‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 94 sur 160 · LIVRE QUATRIEME. !k^'J · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME. !k^'J

plus odieux projets; et cependant leurs réclamations n'étaient que la conséquence des premières promesses du parlement; souvent même elles n'étaient que l'expression de principes éternellement justes (i) : l'entière liberté de conscience, la promulgation des lois dans la langue nationale, l'égalité de tous devant la loi , le jugement des détenus dans un court délai, l'exclusion de la force militaire dans toute affaire civile. Voilà les vérités que le parlement avait oubliées depuis qu'il était le maître , et qu'on est assez surpris de retrouver dans la pétition des séditieux d« i'armée.

Le parlement , menacé sur le théâtre mém« de sa puissance , avait de grands efforts à faire pour la maintenir au-dehors. L'Irlande, séjour de toutes les factions et de toutes les fureurs , s'était réunie à la cause royale. Lé marquis d'Ormonde était retourné dans cette île ; et l'on publiait que le Roi Charles H devait y descendre, et réunir sous ses drapeaux les

(3) The parliamentaiy history, ▼. xiz , p. m » etc.

a38 HISTOIRE DJS GROMY^ELL.

Royalistes protestants , et k^ catholiques , atULquels (i) il assiérait tous leurs dbroksi et T^ii^violabilUé du grapd cvii^e^iy dams ce ^alheuremL pays y ^vait reudu ^ut de cœtj^s iofcenés par la mouillure du s^ug veii^«é ^t l'^trocké fies vengeances promises. Onppnde , à }a tè^ des Irlandîi^is confédérés, avaft chassé rarinée du long parlement Le colonel ïo^es, q^i la commandait, battu dans plusieurs rencontres, conservait à peine la i^ille de Dublj|i. Un chef irlandais, fiourri dans U fureur d^ guerres civiles et religieuses , le vie^ Oneal (a) , mécontent (le la cpn^émtion irlandaise, s'était seul déclaré l'allié des Anglais , et ret^d^t y p^r son secQif r$', uj^e défaite que le décourageinei|t et le p^tit, nombre pendaient inévitable. D^psie .pi:ie^2git besp^p ^e conserver Tir- I^n4e9 et de fermer ;9LU>jeune Roi un asyle, de 4?2ïge]reux voisinage pour TApgleterre , toqs les. yeux se tournèrent , sur Cromwell. Ceuic à qui son ambition inspirait le plus de défi^pce

(i) Lndlow's memoirs, ▼. i, p. aSp.

(a) Tdem, p. 3iô4»

iilVRB QUATRIEME. «iSq

et de haiDe , crai^aienC bien davantage le sucées de la cause royale. Il n'est aucun parti qui ne préfère la tyrannie d'un protecteur à la Yictaire du parti contraire. D'ailleurs la plupart des Républicains, gênés par la pré^^ scnce impérieuse de Cronwell, allaient au plus pressé, et croyaient gagner quelque chose en Téloignant de la chambre, sans prévoir que de nouveaux suecès militaires le renverraient plus puissant et plus dangereux pour la liberté.

'Giromwall (i),* désigné par te conseil d'état pour ie coiimaiidement de l'Irlande , après «voir épuisé toutes les formules de la modestie et de rimmîiîté (a) , déclara que , par résigna* tion À ia.pnyridenee de Dieu, il acceptait ee difficile emploi. La chambre , prévenue de sa réponse , vcKta sc^ennallement sa nomination, et, sous le titre de lord-gouverneur de llr^ lande, loi ctmféra tous les pouvoirs militaires et civils. -Fairfex reçut en même temps le titre

(i) Whitelocke's nemonals , p. 38o.

(a) Idem, p* 38a.

H^O HISTOIRE 1>B CROKWBLL.

illusoire de généralissime de toutes les forces de FAngleterre et de llrlande. Cromwell s'occupa aussitôt des préparatife de la guerre.

[64q. L'^^^t manquait (i) ; il Mlut emprunter iao,ooo livres sterling à la cité de Londres. Pendant que Cromwell pressait avec une incroyable activité les préparatife de l'expédition d'Irlande , il eut (a) occasion de retenir dans la cause du parlement, ou plutôt d'attacher à la sienne, un homme que ses talents rendaient précieux à tous les partis, et qiie sa naissance et ses opinions rappelai^it dans les intérêts de la monarchie. C'est une anecdote qui mérite d'être racontée, pour montrer que Cromwdl mettait quelquefois la firanchise au nombre de ses moyens, et qu'il savait se confier à propos. Lord Broghill, qui, d'abord employé contre les rebelles d'Irlande , avait feit la guerre au nom du parlement et du Roi, résolut de se séparer d'une cause désormais souillée par le régicide ; il était secrètement revenu en An-

(i) Ludlow'smemoîrs, V. x,p. ^99* (a) Roger*! earl of Orrery*s state lett«n.

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