LIVRE ONZIÈME
nistre espagnol, s'étaient réunis à Fontarabie, pour régler les intérêts des deux royaumes, et projetaient de terminer ces guerres allu-* mées depuis un siècle , en scellant par un royal 1659. mariage le traité qui laissait à la France une partie de ses conquêtes. Cependant Charles n'essaya pas même de solliciter Fappui de Mazarin. Mais le maréchal de Turenne, soit par un ordre secret, soit par un mouvement de sa générosité naturelle, offrit, pour une descente en Angleterre, des soldats, des provisions et des vaisseaux à ce même duc d'Yorck, contre lequel il faisait la guerre quelques mois auparavant Son neveu, le duc de Bouillon, devait suivre le prince en qualité de volontaire; mais la défaite du chevalier Booth fut achevée plus vite que ne pouvait commencer cette entreprise , subordonnée à toutes les lenteurs d'une protection étrangère.
Le parlement , menacé par une révolte ou* verte, et par les dispositions au moins incertaines de la cité de Londres , ne s'abandonna point lui-même, et crut sentir plus que jamais le secours et la main de Dieu. Il avait donné
des ordres et rassemblé des forces ; mais il fallait un général pour exécuter les décrets de rassemblée ; elle hésita sur ce nouveau pérîL Elle doutait du talent militaire de Fleetwood, et craignait Tesprit ambitieux de Lambert. Les amis de Lambert répondirent de sa vertu , et protestèrent qu'il éprouvait de grands retnords, d'avoir autrefois aidé la domination du Protecteur. Hutchinson voulut en vain s'opposer à ce choix; un plus grand péril l'emporta sur toutes les défiances. Lambert reçut sa commission des mains de l'orateur, jura d'être fidèle, et partit pour combattre. S'étant mis à la tête des vieilles bandes du Protecteur, il surprit et dispersa facilement quelques troupes levées à la hâte, mal commandées , point secourues ; et la république ne fut plus menacée que de sa victoire.
Le parlement, pour honorer le succès de Lambert, ordonna qu'il lui serait offert un diamant de grand prix, sorte de récompense en usage au commencement de la révolution, et sous le despotisme de Cromwell, mais qui ne convenait plus à la hauteur des prétentions