‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 110 sur 131 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

pour ce grand événement , qui , par la surprise d'une attaque imprévue , ne laissant pas aux Républicains le temps de séparer leurs intérêts , de concevoir des espérances , de se 1659. ménager des transactions , aurait ensanglanté le dénouement, qui, plus tard, fut amené sans péril et sans effort. Richard Willis, qui, restant sous le joug de son ancienne infamie, se trouvait successivement vendu à tous les pouvoirs héritiers de Cromwell , trahit cette . entreprise , qu'il paraissait diriger au nom du Roi , dont il avait toute la confiance.

Suivant le système du Protecteur, qui cherchait sur-tout à faire avorter les complots , de .peur de montrer, par la punition même, le nombre et l'audace de ses ennemis , Willis , de concert avec Thurlôe , amusa sur de vains prétextes les conjurés prêts d'agir (1), et leur proposa d'ajourner l'exécution de l'entreprise, et le départ du Roi, qu'ils attendaient. Ce changement ne fut pas annoncé au chevalier

(1) Vie de Jacques II , d'après lea Mémoires écrits de sa propre main, ▼• I9 p. ia5.

Booth, qui faisait partie de la conspiration, à Tiiisu de Willis. Ce chef, n'étant pas averti, et comptant sur un mouvement général , prit les armes dans le comté de Chester au jour indiqué. Tel fut même Téclat de son premier succès, que Charles II, avec cette mobilité de projets naturelle dans les grandes incertitudes et les grandes espérances, résolut tout-à-coup de se jeter sur les côtes d'Angleterre (i) , et partit de Bruxelles pour Calais, où il ordonna au duc d'Yorck de venir le joindre.

ToCs secours de la France étaient la condition nécessaire de cette entreprise : et la nouvelle politique du cardinal ^fazarin pouvait faire espérer qu'il ne les refuserait pas. Ce ministre , après avoir porté des coups si dangereux à la puissance espagnole, et vengé ses propres injures par l'humiliation du prince de Condé , préparait maintenant une paix glo* rieuse à la France. Les hostilités étaient sus* pendues. Mazarin et don Louis de Haro , mi*

(i) Vie de Jacques II, d'après les MéaftOires écrits de sa propre main, v. i, p. i33.

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