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personne, parce que personnne n'en pouvait rien espérer, il attendit que Desboroug, son oncle, vînt lui ordonner de dissoudre les chambres, sous la promesse qu'à cette condition , les officiers auraient soin de lui. A ce dernier moment, Richard hésita beaucoup à souscrire un acte dont il voyait toutes les conséquences dans le ton impératif de la demande, et la proâiiesse injurieuse qu'on y joignait. Il refusa long-temps^ il chercha des subterfuges et des retards. Tant le plus indigne, ou le plus sage , a de peine à s'arracher du pouvoir ! Il consentit enfin , intimidé par la violence de Desboroug. Les communes averties refusèrent de se rendre à la chambre-haute pour entendre la lecture de l'ordonnance. Mais les officiers la firent proclamer et exécuter, en mettant une garde dans la cour, et un cadenas à la porte de la chambre. Ainsi le parti militaire se retrouva de nouveau maître de tout , sans que personne parût prêt à recevoir cette autorité, qu'une armée ne peut pîrendre qu'au profit d'un dèspote. Quant à Richard , il tomba dès-lors dans un tel mépris , qu'on le laissa quelque temps
35o HISTOIRE DE CROMWELL.
encore habiter à White-Hall , où il avait régné. La justice continua même de se rendre en son nom ; et ce ne fut qu^après deux mois qu'on se ressouvint de lui demander l'inutile formalité de sa démission.
Henri Cromwell , habitué à la guerre , gouvernant l'Irlande avec un pouvoir absolu, depuis plusieurs années, semblait présenter plus de résistance et d'obstacles. Son prenier mouvement fiit en effet de s'assurer des troupes et de tenter la fortune; mais dans un consefl qu'il réunit, les officiers (i) ayant refusé de s'engager à défendre sa cause , avant de con* naître ce que déciderait l'armée d'Angleterre , il ne fit aucune entreprise , et se laissa décheoir aussi obscurément que Richard. U y a des talents et des courages subalternes qui , pouvant tout oser sous un maître , s'anéantissent devant l'occasion de prendre la première place. Hçnri déposa le commandement, et revint en Angleterre , pour rendre compte à l'autorité qui se trouverait établie. La &ction militaire,
• (i) Ihiurloc's State papen, t. u, p. 453.