‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 86 sur 160 · LIVRE TROISliME. 2I · texte numérisé non relu

LIVRE TROISliME. 2I

Ter, le Roi, conservant une fermeté sublime, avait dit adieu à ses deux enfants , et reçu les consolations du vénérable évêque de Londres.

Son ame avait éprouvé un mouvement de joie au moment où , prenant sur ses genoux le petit duc de Glocester, il lui dit : a mon <K fils , ils vont couper la tête à ton père , et « peut-être ils voudront te faire roi au préjuge dice de tes frères. L'enfant , avec un accent a extraordinaire à son âge, répondit : Je me a ferai plutôt mettre en pièces. »

Dans ces derniers jours, Charles, éprouvé par tant de souffrances , avait recueilli tout ce que la religion peut ajouter de grandeur à une amè forte et sensible : il était prêt poiu* Téchafaud. Un peuple immense, repoussé par des barrières de soldats , vit de loin le supplice du Roi , sans pouvoir entendre ses touchantes paroles. L'évéque de Londres resta près de l'échafaud , pour soutenir le courage du Roi. Ce fut à lui que Charles adressa sa dernière et sainte parole, qui renfermait la volonté formelle de pardonner aux coupables. Un homme masqué lui trancha la tête. Un autre

!ll8 HISTOIRE DE CROMWELL.

homme, également masqué, montra cette tétt sanglante an peuple , en criant : f^aici la tête d'un tra/tre. Le corps fiit porté à White-Hall. Il y a^eât à cette scène, dit WhiteloAe (i), beaucoup de gens qui soupiraient, qui pleuraient, et qui tâchaient de tremper leurs mouchoirs dans son sang. Ainsi ce crime (ut acheté sous les yeux et au nom d'une nation qui ne le voulait pas.

On dit que FairÊUL avait résolu d'en prévenir l'accomplissement; et qu'à la tête de son régiment , il voulait arracher le Roi aux mains des meurtaners. Ireton et Cromwell, instruit» de ce projet, engagèrent le général à se mettre en prières , et à chercher le Seigneur; et pendant que le major Harrisson, aposté pour se joindre à Faîrfax , prolon*^ geait à dessein la prière , on reçut la nouvelle de l'exécution du Roi. Harrisson se levant alors, dit que c'était sans doute la répoïise que le ciel leur envoyait. Sans' adopter cette anecdote , qui s'accorde assez mal avec le

(l) Whitelocke's memoriaU, p. 870.

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