‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 105 sur 131 · LIVRE ONZIÈME. 35l · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME. 35l

toute puissante à Londres, se formait des hommes qui avaient servi Cromwell, et dédaigné Richard , et de tous les Républicains ardents , persécutés par Cromwell. Fleetwood et Desboroug étaient unis à Vanes et à Ludlow. L'armée fiit soumise à une épuration nouvelle ; on écarta les officiers qui avaient montré quelque zèle pour Richard; on rétablit dans leurs grades ceux qui, par leur importun fanatisme ou la constance de leurs opinions républicaines, s'étaient attiré la disgrâce de Cromwell. Lambert, qui n'était ni républicain ni fanatique, reprit le grade de major-général , et donna carrière à toutes ses espérances ambitieuses. Personne cependant n'osait s'emparer du pouvoir ; et cette anarchie militaire avait tellement besoin d'un maître, que les officiers s'accordèrent à rappeler le reste du long parlement, décimé tant de fois. Les Républicains éclairés prévoyaient d'ailleurs que la chute de Richard pouvait amener le rétablissement de la monarchie ; et c'était contre elle qu'ils invoquaient l'ombre , encore redoutable, de cette assemblée. Ils sentaient

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que ce parlement était le génie même de la révolution,, et qu'il faisait seul le salut de tous les hommes intéressés à la. perpétuer par conscience ou par ambition.

Lambert et Ludlow, ces deux hommes si long-temps éloignés de toute la distance qui sépare Tambition servile du fanatisme de liberté, vinrent trouver Lenthall, orateur da long parlement, pour lui persuader de réunir ce qui restait de cette assemblée. Le vieux Lenthall(i), fatigué de la révolution, et inquiet pour la pairie qu'il avait reçue de Cromwell, voulut différer , alléguant une affaire importante , et où il s'agissait du salut de son ame ; excuse hypocrite qui cachait, dit-on, un secret engagement avec Richard, dont toutes les espérances n'étaient pas détruites, tant qu'aucune autorité ne régnait à sa place.

L'ardeur de Ludlow , de Vannes, d'Haslerig, l'emporta. Une quarantaine de députés se réunirent. Deux membres, arrêtés pour dettes , furent tirés de prison, afin de grossir le nombre ;

(i) LudloVs memoirs, y. u, p. 649-

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