'il eoiEibattaît k jus|e défiftpc^ du eolonel HvtchiQaon : trop soufrant 1m âmes génévenseft sont la pcoie des ttntiilîevix har biles. Il trompsit phia ËioileiiQeQt «^owe d'aù-^ très ofi&eier» nom motus ignorante ^e tiques. A son dëparl de Londres , . pour coinbatfere Faniiée d'pamilfionf il fut hera des quu*s de la TtUe par plnsiçuv» ohefe de niv^léurs, qvi pnrent oongé de htt^qoo»
vaincus de son zélé et de sa bann^ foi II est vrai (i) que^derriàre eux, Tenait mne iisoiture remplie ^ecclésiastiques presbytéiiess , qui ne se retirèrent paîa ÎBeins diamës de son accueil et de ses pieuse^ intuitions.
C'était sa»6 do\ite une singulière vicissitude, que cette troisièi)^ iiivasion ^l^s É^ssais, pour rétablir l^ mnnarcfaie qu'ils éfamiUèrest les premiers, et' qu'ils aviûeBt frappée d*un coup mortel , en livrant la pemoune ^ Bm.
Ce n'était plus à la vévité le parti presbyte-
(i) Memoirs of the life of colonel Hutchinson, written by his widow, vol. a, p. 139.
l82 HISTOIRE DE CROMWELL.
lien qui la dirigeait Les Royalistes écossais , puissants par les inalheurs du Roi , qui justifiaient leurs prédictions, s'étaient emparés de la conduite des affaires; et, devenus exclusifs en proportion de leur autorité ^ ils repoussaient les partisans du covenarit^ et manifestaient le vœu de rétablir la monarchie sans restrictions politiques ou religieuses.
Montross, leur chef, était absent, et faisait la guerre en Irlande, où il s'était réfugié depuis sa défaite. Mais Hamilton, que le Ror avait soupçonné et persécuté , Hamilton , presbytérien modéré, et avsudt tout, sujet fidèle, s'était réuni, aux Ri>yaliste$ , et leur apportait le secours de son expérience militaire, et de ses nombreux amis. Argyle , et les Presbytériens rigides, premiers instigateurs de la gnare civile , étaient déchus de leur pouvoir.
Les communes s'étaient hâtées de déclarer le$ Écossais ennemis de l'État , et de porter une loi terrible contre tous ceux qui les Êaivoriseraient Mais la chambre (^es, pairs n'avait pas adopté ce vote ; et , dans les communes même, l'absence de Cromwell laissa