‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 103 sur 131 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

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rasseinblèreat-ils..Taiit cette assemblée croyait peu à son pouvoir en présence de Télection populaire ! Cependant Richard se rendit dans cette salle des lords, et y convoqua les communes pour faire l'ouverture du parlement, selon le cérémonial de l'ancienne prééminence. Les premiers débats ramenèrent ces questions fondamentales qui avaient donné tant de peine à Cromwell, et que ne peut éviter tout pouvoir usurpé qui laisse délibérer sur ses droits. Mais enfin , soit que le zèle de la liberté se fût affaibli , soit que Thurloe et les autres légistes eussent habilement ménagé la chambre , toutes les questions se décidèrent en faveur du Protectorat.

Après de longues et savantes discussions, Thurloe fit passer un acte portant reconnaissance de l'autorité du Protecteur. Le parti de la cour, comme on l'appelait, réussit également à faire reconnaître l'existence de l'autre chambre , et ses rapports avec la chambre des communes; et Richard Cromwell semblait trouver un appui dans cette asseiïiblée, si l'état des choses n'avait pas amené le triomphe

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de la force militaire , ce monotone et odieux dénouement des révolutions. :

Plusieurs années de servitude avaient changé i658. les esprits. Une chambre des communes ne pouvait plus exercer ce grand crédit, qu'avait eu et qu'ayait perdu le long parlement. Pendant que les conseillers de Richard travaillaient à gagner la majorité de la qhambre, et à réfuter les discours de quelques vieux indépendants , des intrigues plus décisives se tramaient ailleurs..

Les généraux qui avaient Êivorisé l'élévation du jeune Protecteur, furent bientôt mécontents de leur ouvrage. La &iblesse de Richard n'excluait pas une sorte de finesse qui lui fit chercher de préférence ses appuis parmi les hommes de l'administration civile. La douceur et la modération de son caractère s'accommodaient peu du fanatisme sauvage de Fleetwood. Il avait lui-même trop de bon sens pour être fanatique, et il n'était pas hypocrite. On cita de lui des paroles imprudentes et profanes qui scandalisaient tous les gens de piété. Ayant fait venir un officier qui s'était plaint de

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quelques promotions nouvelles, il lui avait demandé ironiquement sHl voulait qu'on n'avançât que les dévots. « Je vois ici, avait-il ajouté, « Ingoisby qui ne sait ni prier ni prêcher^ et «auquel je me fierais cependant plus qu'à oc vous tous. » La maladie du fanatisme était encore trop générale et trop forte , pour que de telles paroles pussent tomber impunément.

Cromwell avait souvent fait pendre quelquesuns de: ces prédicateurs de régiment, dont le zèle l'importunait; mais son langage avait toujours été le même que celui du dernier fanatique de l'armée.

Richard, en qui rien ne parlait aux imaginations militaires, acheva de se perdre par ces apparences irréligieuses. «Depuis lors, dit grâce vement Ludlow , tous ceux qui se piquaient <c tant soit peu de religion et de probité ^ ce commencèrent à se croire en péril pendant « qu'il gouvernerait. »

Sans doute on peut penser que d'autres intérêts se cachèrent sous ce prétexte , et s'armèrent de cette opinion. Richard avait laissé voir son aversion pour le joug militaire; il

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aurait voulu en délivrer le peuple, pour ne pas en être opprimé lui-*méme. Il le dit au colonel HutcIiinson(i)9 l'un des zélateurs de la liberté civile , et parut prêt à se jeter dans les l>ras des hommes de ce parti. Quelques Républicains spéculèrent un moment sur son extrême faiblesse , et pensèrent à le conserver dans le protectorat; mais cette £BÛblesse, lui ôtant tout dessein suivi, ne lui permettait pas même d'être l'instrument d'un parti : car il &ut vouloir, pour obéir long-temps à la même influence. Il n'en fit pas assez pour lier à sa cause les amis de la liberté civile ; et il irrita la faction militaire, jusque dans sa propre famille. Avant la réunion du parlement, son oncle Desboroug s'était déjà séparé de lai , et s^était fait le chef de tous les officiers repu-bUcains, c'est-à-dire mécontents. Plus tard Fleetwood se réunit à Desboroug , et sa maison de Wallitigford devint le rendez -vous d'un parti nombreux , composé de beaucoup

(i) Memoirs of the life of colonel Hatchinson , r. u p. ai8.

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d'hommes qtii avaient d'abord concouru à l'élévation de Richard.

Un assez grand nombre d'officiers indépendants, anciennement persécutés par Cromwell, et repoussés par Richard , exprimaient encore plus librement leur haine pour le Protectorat.

La réunion de ce parti avec la maison de Wallingfort était inévitable et invincible. Dans ce péril , Richard consentit à la formation d'un conseil militaire , pour aviser aux intérêts de l'armée. C'était le renouvellement du second acte de la révolution , et le retour de cette concurrence inégale entre le pouvoir militaire €t le pouvoir civil. Les officiers s'indignèrent de la lenteur des communes à leur assurer des subsides. Les communes voulurent supprimer une assemblée rivale , qui les menaçait Richard défendit la réunion des officiers, d'après le vœu du parlement, qui lui conféra le titre de général ; et le lendemain , cédant aux menaces des officiers ^ il prononça la dis* solution du parlement.

Lord Rroghill, qui était l'un de ses plus intimes confidents, après avoir essayé de le

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maintenir contre les intrigues des généraux , prévoyant l'impossibilité d'un succès , qu'il desirait peu , lui avait conseillé d'appeler le i658. peuple de Londres, fatigué du joug militaire, et de se déclarer pour le Roi, et un parlement libre. Mais, devant cette armée encore si fanatique , l'abnégation du pouvoir que Ton demandait à Richard , n'aurait pas suffi pour £ûre réussir cette entreprise. Il aurait fallu sans doute une habileté qu'il n'avait pas, et qui ne s'accorde guères avec un pareil désintéressenjient ; et si le jeune Cromvi^ell avait eu assez de talent pour pouvoir ainsi choisir et diriger sa propre d^iùte, probablement il ne serait pas tombé. Quelques officiers attachés à sa cause, Whalley, Goff, lui proposèrent d'autres projets plus convenables au fils de Cromwell. Le colonel Whalley lui. offirit de tuer le général Lambert , réuni maintenant à Fleetwood , et plus dangereux. Richard ne prit aucune résolution ; et se voyant en butte à ses parents, devenus ses plus implacables adversaires, sans appui dans l'armée, abandonné par ses propres gardes, n'intéressant

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