LIVRE QUATRIÈME. a^l
gleterre, avec le projet de passer en France, et de suivre la fortune de Charles II. Arrivé à Londres depuis quelques heures, il voit entrer chez lui un officier de Cromwell , qui lui annonce la visite du général, que le parie* ment venait de nommer gouverneur d'Irlande.
Lord Broghill était à peine revenu de sa surprise , que Cromwell se présenta sur les pas de son messager. Il demanda à lord Broghill la liberté de l'entretenir en secret; et, après de grands témoignages d'estime, il l'avertit que le conseil-d'état était instruit du but secret de son voyage. Il ajouta plusieurs circonstances impossibles à nier, et finit par assurer lord Broghill que les membres du conseil voulaient d'abord le faire arrêter ; mais qu'il avait prévenu cette mesure , et demandé le temps de le voir et de le ramener au parti de la république Lord Broghill, ne pouvant rien opposer à des détails si formels, remercie le général, et s'en remet à sa foi et à ses conseils, ce Votre conduite militaire en Irlande, li^i dit a Cromwell, nous appartient Chargé d'achever <« la soumission des rebelles, je puis vous offirir
24^ HISTOIRE DE CROUWELL.
<c un commandeiiieat général, si vous voulez «c continuer de servir dans cette guerre. ^ Broghill accepta, et fut fidèle, sur-tout à CromwelL Il partit sans tarder pour l'Irlande. Beaucoup de gentilshommes, qui avaient autrefois fait la guerre avec lui , se réunirent sous ses ordres. Il attendit Cromwell pour lui remettre un réginient de cavalerie, qu'il eut bientôt rassemblé par son influence , et qui servit utilement dans la guerre.
L'esprit mutin dbs troupes, constamment opposé à Texpédition d'Irlande, et maintenant aigri par des espérances trompées , présentait un plus grand obstacle. La dispersion (i) du conseil des agitatetirs n'avait pas éteint ce hr natisme d'égalité qui dominait dans l'armée, et que les généraux eux-mêmes avaient si long-^temps favorisé. Il se forma une nouvelle bande de ces niveleurs. L'un d'eux se disait prophète ;.« ils allaient, lui et sa troupe^ enseccmencer les terres. en iriche, déclarant quib a ne prétendaient pas renverser les clôtures -
(i) Whitelocke'sjttemorials, p. 383.