‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 115 sur 131 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

ruine de la cause royale s'achevait de toutes parts. Consolé dans sa prison par des marques de souvenir et de libéralité que Charles fit arriver jusqu'à lui , long-temps il voulut garder ses premiers serments , et il refusa l'offre d'entrer dans les armées de la république.

Mais Cromwell, qui possédait l'art d'embrouiller les devoirs, et d'aider la chute des consciences faibles, l'entraîna dans l'expédition contre les Irlandais, sous prétexte qu'ils étaient déclarés rebelles par le Roi comme par le parlement. Une fois engagé, Monk oublia ses scrupules, fit la guerre au fidèle Ormonde, et poursuivit en Ecosse le Roi Charles luimême. Attaché fort tard à la révolution, et n'ayant point eu de part aux crimes politiques du parlement, on ne pourrait expliquer la haute fortune où il parvint que par la supériorité de ses talents militaires, s'il n'était vrai de dire que Cromwell tout - puissant préféra bientôt la docilité des ambitieux et des transfuges à l'incommode fierté des Républicains.

]M(9lik commanda la flotte anglaise, fut majorgénéral, gouverneur de l'Ecosse, membre de

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la chambre -haute. Adroit et zélé jsousCromwell , il n'était conduit par aucune espèce de Êinatisme. Les Indépendants lui reprochaient même une licence de mœurs fort contraire à Taustérité de leurs principes religieux ; et ils lui trouvaient sous ce rapport un esprit de cour (i), dont ils se défiaient. Sa bonté, sa douceur, le faisaient aimer des soldats.

A la faveur de l'éloignement , il avait pu se ménager un parti nombreux, et disposer k son gré l'esprit de ses troupes. Il paraît que ses desseins, ou plutôt ceux qu'il pouvait former^ avaient fini par exciter l'inquiétude de Cromwell. Une lettre que le Protecteur lui écrivit peu de temps avant sa mort, se terminait par cet avis burlesque (a) ; « A propos, on dit qu'il a cache en Ecosse un mauvais sujet, nommé « Georges Monk , très -* favorable à Charles « Stuàrt. Ayez soin de le faire prendre et de « me l'envoyer. » Il n'y a pas de motif cependant pour reporter jusqu'à cette époque les

(i) LudIoVs memoirs, v. n, p. 747.

(a) General Monk's life , p« 78.

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