‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 125 sur 131 · LIVRE OI7ZIÈME. 4oi · texte numérisé non relu

LIVRE OI7ZIÈME. 4oi

Ce général avait sans cloute eu raison d'écarter un dangereux litige sur le pouvoir qu'il fallait rétablir; mais Charles eut moins à se louer qu'il ne l'aurait cru de reprendre la monarchie , telle qu'elle était avant la guerre civile. Avec un pouvoir non pas plus grand , mais moins défini, il retrouva les questions qui avaient agité l'Angleterre, ces questions de tolérance religieuse et de liberté politique , qu'il faut résoudre et qui ne se suppriment pas.

Cependant le peuple, lassé d'une si longue anarchie, se livrait à la joie la plus vive. Le nom de Charles était proclamé ; les commissaires du parlement portaient à ce prince les adresses et les présents de la nation.

L'Europe semblait changée comme l'Angleterre ; et la petite cour de Breda , voyait arriver de toutes parts les félicitations des ambassadeurs étrangers. Charles partit de La Haye sur la flotte anglaise , qui vint le rece* voir. En descendant du vaisseau de l'amiral Montagne , il fut reçu par le général Monk et //. 26

4oa HISTOIRE DE CROMWELL.

Fembrassa sur le rivage, au milieu d'un peuple immense accouru de toutes parts, et dont les peuples et Fallégresse offraient le plus tou- 1660. chant spectacle. Dans Fétonnement de ce retour accueilli par tant d'hommages, Charles demanda, où donc étaient ses ennemis. Jamais on ne vit en effet de révolution si complète et si soudaine. Ce sombre fanatisme, cette tristesse religieuse , qui dominaient dans le caractère et jusque dans l'extérieur des habitants, avaient disparu. Une joie efirénée en prit bientôt la place; et, dans ce premier transport, la haine de l'hypocrisie et du fanatisme s'étendant sur la religion (i), répandait par-tout un esprit de licence et d'incrédulité» Charles entra dans Londres le ^9 mai , anniversaire de sa naissance; il avait alors trente ans. Sa jeunesse répondait à toutes leâ espérances que fait naître un nouveau règne : son affabilité, sa grâce ingénieuse, séduisaient tous les cœurs ; il brillait de cet éclat que

(1) Bamet*s history of his own ûmey p. 145.

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