‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 90 sur 160 · LIVRE QUATRIÈME. %^i · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. %^i

après avoir changé plusieurs fois de parti y devait périr victime de la cause royale, à la^ quelle il se trouvait attaché comme par h^*sard. Le lendemain de la mort du Roi, Crom»

well (i) avait été instruit de Févasion du duc Hamilton, détenu depuis sa défaite à la Tour de Londres. Il en avertit aussitôt le parlement; et d'activés poursuites eurent bientôt ressaisi cet illustre fugitif. Lord Capel, qui s'était échappé de prison , fut également arrêté quelques jours après sa fuite. Le duc Hamilton étai^ général écossais^ et membre de la chambre» haute d'Angleterre. Ckmsidéré sous l'un de ces titres, il était étranger; sous l'autre, il n'é'» tait justiciable que de ses pairs. Mais la suppression de la chambre des pairs fut nécessairement le premâer acte qui suivit la qiort du Roi. Après avoir examiné (a) si elle pouvait être conservée comme cour de judicature, les communes décidèrent que la. chambre des pairs était itmlile, dangereuse, et devait éîre abolie.

(i) Whitelocke*s memorials, p. 870.

(a) Idem^ p. ^i.

224 HISTOIRE DE CROMWBLL.

En efifet, s'étant déclarées la suprême autorité , et ayant prouvé leur droit par leur crime , les communes ne pouvaient plus voir dans la chambre des pairs qu'un corps privilégié qui devait tomber avec la monarchie.

Cromwell se inontra peu favorable à cette mesure, et Ludlow suppose qu'il desirait maintenir la chambre des pairs (i), dans l'espérance d'y trouver un instrument à ses vues d'ambition. Ce motif présumé a peu de vraisemblance ; et l'on ne doit voir dans cette conduite , que l'art de Cromwell à se ménager la reconnaissance du parti qu'il opprimait encore , et à faire espérer son appui contre la violence des Républicains. Cette abolition de la chambre des pairs est une réponse à ceux qui ont supposé que l'établissement d'une chambre-haute aurait , dès l'origine , arrêté la révolution française , et prévenu ses excès par un contre-poids nécessaire. Il était trop tard pour opposer à l'esprit démocratique des formes politiques qu'il n'aurait pas respectées,

(i) Ludlow's memoriab, v. i^ p. 285.

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parce qu'il ne pouvait pas les comprendre.

La souveraineté du peuple , qui renversa la vieille aristocratie anglaise, n'aurait pas souffert parmi nous la création d'une chambre privilégiée. En France , comme en Angleterre , il fallait une longue épreuve pour ramener la liberté à des idées plus saines, et lui faire sentir qu'étant elle-même une fiction devant la force matérielle, ce despote de l'anarchie, elle doit, pour se maintenir, s'allier à d'autres conventions sociales.

Cependant la chambre fit choix d'un conseil d'état, composé de quarante -un membres, parmi lesquels siégeait Cromwell, avec ses deux fidèles appuis, Ireton et Saint-John.

Lies membres du conseil devaient approuver, par un serment , la mort du Roi et l'abolition de la monarchie. Sur le refus de Fairfax et de quelques autres, on adoucit la formule du serment , et on la réduisit à la promesse d'être fidèle au parlement, sans approbation des actes antérieurs. CromweU (i) fut le rapporteur de «^1 1 ■ .• I I I ■ ■ 1 1 I ■ ■ ■ ■ I ■ I ^

(i) The parliamentary hiitory, v. xa, p. 36, 38.

^26 HISTOIRV DE CROMWELL.

ce d^hat, que Y^^Mo/nté de Fair£uL et U»

scrupule obfitiuéfi des conscienGes |>ouvaieiU prolonger ; et il rédigea la oottV4ille fofiuule qui concilia les esptits.

1648. i^Q^ Écossais., eonstamment opposés k la mort du Roi, s'étaient hâtés de 'recomakre Charles II, tandis que le parlement d'Angle* terre faisait par -tout détruiae 'les effigies royales, et prodamait l'abolition de la monarchieet rétablissement de la tépublâque. Ainsi une nouvelle guerre civile juaissait de la mort du Roi.

Le {Miocès des lords traduits devant la hautecour ne traîna pas en longueur. Tous furent condamnés. La chambre , j^ésormais unique pouvoir et juge ^suprême de l'État ,»reçut les demandes en grâce présentées par leurs parents. Lord Norwi€h,'peu redoutsd>le par la frivolité de «on caraetène et de sa vie, obtint le -pardon de la chambre. Un sursis fot accordé au lonl Goncg , k la majorité d'une seule voix. A côté de l'inflexible rigueur que la chambre des communes montrait envers les autres accusés , Iretou , qui ùéffexit dans

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la Haute-Cour, qù ils ^v^ai été condamués, a£fecta de demander une préférence en faveur d'i4}i chevs^lier Owen, enveloppé dans la même condan^is^tiop 9 et qui, n'ayant ni un grand l^om , ni d'illustres alliances , n'était réclamé par p0i^oQne. Le colonel Hutcbinson appuya cette d^maf)d^9 qui fut accueillie sans effort. Lorsque Ton vint k h supplique préseiftée p^r inyl^idy-Capel, l'unie des femmes les ]plus aimables et les plus vertueuses de l'Angleterre, plusieurs i^^embres de 1^ charnlH^e l'appuyer nefit, et dirent que lord Gapel ne les avait jamais trahis, ni trompés, et qu'il avait toujours fait une gu^xe ouverte et franchie.

Cromwell, jt son tour, fit un magnifique éloge de iQrdCapel(i), pro^asa le plus grand respect pour la loyauté {le son caractère , et , au momçnt.où l'on attendait une conclusion favo^ rabje , il déclara qve ^ son zèle pour le bien c de l'État l'emportait sur pu^e affection pri- « vée ; que la question se réduisait à ^voir « s'il fallait conserver le plus implacable £u-

(i) Clarendon*0 faistorj, p. S73.

^nS HISTOIRE DE GROMWELL.

« nemi de la république; que lord Capel, «r par la grandeur même de son ame , serait a le dernier homme de l'Angleterre qui aban- « donnerait la cause royale ; qu'il avait du a courage , du talent , de la générosité , de a nombreux amis ; qu'il serait fidèle tant qu'il a vivrait, et redoutable dans quelque situation a que la fortune le mit; et que, par consé- <K quent, on devait rejeter la supplique. »

Capel justifia sur Téchafaud la détestable hypocrisie de cet éloge. Il y parut (i), dit Whitelocke , avec la contenance d'un stoïque Romain. Il n'avait pas de ministre auprès de lui ; il ne semblait pas s'apercevoir des approches de la mort; mais il était d'une hardiesse et d'une fermeté qui frappaient d'étonnement. Il parla quelque temps au peuple. Il déclara qu'il mourait pour avoir obéi à son Roi , le plus religieux de tous les monarques, au prince Charles , qui maintenant était Roi , et à tous les autres enfants du Roi, légitimes héritiers de sa couronne.

(i) Whitelocke*8 memorialB, p. 379.

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