‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 80 sur 160 · LIVRE TROISIÈME. 20I · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. 20I

sit un comité de trente-huit personnes poul* recueillir les témoignages, et dresser l'acte d'accusation contre le Roi. A l'approche de l'horrible catastrophe qui se préparait , plusieurs Républicains même furent ébranlés.

Whitelocke (i) et Widdrington , autre député, sortirent de la chambre, et se retirèrent à la campagne.

Le comité des trente-huit ayant préparé une accusation de haute-trahison , elle fut votée par les communes qui choisirent en même temps, pour la juger, une commission de cent cinquante personnes, députés^ officiers, magistrats , citoyens. Alors la chambre des pairs , réduite à une minorité timide ; cette chambre qui, depuis long-temps, obéissait aux communes, et les avait suivies dans toutes leurs variations et dans tous leurs excès , s'indigna de ce dernier attentat. Elle prononça le rejet de l'ordonnance à l'unanimité , et s'ajourna pour dix jours. Les communes déclarèrent que l'ordonnance était légale par leur

(a) Whitelocke'» memorials, p. 35j^.

sujQfrage. Pour soutenir cette nouveauté, elles déclarèrent que le peuple était la source primitive du pouvcnr , et que les communes , étant les représentants du peuple, avaient le pouvoir suprême.

Hume , d'ailleurs si favorable à la cause de Charles, appdle la souveraineté du peuple une idée généreuse. Mais alors cette prétendue souveraineté ne pouvait être , dans le fait , que l'usurpation d'un petit nombre, dont le pouvoir devenait d'aut^t plus arbitraire, qu'ils agissaient en vertu d'un droit qui leur semblait illimité. Ainsi chez ce même peuple , où l'antique consécration du jugement par jurés assure à tout homme la sentence impartiale de ses égaux, le Roi, plus maltraité que le moindre des citoyens , était livré à une commission arbitrairement choisie par un parlement esclave et décimé.

Avant d'accomplir au nom du peuple ce grand crime , U fallut donc violer cent fois et toutes les formés de la justice et tous les droits de la liberté même. Sans doute, la part du fanatisme fut grande, quoiqu'il paraisse dif

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